Actualités sur les sectes en avril 2008

Sectes Bernard Accoyer : lutter contre les sectes, ce n'est pas attenter à la liberté religieuse
Sectes Rapport MIVILUDES : décryptage de thérapies fantaisistes et du lobbying
Sectes Un rapport exhorte l'Etat à poursuivre la lutte contre les sectes
Sectes Le mouvement sectaire ne baisse pas les bras, selon le président de la MIVILUDES
Sectes Désormais la demande est beaucoup plus matérielle
Soins Psy - Religions Ces thérapies fantaisistes qui contaminent l'Eglise
Faux souvenirs "Fragile, on est une proie idéale"
SoinsPsy - Faux souvenirs Les psychothérapeutes de nouveau épinglés par la MIVILUDES
Sectes - Faux souvenirs Ces gourous qui utilisent la manipulation mentale
Sectes L'OSCE accusée d'être infiltrée par les sectes
Mormons fondamentalistes 52 fillettes extraites d'une secte au Texas
Mormons fondamentalistes 534 femmes et enfants évacués d'un ranch texan
Scientologie Rectificatifs et précisions
Scientologie Perquisition au siège de l'Eglise de Scientologie en Belgique
Sectes Comment reconnaître une secte?
Sectes Les dérives sectaires : analyse du dispositif juridique
Sectes Dérives sanitaires, sectaires et thérapeutiques
Sectes Sectes sur internet : l'impunité
Scientologie Guérilla masquée contre la Scientologie
Opus Dei Quelques observations sur le travail de la commission d'enquête du Parlement belge sur les sectes
Scientologie

Suicide de la fille d'un député socialiste norvégien

Scientologie Enquête à l'Eglise de Scientologie de Nice après le suicide d'une étudiante
Scientologie Deux scientologues entendus par la police après le suicide d'une étudiante
Sectes (*) 20/04/2008 Dérives thérapeutiques (pdf)
Mormons fondamentalistes

Secte du Texas : des enfants canadiens impliqués

Soins Psy (*) 21/4/2008 Choisir son Psy : régistre national des psychothérapeutes (url)
Raël Le gourou des Raéliens persona non grata en Valais
Laïcité L'anthropologue Pascal Picq dénonce le regain créationniste
Sectes Assemblée Nationales - Questions/Réponses
Sectes Georges Fenech chargé d'une mission sur les dérives sectaires et la justice
Sectes Secte retranchée en Russie, pas de sortie prévue pour la Pâque orthodoxe
Coup de gueule Mission d'évaluation confiée à Georges Fenech
Scientologie

L'Eglise de scientologie inculpée

Le Patriarche Procès du Patriarche : peines confirmées en appel

(*) Articles et documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


France : Sectes

Bernard Accoyer : lutter contre les sectes, ce n'est pas attenter à la liberté religieuse

La Croix, 1er avril 2008 par Marianne Lopez

[Texte intégral]

Le président de l'Assemblée présente jeudi 3 avril un texte destiné à protéger les témoins. Il n'est pas favorable à une redéfinition de l'action de la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Entretien

- La Croix : Vous présentez jeudi 3 avril une proposition de loi destinée à protéger les personnes qui témoignent contre les sectes devant une commission d'enquête parlementaire. Qu'est-ce qui vous a amené à rédiger
ce texte ?

- Bernard Accoyer : Les personnes entendues sous serment devant les commissions parlementaires doivent pouvoir s'exprimer sans crainte. Or, certaines ont déjà été attaquées en diffamation. L'objectif de ma proposition est que ces témoins puissent bénéficier d'une immunité partielle qui les mette à l'abri de telles poursuites. Cette protection sera limitée aux poursuites pour diffamation, injure ou outrage. Le faux témoignage ne sera naturellement pas couvert. Mais il n'est pas admissible que le simple fait de rapporter ce que l'on a vécu puisse exposer à des poursuites. Si ce dispositif n'était pas adopté, on peut craindre qu'à l'avenir plus personne n'accepte de témoigner !

- A-t-on une idée de l'ampleur des dérives sectaires en France ?

- Je pense qu'il y a des centaines de milliers de victimes de groupes sectaires de toute nature en France, qu'il s'agisse de grandes organisations ou de petites officines. Moi-même, en tant que maire, j'ai eu à connaître plusieurs affaires sectaires. Ce qui est frappant, c'est que tout le monde est exposé. L'emprise sectaire s'exerce sur des individus de culture, d'instruction, de milieux sociaux très divers. Il est essentiel de protéger la société contre ces organisations qui coupent les individus de leurs repères, de leur entourage, et abusent d'eux aux plans mental, physique, financier… La France est régulièrement accusée de discrimination religieuse. N'en fait-on pas trop à l'encontre de groupes supposés sectaires ?

Il ne s'agit pas de s'en prendre à la liberté de conscience mais à des actions, à des faits qui menacent les droits fondamentaux de la personne en matière de sécurité, de santé, de liberté… Faire cela, ce n'est pas attenter à la liberté religieuse, c'est tout le contraire.

- L'Élysée semble pourtant vouloir redéfinir l'action de la Miviludes pour la recentrer sur les mouvements véritablement dangereux. L'idée est de cesser de pointer des mouvements a priori sectaires.
Qu'en pensez-vous ?

- Si on se limitait strictement à ce qui associe mouvement sectaire et trouble à l'ordre public, on renoncerait à lutter contre un phénomène qui menace toutes les familles. L'une des caractéristiques du phénomène sectaire est précisément que les victimes sont sous emprise, ce qui les empêche d'exprimer librement ce qu'elle endurent, et encore plus de se tourner vers la justice. Certaines victimes défendent même les sectes !
Pour cette raison, il est essentiel que la Miviludes poursuive son travail, en lien avec des organismes comme les Adfi (NDLR : Associations de défense de la famille et de l'individu) ou des associations d'aide aux victimes. L'affaiblissement, voire la disparition de la Miviludes, serait une grande victoire pour les sectes et ne réjouirait que le milieu sectaire.


- Allez-vous créer une nouvelle commission d'enquête parlementaire sur les sectes, comme vous le demandent certains députés ? Et le Parlement compte-t-il établir une nouvelle liste des mouvements sectaires ?

- Il est probable effectivement qu'une commission sur les sectes sera réactivée car ces mouvements évoluent tout le temps, en nombre et en nature. J'ai reçu des demandes concernant les conséquences des agissements sectaires sur la santé des enfants et certaines organisations. Mais naturellement, la commission ne devra pas se focaliser sur un mouvement. S'agissant de la liste des mouvements sectaires, elle a, à mon sens, apporté plus d'avantages que d'inconvénients. Faut-il recommencer ? Seule une commission pourrait en décider collégialement, après une réflexion approfondie. En tout état de cause, la commission d'enquête se posera la question.


France : Sectes

Rapport MIVILUDES : décryptage de thérapies fantaisistes et du lobbying

AFP, 3 avril 2008

[Texte intégral]

PARIS - Les faux souvenirs induits, la vente multi-niveaux, certaines techniques de coaching en entreprise et le datura font partie de la moisson de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) dans son rapport 2007 publié jeudi.

Il s'agit du 5ème rapport annuel de la Miviludes, au coeur d'une polémique le mois dernier, après les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, estimant qu'outre ce travail annuel, "la Miviludes ne fait rien".

Le rapport fait également le point sur les techniques de lobbying des sectes auprès des organismes internationaux, à partir de l'exemple de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), et sur le phénomène
du satanisme qui concernerait de près ou de loin environ 25.000 personnes en France, dont 80% de moins de 21 ans.
Il pointe aussi le néo-chamanisme et l'usage d'une substance, le datura, plante courante aux fleurs très parfumées et réputée toxique, qui tend à remplacer l'iboga, inscrit au tableau des stupéfiants.

"Les sectes évoluent mais elles sont toujours là", estime Jean-Michel Roulet, président de la Miviludes qui souligne qu'à partir de 2000 elles se sont "engouffrées" dans le domaine de l'accomplissement de soi, les unes dans l'humanitaire, les autres dans les techniques de "recherche de son moi profond".

Le travail sur la mémoire est une des bases de la psychanalyse, en revanche "le +faux souvenir induit+ résulte de techniques d'autosuggestion ou d'une influence indue qu'exercent certains thérapeutes". Ceux-ci "manipulent" le
patient en l'amenant à se rappeler des abus -souvent à caractère sexuel- subis dans la petite enfance qui constituent le "syndrome du faux souvenir induit", dévastateur pour le patient lui-même et pour sa famille.

Le phénomène est apparu aux Etats-Unis dans la seconde moitié du XXème siècle et "se développe de manière inquiétante en France".

C'est aussi au nom de la "sujétion de l'individu" que la Miviludes s'est intéressée à la vente multi-niveaux, qui consiste à vendre des produits ou services, le plus souvent liés au bien-être, et à convaincre les acheteurs de devenir vendeurs à leur tour. Ils n'ont pas de contrat de travail, sont rémunérés au pourcentage, et les plus convaincus finissent par quitter leur travail et ne plus fréquenter que les membres du réseau.

Autre risque d'embrigadement avec l'application au coaching en entreprise de la théorie des "constellations systémiques", inventée par l'américaine Virginia Safir à partir de l'observation des tribus en pays zoulou: le groupe -en l'occurence l'entreprise- fonctionne comme un corps biologique où chacun a un rôle précis. Une des dérives est de considérer que chacun fait partie du groupe et que c'est au groupe de tout décider pour lui.

Le rapport 2007 consacre un chapitre à la "stratégie d'influence de la mouvance sectaire à l'international", notamment auprès de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et particulièrement d'un de ses
organismes, le BIDDH (Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme). Plusieurs mouvements -la Miviludes cite la Scientologie, les raéliens et les Témoins de Jéhovah- viennent y dénoncer la lutte contre les dérives
sectaires au nom des atteintes à la liberté religieuse. Toutes les interventions étant publiées, elles ont de ce fait une diffusion et une respectabilité assurées.

Une autre technique est de mettre en cause les acteurs de la lutte contre les dérives sectaires, en visant les personnes elles-mêmes ou en mettant en cause le bien-fondé des subventions dont elles bénéficient.

Ce rapport a été remis mercredi au Premier ministre, dont dépend la Miviludes. 


France : Sectes

Un rapport exhorte l'Etat à poursuivre la lutte contre les sectes

NouvelObs, 3 avril 2008

[Texte intégral]

L'Etat ne doit pas relâcher la lutte contre les sectes. Tel est le message principal du rapport 2007 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) présenté jeudi et remis au Premier ministre François Fillon.

"L'Etat ne peut pas, ne doit pas se désintéresser de la lutte contre des mouvements qui déploient des moyens considérables pour pouvoir se livrer, en toute impunité, à leurs activités malfaisantes. L'Etat doit informer, prévenir, sanctionner. L'Etat manquerait à ses devoirs en s'en remettant à la seule sphère privée", peut-on lire en conclusion de ce rapport très documenté de 234 pages.

Le message est clairement adressé à l'Elysée, après la polémique déclenchée par les propos tenus en février à l'hebdomadaire "VSD" par la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, selon lesquels les sectes "sont un non-problème" en France. Démentis par l'intéressée, ces propos ont suscité un tollé, alors que le camp laïc s'inquiétait déjà des interventions régulières du chef de l'Etat sur la religion.

Pour la Miviludes, le plus grand risque serait de se laisser entraîner sur le terrain religieux, "terrain de prédilection des groupes sectaires". "Ne nous laissons pas leurrer et nous ne trompons pas de victimes", souligne la Miviludes, qui réaffirme sa "volonté sans faille" de remplir sa mission.

Ce cinquième rapport de la mission interministérielle dénonce notamment les "actions de lobbying effrénées" des mouvements sectaires à l'international, pour dénoncer la lutte contre les dérives sectaires menée en France.

Il prend l'exemple de "l'instrumentalisation régulière par la mouvance sectaire" de la conférence annuelle à Varsovie de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) consacrée à "l'examen de la dimension humaine". La Scientologie, les Témoins de Jéhovah, les raéliens ou les moonistes utilisent cette tribune "pour tenter de déligitimer la vigilance des pouvoirs publics" face aux dérives sectaires en invoquant le respect de liberté de religion.

Le rapport met l'accent sur les nouveaux risques de dérives sectaires dans les domaines de la santé et de l'économie.

La Miviludes analyse notamment le phénomène des "faux souvenirs induits" par des praticiens mal intentionnés dans le cadre de démarches de développement personnel, professionnel ou de psychothérapie. Ce "phénomène dangereux" né aux Etats-Unis consiste à introduire dans la tête du patient de faux souvenirs de maltraitance, d'abus sexuels ou encore d'enlèvement par des extra-terrestres. Ce phénomène, en progression en France, concerne à 80% des jeunes femmes, selon le rapport.

La Miviludes fait enfin le point sur les problèmes liés à l'effet de mode en faveur des pratiques chamaniques faisant appel à la prise non contrôlée de produits hallucinogènes. Après l'ayahuasca et l'iboga, étudiés dans les précédents rapports, un chapitre est consacré cette année au datura, nouveau vecteur utilisé par les chamans.


France : Sectes

Le mouvement sectaire ne baisse pas les bras, selon le président de la MIVILUDES

AFP, 3 avril 2008

[Texte intégral]

PARIS - Le mouvement sectaire "ne baisse pas les bras et fait preuve de beaucoup d'imagination", a déclaré jeudi Jean-Michel Roulet, le président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) en présentant à la presse le 5e rapport annuel de la Mission.

Il a rappelé qu'il est difficile de définir une secte, au contraire des "dérives sectaires" qui combinent délit d'escroquerie et emprise mentale (ou abus de faiblesse).

Interrogé sur l'avenir de la Miviludes, après les interrogations sur son utilité en février dernier, le premier ministre, a dit Jean-Michel Roulet, a parlé d'un renforcement des moyens de la Miviludes. "On va réfléchir aux fonctions et moyens supplémentaires" dont il faudrait la doter, a-t-il souligné.

Actuellement par exemple, elle n'a pas de pouvoir d'investigation, ses prérogatives se limitant à un rôle d'analyse et de prévention.

Revenant sur la liste des sectes opérant en France, publiée en annexe du rapport parlementaire de 2005, M. Roulet estime qu'elle "a eu plus d'avantages que d'inconvénients".

Selon lui, à l'époque, elle a permis une prise de conscience du phénomène des sectes en France. Toutefois, cette liste n'est plus d'actualité, les mouvements les plus dangereux n'y figurant pas contrairement à d'autres qui "ne posent plus de problème", a-t-il estimé, citant le cas du Mandarom et de Hare Krishna.


France : Sectes

Désormais la demande est beaucoup plus matérielle

AFP, 3 avril 2008

[Texte intégral]

Interview de Jean-Michel Roulet par Sélim Batikhy
(le jeudi 3 avril 2008)

- Emmanuelle Mignon, directrice du cabinet du président de la République, a estimée qu'"en France, les sectes [étaient] un non-problème". Qu'en est-il réellement ?

