France

La législation actuelle

protège-t-elle les enfants victimes des sectes ?

(source : BULLES du 3ème trimestre 1998)


Il existe, en France, une législation concerant les mineurs

Il existe en France une législation qui devrait permettre indirectement de réprimer les infractions, les délits ou les crimes commis contre les enfants par les sectes. De manière non exhaustive, on peut citer quelques dispositions de lois ou règlements administratifs :

Code pénal

  • Non assistance à personne en danger (223.6).
  • Outrages aux bonnes mours. Attentats aux mineurs.
  • Viols et agressions sexuelles. (222.22623 ).
  • Incitation de mineurs à la débauche, corruption de mineurs, prostitution (227.22-225.5).
  • Violence, tortures, coups et blessures, voies de fait, homicide (22.1-7).
  • Détournement de mineurs. Enlèvement et séquestration de personnes (224. 1).
  • Abus de l'état d'ignorance, de la situation de faiblesse ou de vulnérabilité.
  • Situation de dépendance de personnes mineures (313.4-225.13, 14)
  • Contrainte morale ou physique.
  • Non représentation d'enfants.
  • Législation sur les Associations.
  • Code civil

  • Protection des mineurs dont la santé, la sécurité ou la moralité sont en danger ou si les conditions de leur éducation sont gravement compromises (375 et sq).
  • Manquement grave des époux à leurs devoirs (212 ; 220).
  • Délaissement, abandon de mineurs entraînant mise en péril de mineurs (227.1).
  • Le droit de visite et d'hébergement des grands parents (371).
  • Code de la Santé publique

  • Exercice illégal de la Médecine (356-372-376).
  • Dispositions relatives aux vaccinations obligatoires.
  • Actes réglementant le régime des quêtes sur la voie publique

    Code du Travail

    Réglementation de l'âge et des conditions de travail concernant les mineurs.

    Législation sur les associations

    Loi sur l'obligation scolaire (28 mars 1882, ordonnance du 2 janvier 1959)

  • Décret 66-104 du 18 février 1966 sur l'obligation scolaire.
  • Dispositions relatives à l'ouverture et au fonctionnement des établissements privés.
  • Ces mesures législatives ou réglementaires concernant les mineurs paraissent nombreuses et importantes. Elles ont été renforcées par la Convention Euro-péenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales (art. 9) ainsi que par la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (1989). Et pourtant elles ne permettent pas d'atteindre directement et de front les activi-tés perverses, dangereuses et nocives des sectes à l'encontre des enfants.

    Une législation insuffisamment appliquée

    Cet arsenal juridique important pourrait laisser croire que l'État et la société dis-posent des moyens légaux pour contenir, voire réprimer les abus des sectes contre les enfants. Force est de constater que les divers éléments de cette législation ne sont pas mis en oeuvre dans tous les cas où des débordements graves sont signalés, ni dans toutes les affaires ou instances où les autorités publiques auraient matière à intervenir.

    Quatre textes suffisent à en rapporter la preuve :

    Comment expliquer ces carences ?

    Une législation insuffisante

    Insuffisamment appliquée, notre législation se révèle insuffisante. Certes, on comprend la prudence avec laquelle il convient de traiter le problème de sectes pour éviter de porter atteinte aux libertés fondamentales. C'est la raison pour laquelle le Rapport Parlementaire n'avait pas jugé " souhaitable de préconiser l'élaboration d'un régime juridique spécifique aux sectes ".

    Les insuffisances de notre législation en matière de sectes sont manifestes :
     
    a) Le Rapport parlementaire a bien conscience des insuffisances de notre législation puisqu'il propose en effet " de compléter ou de modifier l'arsenal juridique sur quelques points de façon à rendre plus efficace la riposte contre les dérives sectaires " :

  • Étudier l'opportunité d'aggraver les sanctions encourues par les sectes (p. 116).
  • Revoir le régime de la diffamation (p. 117).
  • Renforcer la protection des experts mandatés auprès des tribunaux (p. 118).
  • Permettre aux associations de défense des victimes des sectes de se porter partie civile (p. 119).
  • Transmettre à la préfecture le budget annuel supérieur à 500 000F et les comptes rendus d'assemblée générale.
  • b) Diverses propositions de lois ont été présentées par des députés et sénateurs de diverses appartenances :
  • Permettre aux maires de refuser un permis de construire (JP Brard).
  • Permettre aux maires de refuser un local municipal (JP Brard).
  • Définir clairement et rapidement le mot " secte ", empêcher le prosélytisme et le financement des sectes par les campagnes législatives (Souvet).
  • Accorder aux associations de défense le droit de se porter partie civile (J Guyard et PS).
  • Améliorer la loi de 1901 (A Gest).
  • Assimiler les sectes à des groupes de combat et à des milices privées et renforcer les modalités de dissolution des associations loi 1901 et les sanctions pénales en cas de maintien ou de reconstitution (N About et UDF), renforcer les modalités de dissolution.
  • Regrouper les plaintes au sein d'une juridiction privilégiée (JP Brard).
  • c) Le Rapport de la Commission des Affaires culturelles, familiales et sociales sur la proposition de JP Brard de créer une commission d'enquête relative à la situation sanitaire et éducative des enfants hébergés ou scolarisés dans des sectes (12/11/97).

    Cette proposition s'appuyait sur l'actualité récente montrant que " les enfants qui sont passés sous la coupe des sectes courent à la fois des dangers pour leur santé phy-sique et mentale, parfois même pour leur vie, et sont soumis à une propagande intensive leur inculquant le rejet, voire la haine, pour tout ce qui n'est pas de la secte... Les en-fants sont souvent victimes d'actes de violence, de brimades, d'attouchements, d'in-suffisance ou de privation de soins médicaux. La nature et la qualité des enseignements qui peuvent leur être dispensés dans les sectes handicapent lourdement leur avenir pro-fessionnel et leur insertion sociale " L'objectif de cette Commission était de faire " un bilan de la situation actuelle des enfants concernés pour dégager les modifications législatives nécessaires à la protection de ces victimes sans défense ". Plusieurs informations judiciaires concernant des victimes mineures étant actuellement en cours sur les activités de mouvements sectaires, cette proposition a été jugée irrecevable.

    Il n'empêche que, au-delà de cette question de procédure, le Rapport reconnaît l'opportunité du problème soulevé. Sur le plan de la scolarité, le Rapport consacre une importante réflexion sur les insuffisances de notre législation (p. 8 et 9) et souhaite que l'on procède à une réforme du dispositif du contrôle de l'instruction des enfants scolarisés à domicile ou dans les établissements privés hors contrat.

    Une même observation s'impose sur le plan des conditions sanitaires auxquelles sont soumis les enfants des sectes.

      

     
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