Actualités sur les sectes en juillet 2007

Béatitudes (*) 03/07/2007 J'ai été victime des Béatitudes
Témoins de Jéhovah (*) 05/07/07 Communiqué de l'ADFI Nord-Pas-de-Calais-Picardie
Témoins de Jéhovah Témoins de Jéhovah, bon pour accord
Religions Aux Etats-Unis, l'ouverture d'un musée des erreurs
Scientologie L'allemagne ne s'oppose plus au film de Tom Cruise
Soins Psy La Communication Facilitée ou Psychophanie
Scientologie Russie : un centre de Scientologie ferme ses portes
Moon La secte Moon organise bien la Peace Cup
Satanisme Profanations - Les ravages du satanisme en Bretagne
Scientologie L'Eglise de Scientologie gagne en visibilité
Rael La vente des jardins du prophète achoppe
Sectes (Le parc de vie) Mêlées celestes à la secte
Kabbale (*) 20/07/2007 Du mont Sinaï à Hollywood
Méditation transcendantale Des gourous veulent renvoyer les femmes au foyer
Raël Les raéliens cherchent un nouvel acheteur
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah s'entraînent à Palexpo
Kabbale Loin d'Hollywood, la capitale de la Kabbale attire de nouveaux adeptes
Témoins de Jéhovah Condamnation pour diffamation envers les Témoins de Jéhovah
Témoins de Jéhovah Le vice-président du conseil régional de Haute Normandie soutient sa conseillère
Sectes La Suisse, paradis des sectes
Méditation transcendantale Vol yogique où est le vrai ?
Témoins de Jéhovah Neuf mille Témoins de Jéhovah réunis durant trois jours à Douai
Moon Près de 300 familles sans terre envahissent une propriété de la secte Moon
Laïcité Alliot-Marie envisage une adaptation du statut des cultes

(*) Articles et documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


France : Témoins de Jéhovah

Témoins de Jéhovah, bon pour accord

La Dépêche , 5 juillet 2007 par S.B.

[Texte intégral]

C'est pour l'instant un carré d'herbes folles d'un peu plus de 2 000 m2. Si le maître d'œuvre du projet, les Témoins de Jéhovah, poursuivent leurs intentions, un temple doit y être construit dans les prochains mois. Tel qu'il avait été présenté il y a deux ans aux riverains du site choisi à Agen-Sud, l'édifice pouvait accueillir dans une salle de 170 m2 près de 150 fidèles.

Rue de Cartou, du stationnement était également prévu pour permettre aux cérémonies d'être célébrées. Les plans laissaient entrevoir un bâtiment bien incorporé dans l'environnement proche, à deux pas de la rocade et du Parc des expos. Ce projet, présenté aux habitants des environs, n'avait pas soulevé un vent de désapprobation, à l'exception d'une famille qui, depuis, a migré vers d'autres cieux. « En fait, les voisins étaient plus préoccupés par le projet de la mairie qui consistait à construire du logement social. »

DÉCISION DE JUSTICE

Une pétition a même circulé non pas contre le temple de l'association cultuelle des Témoins de Jéhovah, mais sur ce lotissement. Car, à l'annonce des intentions de l'ALCTJ, la municipalité avait choisi de faire valoir son droit de préemption.

Illégal, a fini par juger le tribunal administratif de Bordeaux, début avril. Les juges ont constaté que les projets d'aménagement de la collectivité n'étaient pas assez précis ou certains. Les juges encore ont considéré que la ville d'Agen avait fait état de son projet de lotissement pour contrer le projet des Témoins de Jéhovah. Comme l'a fait plus tard son homologue du Passage en leur refusant une salle, Alain Veyret cultivait alors des doutes sur le bien-fondé du motif religieux de l'association.

Mais, comme souvent, les Témoins de Jéhovah l'ont emporté par décision de justice interposée. La voie est donc libre pour que cette petite parcelle d'herbes rasée de près récemment devienne le premier lieu de culte de ce mouvement avec pignon sur rue. Discrets, ses responsables ne se sont à ce jour pas exprimés sur le projet.


