Actualités sur les sectes en mars 2008

Scientologie L'étrange séquestration qui embarrasse la Scientologie
Scientologie "Nous n'avons rien à dire"
Scientologie Georges Fenech va demander une enquête parlementaire sur la Scientologie
Sectes (*) 02/03/2008 Proposition de résolution de Jacques Myard sur les dérives sectaires (pdf)
Scientologie Le frère de M.B dément qu'elle ait été séquestrée
Sectes Communiqué de presse de Philippe Vuilques - député des Ardennes
Soins Psy « Drogués pour « voir » Dieu : un Bigourdan témoigne. »(URL)
Laïcité Les Loges maçonniques reçues par le président du Conseil constitutionnel
Scientologie Scientologie: la Française séquestrée en Sardaigne hospitalisée à Paris
Actualités diverses Mise en examen de Mathieu Cossu pour diffamation
Scientologie Scientologie: ouverture d'une enquête pour "séquestration"
Sectes Quelles différences entre sectes et religions ?
Moïse - Roch Thériault Lavallée est outrée que Roch Thériault puisse vendre ses toiles sur internet
Laïcité Union Européenne - La législation est la cible des lobbies religieux
Sectes La MIVILUDES publiera son rapport le 3 avril
Religions Michel Brunet déclare la guerre au "créationnisme"
Satanisme Polémique sur l'importance du satanisme en France
Sectes Sectes : deux associations regrettent leur mise à l'écart
Tabitha's Place Interpellations à Tabitha's Place
Scientologie Le clown des Anonymous convoqué chez les flics
Sectes Du quotidien à la secte : sommes-nous tous manipulables ? Conférence le 1er avril 2008
Sectes Le Lay, Pernaut et la MIVILUDES renvoyés en correctionnelle pour diffamation
Apôtres de l'amour infini Les apôtres de l'amour infini seraont expropriés à Brébeuf
Sectes Le texte Accoyer sur la protection des témoins adopté en commission
Sectes Sept membres d'une secte sortent d'une grotte...
Scientologie L'Eglise de scientologie se prépare à affronter soupçons et enquêtes

(*) Articles et documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


Italie : Scientologie

L'étrange séquestration qui embarrasse la Scientologie

Le parisien , 1er mars 2008 par Anne-Cécile Juillet

[Texte intégral]

Secourue par la police italienne, M. B., une Française de 48 ans, a été séquestrée durant plusieurs semaines par des scientologues dans une maison isolée, en Sardaigne. Une affaire qui risque de relancer la polémique sur l'Eglise de scientologie

Pour la Scientologie, l'affaire tombe au plus mal. Alors que la problématique sectaire revient au premier plan du débat public en France, et tandis que le ministère de l'Intérieur vient de rappeler aux préfets la plus grande vigilance à l'encontre de toute dérive, un drame vient remettre en cause les pratiques controversées de la Scientologie.

M. B., 48 ans, ancienne scientologue et soeur de l'un des plus hauts gradés de la Scientologie en France, C. B., a été retrouvée fin janvier, en Sardaigne, après un mois et demi de séquestration dans des conditions sanitaires abominables.

Cet enfermement de force, visiblement organisé par son frère, avait, d'après ses déclarations, commencé quatre mois plus tôt, sur le sol français. Hospitalisée depuis sa libération, elle doit être rapatriée en France mardi.

Jean-Pierre Brard, député-maire PC et membre de la commission parlementaire de lutte contre les sectes, a alerté par courrier le ministère des Affaires étrangères il y a dix jours, lui demandant une « protection renforcée » de cette femme. La chancellerie et le ministère de l'Intérieur déclarent être « très attentifs » à l'affaire. Pour l'instant, c'est la justice italienne qui mène l'enquête. Elle a rendu leur liberté aux quatre scientologues après les avoir assignés à résidence sur le sol sarde pendant quelques jours.

Si elle dépasse sa peur et d'éventuelles pressions, Martine. B. peut porter plainte dès son retour en France. Si ce n'est pas le cas, la balle resterait dans le camp italien : sans une demande officielle de coopération franco-italienne, les autorités françaises avouent leur impuissance. Ce serait donner raison à la porte-parole de la Scientologie, Danièle Gounord, qui nous affirmait qu'« aucune procédure pénale n'était en cours en France » contre son organisation. Contactée hier, celle-ci nie toute implication de la Scientologie dans cette histoire et rétorque qu'il s'agit d'un « drame familial ».

Pour Roger Gonnet, un ancien scientologue aujourd'hui chef de file de la lutte contre la Scientologie , ces méthodes sont au contraire « coutumières » de cette organisation. Il a rencontré hier, à l'Elysée, Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, pour s'entretenir de ces questions.


France : Scientologie

"Nous n'avons rien à dire"

Le parisien , 1er mars 2008 par E.C. et T.B.

[Texte intégral]

DANIÈLE GOUNORD, porte-parole de l'Eglise de scientologie

C'est peu de dire que l'Eglise de scientologie, pourtant d'ordinaire si prompte à communiquer, se montre peu diserte sur cette affaire. Rencontré brièvement hier à son domicile parisien, C B., frère aîné de M.B., n'a pas souhaité s'étendre sur le sujet. Affable, mais néanmoins pressé de mettre un terme à la conversation, le scientologue s'est borné à déclarer qu'il n'avait « rien à dire ».

« C'est un drame familial »

La porte-parole de l'Eglise de scientologie en France, Danièle Gounord semble quelque peu embarrassée. « Il s'agit d'un drame familial. Cela concerne des individus d'une même famille, c'est un drame familial. Qu'est-ce que l'Eglise de scientologie à avoir avec cela ? »

Nous avons pourtant eu accès à des documents attestant l'appartenance des quatre hommes au mouvement. Danièle Gounord admet du bout des lèvres « connaître un peu » l'un des frères. C. B., 65 ans, est effectivement l'un des pontes du mouvement à Paris. Danièle Gounord n'accorde par ailleurs aucun crédit au témoignage de la victime, « la soeur est démente. Elle perd la boule, m'a-t-on dit, non ? Cette femme est hospitalisée. Et puis vous savez, elle a dit tellement de choses ». Et de conclure : « Pour le moment nous n'avons rien à dire. C'est un drame familial. Les deux frères ont essayé de faire au mieux. Ils ont tout fait pour que leur soeur se retrouve dans un environnement calme. »


France : Sectes

Georges Fenech va demander une enquête parlementaire sur la Scientologie

Yahoo, 1er mars 2008

[Texte intégral]

PARIS - Le député du Rhône Georges Fenech annonce samedi qu'il va déposer une demande de commission d'enquête parlementaire sur la Scientologie après qu'une Française, ex-membre de l'organisation, ait raconté dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France" avoir été séquestrée plusieurs semaines par des scientologues.

Dans un communiqué, le vice-président du groupe parlementaire détude sur les sectes et membre du conseil dorientation de la MIVILUDES indique qu'il "déposera sur le bureau de l'Assemblée Nationale une proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête parlementaire pour déterminer la nature réelle des activités de ce mouvement, son mode de fonctionnement, les sources de financement et d'une manière plus générale si l'organisation respecte les lois de la République Française".