- La réalité est que les dérives sectaires restent un problème majeur de notre société. Elles continuent d'engendrer des victimes. Tant qu'il y aura des victimes, l'Etat devra rester à leurs côtés pour faire en sorte qu'elles obtiennent réparation et que leur persécuteurs soient jugés et condamnés. L'Etat ne doit pas laisser à la seule sphère privée le soin de soutenir et aider des victimes des sectes. Il manquerait à ses devoirs.
Les dérives sectaires finissent bien souvent par atteindre le tribunal pénal, mais il persiste des pratiques très dangereuses qui ne troublent pas l'ordre public,  et ne peuvent êtres poursuivies par un tribunal. Il ne faut donc pas limiter le nombre de victimes aux plaintes déposées.

- Quelles sont les principales évolutions, au niveau des pratiques sectaires, depuis le premier rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) en 2003 ?

- Il existe deux grandes différences. L'offre sectaire a évolué en réaction à la demande. Il est difficile de concevoir une diversification de l'offre sans que la demande ne soit liée. Au début, la demande était essentiellement de type spirituel, métaphysique, ésotérique ou encore religieuse. Lorsque les sectes étaient attaquées en justice, elles estimaient que l'on portait atteinte à la liberté religieuse, à la liberté de conscience.
Désormais la demande est beaucoup plus matérielle. Il s'agit d'une demande en terme de santé, de coaching, de soins et de thérapies alternatives. Aux grands mouvements transnationaux, sorte de supermarché de l'offre sectaire, ont succédé une myriade de petits artisans, d'épiciers du sectarisme, des bricoleurs de quartiers, qui pratiquent exactement les mêmes méthodes que l'on peut résumer en trois axes : séduction, destruction et reconstruction de l'individu.
Ils exercent une emprise psychologique et financière basée sur les mêmes formules qu'auparavant. Sur le fond, les méthodes et techniques n'ont pas réellement évolué. Quant au résultat, il n'a pas changé non plus, puisqu'il existe toujours des victimes qui perdent leur argent, leurs illusions, leur santé et leur famille ; et des familles que l'ont retrouvent très souvent désemparées.

- Que sont ce qu'on appelle les "faux souvenirs induits" ?

- Le rapport pointe l'accent sur les dérives psychothérapeutiques et le cas des faux souvenirs induits. Cette technique n'est pas nouvelle puisqu'elle fut utilisée aux Etats-Unis dès la seconde moitié du XXe siècle et en Belgique à partir des années 70 avec le père Cornelis et son groupe appelé "La famille de Nazareth", puis "Le Haut de Saint-Erme".
Elle est mise en oeuvre par des thérapeutes charlatans dans le cadre d'un réseau ou à titre individuel. Elle résulte de techniques d'auto-suggestion ou d'une influence qu'exercent certains thérapeutes sur leur patient en leur expliquant que certains de leurs souvenirs sont enfouis, que des mécanismes inconscients refoulent ces souvenirs désagréables, et que leurs problèmes d'aujourd'hui résultent des traumatismes du passé.
La dérive sectaire intervient lorsque les thérapeutes soufflent et insufflent les réponses dans l'esprit du patient jusqu'à ce qu'il se les approprie et qu'elles deviennent pour lui une évidence. Le syndrome du faux souvenir est le fait de praticiens qui réduisent les difficultés de leur patient à des souvenirs occultés souvent depuis la prime enfance, de maltraitances telles que l'abus sexuel (viol, inceste) dans l'entourage familial. Leur but est simple, il s'agit de fidéliser le patient à l'aide d'un soutien moral et de lui soutirer un maximum d'argent en devenant leur seul repère, après avoir facilité la rupture entre le patient et sa familles.


Aux Etats-Unis, entre 1967 et 1987, le nombre de cas de faux souvenirs induits est passé de 160.000 à 1.700.000 .
En France, ont dénombre 200 cas de familles déchirées par des phénomènes de faux souvenirs induits. La population la plus touchée par ces pratiques est celle des femmes dont l'âge moyen est de 33 ans avec un écart de 19 à 52 ans. Ces souvenirs resurgissent 20 où 30 années après l'inceste présumé, et c'est ainsi que beaucoup de pères ou de grands-pères se sont retrouvés emprisonnés. Au départ, la justice n'avait pas compris le phénomène, mais elle est dorénavant beaucoup plus vigilante sur la question.

- Quel est le rôle du rapport annuel de la Mivuldes ? A-t-il une valeur juridique en cas de plainte de
victimes ?


- Le rôle du rapport de la Miviludes est double. Il est de rendre compte de notre activité annuelle et d'informer le publique des dérives sectaires. En cela nous avons à charge de décrire le phénomène et avons un impératif de prévention et d'évaluation des problèmes liés aux sectes. Nous avons pour mission de coordonner la qualité préventive de tous les services et de nous assurer que le dispositif de répression effectué par la police et la justice fonctionne bien.
Nous veillons à ce que les victimes soient indemnisées et que les coupables soient punis, même s'ils habillent leurs agissements derrière la respectabilité des libertés de conscience, de religion, voir de philanthropie, alors qu'ils ne sont mus que par l'appât du gain, la possession et le pouvoir. Ce rapport n'a pas force de loi, mais peut avoir valeur d'appréciation et d'information pour permettre au magistrat de forger son intime conviction.


France : Soins Psy - Religions

Ces thérapies fantaisistes qui contaminent l'Eglise

Golias, 3 avril 2008 par Christian Terras

[Texte intégral]

Les thérapies dites chrétiennes mises en œuvre actuellement dans les « centres chrétiens » proposant un « travail de guérison transgénérationnelle » relèvent plus d'une religiosité-doctrine (le psycho-spirituel) que de la foi chrétienne en tant que telle. L'Eglise catholique est aujourd'hui en danger car le cœur même de son existence théologale et pastorale est touché. Les évêques interpellés à ce sujet demeurent à l'écoute certes, mais passifs et réduisent les problèmes évoqués à de simples accidents de parcours marginaux. Notre enquête sur les conséquences et les moyens d'application de cette religiosité du psycho-spirituel au sein même de la communion ecclésiale démontre au contraire son développement et sa perversité car elle gagne en influence nombre de secteurs ecclésiaux.

Une personne peut pour diverses raisons se faire happer dans des sessions dites de guérison intérieure camouflées sous diverses appellations mais dont le fonctionnement destructeur reste le même.

Ledit thérapeute très séduisant induit alors une relation fusionnelle perçue par la personne comme sécurisante et qui la place en dépendance en la faisant entrer dans une démarche régressive. Le thérapeute utilise la fragilité, le mal-être ou la souffrance lié aux manques de la personne (crise d'adolescence, crise du couple, deuil, maladie, difficultés de travail, etc…) pour l'amener à découvrir qu'elle a subi des blessures qui sont, par lui, tantôt supposées, tantôt interprétées, ou même suggérées.

Pour cela, on propose un « cliché idéal » de dialectique prétendue ascendante, en l'occurrence, chez le Docteur B...; D.. , la Sainte Famille , dans une démarche fusionnelle non analogique vis-à-vis de la Sainte Famille . On fausse la mémoire (sont même souvent mises en place de fausses mémoires où des jeunes filles vont accuser leur père d'inceste. Accusation vérifiée sans fondement) dans une manipulation qui fait une lecture du vécu réel selon les seuls critères du « cliché idéal ». Il en résulte d'abord que les proches sont l'origine et la cause de tous les maux ainsi démontrés, que la personne pour sa part n'a aucune responsabilité puisqu'elle est victime.

A partir de ces constructions on propose - en réalité on induit - une grande confusion où beaucoup de personnes croient n'être que dans une démarche spirituelle et où d'autres ne pensent vivre qu'une thérapie. Une démarche dite de « guérison intérieure » psycho spirituelle où les liens avec les proches vont être faussés, distendus ou rompus, dans une manipulation où le psychologique utilise le spirituel et où le spirituel camoufle et justifie le prétendu psychologique ; en conséquence de quoi la liberté de la personne est remise audit thérapeute (une liberté confisquée, puisqu'on refuse au sujet la responsabilité de ses actes rejetée sur les autres). Ceci a pour effet d'enfermer la personne dans une relation fusionnelle avec le gourou auto investi d'une toute puissance absolue.

La personne ainsi séduite, déstabilisée, détruite et reconstruite selon ces normes va devenir un agent déstabilisant et destructeur de son milieu familial qu'elle soumet à des relations affectives malsaines (chantage, sadisme et conflit). Un pardon pourrait ramener l'adepte à sa famille si l'affectif n'était pas détruit. Un exemple : le pardon demandé dans la lettre ci-jointe démontre la construction intellectuelle qui en est faite. En effet, plutôt que se situer comme le demande Jean-Paul II dans sa deuxième encyclique « La Miséricorde divine » où on peut lire p. 120 Ed. Tequi : « Il est évident qu'une exigence aussi généreuse de pardon n'annule pas les exigences objectives de la justice. La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon… En chaque cas, la réparation du mal et du scandale, le dédommagement du tort causé, la satisfaction de l'offense sont condition de pardon.  »

Dans sa lettre, le Père Modérateur des Béatitudes demande pardon à chacun, reconnaît les souffrances infligées mais reste dans le déni de la personne, en disant que pour diverses raisons elle ne pourra accueillir cette demande. La raison majeure en est que la personne continue à subir, aujourd'hui, le mal subi et qu'il ne peut y avoir de pardon faute de Vérité, Justice et Réparation. Ce qui, concrètement, n'est nullement pris en compte par le Modérateur puisqu'il s'estime quitte avec cette demande de pardon très simpliste.

L'adepte qui a abîmé ou brisé ses liens avec ses proches est seul. Il est dépersonnalisé et nié par le gourou. Il est devenu son objet et son jouet. D'où le déni dans lequel il met ses proches qu'il fait souffrir sans aucune culpabilité objective, car il ne peut les regarder comme des personnes. L'adepte est pris dans le non amour d'une toute puissance narcissique perverse ; il y subit un ressenti infantile en relation de dépendance et de régression avec son dit thérapeute. Avec ses parents, une relation malsaine peut-être maintenue tant qu'ils acceptent d'être devenus boucs émissaires reconnus porteurs de tout ce qui est négatif et de tout ce dont on les charge. Une relation redéfinie par le berger thérapeute dans le seul cadre de la communauté. Exemple vécu par des parents dont nous avons pu recueillir les témoignages :
-  leur fille n'a pas le temps de les recevoir.
-  quand ils arrivent dans la communauté, personne ne les salue, ils dérangent.
-  aucune question ne peut être posée à leur enfant sur ce qu'il vit dans la communauté sans une réponse cinglante. On ne peut parler de la communauté où tout est secret.
-  les lettres et les questions des parents sont soumises au berger ou au responsable…La relation parents-enfant est totalement sous la coupe du berger qui par la « thérapie » du jeune analyse pour lui toute la famille. Ceci est dans le témoignage de tous les parents victimes qui, quelles que soient leurs histoires, passent par ce schéma.

On peut dire que dans ce non amour, tout est permis à l'adepte. Comme tout est permis au gourou qui agit sur l'adepte et par lui sur ses proches. Pour les parents, déstabilisés par la souffrance et l'incompréhension qu'ils subissent ainsi, toute approche est interdite puisqu'ils veulent aimer et qu'ils aiment réellement alors que celui qui les déstabilise épouse la haine du gourou ; donc il devient gourou, c'est-à-dire manipulé-manipulateur.

Pour l'adepte, persuadé qu'il doit guérir de son mal être provoqué, la communauté est le seul lieu de guérison intérieure donc le seul lieu qui se présente comme d'Eglise. De plus on l'a amené par transferts affectifs à faire de son thérapeute ses parents et de la communauté sa famille. Les blessures remplacent le péché, il ne peut y avoir de culpabilité car l'amour est détruit par une construction intellectuelle mise à la place de l'affection où l'autre est instrumentalisé.

Pour vivre dans la communauté, il faut être blessé. « Je suis blessé donc je suis ». Etre reconnu par la communauté passe par là. Ce qui met le sujet dans l'obligation de s'auto manipuler au quotidien tout en subissant d'autres manipulations d'adeptes ou de gourous. Il renie son vécu antérieur désigné comme mauvais. Il renie ainsi ce qui l'a construit, il se renie sans le savoir, pour devenir l'image imposée par le gourou thérapeute.

Sous l'emprise de la communauté et de ses dits “bergers”, mais en fait de ses gourous, les liens du sujet avec ses proches ne peuvent être que manipulations des proches par le sujet selon les pratiques de la communauté, car retrouver son vécu réel mettrait en danger la construction psychique fabriquée par le thérapeute qui agit pour la communauté et instille sous le nom de communauté un communautarisme. Les témoignages que nous avons recueillis montrent que les jeunes qui retournent quelques jours chez eux retrouveraient leurs relations familiales mais se défendent de reprendre leur place dans la famille pour sauvegarder le communautarisme imposé. Partant de là, il ne peut y avoir de miséricorde, ni de pardon, puisque le sujet fonctionne dans le déni de l'autre, le non amour et la toute puissance. La grâce sanctifiante n'est plus. La seule chose qui existe est le chemin de guérison, seul projet de vie, par psychothérapie prétendue psycho spirituelle. La spiritualité bascule sur le psychisme altéré ne vivant que dans le ressenti uniquement subjectif sans lien d'intuition ou de rationalité avec un autre sujet que soi.

La guérison non définie est la finalité de cette foi dans un enfermement pathologique (voir notre article plus loin sur la doctrine déviée de Thérèse de l'Enfant Jésus). L'idéologie de la guérison y donne l'illusion d'une écoute à la souffrance de l'autre et donc aussi l'illusion d'une relation humaine. Mais le sujet manipulé a besoin d'être assuré de sa toute puissance car si le proche désigné comme bouc émissaire devient réactif ou résistant il risque à son tour d'être déstabilisant pour le sujet et le système. Le sujet pour se sécuriser va alors utiliser des membres fragiles de la famille (fragilité mentale, conflit, manque de discernement, etc...). Par là il les déstabilise et les fait adhérer à sa thèse désignant le proche mauvais. Eux-mêmes vont alors avec lui mettre en place un système pervers d'exclusion et d'isolement pour rejeter de leur famille la personne désignée nocive, qui la plupart du temps subit sans comprendre. Tous les témoignages de parents victimes de cette manipulation ont vécu cette étape mise progressivement en place, avec divers cas de figures.