France : Religions (Créationnisme)

Aux Etats-Unis, l'ouverture d'un musée des erreurs

Libération, 7 juillet 2007 par Thomas Devry

[Texte intégral]

Fondé par des créationnistes, il présente une histoire du monde calquée sur la Bible.

Pour une raison inconnue, les petits Américains passent un temps considérable à ingurgiter tout ce qu’ils peuvent sur les dinosaures. Il n’est donc pas étonnant qu’un musée qui cherche à modeler l’esprit des enfants déploie quantité de triceratops, diplodocus et autres stégosaures, en plastique ou animés tels des robots.

Des institutions fort sérieuses, comme le Smithonian Museum à Washington, sont passées par là. Mais voilà, à Petersburg, au cœur des collines du Kentucky, les tyrannosaures et quelques vélocirapteurs batifolent en parfaite harmonie aux côtés d’enfants souriants (en plastique aux aussi). Ce tableau, propre à effrayer tout spectateur de Jurassic Park, a le don de hérisser le poil de n’importe quel naturaliste qui sait que les dinosaures et les humains ont raté leur rendez-vous de 60 millions d’années. Pas ici, car nous sommes au musée de la Création, fondé sur la parole littérale de la Bible (Ancien et Nouveau Testament), qui fait remonter l’âge de notre bonne vieille planète Terre à 6 000 années maximum. Alors, T-Rex et Cro-Mag partenaires de jeu, pas de problème.

Il fallait bien que ça arrive un jour. Vexés de s’être fait ridiculiser en 1925 lors d’un des procès les plus célèbres du XXe siècle, les créationnistes américains n’ont eu, depuis, de cesse de reprendre pied dans les écoles du pays. Après la tentative, une nouvelle fois avortée l’an passé, de faire valider l’apprentissage de la «conception intelligente» («intelligent design») de l’univers par «un être supérieur», ils ont choisi une autre forme d’enseignement : la muséologie.

Imaginé par Ken Ham, un évangéliste australien, le Creation Museum, qui a ouvert ses portes fin mai après 27 millions de dollars d’investissement, ambitionne, selon son fondateur, «de démontrer que tout ce qui est contenu dans la Bible peut être défendu par la science moderne». Sans oublier les dinosaures, bien sûr, car, d’après Ken Ham, «ils font un tabac avec les enfants». Un des concepteurs des parcs Universal Studios en Floride a même été recruté pour cette sainte croisade.

Caméléons.  La visite commence par un spectacle au planétarium : une démonstration étourdissante de la taille et des mystères de l’univers, que les «scientifiques laïques peinent à expliquer». Mais, si l’on admet que Dieu est à l’origine de tout cela, pas de souci, on peut poursuivre la visite en sirotant son Coca.

En avant donc pour la vidéo d’un gentil paléontologue barbu qui nous explique que, bien que ses «collègues athées» estiment que les fossiles de dinosaures remontent à une centaine de millions d’années, il ­pense, lui, que les os ont été enfouis sous les sédiments à l’époque du Déluge, il y a précisément 4 300 ans. La datation au carbone 14 n’est apparemment pas validée par les Evangiles. On apprend aussi que les caméléons ne changent pas de couleur pour échapper à leurs prédateurs, mais pour «attirer les femelles et se rafraîchir».

Un peu plus loin, on nous explique que la Bible a commencé à perdre de son influence à cause d’une foison de libres-penseurs, méchamment dénoncés sur un mur du déshonneur : Bacon, Descartes, Laplace, Buffon, Darwin. On passe ensuite aux explications «scientifiques». Dieu a certainement créé l’ADN. Examinons le cas de l’œil : l’œil est vraiment très complexe, bien plus qu’une caméra vidéo. C’est donc la preuve qu’il a fallu un créateur omnipotent et omniscient pour inventer cette merveille.