"La récente affaire mettant une nouvelle fois en cause l'église de Scientologie dont une victime française, Martine Boublil, vient de dénoncer les faits gravement attentatoires à sa liberté et à son intégrité physique, vient rappeler les dangers réels de cette organisation", ajoute-t-il.

Dans une interview parue samedi, Martine Boublil, 48 ans, raconte comment elle a été retenue enfermée, notamment par l'un de ses frères, l'un des plus hauts gradés de la Scientologie en France, "en Normandie, dans une maison qui appartient à un scientologue, puis dans la Sarthe et enfin en Sardaigne", entre le mois d'août 2007 et la mi-janvier. Elle explique y avoir vécu "l'enfer", cloîtrée dans une chambre, dormant "sur une chaise" sans pouvoir se laver, tandis que les personnes chargées de la surveiller refusaient de lui parler.

L'initiative de M. Fenech suit de quelques jours la polémique déclenchée par les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy , Emmanuelle Mignon, qui avait affirmé qu'"en France, les sectes sont un non-problème" et qu'on pouvait "s'interroger" sur la Scientologie. "Ou bien c'est une dangereuse organisation et on l'interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l'ordre public et ils ont le droit d'exister en paix", avait-elle déclaré dans une interview à l'hebdomadaire "VSD". Mme Mignon avait ensuite démenti avoir tenu ces propos. AP


France : Scientologie

Le frère de M.B dément qu'elle ait été séquestrée

AFP, 3 mars 2008

[Texte intégral]

PARIS - Le Dr C. B., frère de la Française affirmant avoir été séquestrée en Sardaigne par des membres de l'Eglise de Scientologie, et lui-même scientologue, récuse les accusations de sa soeur dans
une déclaration adressée lundi à l'AFP.

Pour lui, il s'agit d'une "affaire privée familiale".

"Ma soeur M.était très perturbée, nous venions de perdre notre mère", écrit-il, soulignant qu'"elle a dû subir deux hospitalisations en psychiatrie dans la région parisienne". "Je suis moi-même médecin et je voulais lui éviter
si possible la camisole chimique et ses effets dévastateurs sur l'organisme (...) et les recherches de solutions alternatives ont été infructueuses", ajoute-t-il.

Il affirme que sa soeur refusait d'être internée et qu'il a cherché "à l'aider à retrouver ses esprits dans un environnement calme".
Selon lui, en Sardaigne, sa soeur "allait graduellement mieux". "Malheureusement (...), la
police est intervenue et ma soeur a dû être hospitalisée à nouveau dans le service de psychiatrie d'un hôpital général",
écrit encore le Dr B.

Interrogé sur ses fonctions au sein de l'Eglise de Scientologie, il dit n'en avoir "aucune" et se qualifie de "simple paroissien".

Le 21 janvier dernier, en Sardaigne, la police italienne, alertée par des voisins, avait découvert M. B. séquestrée dans une maison de campagne par trois membres de la Scientologie et vivant dans des conditions d'hygiène
déplorables. Elle a depuis séjourné dans un établissement psychiatrique et doit être rapatriée cette semaine en France, selon le Consulat de France à Rome.

Les trois personnes, qui se trouvaient dans la maison, ainsi que le Dr C. B. avaient été arrêtées et ont regagné la France il y a une dizaine de jours, a indiqué la préfecture de police locale.

Dans une interview samedi au Parisien, M. B. a affirmé avoir vécu "un enfer", assurant que son frère l'avait "emmenée de force" dans cette maison où elle devait vivre dans une "pièce dégoûtante".

A propos de cette déclaration, le Dr B.se dit "choqué" que des journalistes aient interviewé "une personne diminuée" et parle de "violation intolérable de la vie privée".


France : Sectes

Communiqué de presse de Philippe Vuilques, député des Ardennes

Courriel, 3 mars 2008

[Texte intégral]

Philippe Vuilque, Député des Ardennes, Président du groupe parlementaire d'étude sur les sectes, et rapporteur de la commission d’enquête sur les sectes et les enfants demande la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la Scientologie, après qu'une Française ait été séquestrée par des membres de cette secte en Sardaigne.

 

Philippe Vuilque, indigné par la remise en cause des mouvements à  caractère sectaire faite par le gouvernement ces derniers jours, remarque une nouvelle fois combien il est nécessaire d’être vigilant sur le sujet. Il est totalement inconcevable dans la vie d’aujourd’hui que de tels mouvements puissent porter atteinte à l’intégrité, à la liberté et au physique de femmes et d’hommes vivants sur notre territoire.

 


France : Laïcité

Les Loges maçonniques reçues par le président du Conseil constitutionnel

AFP, 4 mars 2008

[Texte intégral]

PARIS - Le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a reçu mardi matin à leur demande plusieurs loges maçonniques, dont le Grand Orient de France, pour parler de laïcité.

"Nous avons redit notre attachement à la laïcité et notre position sur les éventuels aménagements techniques de la loi de 1905", a dit à l'AFP le Grand maître du Grand Orient Jean-Michel Quillardet à l'issue de cette rencontre.

Nous avons aussi parlé de l'évolution de la politique à l'égard des sectes "qui ne nous plait pas beaucoup", a-t-il ajouté. Il y a "actuellement une tendance à vouloir réviser" le mode de lutte contre les mouvements sectaires et notamment à remettre en cause la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) "laquelle est à notre avis parfaitement efficace".

Au cours de l'entretien, il a également été question de "la non rétroactivité des lois qui est un principe essentiel de notre droit", a encore indiqué Jean-Michel Quillardet, qui est lui-même avocat, en référence au débat sur la rétention de sûreté.

Jean-Louis Debré est "un garant très ferme de la laïcité, mais comme président du Conseil constitutionnel il est tenu à une stricte neutralité politique, donc il nous a surtout écoutés et c'est bien que nous ayons été
entendus", a-t-il souligné.

Interrogé sur l'éventualité d'une grande manifestation pour la défense de la laïcité, il répond : "Nous le ferons au moment opportun, par exemple si un texte sur le sujet se préparait, et nous appellerions tous les républicains à y participer".

Quatre obédiences étaient reçues mardi matin par Jean-Louis Debré : le Grand Orient de France, Droit Humain, la Grande Loge Féminine de France et la Grande Loge de France.


France : Scientologie

Scientologie: la Française séquestrée en Sardaigne hospitalisée à Paris

AFP, 5 mars 2008

[Texte intégral]

PARIS - La Française, présumée séquestrée en Sardaigne par des membres de l'église de Scientologie et libérée fin janvier par la police italienne, a été hospitalisée à Paris où elle a été rapatriée mardi, a-t-on
appris mercredi de sources policières françaises.

M. B. qui fut membre de l'organisation pendant huit ans avant de la quitter, pourra être entendue par les policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP, de la direction centrale de la police judiciaire), dès que les autorités médicales l'auront jugé possible, a-t-on précisé de mêmes sources.

Les policiers de Nuoro (centre-est de la Sardaigne) avaient découvert le 21 janvier M. B., soeur de C. B., membre de l'église de Scientologie en France, enfermée dans une pièce remplie d'immondices. Retrouvée à demi-nue, elle dormait sur un matelas infesté de vermine, selon la police locale.