Un couple de médecins engagés dans la Fraternité St Camille de Lellis a isolé la maman en quelques mois et essayé de capter les autres membres de la famille qui ont débusqué à temps la manœuvre destructrice. Cette maman n'a plus de relations avec ce couple et est privée de ses petits-enfants. A ses questions sur le pourquoi d'un tel comportement, il lui a été répondu « qu'il y avait des non dits puissants dans la famille et qu'il fallait qu'elle fasse un chemin de vérité… » La maman souffre encore sans comprendre…

 D'autres parents ont vu leur famille totalement détruite, leurs enfants rejoignant un à un le discours de l'enfant manipulé en se retournant contre eux sans explication…

Il s'agit là d'une des plus violentes manipulations mentales pour tuer un être psychiquement et parfois par voie de conséquences le tuer physiquement. Violence de type proche du satanisme. Cette conséquence logique de la perversité narcissique établie en religiosité est le fonctionnement habituel de ceux qui pratiquent et de ceux qui subissent comme adeptes les techniques des prétendues thérapies psycho spirituelles


France : Faux souvenirs

"Fragile, on est une proie idéale"

Metro, 4 avril 2008 par Alexandra Bogaert

[Texte intégral]

Comment entre-t-on en contact avec ces psychothérapeutes aux pratiques déviantes ?
Par le bouche-à-oreille, par Internet, lors de stages professionnels de « développement personnel », payés par l'entreprise ou par l'Etat, dans le cadre du 1% reversés pour la formation professionnelle. Ou alors, plus simplement, on a mal au genou, on va chez le kiné et on tombe sur quelqu'un qui ne veut pas soigner notre mal physique mais notre âme. 

Quelles sont les techniques de manipulation employées ?

L'hypnose, la sophrologie, la psychogénéalogie, l'analyse des rêves, les images, les massages énergétiques… Le psychothérapeute suggère par ses questions un scénario que s'approprie son patient. Ce sont les faux souvenirs induits, mais les victimes sont persuadées de les avoir réellement vécus.

Se fait-on piéger quand on est équilibré ?

Non. Il faut être dans un état de fragilité : quand on a un souci, qu'on se pose des questions sur sa vie amoureuse, qu'on est influençable, on est une proie idéale. Le travail de séduction et de destruction en est facilité. A l'association, 73% des victimes sont des femmes trentenaires et diplômées, qui occupent des fonctions de cadre. 

Quel intérêt un psychothérapeute trouve-t-il à inciter son patient à réinventer sa vie ?

En plus d'un intérêt pécuniaire évident -car les séances coûtent cher-, il jouit de sentir son emprise sur une autre personne, de la libérer de sa supposée souffrance, de la soumettre. Pour que son influence soit totale, il faut que sa victime rompe avec sa famille. Bien sûr, le psychothérapeute dit que c'est pour son bien, que ça va guérir ses traumatismes, liés à son enfance. 

Comment cela se passe-t-il quand d'anciennes victimes reprennent contact avec leur famille ?
Il y a plusieurs cas. Avant tout, si certains enfants reviennent, ils sont peu nombreux. A l'AFSI, on ne compte qu'une dizaine de cas de retours en arrière sur les quelque 200 familles que compte l'association. Ces repentis sont cassés. Leur manipulation a parfois duré presque dix ans et le retour est difficile. Les souffrances causées ont été énormes. Par exemple, un père contre qui sa fille avait porté plainte et qui avait été blanchi, n'a pas voulu reprendre contact avec elle. D'autres victimes, qui n'ont jamais porté plainte contre leurs parents, ne veulent plus aborder le sujet
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France : Soins Psy - Faux souvenirs

Les psychothérapeutes de nouveau épinglés par la MIVILUDES

20 minutes, 4 avril 2008

[Texte intégral]

«Les dérives sectaires sont plus nombreuses dans le domaine de la santé, des thérapies alternatives et du développement personnel, que dans le cadre à proprement parler spirituel et religieux.» Dans son 5e rapport annuel, publié ce jeudi, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) se penche sur les psychothérapies déviantes et notamment celles qui pratiquent «le faux souvenir induit».

En clair, un(e) thérapeute suggère à son patient qu'il a pu être victime d'agression(s) sexuelle(s) ou de maltraitance dans son enfance. Peuvent s'ensuivre, selon la Miviludes, «des divisions et ruptures familiales, l'apparition de maladies et en particulier de dépressions nerveuses, des suicides, et l'ouverture de procédures policières et judiciaires avec le risque de condamnation d'innocents.»

«Les familles ne se mettent à parler que maintenant»

Si la Mission ne dispose d'aucun chiffre sur le nombre de victimes en France, elle cite le travail de l'association Alerte aux faux souvenirs induits (Afsi), qui a relevé 200 affaires sérieuses de ce type depuis sa création en juillet 2005. «Je reste persuadée qu'il y a des milliers de cas, mais les familles ne se mettent à parler que maintenant, affirme à 20minutes.fr sa présidente, Claude Delpeche. En France, on a dix ans de retard sur ce phénomène par rapport aux Etats-Unis.»

Selon Michel Meignant, le président de la Fédération française de psychothérapie et de psychanalyse (FF2P), ces déviances restent au contraire «marginales. Je préside des commissions de déontologie depuis trente ans et je n'ai jamais vu d'affaires comme cela au sein de la FF2P». Selon lui, «la suggestion n'a pas sa place dans la psychothérapie, qui travaille sur les sentiments et les émotions, mais elle peut avoir cours en revanche chez certains psychiatres».

La moitié des psychothérapeutes ni médecins ni psychologues

Le rapport de la Miviludes a en tout cas de quoi relancer le débat sur l'encadrement des psychothérapeutes par par une autorité indépendante. La Mission rappelle que sur les 10 à 15.000 psychothérapeutes répertoriés par la FF2P, environ la moitié ne sont ni médecins ni psychologues mais issus de formations diverses (travailleurs sociaux, professions paramédicales et autres). «Ce constat, s'il ne doit pas aboutir à la conclusion hâtive que la moitié au moins des psychothérapeutes aurait des pratiques charlatanesques et dangereuses, est néanmoins un facteur de risque aggravé dans ce secteur de prestations où l'appellation “psychothérapeute” n'est pas encore encadrée dans l'attente du dispositif réglementaire prévu à l'article 52 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique», écrit la Miviludes.

Cet article, voté à l'initiative du président (UMP) de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, avait créé un registre national des psychothérapeutes. Mais le gouvernement n'a jamais publié le décret précisant dans quelles conditions pouvaient être inscrits sur ce registre ceux qui ne sont ni médecins, ni psychologues, ni psychanalystes. «On ne peut pas supprimer comme ça, d'un coup de crayon, toute une profession», confiait Jacques-Alain Miller, directeur du département de psychanalyse de Paris VIII, à 20minutes.fr


France : Sectes - Faux souvenirs

Ces gourous qui utilisent la manipulation mentale

Le Figaro, 4 avril 2008

[Texte intégral]

Le phénomène des «faux souvenirs induits» se répand en France.

Un phénomène aux mille visages réclamant la plus grande attention : tel est le portrait que brosse la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) du mouvement des sectes en France.

Dans son rapport 2007 rendu public jeudi un mois après les réserves émises sur son action par la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon l'organisme met ainsi l'accent sur le développement de nouvelles méthodes employées par certaines mouvances afin de gagner quelques adeptes de plus : lobbying déguisé au cœur même des entreprises, multiplication de pseudo-thérapies visant à «l'accomplissement de soi», ou encore incursions douteuses dans le secteur de l'humanitaire. Comme l'avait révélé Le Figaro (nos éditions du 16 février 2008), le satanisme subit par ailleurs une radicalisation profonde : avec 92 cas de profanations recensés en onze mois sur 2007 et une communauté d'adeptes estimée à 25 000 personnes, ­cette dérive demeure particulièrement préoccupante.

Quelques pages de ce rapport sont également consacrées au «syndrome des faux souvenirs induits», phénomène reposant sur la manipulation mentale. Par la voie de la suggestion, des thérapeutes parviennent à faire émerger dans la mémoire de leurs patients le «souvenir» d'expériences douloureuses, liées le plus souvent à leurs parents. En résultent des accusations d'abus (attouchements, viols, mauvais traitements…) «totalement infondées», comme en témoigne Claude Delpech, présidente de l'association Alerte faux souvenirs induits, elle-même accusée à tort de maltraitance par sa fille de 36 ans. Si le temps de la prescription rend impossible nombre de poursuites judiciaires la plupart des patients ont 35-40 ans , quelques affaires se retrouvent devant les tribunaux. Ainsi, une quarantaine de dossiers seraient actuellement instruits en France.

Drames familiaux

Depuis huit ans, Annick et Christian sont ainsi coupés de leurs trois fils. Un jour, ceux-ci ont débarqué au domicile parental, accusant leur père d'être «un pédophile» et leur mère d'avoir été «complice» d'abus sur ses enfants. Tous mariés et pères de famille, «ils nous reprochaient de les avoir rendus malheureux», raconte Annick, qui ne se souvient d'«aucun signe avant-coureur». «L'un de nous avait parlé de la méthode de programmation neurolinguistique qu'il suivait chez un thérapeute», se souvient-elle.

Fin février, le président de l'Assemblée Bernard Accoyer avait réclamé que le décret sur l'encadrement du titre de psychothérapeute entre enfin en application. Le texte n'est toujours pas ficelé.


France : Sectes

L'OSCE accusée d'être infiltrée par les sectes

Le Temps, 4 avril 2008 par Sylvain Besson - Paris

[Texte intégral]

L'organisation qui défendait les dissidents du bloc soviétique dans les années 1970 est-elle devenue une «tribune idéale pour les «multinationales» sectaires et leurs alliés»? C'est l'accusation lancée jeudi par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui dépend du premier ministre français. Dans son rapport annuel, elle affirme que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est devenue le forum préféré de la scientologie, de la secte Moon et des raëliens pour critiquer la France, la Belgique, l'Autriche et l'Allemagne, Etats européens les plus méfiants envers les «nouvelles religions».

Chaque année, devant le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme, basé à Varsovie et dépendant de l'OSCE, des ONG comme Droits de l'homme sans frontières, le Bureau européen des droits de l'homme ou l'Institut sur la religion et la politique publique y attaquent, en termes parfois virulents, la politique de surveillance des sectes développée en France.

Selon Catherine Katz, secrétaire générale de la Miviludes, ces organisations agissent comme des «faux nez» de mouvements sectaires en délicatesse avec les autorités françaises. L'OSCE répond que son forum sur les droits de l'homme est ouvert à toutes les ONG, ce qui permet des «échanges de vue animés». «Il n'y a pas de restrictions, précise son porte-parole Jens-Hagen Eschenbächer, sauf pour les organisations qui défendent la violence.»


Etats-Unis : Mormons fondamentalistes

52 fillettes extraites d'une secte au Texas

Le Figaro, 5 avril 2008

[Texte intégral]

.Agées de six mois à 17 ans, elles ont été évacuées d'un ranch appartenant à une secte mormone polygame, après le signalement de mauvais traitements sur l'une d'elles.

Ce ranch d'Eldorado, dans l'Etat du Texas, était sous la surveillance des autorités américaines, depuis son rachat en 2003 par l'Eglise Fondamentaliste des Saints des Derniers Jours (FLDS en anglais, courant fondamentaliste mormon).

Samedi, cinquante-deux fillettes et jeunes filles âgées de six mois à 17 ans ont été évacuées des lieux. Une intervention qui a pour origine un appel concernant des mauvais traitements sur une pensionnaire du ranch, âgée de 16 ans. Après un début d'enquête, au moins 18 d'entre elles auraient fait l'objet d'abus ou risquaient d'en subir dans un avenir très proche.

Les petites filles et adolescentes ont été transférées dans un endroit secret de San Angelo, au nord du ranch. Les services de protection de l'enfance tentent de leur trouver des foyers d'accueil.

Mariée à 14 ans

La FLDS est dirigée par Warren Jeffs, un polygame, arrêté en 2006 près de Las Vegas pour complicité de viol, et qui purge aujourd'hui une peine de réclusion à perpétuité. Il fait également l'objet de poursuites fédérales en Arizona et Utah.

L'Eglise des Saints des Derniers Jours, le principal courant de l'église mormone, a renoncé à la polygamie il y a plus d'un siècle en échange de l'admission de l'Utah dans la fédération des Etats américains. Elle excommunie les membres qui la pratiquent et a désavoué la FLDS, basée à Hildale et Colorado City, deux villes jumelles situées à la frontière entre Utah et Arizona.

Lors du procès de Jeffs à Saint George dans l'Utah, une jeune femme identifiée comme «Jane Doe IV» avait raconté en pleurant comment le gourou de la FLDS l'avait obligée à se marier en 2001 à l'âge de 14 ans avec un homme âgé. Lors de la cérémonie dans un hôtel du Nevada et malgré les protestations de l'adolescente, il lui avait ordonné de «se multiplier et remplir la terre d'enfants élevés dans le sacerdoce». Quand elle était par la suite allée voir Jeffs en lui disant détester avoir des relations avec son mari, il lui avait intimé l'ordre de «rentrer et de faire ce que celui-ci lui disait».


Etats-Unis : Mormons fondamentalistes

534 femmes et enfants évacués d'un ranch texan

Le Monde, 8 avril 2008

[Texte intégral]

Les autorités texanes ont déclaré, lundi 7 avril, avoir évacué 401enfants d'un ranch isolé de l'ouest du Texas, appartenant à une secte mormone pratiquant la polygamie, en raison de risques potentiels d'agressions sexuelles et physiques. L'opération, commencée jeudi soir, a également entraîné la sortie en masse de 133 femmes de ce temple de l'Eglise fondamentaliste des saints des derniers jours (FLDS, fondamentaliste mormone). D'autres enfants pourraient encore se trouver sur les lieux.

"L'enquête se poursuit sur le site", a déclaré Patrick Crimmins, porte-parole des services de protection de l'enfance du comté de Schleicher, où se trouve le ranch. Un nombre indéterminé d'hommes se trouvent toujours dans le domaine, selon les autorités.

L'opération a débuté après que les autorités ont reçu, lundi 31 mars, un appel d'une jeune fille de 16ans affirmant avoir été agressée sexuellement et avoir eu un enfant d'un homme de 50ans, épousé illégalement. La descente de police dans ce vaste complexe s'est poursuivie pendant plusieurs jours, mais l'adolescente n'a pas été identifiée parmi les enfants évacués.

"Nous sommes toujours inquiets chaque fois que nous avons une victime et que nous ne la trouvons pas", a déclaré Marleigh Meisne, des services de protection de l'enfance du Texas, à l'origine des poursuites. "Je suis persuadée que cette fille existe", a-t-elle ajouté. Les autres résidents du ranch évacués sont interrogés par les autorités de l'Etat, mais devront être remis en liberté dans les quinze jours, à moins que les autorités prouvent qu'ils sont en danger.

La FLDS, basée à Hildale et à Colorado, deux villes jumelles situées à la frontière de l'Utah et de l'Arizona, a été dirigée par un certain Warren S. Jeffs, un polygame de 51ans arrêté en 2006 près de Las Vegas pour complicité de viol sur une adolescente de 14ans. Il purge, depuis, une peine de réclusion à perpétuité. Il fait également l'objet de poursuites fédérales en Arizona et en Utah.

Le principal courant de l'Eglise mormone, l'Eglise des saints des derniers jours, a renoncé, en 1890, à la polygamie encouragée par son gourou fondateur, Joseph Smith, et excommunie les membres qui la pratiquent. Ce courant a désavoué la FLDS, dont le nombre d'adeptes est estimé à 10000 personnes.