Pas convaincus par la science ? Repartons un peu vers des choses plus amusantes : des tableaux grandeur nature du jardin d’Eden, avec Adam, Eve, le serpent, les animaux (et les dinos). Il a beau être écrit dans Genèse 2:25, «Or tous deux étaient nus, l’homme et sa femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre», ici, les cheveux d’Eve couvrent toujours sa poitrine, et Adam dissimule habilement son entrejambe.

Après la Chute, le héros, c’est Noé. Il est représenté en figurine animée qui parle anglais avec l’accent de Yasser Arafat, avec son arche qui contenait les dinosaures. Tout d’un coup, l’esprit sceptique émet une objection : «Mais comment toutes les paires de ­diplodocus et de brachiosaures (40 mètres de haut, 80 tonnes) sont-elles rentrées dans le paquebot en bois aux côtés des autres ­bestiaux ?» Comme le musée est bien fait, la réponse est ­couchée noir sur blanc : « Dans sa grande intelli­gen­ce, Dieu a choisi des bébés». C’était évident.

Étourdi par tant d’informations, il ne reste plus, près de la sortie, qu’à visionner un film qui suggère que les dragons des légendes européennes et chinoises du Moyen-Age ne sont rien d’autres que des dinosaures qui ont survécu un peu plus longtemps qu’on ne le croyait. Au sortir de cette présentation, deux professeurs d’un lycée local, venus observer «quelles âneries nos élèves vont bientôt nous sortir», grommellent. Une mère de famille les entend et s’approche d’eux : «Ayez l’esprit ouvert ! Pourquoi refusez-vous d’envisager une autre explication ?» Les deux profs battent en retraite, peu désireux de dialoguer.

«Existence de Dieu».  En ce jour de la mi-juin, les visiteurs affluent, certains venant de très loin, comme en témoignent les plaques d’immatriculation sur un parking presque plein. Comme la plupart d’entre eux, Mary-Ann Walter recherche «une théorie alternative de la création de notre planète, conforme à notre croyance en Dieu». David, un adolescent en short venu avec sa chorale pastorale, hésite encore : «Je ne sais pas si ce qui est présenté dans ce musée est vrai ou pas, mais cela me plaît davantage que le darwinisme, qui ne prend pas en compte l’existence de Dieu.» Confusion apparemment partagée par une majorité d’Américains, puisqu’un récent sondage ( USA Today) offre ce curieux résultat : 66 % estiment que Dieu a créé l’homme tel qu’il est aujourd’hui, et 53 % penchent pour la théorie de l’Evolution.


Allemagne : Scientologie

L'allemagne ne s'oppose plus au film de Tom Cruise

TFI-LCI, 9 juillet 2007

[Texte intégral]

La polémique semble se calmer, en Allemagne, autour du nouveau film de Tom Cruise dans lequel l'acteur va incarner un résistant ayant organisé l'attentat manqué contre Hitler, le 20 juillet 1944. Berlin soutient ce projet de film, qui doit être tourné, cet été, dans la capitale allemande, par  Bryan Singer, a indiqué un porte-parole du ministère des Finances, démentant ainsi implicitement des informations selon lesquelles le gouvernement y était opposé en raison de l'appartenance de Tom Cruise à l'Eglise de Scientologie, considérée en Allemagne comme une secte.

En revanche le ministère n'autorisera pas que certaines scènes de ce film soient tournées au Bendlerblock, le  lieu où l'officier allemand fut exécuté, abritant aujourd'hui des services ministériels berlinois. Il s'agit en effet d'un lieu de recueillement, a argumenté ce porte-parole.

Un fils indigné

Le projet de film, qui devrait s'intituler Valkyrie, a fait l'objet d'une  réunion, vendredi, entre des représentants de la chancellerie, du ministère de la  Défense et de celui des Finances, a-t-il précisé. Le fils du comte von Stauffenberg, Berthold, s'était lui-même exprimé contre  une participation de Tom Cruise à ce projet, en raison de son appartenance à la  Scientologie. "Il ne doit pas toucher à mon père", avait-il déclaré au quotidien Süddeutsche Zeitung.