Quatre Français, une femme et trois hommes, présentés comme des membres de la Scientologie et soupçonnés de l'avoir retenue contre son gré, avaient alors été arrêtés, avant d'être libérés il y a deux semaines. Ils sont, depuis,
rentrés en France.


France : Actualités diverses

Mise en examen de Mathieu Cossu pour diffamation

6 mars 2008 :

[Texte intégral]

Je viens d'être mis en examen, suite à une plainte en diffamation, pour avoir mis en ligne, le 20 février 2007 un article de la revue BULLES n°92 du 4ème trimestre 2006 concernant l'Euphonie Gestuelle SAMADEVA.

Mathieu Cossu.


France : Scientologie

Scientologie: ouverture d'une enquête pour "séquestration"

Le Parisien, 9 mars 2008 par Anne-Cécile Juillet

[Texte intégral]

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire afin de faire toute la lumière sur la « séquestration » d'une ex-adepte de la Scientologie en Sardaigne. La victime présumée, M. B., est hospitalisée depuis son retour en France.

DEPUIS son arrivée sur le sol français, mardi soir, M.B., 48 ans, est soignée dans un hôpital psychiatrique de la région parisienne, après avoir été prise en charge pendant vingt-quatre heures à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris. Parallèlement, le jour de son rapatriement, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « séquestration ». Les officiers de l'office central de répression contre les violences faites aux personnes, qui dépend de la Direction de la police judiciaire, ont entendu la victime présumée à plusieurs reprises, mais brièvement. A ce jour, ils attendent que l'état de cette femme, très affaiblie par un mois et demi de séquestration, et psychiquement instable, soit compatible avec une audition en bonne et due forme.

« Un frère dévoué qui voulait aider sa sœur mentalement dérangée »

L'internement en structure psychiatrique, c'est précisément ce qu'affirme redouter le plus C. B. Le frère de M, après avoir refusé de répondre aux questions du « Parisien » - « Aujourd'hui en France », s'est exprimé jeudi sur le site Internet du « Nouvel Observateur ». Il se présente comme « un frère dévoué qui voulait aider sa sœur mentalement dérangée ».

Pour lui éviter la « camisole chimique », il a préféré l'installer « à la campagne, au grand air, loin des perturbations de la ville où Martine pouvait faire de longues promenades, se reposer et bien dormir ». C'est en plein coeur de la Sardaigne, sur les hauteurs de sur les hauteurs de Nuoro - la première ville de Sardaigne qui a accueilli un centre scientologue -, dans une maison isolée, qu'il installe M. Il la confie à trois autres scientologues qu'il compte au nombre de ses « amis », J Q., 18 ans, R K., 18 ans tout juste également, et M. D., 42 ans.

Visiblement, sa sœur ne bénéficie pas d'autant de « promenades au grand air » que son frère le prétend. Depuis sa chambre, elle tente d'alerter les voisins en lançant dans leur jardin de vieux bouts de journaux sur lesquels elle a écrit des « au secours » avec son rouge à lèvres. Les habitants de cette maison mitoyenne préviennent la police.

Le 20 janvier, lorsque les carabiniers italiens découvrent M. B, ils la trouvent vêtue d'un simple t-shirt, installée sur un matelas extrêmement sale. La femme ne peut plus marcher. Dans la pièce, un seau lui sert de toilettes. Le parquet de Nuoro ouvre une enquête pour « séquestration ». C. B. et ses trois amis sont mis en examen, assignés à résidence, entendus à plusieurs reprises. A ce jour, ils demeurent à disposition de la justice italienne. Un juge des libertés a choisi de leur rendre leur liberté, estimant que tous présentent des garanties de représentation sérieuses. M. B. est, elle, restée en Italie jusqu'au 4 mars, pour se faire soigner dans l'aile psychiatrique de l'hôpital de Nuoro.

Simple « affaire familiale », comme le prétendent C B et Danièle Gounord, porte-parole de la Scientologie en France ? Séquestration prévue dans les textes scientologues sous l'appellation « introspection » pour traiter les cas de personnes « déviantes » ?

L'enquête vient de commencer à Paris.

Côté italien, les autorités judiciaires ne rejettent pas la possibilité de dénoncer les faits à la France, qui aurait alors accès au dossier italien.


France : Sectes

Quelles différences entre sectes et religions ?

La Croix , 10 mars 2008 par Louis de Courcy

[Texte intégral]

Quelles différences entre secte et religion ? Jacques Miquel. Président du Centre contre les manipulations mentales.

Jacques Miquel était dimanche l'invité du « Jour du Seigneur-C'est aussi de l'info » en coproduction avec La Croix sur France 2. 

« Il y a un problème sectaire en France et je me réfère aux nombreux bénévoles qui travaillent au Centre contre les manipulations mentales et qui tous les jours reçoivent des familles victimes des mouvements sectaires. Personne n'est à l'abri d'un embrigadement sectaire, quels que soient son origine sociale, son niveau de revenus, son niveau d'études, ses origines spirituelles. N'importe qui, dans un moment de faiblesse, un moment de fragilité, peut être séduit par un groupe sectaire. Puis, petit à petit, cette personne va rentrer dans le mouvement et va couper ses liens avec la famille, la société, pour devenir un adepte - j'aime bien dire adepte - victime des mouvements sectaires.

Concernant la Scientologie, j'ai un problème avec le mot "Église" : une Église qui n'a pas de liturgie, cela me pose problème ! Je citerai Ron Hubbard, son fondateur, qui avait dit : "Si vous voulez faire fortune, créez une religion." Je pense qu'il a bien fait fortune. Il a dit, une autre fois, devant des adeptes de la Scientologie : "Je ferai de vous des esclaves heureux"... Je ne suis pas convaincu qu'on puisse parler d'Église.

Beaucoup de soutiens à ces mouvements sectaires voudraient nous faire croire que ce sont de nouvelles religions, de nouvelles spiritualités. La réalité est tout autre. La réalité, c'est qu'effectivement, certaines sectes ou mouvements sectaires se réclament d'une forme de protestantisme, d'autres du catholicisme, de l'ésotérisme occidental, du bouddhisme... La plupart des mouvements sectaires prennent souvent ce masque de la religion. Mais la réalité s'avère tout autre : les cas que je rencontre n'entrent pas dans le domaine du religieux.

Aujourd'hui, il y a une grande poussée dans le domaine de la santé, avec des sectes guérisseuses. Il y en a dans le secteur de la formation professionnelle, dans ceux du coaching, de l'éducation, du sport... Il y a un certain nombre de dérives que l'on va retrouver qui sont toujours finalement orientées autour des mêmes thèmes, c'est-à-dire soutirer de l'argent aux gens, exercer un pouvoir sur eux, les asservir.

Je crois que les Églises en tant que telles doivent être très vigilantes quant aux dérives éventuelles de communautés ou de groupes. On va trouver dans toutes les grandes religions des possibilités de dérives de ce type. C'est la responsabilité des Églises de faire un peu le ménage chez elles. C'est possible. »  


Canada : Moïse - Roch Thériault

Lavallée est outrée que Roch Thériault puisse vendre ses toiles sur internet

Presse canadienne , 11 mars 2008

[Texte intégral]

OTTAWA Les services correctionnels du Canada ont reçu ordre d'examiner la vente aux enchères d'œuvres d'art réalisées en prison par le tueur Roch Thériault.

Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a demandé au commissaire du Service correctionnel du Canada d'étudier le cas de Thériault, qui purge toujours une peine d'emprisonnement à vie après avoir été reconnu coupable d'un meurtre brutal en 1993.

La Presse Canadienne a rapporté dimanche que plusieurs œuvres de Thériault, y compris des peintures et des poèmes, se sont retrouvées sur le site Internet américain MurderAuction.com. Ce site présente des criminels comme des célébrités et offre aux collectionneurs la possibilité d'acquérir des souvenirs de toute sorte allant de rognures d'ongles à des toiles encadrées.

Le ministre "est préoccupé par le fait qu'un individu pourrait vouloir retirer un profit d'un crime abominable", a fait savoir la porte-parole Melisa Leclerc dans un communiqué, lundi. "Notre gouvernement est déterminé à faire passer les droits des victimes avant ceux des criminels."

Thériault se faisait appeler Moïse et avait pris la tête d'une secte comptant une douzaine d'adultes et deux fois plus d'enfants, en Ontario, entre 1977 et 1989. Il a tué sa femme en l'éventrant.

Une de ses victimes, qui n'a pas vu le site Internet, a déclaré lundi avoir été horrifiée d'apprendre que celui qu'elle appelle son bourreau vend ses peintures sur un site Internet.

Gabrielle Lavallée, aujourd'hui âgée de 58 ans, a subi la violence de Roch Thériault alors qu'elle appartenait à sa secte. Il lui a tranché le bras. Interviewée depuis sa maison de Chicoutimi, elle a dit trouver inacceptable que son agresseur et d'autres comme lui profitent financièrement de la célébrité acquise au détriment de leurs victimes. Se disant "victime d'un système judiciaire qui semble accorder plus d'importance aux droits des criminels qu'aux droits des victimes", elle a réclamé que les services correctionnels s'en mêlent et qu'il soit interdit à Thériault d'encaisser de l'argent grâce à la vente de ses œuvres.

Ces œuvres, réalisées au pénitencier de Dorchester, au Nouveau-Brunswick, sont des dessins abstraits ou des images inoffensives comme des fleurs. L'enchère minimum est fixée entre 20 $ et 500 $ US, selon l'oeuvre.


Belgique : Laïcité

Union Européenne - La législation est la cible des lobbies religieux

Le Soir , 13 mars 2008 par Pascal Martin

[Texte intégral]


L’Europe au nom de Dieu

Sectes et lobbies religieux religieux s’activent dans les institutions européennes. Les laïcs peinent à reconquérir le terrain.
 
Recherche embryonnaire, procréation assistée, avortement, soins palliatifs, euthanasie… Autant de domaines nouveaux où il faut légiférer. Autant de terrains propices pour qui cherche à distiller dogmes et valeurs.

Voici un livre qui pourrait n’être qu’un regard de plus sur un microcosme un peu mystérieux si son objet ne touchait directement la vie de 490 millions d’Européens. Le Cheval de Troie. Sectes et lobbies religieux à l’assaut de l’Europe sonne en fait l’alarme. Si nous ne voulons pas que notre législation soit de plus en plus inspirée par les sectes et les religions, dit en substance son auteur, le Liégeois Marcel Conradt, il est temps que les laïcs prennent conscience de la partie qui est en train de se jouer dans les institutions européennes.

A Bruxelles, les lobbies pullulent entre le rond-point Schuman et la place du Luxembourg. Plusieurs milliers de personnes s’y activent à défendre les intérêts de telle cause, de telle industrie, de tel pays. Normal, si l’on sait que le droit européen fait à 70 ou 80 % le droit des Etats et qu’il faut donc se rappeler au bon souvenir des décideurs.

Parmi ces lobbies, des religions et des sectes – dont la très active Eglise de scientologie – qui s’intéressent surtout à l’éthique et au vivre ensemble. Recherche embryonnaire, procréation assistée, avortement, soins palliatifs, euthanasie… Autant de domaines nouveaux où il faut légiférer. Autant de terrains propices pour qui cherche à distiller dogmes et valeurs.

Selon Marcel Conradt, les sectes et les lobbies religieux n’ont jamais été aussi présents depuis la Convention qui a préparé la défunte Constitution européenne. Leur travail a pris un tour spectaculaire lors de la polémique sur les racines chrétiennes de l’Europe et la référence à un dieu, identifié ou non.

Marcel Conradt ne condamne pas. « Les religions sont présentes depuis le début dans l’enceinte européenne, explique-t-il. Et il faut reconnaître qu’elles ont toujours manœuvré d’une manière très ouverte, avec un jeu clair depuis toujours. »

Pourquoi cette accélération ? « C’est surtout sous Barroso, arrivé à la tête de la Commission en 2004, que toutes les religions vont faire leur apparition au Parlement. » En revanche, selon Marcel Conradt, le Portugais fuirait régulièrement les contacts avec les représentants de la laïcité.

C’est là que le bât blesse. L’Europe a respecté jusqu’ici la séparation des Eglises et de l’Etat. Mais, parce qu’à travers ses traités elle respecte et ne préjuge pas du statut dont les religions bénéficient dans les Etats membres, « celles-ci se retrouvent au sein du Parlement européen avec un pavillon de complaisance ». Le phénomène inquiète certains eurodéputés, à commencer par la socialiste belge Véronique De Keyser – dont Marcel Conradt est l’assistant parlementaire.

La faute à qui ? En partie « aux laïcs auxquels on peut reprocher de ne pas s’investir suffisamment, répond le Liégeois. Nous sommes assis sur nos idéaux, croyant que tout est acquis. » Et son ouvrage – publié aux Editions du Grand Orient de Belgique, la précision est importante – de sonner le réveil des défenseurs de la laïcité : « Les Eglises investissent beaucoup en moyens et en hommes. J’attends toujours que la laïcité fasse la même chose. Or la Fédération humaniste européenne ne dispose que d’un temps plein et demi ! » L’auteur regrette encore que « les différentes laïcités européennes ne financent pas au moins chacune l’engagement d’un temps plein à la Fédération. » Il serait grandement temps. La présidence française de l’UE, au second semestre 2009, s’annonce comme une échéance importante. La « laïcité positive » de Nicolas Sarkozy, où la séparation entre l’Etat et les Eglises apparaît bien floue, en inquiète plus d’un.

Contacté, le président du Centre d’action laïque (CAL) Pierre Galand reconnaît qu’il y a eu dans la laïcité « une certaine méconnaissance de l’enjeu européen ». Les choses devraient changer, à l’entendre. Lors de la prochaine assemblée générale du CAL, ce samedi, l’importance des décisions qui se prennent dans les institutions européennes sera soulignée. Mais plutôt que de vouloir aligner un lobby laïc contre les lobbies religieux, Pierre Galand affirme que l’action future de la laïcité consistera « dans le rappel à l’UE de l’exigence de séparer Etat et Eglises. Il faut que l’espace public reste neutre. » Il reconnaît toutefois que la partie ne sera pas facile : « Certains lobbies religieux ont une grande capacité à mobiliser hommes et moyens. » Mais, dit-il, « nous sommes tout de même 27 à 30 % dans le courant de la laïcité. Et nous pouvons compter sur l’appui de certains chrétiens. »

Pour preuve que la laïcité peut se faire entendre au Berlaymont, un colloque sera organisé par le CAL le 16 avril avec le soutien de la Commission. Son thème : droits de l’homme et laïcité.