France : Scientologie

Rectificatifs et précisions

Le Monde, 1er avril 2008 par Marianne Lopez

[Texte intégral]

Scientologie. Après la publication de l'article "L'Eglise de scientologie se prépare à affronter soupçons et enquêtes", paru dans Le Monde du 1er avril, l'Eglise de scientologie nous demande de préciser : "Il n'existe aucun code ou texte de notre Eglise interdisant l'utilisation des médicaments quels qu'ils soient. Ce que les scientologues dénoncent, ce sont les abus psychiatriques."


Belgique : Scientologie

Perquisition au siège de l'Eglise de Scientologie en Belgique

RTL INFO , 11 avril 2008

[Texte intégral]

La police belge a perquisitionné puis mis des scellés sur le siège de l'Eglise de scientologie à Bruxelles dans le cadre d'une nouvelle instruction contre la section belge de cette organisation, a annoncé vendredi le parquet fédéral.

"Une enquête pour faux en écriture et escroquerie a été ouverte après que l'Office régional bruxellois pour l'emploi eut porté des faits nouveaux à notre connaissance", a indiqué à l'AFP la porte-parole du parquet, Mme Lieve Pellens.

"Durant la perquisition menée de jeudi à vendredi par des policiers fédéraux, au siège de l'Eglise de scientologie, dans le sud de Bruxelles, de nombreux documents ont été saisis, et les scellés ont été ensuite apposés", a-t-elle ajouté. Selon les médias belges, la police a emporté un volumineux matériel, notamment des ordinateurs et des dossiers de comptabilité.

La perquisition n'est cependant pas terminée, a précisé Mme Lievens, sans donner plus de détails sur les faits imputés à l'Eglise de scientologie.

La RTBF a diffusé cependant un petit reportage sur des offres d'emplois anonymes, émanant en fait de l'Eglise de scientologie. Selon le témoignage d'une personne ayant répondu à une de ces offres parues dans la presse, un contrat lui a été alors présentée où elle était priée d'"adhérer" aux vues des scientologues.

Interrogée par la RTBF à ce sujet, une dirigeante de l'Eglise de scientologie, Myriam Zonnekeyn, a affirmé qu'il ne s'agissait que d'une recherche de "bénévoles".

Réagissant à cette perquisition, l'Eglise de scientologie, qui récuse l'appellation de secte, a affirmé être "victime d'une violation de ses droits fondamentaux", selon un communiqué cité par l'agence de presse Belga. L'organisation a également dénoncé la "mauvaise foi" de la justice belge, engagée dans "une tentative qui dure depuis dix ans pour trouver des preuves" à son encontre.

La section belge et le "bureau européen pour les droits de l'Homme" qui est une émanation à Bruxelles du siège américain de l'Eglise de scientologie, ainsi qu'une douzaine de scientologues étaient déjà sous le coup de poursuites pénales dans une affaire d'escroquerie et d'exercice illégal de la médecine, dont l'origine remonte aux années 1990.

En février dernier, la cour de cassation avait rejeté le pourvoi introduit par l'Eglise de scientologie pour faire stopper la procédure intentée contre elle.

Pour cette affaire, "le réquisitoire du parquet est prêt", a confirmé Mme Pellens.


France : Sectes

Comment reconnaître une secte?

Doctissimo, 12 avril 2008 par Catherine Maillard

[Texte intégral]

Il n'est pas toujours facile de faire la distinction entre une secte, un groupe de thérapie, de méditation ou de développement personnel. Il existe pourtant certains critères qui ne trompent pas. Le point avec Jean-Pierre Jougla, juriste et membre d'une association de défense des victimes de sectes.

Le renouveau spirituel, l'intérêt actuel pour les thérapies et les groupes de paroles peuvent entraîner certaines dérives. Dans la quête du mieux être et de la paix intérieure, des individus, peut-être plus fragiles que d'autres, se jettent dans les filets des sectes. Et ce n'est pas si simple de faire le tri. Tout d'abord, une secte, qu'est-ce que c'est ? Ce mot est issu du latin "sequi", qui veut dire suivre, et secare (couper). Appartenir à une secte, c'est donc à la fois suivre un enseignement, une personne, et se couper de son environnement. A partir du XIXe  siècle, ce terme est employé de manière péjorative et signifie l'intolérance d'esprit, avec nombre de dangers potentiels. Certains critères ne trompent pas, Jean-Pierre Jougla, juriste et membre de l'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu (Unadfi), les a regroupés en quatre grands thèmes.

Manipulation financière et sectes

Quand l'autonomie du gourou semble reposer en grande partie sur votre apport financier, Méfiance ! Dans une secte, la plupart du temps les tarifs sont exorbitants et dépassent largement la valeur de l'enseignement, ou d'un week-end de thérapie. La participation n'est pas libre, mais imposée et les montants sont disproportionnés. Certains vont même jusqu'à s'endetter. Vous pouvez aussi être amené à participer à l'achat de différents biens pour le gourou. Mais où va réellement cet argent ? En cas d'excès, Jean-Pierre Jougla propose de vérifier la transparence dans la tenue des comptes. Il y a une différence entre participer à la réparation du toit du lieu d'accueil à la campagne, et payer les vacances du gourou...

Manipulation sexuelle et secte

Sous couvert de soins énergétiques, les gourous ont l'habitude d'imposer des pratiques sexuelles. Ils peuvent soit vous choisir un partenaire ou bien exiger un rapport, pour selon eux "réveiller les chakras" ou encore "faire monter la Kundalini (une des énergies du yoga)". Les pratiques manuelles sont également fréquentes et le plus souvent déviantes. Par ailleurs, être choisi par le gourou est un très grand honneur, refuser ses avances est non seulement difficile et mais de plus mal vu par le groupe. "Toute proposition sexuelle doit éveiller votre méfiance, quelle qu'elle soit" assure Jean-Pierre Jougla. "Il s'agit tout simplement d'abus sexuels qui en aucuns cas ne participent à votre épanouissement".

Les pressions physiques et les sectes

Fatigue, jeûnes, réveils nocturnes... sont préconisés par le gourou. Au final, l'ensemble de ces pratiques visent à affaiblir physiquement les "adeptes" dont les capacités de résistance et de réaction sont alors amoindries. Dans certaines sectes, vous devez vous réveiller la nuit pour méditer, les repas sont plutôt frugaux quand ce ne sont pas des jeûnes, et il arrive même que vous participiez à un travail communautaire épuisant. "Bref pour asseoir son pouvoir, le gourou agit sur le physique, vous êtes ainsi plus malléable et apathique", conclut le spécialiste.

La perte des repères et les sectes

La manipulation mentale peut se poursuivre par une rupture avec l'environnement d'origine. Peu à peu, la secte occupe davantage de votre temps. En dehors des séances de groupe, vous avez des rendez-vous réguliers et obligatoires avec un autre "adepte".
Intellectuellement, vous adoptez la pensée du groupe, ses lectures et tous ses choix culturels.
Avec vos amis, vous parlez beaucoup de votre activité, d'ailleurs ils feraient bien d'essayer. Les sectes comportent des systèmes de parrainages, des soirées où vous devez amener un proche. "La manipulation peut aller jusqu'à la rupture avec le noyau familial" ajoute Jean-Pierre Jougla. La nouvelle famille, c'est le groupe !

En cas de doute, n'hésitez pas à en parler à une association pour ne pas tomber en de mauvaises mains.

Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu. (Unadfi)
130, rue de Clignancourt.

75018 Paris.
Tel : 01 44 92 35 92.
www.unadfi.org


France : Sectes

Les dérives sectaires : analyse du dispositif juridique

Témoignages, 12 avril 2008 par Sophie Périabe (Avec le rapport de la MIVILUDES, décembre 2007)

[Texte intégral] 

Le décret qui a institué la Mission Interministérielle de Vigilance et de LUtte contre les DErives Sectaires (MIVILUDES) fait obligation à son Président de présenter chaque année un rapport au Premier ministre.

Depuis la création de la Mission en décembre 2002, un cinquième rapport a été remis au Premier ministre en décembre dernier. Un des points forts des travaux synthétisés dans ces pages consiste en un rappel indispensable des règles juridiques en vigueur, tant pour ce qui concerne le cadrage de l'action des acteurs publics qui ne peut s'effectuer que dans le respect des principes constitutionnels et des lois, mais surtout en pleine transparence, qu'en ce qui touche à l'attente des citoyens face au service public de la justice, en charge de la défense des droits et libertés de chacun.

DEPUIS bientôt 25 ans, l'État français a fortement affirmé sa volonté de protéger les victimes des comportements dérivants des mouvements sectaires.
Cette réponse de l'État s'est construite peu à peu à la suite des rapports parlementaires et de l'évolution de la forme des organismes de lutte mis en place par les Premiers ministres successifs.
Depuis le 28 novembre 2002, la Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires, comme son intitulé l'indique, exerce à la fois une mission de vigilance, c'est-à-dire de prévention et de détection du risque sectaire, et une mission de lutte contre les dérives avérées.
Il n'y a pas en droit français de définition juridique de la secte, pas plus qu'il n'y a de définition de la religion. Cela résulte, pour partie, de ce que la France, en vertu du principe de laïcité, s'interdit de définir, de limiter le fait religieux et spirituel, évitant ainsi le risque de porter atteinte au principe absolu de la liberté de conscience.

L'Etat : acteur de la lutte contre les dérives sectaires

En France, plusieurs associations œuvrent en faveur des victimes et de leurs familles, mais les responsables politiques, législatifs et exécutifs confondus, ont estimé que l'État ne pouvait se soustraire à ses responsabilités et à ses devoirs en ce domaine.
C'est pourquoi, l'action des services de l'État pour lutter contre ces dérives sectaires multiformes est mise en place à plusieurs niveaux :

- L'action du responsable administratif consiste à mettre en œuvre les mesures de surveillance et de prévention adéquate.

- L'action de l'acteur social permet de déceler les dangers et de venir en aide aux victimes.

- La MIVILUDES, quant à elle, coordonne l'ensemble des moyens d'action des services de l'État aux plans départemental, régional et ministériel, informe le public et les fonctionnaires, analyse l'évolution du phénomène pour le compte du Premier ministre.

- Enfin, l'action du juge, gardien des libertés, va dans le sens de la protection contre toute sujétion physique ou psychologique et elle s'inscrit dans le sens du respect de la loi, auquel nul gouvernement, nul citoyen ne doit se soustraire.

Pas de loi “anti-secte” dans la législation française...

Il n'y a pas en France de législation “anti-secte”, mais des textes de droit pouvant s'appliquer aux dérives sectaires.
Compte tenu de leur mode d'organisation ou de financement, de l'activité économique qu'ils mettent en place ou du mode de vie qu'ils revendiquent, certains mouvements à caractère sectaire développent des formes particulières de délinquance.
Il est absolument essentiel de se référer à la doctrine du mouvement, car elle contient de manière quasi systématique l'idéologie qui préconise ou aboutit à la violation de la loi.
Les infractions les plus fréquemment relevées, sans que cette énumération soit exhaustive, car l'imagination des gourous est sans limites, sont les suivantes :
• Les groupements à prétentions thérapeutiques ou guérisseuses s'exposent à commettre des infractions au code de la santé publique, notamment au titre de l'exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie, et dans les cas les plus graves, cela peut aller jusqu'à l'homicide involontaire.
• Les atteintes aux biens, les faits d'escroquerie ou d'abus de confiance, les tromperies sur les qualités substantielles ou les publicités mensongères sont régulièrement signalés dans certains mouvements proposant des prestations de développement personnel ou d'amélioration sensible et rapide des potentialités de leurs clients ou de leurs membres.
• Les atteintes aux personnes, les violences physiques, les abus sexuels, la non-assistance à personne en péril et les privations de soins ou d'aliments au préjudice de mineurs, sont constatés, le plus souvent, au sein de communautés repliées sur elles-mêmes et résolument coupées du monde extérieur.

... ni dans la législation européenne

La Cour Européenne des Droits de l'Homme a un grand souci de protéger la liberté de conscience et de religion, et le pluralisme religieux qui en est la conséquence. Elle prend donc soin de ne pas différencier les “sectes” des “religions” dites traditionnelles.
Toutefois, elle n'a jamais eu à statuer sur des griefs de personnes se prétendant victimes d'agissements de sectes. Les requêtes jugées émanaient d'adeptes actifs de mouvements qui revendiquent la liberté de conscience et de religion. Il est possible qu'à l'avenir, les victimes des mouvements sectaires la saisissent à leur tour et que l'exploitation faite des décisions de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) par les organisations sectaires ne soit plus aussi facile pour elles.
La CEDH, depuis quelques années, a rendu plusieurs arrêts dans cette matière. Selon Jean-Paul Costa, Président de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, « autant il faudra que la Cour continue de protéger efficacement la liberté de conscience et le pluralisme religieux, autant il lui faudra certainement se pencher sur les abus commis au nom de la religion (au sens le plus noble du terme), ou de pseudo religions qui ne revêtent le manteau religieux que pour déployer plus tranquillement des activités nocives, voire abominables. De même que la liberté d'association ne doit pas servir à protéger les associations de malfaiteurs, de même la liberté religieuse ne doit pas assurer l'impunité aux coupables d'agissements délictueux ou criminels menés au nom de cette liberté ».


Le droit de la famille

L'appartenance à un mouvement sectaire ne saurait à elle seule constituer une cause de divorce (Cour d'Appel de Dijon, 2 septembre 1997).
C'est seulement quand le comportement d'un époux perturbe gravement la vie du couple que le juge aux Affaires familiales peut estimer que celui-ci constitue une faute rendant intolérable le maintien de la vie commune, et prononcer le divorce sur ce fondement (Cour d'Appel de Nancy, 2 février 1996 ; Cour d'Appel de Montpellier, 7 novembre 1994).
En cas de séparation, lorsque les pratiques d'un parent présentent un risque sérieux de perturbation physique ou psychologique des enfants, le juge aux Affaires familiales peut décider de fixer la résidence habituelle chez l'autre parent et/ou de restreindre l'exercice du droit de visite et d'hébergement (Cour de Cassation, 2e civ. 1 juillet 2000 ; Cour d'Appel d'Aix-en-Provence 2004).
La Cour d'Appel de Grenoble a réaffirmé le principe de la liberté religieuse d'un père et de sa fille sous réserve d'une ouverture et d'une participation à la vie sociale.

L'enfance en danger

Le juge des enfants est saisi lorsque la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur sont en danger ou que les conditions de son éducation, de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises.
Au-delà des privations de soins et d'aliments ou des violences physiques ou sexuelles rencontrées dans certains groupes, le choix par des parents d'un mode de vie pour leurs enfants dans un “monde clos” où ils ne sont ni correctement scolarisés, ni sérieusement instruits est aussi de nature à justifier un signalement au Procureur de la République sur le fondement des articles 75 et suivants du Code civil, et l'engagement de poursuites par ce dernier.
Le rapport d'enquête parlementaire “L'enfance volée” clôturant la Commission parlementaire de 2006 a fait 50 propositions pour protéger les enfants, cibles particulièrement vulnérables des dérives sectaires.