Catholique conservateur et colonel de l'armée allemande, le comte Claus Schenk von Stauffenberg (1907-1944) a d'abord été fasciné par les succès d'Adolf  Hitler, avant d'organiser un putsch contre les nazis avec des officiers, après la  débâcle de la Wehrmacht sur le front russe en 1942-43. Un attentat contre Hitler devait déclencher la confusion générale permettant  de renverser le pouvoir. La bombe a bien explosé, mais le dictateur nazi a été  épargné. Le jour même, le putsch était déjoué et ses principaux auteurs, tel  Claus von Stauffenberg, étaient exécutés.


France : Soins psy

La Communication Facilitée ou Psychophanie

Sciences et pseudo-sciences, 10 juillet 2007

[Texte intégral]

Méthode qui se veut thérapeutique et qui a l’ambition de s’adresser à des personnes handicapées de la parole, quelle que soit la sévérité de l’atteinte, et à des personnes valides, quel que soit leur âge, « de l’embryon au vieillard ». Elle prétend aussi permettre une communication avec les morts « et même les animaux ».

Conçue par Rosemary Crossley, enseignante en Australie, pour des enfants atteints de paralysie cérébrale puis pour des personnes autistes.

Elle a été introduite en France au début des années 90 par l’orthophoniste, Anne-Marguerite Vexiau.

Lors d’une séance, le thérapeute appelé « le facilitant » saisit la main de la personne handicapée, appelée
« le facilité ». C’est « le facilitant » qui appuie sur les touches d’un clavier d’ordinateur ou d’un clavier alphabétique et qui lit à haute voix les mots et les phrases frappés. Le contact entre facilitant et facilité s’établit « de façon magique » par télépathie ou plus précisément entre le cerveau du facilitant et l’âme du facilité… car l’âme est indépendante de l’enveloppe charnelle et « elle ne peut être handicapée ». Mme Vexiau assure ainsi qu’un foetus « lui a exprimé sa peur de naître avec une mère fragile » ou qu’elle a pu « entrer en liaison avec un embryon décédé, via l’inconscient de sa mère ».

L’auteur de l’article, le Dr Laurent Jézéquel qui est aussi président de l’association E3Ph (Ethique professionnelle et protection des personnes avec handicap dans les Côtes d’Armor) assimile cette méthode à du spiritisme. Il a été personnellement confronté à cette pratique dans sa vie professionnelle au Foyer Ker Spi à Plérin qui prend en charge des adultes infirmes moteurs cérébraux. Pour lui des dysfonctionnements en résultaient : méconnaissance et même, négation du handicap, manipulation mentale, croyance aveugle et fanatique en la méthode.

Après enquête administrative, la communication facilitée a finalement été interdite à Ker Spi. De plus, elle a été « épinglée » dans les rapports 2005 et 2006 de la MIVILUDES et dénoncée dans le récent rapport parlementaire sur les mineurs.

(Source : Sciences et pseudo-sciences, Dr Laurent Jézéquel, mai 2007)

La communication facilitée, dix ans d'expériences négatives

Article de Lawrence Norton, psychologue scolaire américain, publié dans la revue « Skeptic » sous le titre :
« la communication facilitée et la force de la croyance » (traduction : Jean Günther)

Quelles ont été les conséquences pour avoir accepté sans esprit critique les « messages facilités » qui sont bien ceux des « facilitateurs » ? De fausses accusations d’abus sexuels, des parents mis en examen et même emprisonnés, des familles déchirées, des millions de dollars pris sur le budget de l’Education gâchés et des années de scolarité perdues pour des autistes… Aux Etats-Unis la communication facilitée a fait l’objet de nombreuses études destinées à l’évaluer. Les résultats ont été sans équivoque : aucune preuve scientifique de son efficacité.

(Source : Sciences et pseudo-sciences, Lawrence Norton, mai 2007)

http://www.skeptic.com/reading_ room/pseudoscience/index.html


Russie : Scientologie

Un centre de Scientologie ferme ses portes

Presse canadienne, 13 juillet 2007

[Texte intégral]

Une organisation de l'Eglise de la scientologie a été fermée vendredi à Saint-Pétersbourg sous les accusations de dispenser des programmes d'éducation payants sans autorisation, a annoncé l'agence russe Itar-Tass.