(1) Marcel Conradt, Le Cheval de Troie, Sectes et lobbies religieux à l’assaut de l’Europe
Editions du Grand Orient de Belgique, 2008, 278 p., 23 euros.


France : Sectes

La MIVILUDES publiera son rapport le 3 avril

La Croix , 17 mars 2008

[Texte intégral]

PARIS, 17 mars 2008 (AFP) - La Miviludes publiera son rapport annuel le 3 avril

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) remettra son rapport annuel au Premier ministre le 3 avril, a indiqué lundi son porte-parole.

Ce rapport d'environ 200 pages traite notamment des "faux souvenirs induits", du lobbying sectaire, du néo-chamanisme et du satanisme.

La Miviludes, dans les trois pages consacrées au satanisme, s'alarme du risque que représente cette mouvance en France. Elle estime qu'"au sens large, c'est à dire toutes branches et chapelles confondues, environ 25.000 personnes, dont 80% de moins de 21 ans, sont en contact avec le satanisme".

En 2007, 97 cas de profanation considérées comme lucifériennes ont été signalées par les Renseignements généraux et la gendarmerie, indique la Miviludes dans son rapport en estimant toutefois que de nombreux actes présentés comme satanistes relèvent plus souvent de mouvements néo-nazis ou pseudo celtiques.

Ce passage du rapport est contesté avant même sa présentation par le sociologue Olivier Bobineau qui publie cette semaine "Le satanisme, quel danger pour la société ?" (ed Pygmalion). Dans cet ouvrage, il estime à "une dizaine le nombre de satanistes affiliés à des courants et à une centaine les satanistes non affiliés, pratiquant de manière informelle et irrégulière".

La différence de chiffres tient surtout au fait que la Miviludes parle "contact" avec cette mouvance et le sociologue de "pratique" du satanisme.

La Miviludes a été au coeur d'une polémique le mois dernier, après les propos de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, selon laquelle "à part publier des rapports annuels, la Miviludes ne fait rien.

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait de son côté critiqué l'action de la Miviludes avant d'assurer le 7 février : "Je n'ai jamais prôné la suppression de cet organisme (...) je ne remets pas en cause son travail d'étude et de recommandation".

M. Fillon a déclaré le 21 février que la France continuerait à conduire la même politique en matière de sectes et souhaité un "renforcement des moyens" de la Miviludes.


France : Religions

Michel Brunet déclare la guerre au "créationnisme"

Journal chrétien, 17 mars 2008 par Yves Daoudal

[Texte intégral]

Le nouveau titulaire de la chaire de paléoanthropologie au Collège de France, Michel Brunet (succédant à Yves Coppens) déclare la guerre au « créationnisme ». Il s’appuie sur un « vote » des professeurs affirmant leur opposition à cette théorie : « Le vote des professeurs du Collège de France entre à la fois dans la tradition naturaliste du Collège et est aussi un signe très fort à l’égard des courants de pensée qui reprennent des idées moyenâgeuses. Il y a un courant créationniste très fort sur le continent nord-américain et il se révèle qu’il existe aussi chez nous. »

Il ajoute : « L’homme est un mammifère parmi d’autres. Ce qui nous distingue, c’est le développement quantitatif, mais surtout qualitatif de notre cerveau. »

Et après avoir asséné que « l’évolution n’est pas une théorie, mais un fait qui a été démontré scientifiquement » (ce qui est scientifiquement faux), il déclare que face au créationnisme dont « l’influence est dangereuse » (pour qui ?) « il vaut mieux faire de la prophylaxie que du curatif ».

Ainsi, croire à la création du monde, et constater que nous ne sommes pas des mammifères parmi d’autres, c’est être malade.

Ceci est une preuve que l’évolutionnisme est non seulement une idéologie, mais une idéologie totalitaire.


France : Satanisme

Polémique sur l'importance du satanisme en France

Le Monde, 17 mars 2008 par Stéphanie Le Bars

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Dans un document de travail préparatoire au rapport annuel de la Mission, qui doit être remis au premier ministre début avril, les auteurs font état de "chiffres inquiétants", évaluant à "25 000 personnes, dont 80 % se situent dans la tranche d'âge des moins de 21 ans, le nombre d'adeptes de la mouvance satanique, toutes branches et chapelles confondues".

La Miviludes reconnaît qu'il est "délicat d'identifier le nombre de groupes structurés" et se base, pour ses conclusions, sur les rapports des renseignements généraux et des recherches sur les sites Internet. Soulignant que "les dérives sataniques inquiètent le grand public", la Mission relève aussi que 92 cas de profanations de cimetières "à caractère satanique" ont été enregistrés en 2007, soit "une augmentation de 300 % sur les trois dernières années". L'an dernier, des vagues de profanations ont touché la Bretagne, la Marne et le centre-ville de Toulouse.

Ces pratiques s'accompagnent, selon la Miviludes, d'une "augmentation des suicides chez les jeunes", "de conduites déviantes (scarifications), d'incitation à la haine raciale, de commission d'actes de barbarie, notamment à l'égard d'animaux".

En avril 2006, le président de la Miviludes, Jean-Michel Roulet, assurait, dans un entretien au magazine L'Express, que "5 % des suicides recensés annuellement chez les jeunes de moins de 25 ans, soit une centaine, sont liés au satanisme". Huit mois plus tard, le rapport 2006 de la Miviludes ne relevait pourtant aucun suicide connecté à cette mouvance. Le pré-rapport rappelle qu'un seul homicide lié au satanisme a été recensé, à ce jour, en France.

Que valent alors ces accents alarmistes autour de "croyance" ou de "pratiques", dont les fondements - Satan, le Diable ou Lucifer - sont fortement inscrits dans l'imaginaire populaire ? Pour Olivier Bobineau, membre du groupe Sociétés, religions, laïcités du CNRS, un temps associé aux travaux de la Miviludes, les chiffres avancés par la Mission sont "absurdes". "Le satanisme est un non-problème et ne représente aucun danger", assure le chercheur, qui vient de diriger un ouvrage collectif Le Satanisme, quel danger pour la société ?, à paraître le 19 mars chez Pygmalion.

"Pour parvenir au chiffre de 25 000 adeptes, la Miviludes semble confondre les amateurs de musique black metal ou gothic et les satanistes. Or qu'est-ce qu'un fidèle sataniste ? C'est quelqu'un qui connaît la doctrine satanique - qui, contrairement à ce que l'on croit, ne valorise par le Diable ou Satan mais l'égocentrisme libertaire, la défiance, la rébellion face à Dieu -, quelqu'un qui pratique un culte mettant en scène symboles, gestes et paroles, qui appartient à un groupe organisé, y compris sur Internet, et qui se déclare sataniste, note M. Bobineau. En France, ces quatre critères sont remplis par une centaine de personnes, parmi lesquelles seule une dizaine sont affiliées à des organisations internationales telles que l'Eglise de Satan ou le Temple de Set."