La sphère du travail

Les parlementaires, dans leur rapport de 1999 intitulé “Les sectes et l'argent”, ont rappelé que l'enrichissement étant un des principaux objectifs des mouvements sectaires (avec le pouvoir), ces derniers se sont efforcés d'infiltrer les entreprises car ils peuvent en attendre trois avantages :

-  attirer les fonds, au premier rang desquels ceux de la formation professionnelle, dont le financement est très important et encore insuffisamment contrôlé,

-  retirer une certaine notoriété,

-  développer leur prosélytisme,

-  utiliser leur infiltration comme support de pénétration d'autres structures.

La forte soumission et la dépendance au responsable ou au gourou peuvent conduire des membres du mouvement à travailler dans des conditions sanctionnées par la loi au titre du travail dissimulé.
Il a été jugé également que des salariés pouvaient légitimement refuser de participer à une action de formation décidée par leur employeur quand les méthodes utilisées au cours de cette formation se rapprochaient de celles d'un organisme signalé comme étant de caractère sectaire (Cour d'Appel de Versailles, 22 mars 2001).


France : Sectes

Dérives sanitaires, sectaires et thérapeutiques

La Gazette Santé Social, 13 avril 2008

[Texte intégral]

Entretien d'Hélène Delmotte avec Jean-Michel Roulet, président de la MIVILUDES

La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a remis le 2 avril son rapport annuel au Premier ministre. La santé, un champ très prisé par les mouvements sectaires, fait l'objet de nombreuses mises en garde.

- Pourquoi la santé occupe-t-elle une telle place dans le rapport 2007 ?
- Nos concitoyens sont extrêmement sensibles à leur santé et la définition qu'ils en donnent va bien au-delà du soin et du traitement des pathologies pour englober le bien-être. Ils peuvent donc être tentés par des prestataires de service, des gourous, qui vont insister sur le fait qu'il est impossible d'être bien dans son corps sans traiter les maladies de l'âme. Lorsque nous mettons en cause certaines pratiques, leurs adeptes invoquent la clause de conscience nous reprochant de reconnaître la seule médecine allopathique. Comme dans le domaine de la liberté de croyance, certains essaient de nous entraîner sur un terrain qui n'est pas le nôtre. Dans le domaine de la santé, il ne s'agit pas de dénoncer des excès thérapeutiques mais bien des dérives sectaires. Les thérapeutes contre lesquels nous mettons en garde sont ceux qui vont exercer une emprise sur leurs patients, les amener à abandonner leur traitement, et progressivement les éloigner de leur médecin généraliste et de leur milieu familial. Le plus souvent, ces comportements s'accompagneront d'exigences financières considérables avec dans certains cas des abus sexuels. A Lisieux, une gourelle formait des couples et imposait des relations sexuelles. Les victimes ont obéi parce qu'elles avaient progressivement perdu leur esprit critique. Le violeur ne voulait pas forcément en arriver à une telle extrémité. Dans ce type d'affaire, la victime peut être victime et bourreau. Le seul responsable est le gourou.

- Vous abordez également la technique des « Faux souvenirs induits ». Est-ce un phénomène nouveau ?
- C'est effectivement la première fois que nous développons cette question bien connue aux Etats-Unis depuis vingt ans. Cette technique, actuellement en plein développement dans notre pays, est dévastatrice. Le thérapeute ou prétendu tel va en effet insinuer un inceste dans l'esprit d'une personne. Par la persuasion de l'emprise, la victime fragilisée va le croire et ce faux souvenir va faire son chemin. L'idée de rechercher dans le passé des explications au présent n'est pas nouvelle mais la technique des faux souvenirs induits est très perverse car elle touche à ce qu'il y a de plus tabou et de plus honteux dans notre société. La personne qui va se croire victime d'inceste va évidemment s'éloigner de sa famille, dont chacun des membres sera accusé d'être ou responsable ou complice. Tous les cas que nous avons suivis ont entraîné une destruction de la famille.

- Dans le même ordre d'idées, où en est le décret sur la compétence des psychothérapeutes ?
- Il y a eu plusieurs étapes à l'époque où Xavier Bertrand était ministre de la Santé. Le gouvernement avait clairement affiché une volonté de concertation. Mais le Ministère s'est vite retrouvé confronté aux intérêts contradictoires de deux catégories de thérapeutes : les diplômés de l'université titulaires de diplômes récents et les praticiens autoproclamés depuis plusieurs années qui demandaient l'application la clause du grand-père selon laquelle cinq ans d'expérience valident un titre professionnel. Or la durée d'exercice n'est pas un critère suffisant. Il faut prendre en considération les diplômes antérieurs et les compétences professionnelles. Une formation a été proposée dont les propositions de durée ont varié considérablement de part et d'autre. Ce décret n'est finalement pas sorti sous une forme qui aurait pu être néfaste. Le Président Accoyer, à l'origine de l'amendement demandant de meilleures garanties pour l'exercice de psychothérapies et actuel Président de l'Assemblée nationale, possède aujourd'hui davantage de pouvoir pour imposer son point de vue aux membres du gouvernement. La sortie de ce décret devrait être une affaire de semaines.

- De longs développements sont également consacrés dans le rapport 2007 aux stupéfiants…
- Nous évoquons ce sujet depuis trois ans. Nous avons obtenu le classement au tableau C des stupéfiants de l'ayahuasca, une plante possédant un risque létal réel et de l'Iboga, un produit hallucinogène qui peut avoir un rôle déstructurant pouvant conduire au suicide. Depuis, les chamans utilisent le Datura qu'il n'est pas nécessaire d'importer. Il s'agit d'une mauvaise herbe qui pousse dans nos contrées or ce produit est également extrêmement dangereux et ses principes actifs ne possèdent aucune qualité thérapeutique.

- Le rapport présente également un état d'avancement des propositions du rapport d'enquête parlementaire « L'enfance volée : les mineurs victimes de sectes » de décembre 2006. Quelles conclusions tirez-vous ?  
- Rappelons que ce rapport clôturait les travaux de la 3ème Commission d'enquête parlementaire sur les dérives sectaires, présidée par M. Georges Fenech et dont le rapporteur était M. Philippe Vuilque. Un an après, il est apparu utile de faire le point sur la mise en œuvre de leurs recommandations. Il reste encore beaucoup de travail, en matière de renforcement des contrôles scolaires ou d'accès des grands-parents à la justice. Suite à mon audition par cette Commission, j'ai été poursuivi, comme d'autres responsables d'associations ou familles de victimes, par les mouvements que j'ai dénoncés. C'est une instrumentalisation de la justice qui permet à ces organisations d'écrire sur leur site que je suis mis en examen… Début avril, l'Assemblée nationale examinera en première lecture une proposition de loi sur la protection des personnes qui témoignent devant la commission d'enquête parlementaire à l'initiative de M. Bernard Accoyer.

- A propos de justice, de nombreux arrêts ne servent-ils pas de « caution » à certains mouvements sectaires ?
- La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) n'a pour le moment pas été saisie par les victimes. Par ailleurs, la justice ne peut qu'appliquer les textes et pour cela, elle doit réunir un élément légal, un élément moral et un élément matériel. Il lui faut des faits avérés pour qu'il y ait des poursuites. Mais s'arrêter au principe qu'il n'y a pas de victime parce qu'il n'existe pas de condamnation est aussi erroné que de dire que les mouvements qui ne troublent pas l'ordre public ne sont pas des sectes, car les plus grands mouvements se gardent bien de se manifester publiquement. Enfin, n'oublions pas que les organisations sectaires qui ont à la fois beaucoup d'argent et de temps vont systématiquement devant les juridictions nationales et internationales et qu'elles interprètent ensuite les arrêts selon des méthodes parfois discutables ! La Scientologie prétend par exemple qu'un arrêt de la CEDH a obligé la Russie à la reconnaître comme une religion alors que l'arrêt reproche plus modestement à la ville de Moscou – qui n'est pas la Russie - de ne pas avoir traité les demandes de la Scientologie aussi équitablement que celles d'autres associations en termes de pièces à fournir et de délais…

- La Miviludes tire également la sonnette d'alarme concernant le satanisme. Comment expliquer la progression de ce phénomène qui met les adolescents en danger ?
- C'est un problème que nous évoquons depuis deux ans. Nous avons d'ailleurs édité un guide à l'usage des éducateurs et des familles. Il s'agit d'un phénomène en pleine évolution, pas forcément parce qu'il y a davantage d'adeptes mais parce que nous avons donné aux services les moyens d'identifier les actions sataniques. Un cimetière profané ne relève pas forcément ou uniquement de l'antisémitisme. Le nombre de faits constatés a quasiment triplé passant en deux ans de 30 à 92, ce qui signifie qu'il se commet en France un acte satanique un jour sur trois. Les sites Internet sur le satanisme sont fréquemment consultés par des adolescents qui s'inscrivent ensuite dans une démarche initiatique. Ils peuvent passer progressivement du satanisme dit romantique au satanisme militant prosélyte et actif et rejoindre des groupes organisés. Certains finissent par voler un crâne dans un cimetière. Or nul ne se remet jamais d'une telle expérience.

- Olivier Bobineau, membre du groupe « Sociétés religions et laïcités » prétend que le satanisme est « un non problème » qui « ne représente aucun danger » (Le Monde, 18 mars 2008) ? Que lui répondez-vous ? 
Je me suis trouvé dans l'obligation de mettre fin à la collaboration d'Olivier Bobineau qui travaillait à la Miviludes. Je ne m'attendais pas à ce qu'il nous félicite…

- Pour reprendre le qualificatif de « non problème », que pensez-vous de la polémique soulevée par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et de la directrice de cabinet du président de la République, Emmanuelle Mignon début 2008 (voir newsletter GSS des 11 et 25 février 2008) ?
- Ce type de polémique est contreproductif à l'action de l'Etat, il peine inutilement les victimes et donne l'occasion aux mouvements sectaires de redresser la tête. Il n'est pas raisonnable pour un ministre de critiquer un fonctionnaire d'Etat qui est  sous l'autorité du Premier Ministre. Ce qui a fait la force de notre engagement dans la lutte contre les dérives sectaires, c'est le consensus qui s'est dégagé sur les plans politique et administratif. Donner l'impression d'une faille, c'est renforcer les mouvements sectaires… A l'occasion du dernier changement de gouvernement, des lobbystes ont fait le siège des  nouvelles équipes. Il ne faut donc pas être surpris des désordres dans la parole de l'Etat.

Voir aussi ce texte sur le site de Psychothérapie Vigilance


France : Sectes

Sectes sur internet: l'impunité

Contre-journal-blogs libération , 13 avril 2008

[Texte intégral]

«Aucune procédure n'a encore été engagée contre des sites sectaires» s'indigne Aline Goosens, chargée d'une mission de veille sur les sectes sur internet, après la remise, le 2 avril, du rapport 2007 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires). Derrière les sites officiels des sectes - répertoriées comme telles -, se cachent des sites perso sur des hébergeurs gratuits type blogs, des pseudos plateformes universitaires et même des sites qui prétendent «faire de la recherche scientifique sur les mouvements religieux ou sectaires».

Aline Goosens, 41 ans, est spécialiste en intelligence économique et de la veille des sectes sur internet pour le Centre d'Information et d'Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles (CIAOSN - alter-ego belge de la commission française).

Quel est le degré d'implantation des sectes sur la toile ?
C'est extrêmement difficile à dire. Aucune étude n'a vraiment été menée sur le sujet. La seule chose que l'on constate depuis la fin des années 90, c'est que les sectes entrent dans tous les champs de la modernité. Dès qu'un nouveau média apparaît, elles vont l'utiliser. Les sectes les plus puissantes et les plus en vue se sont donc saisies d'internet. Celles qui avaient un ancrage anglo-saxon ou américain un peu plus tôt qu'en Europe, puisque l'internet est arrivé là-bas au milieu des années 90. Globalement, elles ont plusieurs champs d'action: la personne, les entreprises, l'humanitaire, et la santé. Dans ces quatre domaines, le média internet est pour elles une vitrine qui peut leur permettre de se donner une respectabilité. Sur internet, vous pouvez vous défendre, vous présenter, et signaler à tout le monde que vous existez.

Quelles méthodes utilisent-elles sur Internet?
Les sectes utilisent plusieurs types de sites pour attirer de nouveaux adeptes. Il y a leurs sites officiels, qui posent moins de problèmes dans la mesure où elles annoncent la couleur d'emblée - même si elles ne se présentent pas comme une secte. Elles utilisent plutôt les termes "nouvelle spiritualité" ou "mouvement religieux". A côté de cela, elles créent également des sites perso sur des hébergeurs gratuits type blogs qui émanent directement de la secte mais que vous ne repérez pas au premier coup d'oeil.

Enfin, il y a plus subtil de leur part : des sites qui se font passer pour des plateformes universitaires, d'information, d'intellectuels, ou de recherche, dans lesquels elles vont défendre le mouvement sectaire en général et dénoncer le comportement de certaines législations au nom de la liberté d'expression. L'exemple le plus connu est celui du Cesnur, qui prétend faire de la recherche scientifique sur les mouvements religieux ou sectaires. Ce n'est en fait qu'un site de propagande.

Sous cette caution scientifique, une personne non-avertie cherchant sur la toile des renseignements sur un mouvement pourra se faire endoctriner plus facilement. Ces sites sont le plus souvent associés à des blogs et des forums. Les internautes qui y posent des questions se trouvent face à une série de répondants qui ne s'identifient pas, et se trouvent ainsi confrontés à des manipulations. Si, dans une discussion, l'internaute montre un tant soit peu d'intérêt à ses interlocuteurs – qui se sont bien gardés de s'identifier -, il risque  transmettre, sans le savoir, des données personnelles utiles à la secte. Le dialogue s'établit d'autant plus facilement avec des personnes déboussolées, ou en difficulté dans leur vie affective ou professionnelle. Sur ces forums ou ces blogs, n'importe qui peut entrer en contact avec l'adepte d'une secte. Les adolescents ne constituent à priori pas une cible dans la mesure où il n'ont pas d'argent mais ils peuvent néanmoins être approchés quand ils ne vont pas bien ou sont en conflit avec leurs parents. On pourra leur apporter un certain nombre de réponses prémachées.

Dans quelle mesure les hébergeurs de sites ou les fournisseurs d'accès ont-ils le pouvoir de neutraliser la diffusion de leurs idées ?
Techniquement, les possibilités existent. Le problème selon moi, c'est qu'aucun hébergeur ne va oser faire de la censure. Au-delà de ça, qui va juger qu'un mouvement est sectaire ou ne l'est pas ? Que ce soit la Miviludes, l'Unadfi, ou le Ciaosn en Belgique, nous avons tous le problème de poser le jugement. Nous n'avons pas de vérité à leur opposer. Nous ne jugeons pas le problème de la secte sur la définition elle-même, mais sur leurs agissements, quand ils sont sectaires. En les dénonçant aux autorités publiques. Mais pour l'instant, aucune procédure n'a été engagée contre des sites à proprement parler. Et la sacro-sainte liberté d'expression leur permet de se développer, de surfer sur cette vague.