Le groupe qui se veut le véhicule des idées de son fondateur basées sur une civilisation libérée de «la guerre, du crime et de la folie», dirige aussi des séminaires de «purification» vendus comme une thérapie médicale malgré l'absence d'autorisation pour le faire, selon des responsables russes cités par l'agence.

L'organisation implique également des enfants et des mineurs dans ses pratiques, selon la même source.

L'Eglise de scientologie a été fondée en 1954 par l'auteur de science-fiction L. Ron Hubbard aux États-Unis où elle a obtenu les avantages fiscaux réservés aux cultes. En Russie, une loi de 1996 la qualifie d'«organisation religieuse destructrice».

La scientologie est considérée comme une secte dans nombre de pays européens, dont la France, l'Allemagne et la Belgique, où ses opposants l'accusent de manipuler ses membres à des fins pécunières.


France : Moon

La secte Moon organise bien la Peace Cup

Mercato foot-ball, 13 juillet 2007 par Totoro

[Texte intégral]


France : Satanisme

Profanations - Les ravages du satanisme en Bretagne

Le Pélerin , 17 juillet 2007 par

[Texte intégral]


Canada : Scientologie

L'Eglise de Scientologie gagne en visibilité

Cyberpresse, 17 juillet 2007 par

[Texte intégral]

L'Église de scientologie prend de l'expansion à Montréal. Actuellement située sur l'avenue Papineau, elle déménagera dans un immeuble qui appartenait à l'UQAM. Considérée par ses opposants comme une secte, l'Église triplera sa superficie.

L'organisation occupera l'immeuble La Patrie, ancienne propriété de l'UQAM, rue Sainte-Catherine Est, dans environ un an. La transaction de 4,25 millions vient d'être conclue.

L'Église de scientologie, qui rassemble près de 1000 membres dans la métropole, y entreprendra des travaux de «plusieurs millions de dollars», a précisé le directeur des affaires publiques de l'Église, Jean Larivière.

«On voulait vraiment avoir une plus grande visibilité», soutient-il.

Les locaux de L'Église passeront de 15 000 à 50 000 pieds carrés.

«La contribution financière vient surtout des membres de Montréal», affirme M. Larivière.

Une exposition permanente sur la scientologie, une plus grande chapelle, une bibliothèque plus vaste et plus de salles de cours permettront aux adeptes de multiplier leurs activités.

Secte ou religion

Si les fervents de la scientologie considèrent qu'ils croient en une religion, leurs opposants l'associent à une secte. Au Québec, selon la loi, la scientologie est acceptée comme une religion.

Consultant en mouvements sectaires, Yves Casgrain explique les grandes lignes de cette croyance. «Elle promet la guérison de tous les problèmes, surtout psychologiques, et promet de faire en sorte que la personne se découvre comme une entité éternelle.»

Yves Casgrain rappelle que dans de nombreux pays, l'Église de scientologie est souvent critiquée. «Mais au Québec, on est tombé dans un autre extrême. On ne parle plus du tout de ces groupes. On est frileux. Très peu de gens osent se dirent antisectaires et en parler publiquement», dit-il.

«Un tel financement prouve que l'organisation a de l'argent. Ce n'est pas un crime. Elle est en bonne santé et ce n'est pas surprenant au Québec», mentionne M. Casgrain.

Si les stars d'Hollywood comme Tom Cruise et John Travolta mettent leur statut de célébrité au service de la scientologie, ici, c'est différent. La chanteuse France d'Amour a publiquement affiché ses croyances, rappelle Jean Larivière, mais cela reste discret.

À Québec aussi

Dans la Vieille Capitale, l'Église de scientologie déménagera dans un espace 10 fois plus grand d'ici un an. Actuellement dans Limoilou, l'organisation a acheté un édifice de trois étages, pour 1,9 million, dans le quartier Saint-Roch, en février 2006. Les travaux de rénovation s'élèvent à 2 millions.