M. Bobineau conteste aussi le lien établi par le prérapport de la Miviludes entre les profanations de cimetières ou d'églises et le culte satanique. "Les crimes commis sont en général le fait de jeunes néonazis, de cas sociaux ou pathologiques, animés par un sentiment profond de haine à l'égard de la société et de la religion", insiste M. Bobineau.

Le chercheur reconnaît en revanche la pratique du "braconnage satanique". Ce terme recouvre les "tâtonnements identitaires" pratiqués par les adolescents "en phase de construction", qui pensent trouver dans cette "contre-culture" des "repères en opposition à la société" : "Aujourd'hui, dans le dispositif global de repères et de balises, il y a le satanisme, qui relève d'un imaginaire omniprésent et de plus en plus accessible : groupes de musique, jeux vidéo, séries télévisées, publicités de grandes marques. Certains jeunes à un moment donné y trouvent un sens."

Selon le chercheur, la vigilance des autorités doit se porter "sur les individus qui développent des thèses fascisantes et qui tâchent de confisquer la figure millénaire de Satan". En 2006, la Miviludes a publié sur le sujet Les Dérives sataniques, guide pratique de l'enquêteur, un livret destiné aux services de justice, de police et de gendarmerie.


France : Sectes

Sectes : deux associations regrettent leur mise à l'écart

AFP, 20 mars 2008

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PARIS - Le CCMM-Roger Ikor et l'Unadfi (Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu) ont regretté jeudi de ne pas être associées dans certains départements aux groupes spécifiques sur les dérives sectaires mis en place par les préfets.

Dans un communiqué commun diffusé jeudi, ces deux associations de lutte contre les dérives sectaires "s'étonnent des interprétations contradictoires" de la circulaire adressée aux préfets par la ministre de l'Intérieur Michèle
Alliot-Marie le 25 février concernant la lutte contre ces phénomènes.

Cette circulaire prévoit la mise en place de groupes de travail spécifiques dans tous les départements, inspirés du fonctionnement des GIR et chargés de la répression. "Les associations de lutte contre les dérives sectaires étaient
régulièrement invitées à participer aux travaux des cellules départementales de vigilance sur les dérives sectaires",
rappellent les deux signataires du communiqué.

Elles "souhaitent vivement" que leur participation aux groupes de travail spécifiques "soit identiquement reconnue sur l'ensemble du territoire national, en métropole et outremer".

Les groupes de travail remplacent des "cellules de vigilance" départementales sur les dérives sectaires qui réunissaient les associations, des élus locaux et des représentants des divers services publics (éducation
nationale, santé, justice, etc). En 2006 elles ont été fondues au sein des cellules départementales de lutte contre la délinquance (violences faites aux femmes, drogue et aussi dérives sectaires).

En 2007, une circulaire du Premier ministre (Dominique de Villepin) recommandait aux préfets la création d'une commission ad hoc sur les dérives sectaires, se réunissant une fois par an et rendant compte aux cellules
départementales de lutte contre la délinquance.

Cette circulaire n'a pas été annulée, souligne Jean-Michel Roulet, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qui dépend du Premier ministre. Si bien que certains préfets, explique-t-il, font coexister la commission ad hoc et le groupe de travail
spécifique, et que d'autres s'en tiennent à la nouvelle structure. Et il déplore que cette dernière soit orientée spécifiquement sur la répression au détriment de la vigilance.


France : Tabitha's Place

Interpellations à Tabitha's Place

Sud Ouest, 20 mars 2008

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Interpellations à Tabitha's place. Les membres de la famille G. , « dépossédés d'eux-mêmes et de leurs biens »

Xavier SoUne première. Lundi, les gendarmes de la section recherche de Pau ont procédé à une perquisition au sein de la communauté Tabitha's place, classée parmi les mouvements sectaires. Installée en Béarn depuis 1983. Ils ont interpellé deux responsables de la secte, qui sont depuis placés en garde à vue.

Une affaire complexe, qui se situe à la frontière des libertés individuelles et du droit

Aucun obstacle. Une opération qui intervient dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour abus de confiance, abus de vulnérabilité dans le cadre d'un groupement à connotation sectaire et mauvais traitements sur mineurs. Elle fait suite à la plainte déposée par une famille d'anciens membres au mois de mars 2005 (lire par ailleurs).

Les deux hommes devaient faire l'objet d'une prolongation de garde à vue. Un troisième, le comptable de la « communauté » devait se présenter hier soir aux gendarmes, il arrivait de Bruxelles. Les membres de la communauté n'ont pas fait obstacle aux militaires. Ils ont en effet ouvert coffres et livres de comptes. Impossible de dire s'il y aura ou non des mises en examens dans ce dossier. La décision est attendue aujourd'hui. Une affaire pour le moins complexe, puisqu'elle se situe à la frontière des libertés individuelles et du droit. Toute la difficulté est de caractériser la part de manipulation mentale quand le couple a abandonné ses biens à Tabitha's place. Il s'agit en effet d'une des conditions pour en devenir membre.

Commission parlementaire. Le dossier Tabitha's place est considéré comme sensible. Il y a un an, la communauté de Sus avait reçu la visite surprise de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes, afin de voir comment étaient traités les enfants. Toutefois, la justice, l'inspection d'académie et la Ddass ont travaillé de concert sur le non-respect de scolarisation et la non-vaccination des enfants. Des investigations qui n'ont conclu à aucun résultat.

Ils vivent aujourd'hui en Bretagne. Deux parents et quatre enfants. Ils ont passé six ans et demi au sein de la communauté Tabitha's place, implantée depuis 1983 en Béarn. Alexandrine Barnaba, l'avocate de la famille « G », raconte comment ce cordonnier et cette professeure de musique sont entrés dans la secte.

Les ressorts sont classiques.

Des gens fragiles, en quête de spiritualité, dopés par le fait d'appartenir à une communauté jusqu'à s'y égarer. Cela commence lors d'une banale visite de salon de l'artisanat à Lyon, où la famille est installée. « Ils sont attirés par le côté artisanal et proche de la nature ».

La conversation embraye rapidement sur la Bible, érigée en règle de vie par Tabitha's place. Enthousiastes, les G. repartent avec une carte de visite. On leur fait part d'un prochain salon à Grenoble. La famille y retourne. On les appelle « frères et soeurs », au père cordonnier, on explique que la communauté a besoin d'hommes de valeurs et qu'il pourrait y jouer un rôle important. Les G. sont ferrés et repartent avec une invitation à passer trois jours à Sus, pour voir. Ils feront le voyage courant 98.

L'accueil est chaleureux. On insiste sur le partage. Le père est emballé, il restera un jour de plus. Quant à la famille, elle se fait baptiser. Très vite, elle viendra s'installer en Béarn. Très vite, elle se pliera à la vie communautaire. Les hommes et les femmes sont séparés, les enfants sont élevés par la communauté, non plus par les parents. « L'identification au groupe annihile et remplace les valeurs morales antérieures. Ils se sont retrouvés dépossédés d'eux-mêmes et de leurs biens », explique l'avocate.