Internet est-il un outil efficace de conversion ?
Je ne pense pas qu'internet soit plus efficace. Les sectes ont su profiter d'un outil multimédia. Je suis persuadé qu'elles préfèrent malgré tout le face-à-face avec les personnes. Elles privilégient le contact personnel où une empathie peut passer. Néanmoins, c'est un média qui s'avère plus efficace dans tout se qui touche à la sphère des entreprises. Un dirigeant d'entreprise ne va pas aller à une réunion de la Scientologie, de Moon, ou de Raël pour chercher des modules de formation pour ses cadres. Il va en revanche préférer surfer sur le web, via des sites qui ressemblent à des portails de sociétés commerciales ordinaires et officielles, mais qui ne le sont pas. La présence des sectes dans ce domaine est assez nouveau mais pas étonnant. Dans tout se qui touche au bien-être de la personne, au coaching, à la gestion d'équipe, elles se sentent compétentes.

Le domaine de la formation professionnelle, c'est aujourd'hui 10% de la présence sectaire, ce qui est assez interpellant dans la mesure où cela représenterait à peu près 4 000 prestataires, rien qu'en France. Internet représente un support propice dans le sens où vous pouvez tout écrire. Vous pouvez faire un site vitrine très beau, et créer à côté de cela un blog qui va dans le même sens. Ou bien créer un site qui se voudrait contre cette pensée tout en alimentant un forum où les gens diraient que ce n'est pas une secte via de faux témoignages. Tout cela, ce sont des techniques tout à fait classiques de manipulation de l'information.»

Recueillis par Benoit Pavan

Pour en savoir plus, lire l'article de Philippe Crouzillacq sur 01net.com. Les sites institutionnels et associatifs de prévention des risques sectaires et anti-sectes: CCMM (Centre de documentation, d'éducation contre les manipulations mentales), INAVEM (Institut national d'aide aux victimes et de médiation), UNADFI (Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu est spécialisée dans l'information sur les sectes, la prévention et l'aide aux victimes), CIAOSN (Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles, Bruxelles). D'autres sites indépendants luttent plus particulièrement contre l'église de scientologie et ses méthodes: Antisectes, Enturbulation, et Xenu 


France : Scientologie

Guérilla masquée contre la Scientologie

Libération , 14 avril 2008 Correspondance à Washington Emmanuelle Richard

[Texte intégral]

Né sur le Net, le mouvement activiste des Anonymous mène des actions partout dans le monde contre la secte fondée par L. Ron Hubbard.
     
En moins de trois mois, une mystérieuse guérilla de l'ombre a surgi sur Internet pour former ce que l'expert américain des cultes, Rick Ross, considère «comme le plus gros mouvement d'opposition à la Scientologie. Historique !» Son nom ? Anonymous. Un réseau d'anonymes, sans leader reconnu, forts d'être nulle part et partout. Mais ils ne se contentent pas du monde virtuel. De New York à Londres, en passant par Berlin, Tokyo, Paris, Melbourne, Oslo, Dublin, ils étaient à peu près 7 000 à chanter et danser, le 10 février, devant les centres de l'Eglise de scientologie d'une centaine de villes du monde entier. Leur seconde manif planétaire, le 15 mars, recensait 10 000 participants. La troisième s'est tenue ce samedi Leur objectif : «faire connaître au grand public les centaines d'actes illégaux, activités frauduleuses et violations des droits de l'homme perpétrés par l'Eglise de scientologie».

A quelques jours de ce rendez-vous du 12 avril, les Anonymes étaient gonflés à bloc à en juger par la poussée de fièvre et de paranoïa sur leur principal forum, Enturbulation.org. «Attention aux mini-scientos», prévenait l'un des 14 000 membres du forum, relayant une rumeur à l'attention des sympathisants à Washington : la Scientologie aurait prévu d'envoyer des nuées d'enfants pour espionner les manifestants dans la capitale américaine. «Regardez bien le type à chapeau sur la photo : nos sources l'ont identifié comme un détective employé par COS» (Church of Scientology), alertait un autre.

Il y a un mois, leur rassemblement devant le QG de la secte à Washington offrait une scène surréaliste typique des happenings d'Anonymous : 300 contestataires au visage caché, beaucoup sous le masque du héros révolutionnaire anarchiste de la BD «V pour Vendetta». Paisiblement, ils brandissent des pancartes «La Scientologie détruit des vies !» ou «La Sciento = grosse arnaque» au son du tube des années 80 «Never Gonna Give You Up» (Je ne te lâcherai jamais les baskets). Une atmosphère à la fois festive et grave, avec le témoignage au micro de Jeanne-Marie Boucher, une jeune femme élevée dans la Scientologie qui accuse l'organisation d'avoir conduit son père au suicide en 2001. Dans la foule, l'ex-scientologue Arnie Lerma, catogan poivre et sel, un vétéran réputé pour ses dénonciations de la secte via son site Lermanet.com. «Tous les anciens comme moi ont les larmes aux yeux depuis l'émergence d'Anonymous, soupire ce réparateur informatique. On se dit : mon Dieu, enfin… Nous allons obtenir justice.»

Le phénomène est d'autant plus stupéfiant aux Etats-Unis que l'Eglise de scientologie y a pignon sur rue. Fondée en 1954 par l'écrivain de science-fiction L. Ron Hubbard sur la base d'une méthode de développement personnel, elle est reconnue outre-atlantique en tant que religion. A ce titre, au terme d'un long bras de fer judiciaire, elle a même obtenu en 1993 un statut fiscal privilégié. Le nombre d'adeptes américains reste débattu : 3,5 millions selon la Scientologie ; seulement 55 000 actifs à en croire une étude de l'université CUNY de 2001. Parmi eux, des stars d'Hollywood, de Tom Cruise à John Travolta, en passant par le réalisateur de Collision Paul Haggis. Dotée d'imposants bâtiments dans les meilleurs quartiers, présente dans les communautés via une nébuleuse de programmes éducatifs et de cures antidrogues, la Scientologie monte des centres de secours sur toutes les catastrophes, comme à la Nouvelle Orléans après l'ouragan Katrina.

«L'étincelle qui a déclenché la révolution»

«En vertu de la liberté de religion, la Scientologie a parfaitement le droit d'exister, admet un membre actif du réseau Anonymous à Washington. Mais ce sont leurs méthodes qui sont intolérables.» Cet étudiant a accepté de nous rencontrer à condition qu'aucun détail physique, ni même son pseudo, ne soient révélés. Les premiers «Anon'», comme ils s'appellent entre eux, avaient formé un groupe il y a deux ans, sur le site humoristique SomethingAwful.com, repaire de jeunes technophiles attachés à la liberté d'expression sur le Net. En janvier, le site new-yorkais Gawker.com met la main sur une vidéo interne au culte, montrant Tom Cruise vanter les mérites de sa religion dans un concert d'éclats de rire bizarres. Cette vidéo aurait été vite oubliée si les avocats de l'Eglise de scientologie n'avaient pas sommé YouTube de la retirer et menacé Gawker de procès pour «violation de copyrights». Gawker refuse d'obtempérer, «au nom de la liberté d'information» mais YouTube, propriété de Google, cède sur le champ. C'est, raconte l'étudiant, «l'étincelle qui a déclenché la révolution».

Le 21 janvier, Anonymous publie sur YouTube un manifeste vidéo adressé aux dirigeants de la Scientologie: «Vos campagnes de désinformation, votre suppression de la dissidence, votre nature litigieuse retient notre attention depuis des années», annonce une voix synthétique à la Stephen Hawking, avant de poursuivre : «Anonymous a décidé que votre organisation doit être détruite. Pour le bien de vos fidèles, pour le bien de l'humanité, pour notre plaisir, nous vous expulserons de l'Internet et nous démantèlerons l'Eglise de scientologie.» Une déclaration de guerre assortie de tout un arsenal «terroriste», proteste la Scientologie. Au cours des trois semaines suivantes, la secte recense d'innombrables actes de hacking contre ses sites, 22 alertes à la bombe et 8 menaces de mort contre des membres. «Faites gaffe, Anon' : vous courez à la catastrophe !», s'émeut Mark Bunker, un vétéran de la critique scientologue sur son site Xenu.tv. Début février, ce producteur de télévision enjoint les activistes de cesser toute activité illégale. Il est écouté : «Les Anonymes semblent avoir rompu avec certains fanatiques du début et font la police au sein du groupe», remarque Mary McConnell, une ancienne adepte de la Scientologie. Avec d'autres vétérans, comme Arnie Lerma, elle contribue au forum Alt.religion.scientology, créé dès 1991. Mary, pour qui «Internet est le plus gros cauchemar de la Scientologie», voit déjà les retombées positives des Anonymes : une recrudescence d'adeptes qui osent quitter la Scientologie et le dire en ligne.

«Groupe de cyber-terroristes»

La Scientologie n'a pas tardé à lancer la contre-offensive. Elle avait saisi la justice américaine pour faire interdire les rassemblements d'Anonymous le 15 mars. Echec. Mais ensuite, au moins une cinquantaine de manifestants ont reçu chez eux des injonctions à cesser toute collaboration avec Anonymous, «une organisation qui incite ou opère des activités illégales contre l'Eglise de scientologie.» Des missives qui ont «fait leur petit effet», déplore un récipiendaire, car «pour être démasqués, les manifestants ont forcément été suivis et placés sous surveillance.» A Los Angeles, la Scientologie a porté plainte contre plusieurs d'entre eux et à Boston, un organisateur est convoqué au tribunal pour répondre d'une accusation de «harcèlement criminel».

Ce processus d'identification est «absolument» justifié estime Karin Pouw, porte-parole de l'Eglise de scientologie Internationale à Los Angeles. «Notre devoir est de protéger les cadres de notre Eglise et nos paroissiens.» Aux yeux de l'organisation, Anonymous est un «groupe de cyber-terroristes». Tout en continuant «à prendre Anonymous très au sérieux», la dame conclut sur un ton des plus aimables: «Je ne veux pas que vous communiquiez l'idée que l'Eglise et ses paroissiens sont assiégés aux Etats-Unis, car ce n'est pas vrai : notre Eglise est florissante alors qu'Anonymous est un mouvement très marginal et confiné à l'Internet.»

L'endurance d'Anonymous et son impact à long terme restent à mesurer, reconnaît l'expert des cultes Rick Ross.Le statut fiscal préférentiel de la Scientologie est pour eux un cheval de batailleévident, estiment-ils. Les Anonymes américains ont prévu de manifester sur ce point devant le Capitole avant l'élection présidentielle de novembre. Et, déjà, ils entrevoient une lueur d'espoir: fin mars, un Anon' délégué du parti républicain au Texas a enclanché une procédure pour la révocation du statut de "religion" de l'Eglise de Scientologie dans son Etat. Une première depuis 1993, souligne le révérend John Wetzel. Ce pasteur luthérien, qui agit à Washington comme lobbyiste bénévole des «antisciento», constate : «C'est inédit, cette dynamique pour informer le public au sujet de la Scientologie sans se soucier de leur réaction. Mais ce sera difficile : la Scientologie a de l'argent et du monde qui la soutient.»


Belgique : Opus Dei

Quelques observations sur le travail de la commission d'enquête du Parlement belge sur les sectes

Courriel, 15 avril 2008

[Texte intégral]

BUREAU D'INFORMATION DE LA PRELATURE DE L'OPUS DEI EN BELGIQUE

Avenue de la Floride 112 - 1180 Bruxelles
Tél : 02/374.24.30 - Fax : 02/374.94.61
brussels@opusdei.org  

Quelques observations sur le travail de la commission d'enquête du Parlement belge sur les sectes  

Bruxelles, le 12-5-97 

Le mercredi 30 avril 1997, une commission d'enquête du Parlement belge, composée de 11 députés appartenant à tous les partis représentés à la Chambre, a publié le rapport final du travail qu'elle avait commencé plus d'un an auparavant. Le but de la commission parlementaire était d'enquêter sur les sectes. Le rapport final, de 670 pages, comprenait un « tableau synoptique » ou liste de 189 groupes et institutions des plus variés. Parmi eux figuraient plusieurs institutions et mouvements de l'Eglise catholique, dont le Renouveau charismatique, la Prélature de l'Opus Dei, la Communauté de St Egide, Opus Christi Regis (« Het Werk ») et la Communauté d'Opstal (de la Compagnie de Jésus).

On trouve aussi dans la liste des groupements comme Moon, l'Ordre du Temple solaire, Aoum, des sectes sataniques, etc.

La liste était précédée d'un texte où l'on reconnaissait que « cette énumération ne constitue (…) ni une prise de position, ni un jugement de valeur de la part de la commission. Ainsi le fait pour un mouvement d'y figurer, même si c'est à l'initiative d'une instance officielle, ne signifie pas que pour la commission, il soit une secte, et a fortiori qu'il soit dangereux » (2e partie, p. 227). Cette affirmation privait la liste de toute crédibilité, sans éviter pour autant de rendre suspects les noms mentionnés, ni de donner l'occasion d'une « chasse aux sorcières ».

La Conférence des Evêques de Belgique a réagi immédiatement. Dans leur communiqué, ceux-ci déclarent « qu'ils ne peuvent marquer leur accord sur le fait de regrouper dans la même liste des associations et mouvements de natures très diverses. On crée ainsi un amalgame irresponsable entre des réalités qui ne peuvent être reprises sous un commun dénominateur (…). Ils font remarquer à ce sujet qu'un discrédit ou un soupçon injustifié jeté sur l'Eglise et les mouvements qu'elle approuve, a pour seul effet d'encourager davantage les sectes qui méritent véritablement ce nom. Elles peuvent alors en toute sécurité se cacher dans une zone d'ombre et profiter injustement du fait d'être mentionnées en compagnie de gens qui n'ont rien à voir avec les sectes. Créer une nébuleuse grâce à laquelle les sectes reçoivent une position plus avantageuse ne peut évidemment pas avoir fait partie des objectifs d'une commission qui a tenté d'apporter la clarté dans le dossier des sectes ».

Interrogé par plusieurs médias, le cardinal Danneels a affirmé à plusieurs reprises, de façon catégorique, que ni l'Opus Dei ni le Renouveau charismatique ne peuvent être considérés comme des sectes.