«On passe de 4800 à 47 000 pieds carrés», précise Karine Bélanger, directrice des affaires publiques de l'Église de scientologie de Québec. Elle ajoute qu'il y a entre 200 et 300 membres réguliers et près d'un millier de membres occasionnels à Québec.

L'UQAM avait acheté l'immeuble La Patrie pour 1,8 million en avril 2004. En le revendant pour 4,25 millions, l'UQAM estime avoir fait un bon coup. La controverse entourant l'Église de scientologie n'a pas fait broncher l'Université.

«La question était d'avoir le meilleur prix possible et ce prix était très élevé dans la fourchette d'évaluation», indique Nathalie Benoît, directrice de la promotion au service des communications de l'UQAM, rappelant que l'UQAM éprouve des difficultés financières. Au départ, La Patrie devait devenir la Maison des sciences humaines.

Depuis la fin des années 60, l'Église de scientologie est présente à Montréal. Elle loge sur l'avenue Papineau depuis la fin des années 70.


Canada : Raël

La vente des "Jardins du prophète" achoppe

La tribune , 18 juillet 2007 par

[Texte intégral]

MARICOURT - Après quelques mois de tergiversations, la transaction qui devrait faire passer les Jardins du Prophète, le vaste domaine de Maricourt appartenant à Raël, à la fondation MédicaDev n'est toujours pas complétée.

Pourtant, en février dernier, une promesse d'achat au montant de 2,95 M $ avait été signée entre les deux parties. L'acte devait initialement être notarié le 15 mai 2007. À ce moment, l'agent immobilier en charge de la transaction, Yves Desautels, avait indiqué que seule la mauvaise foi de l'une ou l'autre des deux parties pouvait faire achopper la vente.

Depuis, la visite devant le notaire a été reportée à trois ou quatre reprises. Dernier report en date, la rencontre prévue le 13 juillet. "Toutes les conditions étaient remplies, estime M. Desautels, mais l'acheteur est revenu avec des supposées ententes verbales, et il s'est désisté le 10 juillet pour la rencontre."

De son côté, la fondation MédicaDev indique qu'il manque encore des documents pour compléter la transaction, dont un certificat de conformité qui devrait être émis par la municipalité. "Tant qu'il manque des documents, et que tout n'est pas conforme, nous ne signerons rien", a indiqué Pierre Bouchard, membre de la fondation.

Nouveaux délais

Dès février, la visite d'un entrepreneur dépêché par la fondation a permis d'observer d'importantes irrégularités en ce qui a trait à l'entretien des bâtiments. Moisissures, fissures et traces d'infiltration d'eau auraient été répertoriées. Des chevrons seraient déplacés, et un mur en blocs de béton aurait subi une importante dénivellation. Les réparations n'auraient toujours pas été effectuées.

M. Bouchard ajoute que diverses tractations ont forcé MédicaDev à accorder sans cesse de nouveaux délais supplémentaires au mouvement raélien pour la conclusion de la transaction. Il déplore l'attitude hautaine et déplaisante adoptée par les représentants des Jardins du Prophète.

Le mouvement raélien n'a émis aucun commentaire sur la situation, le porte-parole du mouvement raélien, Jocelyn Chabot, étant présentement à l'extérieur du pays. L'agent immobilier a toutefois confirmé que le guide-prêtre est au courant de la situation, et que le mouvement se désole d'avoir perdu une saison de revenus d'activités, puisque les membres ont été invités à quitter les emplacements de camping dès le printemps.

La fondation MédicaDev se désole de son côté d'avoir perdu une saison pour la mise en chantier de son centre de dépistage précoce du cancer du sein.

Les deux parties semblent indiquer espérer que la vente finisse par se conclure le plus rapidement possible.


France : Sectes

Mêlées celestes à la secte ?