Se considérant comme libérés des contraintes matérielles, les G. cèdent leur appartement, leur maison et se plient à la vie à Sus : nourriture frugale, prière, châtiments corporels infligés aux enfants. Fin 2004, ils doivent se rendre à une réunion familiale, dans le Sud-Est de la France. À leur retour, ils seront mis en quarantaine. Une période au cours de laquelle ils commencent à ouvrir les yeux. Ils décideront de quitter la secte, en fuyant avec leurs quatre enfants (dont un est né pendant qu'ils vivaient à Sus). Les G. tentent aujourd'hui de se reconstruire. Ils ont toute une vie à réapprendre. 


France : Scientologie

Le clown des Anonymous convoqué chez les flics

Bakchich, 21 mars 2008

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Scientologie : le clown des Anonymous convoqué chez les flics (suite del’article de S. Faubert – 17/03/08).

On en sait un peu plus sur l’audition, vendredi 14 mars, de Nono le clown par les services de police. Elle fait suite à une main-courante déposée le 10 mars par la Sciento dans un commissariat parisien.

La secte y dénonce les agissements du mouvement des Anonymous dans le monde et fait état de menaces d’attentat contre ses responsables et ses locaux.

A l’appui de ses dires, elle a produit la copie d’un échange sur un forum de discussion des anonymes. Un interlocuteur – non identifié par définition - annonce que 5 kilos de nitroglycérine exploseront dans un des bâtiments de l’organisation, aux Etats-Unis ou dans un pays du Commonwealth. Provocation, manipulation ou réelle intention criminelle ? A aucun moment, les installations françaises de la secte ne sont visées par la menace.

Mais une enquête préliminaire a, cependant, été confiée à la Section anti-terroriste de la Brigade criminelle. Rien de moins.

Faute d’archives sur les Anonymous, les supers-limiers se sont rabattus sur l’article de Bakchich et voilà comment le clown au gros nez rouge s’est retrouvé contraint d’expliquer qu’il n’était pas le chef du mouvement en question. 


France : Sectes

Du quotidien à la secte : sommes-nous tous manipulables ? Conférence le 1er avril 2008

Courriel, 20 mars 2008

[Texte intégral]


« Comment peut-on croire des choses pareilles ? »
« Il faut être bien naïf pour se laisser piéger par une secte.»

Et pourtant…

Le 1 er avril 2008, l’ ADFI 2 Savoie-Isère (Association de Défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes) et l’Observatoire Zététique organisent à Chambéry une conférence sur le thème de la manipulation mentale.

Au cours de cette soirée, seront décrites les techniques de manipulation généralement mises en œuvre dans les dérives sectaires, techniques que l’on peut rencontrer dans bien d'autres circonstances de la vie quotidienne.

Manipulation : du quotidien à la secte. Sommes- nous tous manipulables ?

Mardi 1er avril à 20h

Centre de congrès « Le Manège »

331 rue de la République - 73000 Chambéry

Entrée libre


France : Sectes

Le Lay, Pernaut et la MIVILUDES renvoyés en correctionnelle pour diffamation

AFP, 26 mars 2008

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PARIS, 26 mars 2008 (AFP) - L'ancien président de TF1 Patrick Le Lay, le présentateur de TF1 Jean-Pierre Pernaut, et le président de la Mission anti-sectes (Miviludes) Jean-Michel Roulet sont renvoyés devant le tribunal correctionnel pour diffamation à l'encontre de Tradition Famille Propriété (TFP), a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Le préfet Roulet avait été mis en examen le 23 octobre 2007 pour diffamation à l'encontre de l'association TFP qui avait porté plainte avec constitution de partie civile.

La rapport 2006 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), publié en janvier 2007, consacre un chapitre à "Tradition Famille Propriété, une organisation dédiée à la collecte de fonds et à l'objet non identifié", soulignant le manque de transparence de la destination des sommes collectées.

Dans un reportage diffusé le 24 janvier 2007 dans le journal télévisé de la mi-journée de TF1, M. Roulet avait résumé les arguments développés dans le rapport et déclaré que les fonds pouvaient "servir à tout et n'importe quoi".
C'est cette phrase qui a fait l'objet de la plainte en diffamation de TFP.

"Nous estimons que la saisine de la justice par la voie d'une plainte en diffamation avec constitution de partie civile n'avait que pour but la mise en examen du préfet Roulet, le juge n'ayant pas la possibilité, en matière de droit de la presse, d'apprécier le caractère diffamatoire de ces propos", a déclaré à
l'AFP l'avocat de M. Roulet, Me Basile Hader. Il a dénoncé une "instrumentalisation de la procédure judiciaire".

La date de l'audience n'est pas encore arrêtée.


Canada : Les apôtres de l'amour infini

Les apôtres de l'amour infini seraont expropriés à Brébeuf

La Presse , 26 mars 2008 par Christiane Desjardins

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Les Apôtres de l'amour infini, une corporation religieuse qui vit en retrait et pratiquement en autarcie à Saint-Jovite, sera expropriée de ses terres à Brébeuf, pour les besoins d'un projet récréotouristique.

Les Apôtres, qui contestaient l'avis d'expropriation, viennent de perdre leur cause en Cour d'appel. Les terres en question sont situées en bordure de la rivière Rouge et ont été acquises par la communauté au début des années 70. Cela apparemment dans le but d'y établir «un jour» une imprimerie et une centrale électrique pour l'alimenter. Sur ces terres se trouvent une vieille scierie et quelques bâtiments abandonnés.

Depuis 1992, la municipalité de Brébeuf a tenté d'acheter les terres en question, mais s'est toujours heurtée à une réponse négative des Apôtres. En 2001, un promoteur a présenté à la Ville de Brébeuf un projet récréotouristique de relais de péniches sur la rivière. Il a aussi pris contact avec la communauté afin d'acheter ses terres et a essuyé un refus.

Intéressée par le projet de relais, et voulant profiter des retombées économiques de la station Mont-Tremblant, la municipalité a fini par obtenir du gouvernement, en 2005, le droit d'exproprier les terres en question. Les Apôtres ont contesté ce décret en Cour supérieure, mais ont perdu. Ils ont alors interjeté appel de la décision.

Ils alléguaient entre autres que cette expropriation ne servirait pas l'intérêt public, mais plutôt l'intérêt privé d'un promoteur, au détriment de leur droit à la liberté et à l'expression de leur religion.

Les juges de la Cour d'appel Paul-Arthur Gendreau, André Brossard et Jacques Dufresne ont plutôt conclu que l'expropriation était légale car elle a été décrétée dans l'intérêt public, même si le projet est proposé par un promoteur privé.

Soulignons enfin que cette expropriation ne touche aucunement les terres de Saint-Jovite, d'une superficie d'environ 500 acres, où le Royaume des Apôtres de l'amour infini de Jésus crucifié est établi. À cet endroit, on retrouve le monastère, la chapelle et les autres bâtiments servant les besoins des membres de cette communauté.