Le secrétariat de la Prélature de l'Opus Dei en Belgique a également publié un communiqué où « il manifeste son respect à l'égard des compétences de la commission d'enquête, mais rejette catégoriquement les griefs formulés contre l'Opus Dei par des témoins indirects, dont il conteste la compétence pour s'exprimer sur la Prélature. Ce secrétariat constate que le rapport ne fait pas état de la moindre accusation émanant d'une instance officielle ou d'un témoin direct. »

Les responsables de la Prélature en Belgique tiennent en outre à préciser « qu'ils n'ont jamais été informés par la commission des reproches dont elle a fait l'objet au sein de celle-ci, qu'ils n'ont jamais été invités à s'en expliquer et qu'ils n'ont par conséquent pas eu l'occasion de se défendre de ces accusations. »

En outre, ce rapport a soulevé une volée de protestations dans divers milieux, tant en Belgique qu'à l'étranger. De façon générale, la presse nationale et internationale a commenté négativement le travail de la commission. Les plaintes portaient contre la méthodologie adoptée par la commission, qui sur la base, souvent, de témoignages unilatéraux, non vérifiés et fournis sans preuves, a stigmatisé toute une série de personnes et d'institutions, qu'elle a en outre injustement exposées à l'amalgame, en les rassemblant dans une liste, aux côtés d'organisations criminelles.

La commission avoue elle-même, dans son rapport, qu'elle « n'a pas pu procéder à une vérification de l'ensemble des informations recueillies ni en contrôler l'exactitude » (2e partie, p. 227). Certains cas, comme la mention de la Communauté St Egide et celle de la « Vénérable Chapelle du Saint-Sacrement de la Cathédrale d'Anvers », revêtaient un caractère particulièrement ridicule, puisqu'elles ne devaient leur mention dans la liste qu'à de grossières erreurs administratives.
Devant ce tollé, le Parlement, à l'issue du débat sur le rapport, le mercredi 7 mai, a corrigé ces graves injustices en votant à une très large majorité une motion qui approuve les seules conclusions et recommandations du rapport, « telles que reprises dans la sixième partie (des pages 208 à 226) » et décide explicitement que « le tableau synoptique ne fait pas partie de ces conclusions »
Ces conclusions et recommandations - les seuls éléments du rapport approuvés par la Chambre - portent sur divers moyens de lutte contre les sectes. Aucune institution catholique n'y est mentionnée.

S. Seminckx
Directeur du Bureau d'Information
de la Prélature de l'Opus Dei en Belgique


Norvège : Scientologie

Suicide de la fille d'un député socialiste norvégien

Dagbladet, 15 avril 2008 Traduction par Jacques Richard

[Texte intégral]

La fille du député socialiste Olav Gunnar BALLO, Kaja âgée de 20 ans, s'est suicidée suite à un test de personnalité.

Tout indique que la secte de la Scientologie a joué un rôle direct. 

Il y a un peu plus de semaines, Kaja Bordevich Ballo s'est suicidée quelques heures après avoir reçu le résultat désastreux d'un test de personnalité effectué par l'Eglise de Scientologie.

La police de Nice, où Kaja était étudiante à l'Université de Sophia Antipolis, effectue des recherches sur le rapport entre cet évènement et l'Eglise controversée. 

Le père de Kajà est un homme politique connu, Olav Gunnar Ballo, membre du parlement depuis des années, vice-président de Odelstinget et porte-parole intrépide pour son parti sur les questions de santé. Heidi Sörensen est mariée à Ballo et mère de Kaja. Sörensen a été précédemment le leader de l'Union pour la nature (Naturvernforbundet) et membre du parlement. Elle est maintenant sous-secrétaire d'Etat à l'Environnement. Les nouvelles publiées aujourd'hui (15.04.2008) le sont après accord de Ballo lui-même et du reste de la famille de Kaja. 

L'information sur le test de la Scientologie a été rendu publique lors de l'allocution du prête pour l'office donné à sa mémoire. « Je peux confirmer que vu le caractère récent de sa mort, je ne veux pas m'étendre ni commenter quant aux autres sujets maintenant » a dit Olav Gunnar Ballo.

Kaja est décédée le 28 mars et a été enterrée à l'Eglise de Grefsen vendredi dernier (4 avril).

Selon les informations reçues par Nouvelles du monde (Verdens Ganz, tabloïd norvégien), la relation avec les scientologues a été établie quand la famille a trouvé le test de personnalité rempli et l'analyse de la Scientologie, et ce qu'il contenait sur sa personnalité, ceci dans la chambre d'étudiante de Kaja après sa mort. Le test était tamponné et daté. Il avait été fait le jour même de sa mort. 

L'Eglise de Scientologie a ses locaux à quelques mètres seulement du foyer ou vivait Kaja.

Henrik Möinichen (19 ans), un camarade de Kaja, dit à Nouvelles du monde que le vendredi 28 mars il a marché vers l'université et sa classe vers 9h. « selon moi, elle était comme d'habitude. Elle parlait et était heureuse » a déclaré Henrik Möinichen. Après la classe de français pour étrangers, il était 11h passées. Henrik a quitté l'établissement pour se rendre à l'aéroport de Nice pour y rencontrer son père. Il vit dans une chambre voisine de celle de Kaja. La dernière chose qu'il ait entendu d'elle c'est qu'elle marchait autour de sa chambre à 15h et il a été dehors avec son père le reste de la journée. 

Un point sensible

Le test a été trouvé à sa place par la famille. « Après qu'elle ait fini à l'école, j'ai appris qu'elle est allée acheter des vêtements pour quelqu'un. C'est ainsi que peut-être, elle a été en contact avec l'Eglise de Scientologie » dit Henrik Möinichen.

D'où vient ce que Verdens Ganz a appris que Kaja a reçu un résultat extrêmement mauvais. « j'ai le sentiment que quelque chose a dû arriver très brusqueemnt et que ça a atteint un point vulnérable. Personnellement, je crois que Kaja serait vivante aujourd'hui si elle n'avait pas été en contact avec les scientologues. J'ai l'impression qu'elle se plaisait à Nice. Elle parlait souvent de l'avenir et de ses projets à l'Université » dit Henrik Möinichen. 

Kaja n'a laissé aucun écrit qui soit mentionné.


France : Scientologie

Enquête à l'Eglise de Scientologie de Nice après le suicide d'une étudiante

Le Monde, 17avril 2008

[Texte intégral]

Des policiers se sont rendus mercredi dans les locaux de l'Eglise de scientologie à Nice afin d'entendre des responsables de cette organisation après le suicide d'une étudiante norvégienne, a-t-on appris de sources concordantes.

La jeune femme, âgée de 20 ans, s'est jetée du troisième étage de la résidence étudiante où elle habitait, dans le centre de Nice, le 28 mars dernier.

Dans sa chambre se trouvait un test de personnalité mis en point par l'Eglise de scientologie, dont elle avait reçu les résultats et l'analyse de ces résultats le jour-même.

Dans des déclarations au quotidien Nice-Matin à paraître jeudi, le père de la jeune femme, Olav Gunnar Ballo, parlementaire norvégien, estime que les résultats du test ont eu un impact "dévastateur" sur le moral de sa fille, "qui n'était pas suicidaire et était heureuse de vivre".

De source judiciaire, on indique qu'aucun élément ne permet pour l'instant d'établir un lien de cause à effet entre le test des scientologues et le suicide de la jeune femme. Une enquête judiciaire a été ouverte.

Un responsable de l'Eglise de scientologie à Paris a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat que ces tests sont faits par des milliers de personnes, qu'ils se trouvent sur internet, et qu'ils n'ont rien que de très "banal".

Dans un communiqué, l'Eglise de scientologie de Nice a qualifié d'"indécent" le fait de chercher des bouc-émissaires et de nous attribuer le malheur de cette jeune fille".

"Contrairement à ce qui a été avancé dans certains media, nous n'avons pas évalué son test durant les quelques minutes où elle est restée dans la Mission. On a tout de suite estimé que vu son passé psychiatrique cette jeune fille ne pouvait pas pratiquer la scientologie", a ajouté l'église.

Plusieurs journalistes norvégiens sont arrivés à Nice pour enquêter sur cette affaire qui défraye la chronique en Norvège.


France : Scientologie

Deux scientologues entendus par la police après le suicide d'une étudiante

AFP, 17avril 2008

[Texte intégral]

NICE - Deux scientologues entendus par la police après le suicide d'une étudiante

Deux responsables de l'Eglise de scientologie à Nice ont été entendus jeudi par la police après le suicide d'une étudiante norvégienne, a-t-on appris de sources concordantes.

La jeune femme de 20 ans, Kaja Gunnar Ballo, s'est jetée du troisième étage de la résidence étudiante où elle habitait, dans le centre de Nice, le 28 mars.

Dans sa chambre se trouvait, à côté d'une lettre d'adieu à ses parents, un test de personnalité utilisé par l'Eglise de scientologie, selon son père Olav Gunnar Ballo, un parlementaire norvégien.

L'une des deux femmes responsables de l'Eglise de Scientologie de Nice entendues jeudi par la police est celle qui a fait passer les tests à la jeune Norvégienne.

Agnès Bron, responsable de l'Eglise de Scientologie à Paris, a confirmé à l'AFP qu'elle avait effectivement passé ces tests, tout en précisant qu'elle ne parlait pas suffisamment bien le français pour en faire une évaluation.

"La vérité est qu'elle n'a pas eu les résultats des tests", a indiqué Mme Bron.

Dans des déclarations au quotidien Nice Matin, jeudi, le père de la jeune femme a affirmé que le test avait eu un impact "dévastateur" sur le moral de sa fille.

"Kaja avait certes eu des petits problèmes d'ordre psychologique à l'adolescence mais elle n'était pas suicidaire et était heureuse de vivre", a-t-il dit.

Selon Mme Bron, la jeune femme est passée brièvement à l'Eglise de Scientologie dont les locaux sont situés près de sa résidence étudiante, indiquant, lors d'un entretien avec une scientologue, qu'elle était anorexique et sous anti-dépresseurs.

Tout en se défendant de trouver la cause du suicide de la jeune norvégienne, Mme Bron a souligné la corrélation bien établie, selon elle, entre prises d'anti-dépresseurs et suicide des adolescents.

Elle a par ailleurs indiqué que le test auquel la jeune femme avait été soumise n'avait pas été créé par l'Eglise de Scientologie mais par un institut américain, dans les années quarante, dans le cadre d'analyses maritales et pré-maritales.

Ces tests "d'une grande fiabilité", selon Mme Bron, sont composés de quatre séries de cinquante questions, permettant de mieux connaître les traits de caractère d'une personne.

Une enquête judiciaire a été ouverte.


Canada : Mormons fondamentalistes

Secte du Texas : des enfants canadiens impliqués

Presse canadienne , 20 avril 2008 par Violaine Ballivy

[Texte intégral]

De petits Canadiens pourraient faire partie des 416 enfants retirés, au début du mois d'avril, d'une secte polygame soupçonnée d'agressions sexuelles au Texas.

Cette information a été dévoilée vendredi par la responsable du Service de protection de l'enfance au Texas chargée de placer tous les enfants dans des foyers d'accueil. Angie Voss n'a toutefois pas précisé le nombre de Canadiens, pas plus que leur âge ou leur sexe.

De ce côté-ci de la frontière, les autorités canadiennes n'ont pas été en mesure de confirmer ni d'infirmer ces faits hier. Le ministère des Affaires étrangères n'a reçu aucune demande d'assistance de son homologue américain. «Nous surveillons la situation depuis le début, mais nous n'avons pas encore été informés de l'implication d'un citoyen canadien», a confirmé hier à La Presse Eugénie Cormier-Lassonde, porte-parole du Ministère.

La donne pourrait néanmoins changer dans les prochains jours. Les enfants ont été placés dans des familles disséminées dans tout l'État du Texas. Vérifier s'ils possèdent la citoyenneté canadienne - probablement en plus de l'américaine - risque de prendre du temps, a expliqué Mme Cormier-Lassonde. «Nous parlons tous les jours avec le département de la Famille de Dallas. Si des Canadiens sont impliqués, le Ministère le saura», a-t-elle assuré.

Les autorités du Texas ont effectué un raid le 3 avril dernier dans un ranch appartenant à l'Église fondamentaliste des saints des derniers jours (FLDS), un courant fondamentaliste dissident de l'Église mormone officielle, après avoir reçu plusieurs appels à l'aide d'une jeune fille de 16 ans expliquant qu'elle était déjà enceinte de son deuxième enfant et que son mari de 50 ans la battait souvent. Cette adolescente n'a pas été retrouvée dans le ranch lors du raid, mais les autorités ont découvert plusieurs autres adolescentes enceintes ou qui avaient récemment accouché.
 


Suisse : Raël

Le gourou des Raéliens persona non grata en Valais

24 heures, 20 avril 2008

[Texte intégral]

Claude Vorilhon, alias Raël, a perdu une nouvelle et troisième manche dans ses tentatives de s'établir en Valais. Le Tribunal cantonal valaisan a rejeté un recours du gourou de la secte des Raéliens qui demande une autorisation de séjour pour activité lucrative dans une cave viticole valaisanne. Les autorités invoquent des motifs liés à l'ordre public et à la protection de la morale.

Raël voudrait séjourner quelques mois par année à Miège, village où habitent une quinzaine de Raéliens. En octobre 2006, le propriétaire d'une cave viticole avait déposé une demande d'autorisation de séjour en sa faveur. Une demande que le Service cantonal de l'état civil et des étrangers, puis le Conseil d'Etat ont successivement refusée l'année dernière.

Saisi d'un recours contre cette décision, le Tribunal cantonal a à son tour débouté la demande de Raël dans un arrêt du 17 avril dernier. La Cour a admis que le Français pouvait, en tant que futur travailleur salarié communautaire, se prévaloir de l'accord sur la libre circulation des personnes pour obtenir une autorisation de séjour en Suisse. Le tribunal a toutefois retenu que des motifs d'ordre public s'opposaient à l'octroi de cette autorisation, a-t-il précisé mardi.

Le canton avait déjà rejeté sa demande pour les mêmes raisons. Les autorités estiment que l'idéologie de Claude Vorilhon est contraire à la Constitution fédérale. La secte prône, notamment, le clonage humain et l'éducation sexuelle des enfants par leurs parents. Le Français s'est dit prêt à aller jusqu'à Strasbourg pour contester cette décision.

D'abord chanteur, puis chroniqueur sportif et coureur automobile, le Français Claude Vorilhon a créé le mouvement raélien dans les année 70. Il se déclare le dernier prophète, le berger des bergers, demi-frère de Jésus. Il est venu sur terre pour diffuser le message des Elohims, des extraterrestres, préparer leur arrivée sur notre planète et sauver l'humanité.


France : Laïcité

L'anthropologue Pascal Picq dénonce le regain créationniste

Libération, 22 avril 2008 Entretien réalisé par SYLVESTRE HUET

[Texte intégral]

Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, revient sur les relations entre les combats laïcs et l'enseignement de l'évolution, mis en cause par des groupes religieux.

La laïcité, dites-vous, est menacée par le créationnisme. Comment serait-ce possible ?