L'Express, 19 juillet 2007 par

[Texte intégral]

L'association Parc d'accueil dans le Calvados aurait organisé des "mêlées célestes" entre 2004 et 2005, à la fois spirituelles et sexuelles. Deux femmes responsables du mouvement ont été mises en examen pour abus de faiblesse et violences volontaires.

Ce sont deux pavillons très ordinaires, l'un à Lisieux, sous-préfecture du Calvados, l'autre à Moyaux, une commune du pays d'Auge. De 2004 à juin 2007, ils auraient abrité des «mêlées célestes», à la fois spirituelles et sexuelles, impliquant les adeptes d'un mouvement sectaire baptisé «Parc d'accueil». Le 27 juin, une trentaine de policiers de Caen ont mis un terme aux activités de cette association en faisant irruption dans la maison de Lisieux qui lui servait de siège.

La responsable de Parc d'accueil, Françoise D., 51 ans, et son bras droit, Corinne V., 44 ans, ont été mises en examen pour abus de faiblesse et violences volontaires. Il leur est également reproché d'avoir pris part à des viols et à des agressions sexuelles. La justice les soupçonne d'avoir mis, au total, une quinzaine de personnes sous leur joug. Elles les auraient obligées à verser 400 000 euros et à accepter des coups et des relations sexuelles en groupe avec des partenaires choisis par Françoise D. Les deux femmes, qui se disent innocentes, ont été incarcérées.

Cette affaire est suivie de près par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), à Paris. «L'instruction judiciaire démarre en utilisant la loi dite "About-Picard" sur l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse, se réjouit Catherine Katz, secrétaire générale de la Miviludes. Ces personnes ne se retrouvaient pas librement pour des partouzes; ce sont des victimes en souffrance parce que sous l'emprise d'une "gourelle".»

Renouveau spirituel et manipulation
Au début, en 2003, Françoise D., mère de trois enfants, professeur d'anglais à la Fondation des orphelins apprentis d'Auteuil, commence par regrouper autour d'elle des femmes et des hommes, recrutés par relations, intéressés par le «renouveau spirituel» et par le «débat interreligieux». A en croire l'accusation, cette animatrice très pieuse se serait par la suite muée en gourelle.

Comme souvent dans ce genre d'affaires, la manipulation a démarré, semble-t-il, par de l'amour et de la tendresse. Mais celle qui se prenait pour Dieu, poussée en partie par ceux qui voulaient croire en elle, serait devenue violente. Si un adepte se montrait récalcitrant, elle lui lançait: «Pour combattre tes mauvais côtés, il faut que je te batte!» Et d'insister sur le credo du mouvement: «Dieu et le Saint-Esprit vous donnent tout. Donc, afin de vous purifier, vous devez donner de l'argent et des câlins.» Dans son jargon, «câlins» et «navigations» signifiaient «ébats sexuels». Selon les enquêteurs, Françoise D. se montrait à la fois maternelle et dominatrice, gentille et humiliante, et parvenait à faire perdre tout sens critique à ses adeptes, au point de les amener à accepter violences physiques et sexuelles.

Tout bascule au mois de novembre 2006, quand une aide ménagère de 27 ans accepte de témoigner. Cette jeune femme très perturbée raconte au couple de personnes âgées qui l'emploie les prières et les orgies sexuelles nocturnes auxquelles elle participe à Moyaux. A la demande de ses employeurs, elle confirme son récit devant le maire de Lisieux, Bernard Aubril.

La gendarmerie et le procureur de la République, Bruno Dieudonné, sont alertés. Le dossier est confié à la juge d'instruction Marie Lefort. Après trois mois d'enquête et de nombreuses écoutes téléphoniques, la police finit par interpeller les responsables de la secte. Selon leur avocat, commis d'office, celles-ci seraient «abasourdies» et nient toute violence. Leur procès ne devrait pas avoir lieu avant la fin de 2008.


Suisse : Méditation transcendantale (Gourou Maharishi)

Des gourous veulent renvoyer les femmes au foyer

24 heures, 20 juillet 2007 par

[Texte intégral]

En 2005, le raja suisse Felix Kägi voulait raser Genève. Deux ans plus tard, son institut Maharishi veut éduquer les femmes à redécouvrir leur nature de "mères disponibles pour leur famille".