En 1999, à la suite d'allégations d'abus sur mineurs, une centaine d'agents de la SQ avait investi le Royaume au petit matin, pour perquisitionner. Des accusations ont été portées contre trois représentants de la communauté, mais elles ont été abandonnées, faute de preuves.


France : Sectes

Le texte Accoyer sur la protection des témoins adopté en commission

AFP, 26 mars 2008

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PARIS - La commission des lois de l'Assemblée nationale a adopté mercredi une proposition de loi du président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP) visant à accorder aux témoins des commissions d'enquête parlementaires la même protection juridique qu'aux personnes appelées à témoigner devant les tribunaux.
"Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage ni les propos tenus ou les écrits produits par la personne tenue de déposer devant une commission d'enquête, ni le compte rendu des séances publiques de ces commissions fait de bonne foi", prévoit l'article unique de cette proposition de loi.
La commission a adopté un amendement de son président Jean-Luc Warsmann (UMP) précisant que les propos concernés par la protection "sont ceux qui sont en lien avec l'objet de l'enquête".
Le texte sera examiné en séance publique le 3 avril.

En annonçant le dépôt de sa proposition de loi, début novembre, M. Accoyer avait évoqué le cas d'une récente commission d'enquête sur les sectes qui avait donné lieu à "de nombreuses actions en diffamation engagées contre des personnes ayant témoigné devant elle".

"Lorsque l'acharnement procédurier de certains plaignants finit par s'apparenter à une forme de harcèlement, il risque de porter atteinte à la libre parole devant les commissions d'enquête", avait-il fait valoir.


Russie : Sectes

Sept membres d'une secte sortent d'une grotte...

Nouvel Obs, 29 mars 2008 (AP)

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Russie: sept membres d'une secte sortent d'une grotte où une vingtaine de femmes attendent encore la fin du monde

Sept femmes, membres d'une secte russe qui sont restées terrées dans une grotte pendant plusieurs mois pour y attendre la fin du monde, ont fini par sortir de leur refuge et ont été prises en charge par des sauveteurs, ont annoncé vendredi des responsables russes.

Plus d'une vingtaine d'autres membres de la secte qui sont encore à l'intérieur de la grotte pourraient en sortir samedi, selon un responsable du bureau du gouverneur de la région de Penza, à environ 650 kilomètres au sud-est de Moscou.

Quatre enfants, âgés de moins de deux ans, figurent parmi la vingtaine de personnes encore terrée dans la grotte, a-t-il ajouté.

Le vice-gouverneur de Penza, Oleg Melnichenko, a déclaré que le chef de la secte, le prophète auto-proclamé Pyotr Kuznetsov, a été extrait d'un hôpital psychiatrique local et amené aux abords de la grotte pour tenter de convaincre les femmes de sortir. Six Russes et une Biélorusse sont sorties de leur plein gré, munies de cartables dans lesquels elles avaient mis leurs effets personnels, a-t-il précisé.

"Elles ont refusé toute aide et ont tenu à parcourir à pied 1,5 kilomètre environ, jusqu'à une salle de prière", a déclaré le vice-gouverneur. "Aucune d'entre elles n'a besoin d'être hospitalisée en urgence", a-t-il ajouté.

Les autorités craignaient que la neige ne provoque l'effondrement de la grotte, mais il ne semblait pas y avoir de danger immédiat pour les personnes encore sous terre.

Les fidèles de cette secte ont creusé la grotte près du village de Nikolskoye. Trente-cinq personnes y sont entrées début novembre pour y attendre la fin du monde, qui, selon elles, doit intervenir en mai. Elles ont prévenu les autorités qu'elles feraient exploser des bombonnes de gaz si la police essayait de les déloger par la force.

A plusieurs reprises les autorités ont appelé à l'aide des responsables de l'Eglise orthodoxe pour tenter de convaincre les dernières récalcitrantes de sortir. La communication se fait à travers un petit conduit de cheminée dégagé dans le coteau enneigé.

Le gourou Kuznetsov a été inculpé de fondation d'organisation religieuse à caractère violent. Il est interné dans un hôpital psychiatrique depuis novembre dernier. AP


France : Scientologie

L'Eglise de scientologie se prépare à affronter soupçons et enquêtes

Le Monde, 31 mars 2008 par Stéphanie Le Bars

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L'Eglise de scientologie traverse-t-elle une mauvaise passe ? Certains de ses membres sont mis en cause dans une affaire de séquestration présumée en Italie. L'organisation est sous la menace d'une commission d'enquête parlementaire française qui lui serait exclusivement consacrée. Sur le Web, les sites des Eglises de scientologie sont harcelés par des internautes opposés à ses pratiques.

Attendu jeudi 3 avril, le rapport annuel de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) devrait une nouvelle fois mettre en cause la scientologie, en insistant sur l'influence supposée du mouvement dans les organismes internationaux. Il prend l'exemple de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

En février, l'Eglise de scientologie avait pourtant été revigorée par les propos tenus par la directrice de cabinet du président de la République, Emmanuelle Mignon, qui s'interrogeait sur la pertinence de la qualifier de "secte". "La France évolue dans le bon sens", se félicitait alors la porte-parole du mouvement en France, Danièle Gounord. "On assiste à une nouvelle offensive, reconnaît-elle aujourd'hui. La politique du gouvernement est de rechercher des affaires pénales, mais le terrain gagné ces dernières années est gagné ; dans l'opinion publique et même dans les administrations, notre image n'est plus aussi négative que par le passé." Le nombre d'adeptes en France, évalué entre 2 000 et 3 000 personnes, est stable depuis plusieurs années.

Familière des attaques, notamment en France et en Allemagne, l'organisation affûte ses réponses. L'affaire italienne, dans laquelle Martine Boublil, une ancienne scientologue, a déposé plainte contre X... pour abus de faiblesse, est qualifiée de "drame familial". Internée en hôpital psychiatrique depuis son rapatriement en France, début mars, Mme Boublil a été entendue par la police qui, dans un premier temps, n'a pu l'interroger, vu son état psychique. Selon son frère, médecin et scientologue de haut rang en France, mis en cause dans l'affaire avec trois autres membres de l'organisation, elle dément désormais avoir déposé une plainte.

"Les codes de la scientologie ne permettent pas l'administration de neuroleptiques à haute dose", précise Mme Gounord, pour expliquer la tentative de M. Boublil de soustraire sa soeur au milieu hospitalier. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris.

Pour le vice-président du groupe parlementaire d'études sur les sectes, Georges Fenech, député (UMP) du Rhône, - dont l'élection a été invalidée le 27 mars -, l'affaire Boublil "rappelle les dangers réels de cette organisation" et justifie la création d'une commission d'enquête sur la scientologie pour "déterminer la nature réelle de ses activités, son mode de fonctionnement, les sources de financement".

"Si cette commission aboutissait et demandait quoi que ce soit de restrictif, cela provoquerait des réactions violentes et une solidarité internationale de la part de gens bienveillants à l'égard de la scientologie", prévient la porte-parole.

Dans ce contexte, l'Eglise de scientologie se félicite d'une délibération de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) favorable à l'organisation, rendue en décembre 2007. La Halde a estimé que les affectations successives d'une fonctionnaire territoriale, membre de l'Eglise de scientologie, apparaissaient comme une discrimination