Entre les deux tours de la dernière élection présidentielle, j'ai publié un livre, Lucy et l'obscurantisme (1), dans lequel je décrivais l'histoire du créationnisme aux Etats-Unis d'Amérique, son expansion dans le monde et ses menaces en Europe et en France. J'avais proposé comme titre Lucy et la laïcité, ce qui fut accueilli avec scepticisme par mon éditrice Odile Jacob. Que je défende les théories de l'évolution contre des mises en cause par des courants de pensées religieux, extérieurs à la science, va de soi, mais que j'aille sur le terrain de la laïcité, voilà qui étonnait. Ces réactions montrent, hélas, que les créationnistes et les partisans du dessein intelligent (Intelligent Design, ID) avaient bien œuvré puisque les laïques ne voyaient là qu'une controverse autour des seules théories de l'évolution. Les créationnistes et les adeptes de l'ID n'ont pas pour cible les théories de l'évolution en soi, mais utilisent fort intelligemment le fait que cette théorie, si mal comprise, contient tout ce qu'ils veulent combattre. C'est la première étape, celle qui doit, selon la «stratégie du coin» (the wedge strategy) engager la suivante avec pour objectif d'imposer leur conception du monde dans l'enseignement. Car leur stratégie vise l'éducation privée et publique.

Faut-il vraiment mener combat pour enseigner l'évolution ?

Un des grands principes de la laïcité est que tout individu est libre d'exercer le culte qu'il a choisi à condition de ne pas troubler l'ordre public. Or dans les collèges, les lycées et maintenant dans les universités, comme récemment à l'université Lyon I, des fondamentalistes chrétiens et musulmans perturbent les cours, provoquent de l'agitation, menacent et cherchent à imposer leur vérité. Face à cela, il y a toujours les partisans de l'attitude munichoise qui consiste à dire que si la théorie de l'évolution suscite des troubles, il faut en édulcorer, voire supprimer l'enseignement. On sait où cela mène. Au contraire, il faut renforcer son enseignement car elle suscite ce grand débat laïque sur les diverses façons d'interroger le monde. Le Conseil de l'Europe l'a bien compris : écarter l'enseignement de l'évolution en biologie, c'est menacer l'enseignement des sciences avant de menacer la laïcité.

Mais ce problème n'est-il pas spécifiquement américain ?

La France, amusée de l'archaïsme des Etats-Unis, a peu porté attention à ce qui se passe sur le Vieux Continent. Il y eut de nombreuses tentatives, parfois abouties, pour éliminer l'enseignement de l'évolution de l'école en Angleterre, Allemagne, Pologne, Italie, aux Pays-Bas… sans oublier la Russie. Le tout sans échos médiatiques, sauf lors du rejet par une commission du Conseil de l'Europe d'une résolution contre les pressions exercées par des courants religieux et/ou inspirés de l'ID sur le contenu des programmes d'enseignement en biologie. Cette résolution intitulée «Les dangers du créationnisme dans l'éducation» a finalement été adoptée en octobre 2007.

La Pologne, certes, mais la France ?

Notre pays est bien celui de Descartes. Pas celui de la méthode, mais celui qui, lorsqu'il ne comprend pas quelque chose ou si une observation ne correspond pas à son cogito, s'en remet à Dieu. La théorie de l'évolution héritée de Charles Darwin peine à pénétrer notre pensée, sauf chez les biologistes. Nous croyons être à l'abri de toute contagion car la loi de 1905 nous protège. Quelle naïveté ! Je suis donc plein de gratitude envers Nicolas Sarkozy qui, grâce à ses propos, a réveillé les combattants de la laïcité. Je reste stupéfait qu'il ait repris des affirmations propres aux créationnistes et aux antilaïques primaires selon lesquels les événements tragiques du XXe siècle résultent d'un recul de la religion. L'argument ? L'homme éloigné de son créateur est redevenu un animal qui se comporte selon la loi du plus fort en accord avec la théorie de Darwin. Si on enseigne que l'homme descend d'un animal inférieur et si, à cause de la laïcité, il ne reçoit plus d'enseignement religieux, alors cela entraîne et justifie toutes les horreurs. Il faut donc supprimer l'enseignement de l'évolution, CQFD.

En France, l'Islam est la deuxième religion, comment aborde-t-il cette question ?

Les médias se sont peu inquiétés des influences créationnistes propres à l'Islam, avant que plusieurs milliers de personnes ne reçoivent le désormais célèbre Atlas de la création dû au fondamentaliste turc Harun Yahya. D'un seul coup c'est la panique parce qu'un livre venant d'un pays musulman tombe comme un pavé dans la mare aux certitudes. Or l'auteur de ce livre n'a fait qu'employer les méthodes des évangélistes fondamentalistes américains. Cette alliance de circonstance entre évangélistes et islamistes poursuit un même but : détruire la laïcité.

Que retenez-vous de l'affirmation de Nicolas Sarkozy : l'instituteur est moins apte à enseigner la morale que le prêtre, le rabbin ou l'imam ?

La morale n'est pas de la seule compétence des religions, et encore moins des seules religions du livre. Il y a une morale supérieure à toutes les autres, celle qui enjoint de respecter le droit de croire et de ne pas croire, pour soi et pour les autres. Seule cette morale laïque permet, justement, la tolérance entre les religions et c'est en ce sens qu'elle est supérieure aux autres. A l'heure de la mondialisation et de tant de conflits ethniques et religieux, la laïcité se fonde sur les droits universels de l'Homme. Et notamment des droits des femmes et des enfants durement acquis à l'encontre de ces «morales» qui leur confèrent toujours une position inférieure. La morale laïque est de ce côté, pas toutes les morales religieuses, loin s'en faut. Car derrière l'activisme des créationnistes, il y a le sombre dessein de renier ces acquis issus du siècle le plus laïque, le XXe siècle. Louons ces créationnistes qui nous rappellent que dans la vie, que ce soit l'évolution ou l'histoire, rien n'est jamais définitivement acquis.

(1) Lucy et l'obscurantisme, Editions Odile Jacob, 304 pp, 2007, 22,90 euros.


France : Sectes

Assemblée Nationales - Questions/Réponses

JO, 22 avril 2008

[Texte intégral]

13ème législature
Question N° : 17051  de M. Lachaud Yvan(Nouveau Centre - Gard) QE
Ministère interrogé :  Premier ministre
Ministère attributaire :  Premier ministre
 Question publiée au JO le : 19/02/2008 page : 1305
 Réponse publiée au JO le : 22/04/2008 page : 3429
 
Rubrique :  ésotérisme
Tête d'analyse :  mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires
Analyse :  fonctionnement. bilan et perspectives
Texte de la QUESTION :  M. Yvan Lachaud attire l'attention de M. le Premier ministre sur l'intérêt du maintien de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. En effet, dans un contexte actuel où les valeurs religieuses sont mises en exergue, il est bon de rappeler que les dérives sectaires ne se limitent pas à la sphère religieuse, puisque plus de la moitié des cas concernent le secteur de la santé, du développement personnel, des actions humaines, éducatives et culturelles. Aussi, il lui demande de maintenir cette mission interministérielle en l'état. 
Texte de la REPONSELe Premier ministre a eu l'occasion de réaffirmer récemment l'intérêt s'attachant au maintien, voire au renforcement, de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires et à l'accomplissement de ses missions. Aucune disposition du décret n° 2002-1392 du 28 novembre 2002 n'implique en effet que cette vigilance doive se limiter à la sphère religieuse. 
NC13REP_PUBLanguedoc-RoussillonO

NB : mêmes  réponses aux interrogations similaires de Mme Geneviève Gaillard, MM. Michel Delebarre, Bernard Cazeneuve


France : Sectes

Georges Fenech chargé d'une mission sur les dérives sectaires et la justice

AFP, 24 avril 2008

[Texte intégral]

Georges Fenech, magistrat et ancien président de la commission d'enquête sur les sectes et les mineurs, a été chargé par le Premier ministre François Fillon d'un mission d'évaluation des "dispositifs judiciaires conçus pour lutter plus efficacement contre les dérives sectaires", a-t-il annoncé jeudi.

Il doit rendre son rapport au Premier ministre le 1er juillet, a-t-il précisé dans un communiqué.

On constate, a-t-il dit à l'AFP, que le dispositif législatif est "peu utilisé", citant notamment la loi About-Picard (juin 2001) sur l'abus de faiblesse. Il constate aussi que les commissions d'enquête parlementaires ne sont "pas toujours suivies d'effet". Sa mission est d'évaluer le dispositif existant concernant les auteurs des dérives et leurs victimes, d'analyser la formation des magistrats et leur sensibilisation aux dérives sectaires, le rôle des associations, etc.

M. Fenech précise que pour réaliser cette étude, il travaillera en liaison avec les services du ministère de la Justice.


Russie : Sectes

Secte retranchée en Russie, pas de sortie prévue pour la Pâque orthodoxe

AFP, 27 avril 2008

[Texte intégral]

MOSCOU - Les onze membres d'une secte orthodoxe russe retranchés sous terre depuis novembre dans l'attente de la fin du monde ne devraient pas sortir dimanche pour la Pâque orthodoxe, contrairement à ce qui avait été annoncé, a affirmé un responsable local cité par l'agence Interfax.

"Les ermites n'ont émis aucun signe d'une possible sortie aujourd'hui", a déclaré le gouverneur adjoint de la région de Penza, Oleg Melnichenko, qui a pu leur parler.

Un des 24 adeptes de la secte qui ont déjà quitté le refuge, Vitali Nedogon, avait pourtant affirmé que les personnes encore retranchées sortiraient à la lumière pour la fête de la Pâque orthodoxe le 27 avril, selon M. Melnichenko.

Dimanche, il a assuré à l'agence Ria-Novosti qu'ils devaient attendre "un signe".

"De tels signes peuvent prendre la forme d'un effondrement des parois ou d'un rêve prémonitoire" d'un adepte, a-t-il assuré, alors que des dizaines de journalistes étaient sur place dimanche dans l'attente de leur sortie.

Quatorze adeptes étaient sortis le 1er avril après un effondrement d'une partie de l'abri dans lequel ils avaient vu un signe de Dieu.

Début novembre 2007, 35 membres de la secte emmenés par le gourou Piotr Kouznetsov se sont isolés dans un vaste abri de plusieurs cavités construit sous terre, prédisant l'apocalypse pour mai 2008.

Onze personnes demeurent encore dans cet exil souterrain creusé près du village de Nikolskoïe dans la région de Penza, à 700 km au sud-est de Moscou, et menacent de s'immoler par le feu si on les contraint à sortir.

La plupart de ceux qui sont déjà sortis continuent d'attendre l'apocalypse dans la maison du gourou.

Les adeptes de la secte, originaires d'autres régions de la Russie ou du Bélarus, rejettent les acquis de la civilisation comme le téléphone et l'électricité.


France : Coup de gueule

Mission d'évaluation confiée à Georges Fenech

Courriel, 29 avril 2008 par Athanase Kircher

[Texte intégral]

Monsieur Georges Fenech, magistrat et ancien président de la commission d'enquête sur les sectes et les mineurs, bien connu pour le travail exemplaire qu'il avait mené dans le dossier de la scientologie à Lyon, a été chargé par le Premier ministre d'une mission d'évaluation des "dispositifs judiciaires conçus pour lutter plus efficacement contre les dérives sectaires".

Cette mission est essentielle dans la mesure où les praticiens du droit savent bien que la justice n'a pas en main les instruments qui devraient lui permettre d'appréhender les « dérives » sectaires dans la multiplicité de leurs manifestations et tout particulièrement dans la sphère du contentieux familial. En matière pénale il serait opportun de modifier les prescriptions en faisant en sorte qu'elles commencent à courir uniquement à partir du moment où la victime est à même de retrouver une véritable autonomie lui permettant de demander justice et non plus selon le régime général à partir des faits.

Au-delà des réactions déplacées émanant des grincheux du « syndicat des sectes », eux-mêmes membres de sectes dans leur grande majorité, chacun se félicitera de voir que la France ne baisse pas la garde.

A. Kircher


Belgique : Scientologie

L'Eglise de scientologie inculpée

Dernière Heure, 30 avril 2008

[Texte intégral]
 
Pour l'Eglise de scientologie, la justice et les médias belges s'acharnent sur elle


BRUXELLES - L'asbl Eglise de scientologie a été inculpée pour escroquerie dans un dossier concernant des contrats d'emploi, a indiqué mercredi la RTBF dans son journal télévisé du soir.

Les emplois que proposaient l'Eglise de scientologie auraient en réalité été des jobs non rémunérés, ce qui revenait à une forme de recrutement déguisé.
Selon une porte-parole de l'Eglise de scientologie, il s'agit d'une forme d'acharnement de la justice et des médias belges.

La police fédérale avait mené au début du mois une perquisition au siège belge de l'organisation, rue Général McArthur à Uccle. Des scellés avaient été posés sur le bâtiment. L'enquête avait été ouverte à la suite d'informations communiquées par l'Office régional bruxellois pour l'emploi.


France : Le patriarche

Procès du Patriarche : peines confirmées en appel

AFP, 30 avril 2008

[Texte intégral]

TOULOUSE - La cour d'appel de Toulouse a confirmé mercredi les peines prononcées à l'encontre des 16 prévenus poursuivis pour abus de confiance et recel dans l'affaire du Patriarche, une association d'aide aux toxicomanes mise en cause pour ses méthodes sectaires et des détournements de fonds.

Les peines prononcées en janvier 2007 s'échelonnent entre la relaxe pour plusieurs prévenus, parmi lesquels quatre enfants du fondateur du Patriarche,

Lucien Engelmajer, décédé fin août 2007 au Belize, et deux ans de prison ferme.

Poursuivi pour avoir profité des largesses du Patriarche et reconnu coupable de trafic d'influence, l'ancien conseiller de Charles Pasqua, S........, a vu confirmer sa condamnation à trois ans de prison dont un avec sursis et 50.000 euros d'amende.

Présent à l'audience, cet ex-conseiller du ministre de l'Intérieur pour les questions de toxicomanie de 1993 à 1995, qui écope également d'une interdiction de quatre ans de ses droits civiques, s'est refusé à toute déclaration.

Trois ans de prison, dont deux avec sursis, ont été prononcés pour deux responsables de l'association créée en France au début des années 1970 et qui fut dans les années 1980-90 la principale structure d'accueil des toxicomanes.
L'un d'entre eux devant régler une amende de 50.000 euros.

Poursuivi pour recel d'abus de confiance, E........, l'un des fils du fondateur, a été condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, et à 50.000 euros d'amende.

La cour d'appel a également confirmé les condamnations de huit autres prévenus condamnés en première instance pour abus de confiance, recel d'abus de confiance et blanchiment.

Quatre autres enfants de Lucien Engelmajer, qui avait trouvé refuge au Belize en Amérique centrale, et trois autres personnes ont été relaxés
.

En première instance, le procureur avait estimé que l'association du Patriarche, qui recueillait des dons au profit des toxicomanes, s'était révélée être "une secte qui a exploité sans vergogne" ses pensionnaires "pour construire un empire colossal", avec des ramifications dans de nombreux pays d'Europe et
des Amériques.

 


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