Vous vous souvenez de l'Institut Maharishi à Genève? En 2005, son raja Félix Kägi suggérait de raser Genève pour la reconstruire selon l’architecture védique. Deux ans plus tard, pas un coup de pioche n’a été donné par l’Institut qui propage en Suisse romande «la sagesse védique de l’Inde ancienne» du Maharishi Mahesh Yogi, le gourou des Beatles. Mais un nouveau projet est en cours: l’éducation des femmes, et surtout des jeunes femmes. A quoi? A retrouver leur vraie nature grâce à la méditation transcendantale. Une nature de mère au foyer, inspirée par une inclination innée à nourrir, soutenir et encourager. L’institut souhaite que les filles puissent suivre leur l’enseignement secondaire auprès de l’«Education et formation védiques pour les femmes» dès 2008 en Suisse romande, pour un prix encore inconnu. Et affirme être reconnu par le Département de l’Instruction publique (DIP) de Genève.

Mais celui-ci «n’entrera pas en matière» sur ce projet-là. Denis Kaufmann, au Service de l’enseignement privé du DIP, tient à clarifier la situation. «Deux projets de l’Institut Maharishi ont effectivement reçu une autorisation d’exploitation, mais ils n’ont jamais abouti.» Il s’agissait de la création de deux Universités Maharishi, l’une de médecine védique et l’autre de paix dans le monde. «Par contre, c’est vous qui m’apprenez l’intention de l’Institut de donner des cours aux femmes et aux jeunes filles au niveau de l’enseignement secondaire, poursuit-il. Dans ce cas nous n’entrerons pas en matière, car ce type de cours se référant au «développement personnel» ne correspond pas du tout à nos critères en matière d’enseignement privé. Mais nous allons surveiller l’évolution de ce projet.»

«C’est la nature»
Mais quel rapport entre la méditation transcendantale et la femme au foyer? «La méditation permet de faire l’expérience profonde de notre source de vie, ce qui éveille les qualités propres de la personne, explique Virginie Courvoisier, enseignante de méditation transcendantale à l'Institut Maharishi. Une femme, peu importe sa culture, a un caractère de mère qui se rend disponible pour sa famille. Nous promouvons cette réalité dans le monde entier.» Et si on lui demande d’où vient cette conviction, elle a une réponse imparable: «C’est la nature. Cela s’est perdu dans notre société, mais il faut que les femmes reprennent contact avec les lois de la nature.»

La mère au foyer correspond à l’idéal de la «Mère du domaine du Raja de Suisse», soit l’épouse de Félix Kägi. Qui soit dit en passant n’a pas d’enfant. «Une femme sans enfants développe également des qualités maternelles, explique Virginie Courvoisier. Elle en fait profiter la société.»

Rendre le pays invincible
En promouvant ces rôles bien distincts des hommes et des femmes, l’Institut espère rendre la Suisse non seulement «idéale» mais encore «invincible». «La société sera alors dans une état de cohérence tel qu’aucune influence négative ne pourra l’infiltrer, avance Virginie Courvoisier. C’est un des critères pour arriver à la paix.»

Rappelons que ce mouvement international, s’il recense plus de 3,5 millions de personnes pratiquant la méditation transcendantale dans le monde dont 5000 en Suisse romande, n’en est pas moins considéré comme une secte en France.


Canada : Raël

Les raéliens cherchent un nouvel acheteur

Cyberpresse, 20 juillet 2007 par

[Texte intégral]

MARICOURT -  Le mouvement raélien a l'intention de reprendre contact avec les groupes qui se sont montrés intéressés à l'achat des Jardins du Prophète en février dernier, avant que ne soit acceptée la promesse d'achat de la fondation MédicaDev, a appris en exclusivité La Tribune.

Puisque l'entente notariée liant les deux parties devait être complétée le 15 juillet dernier -ce qui n'a pas été réalisé-, le mouvement raëlien a choisi de se tourner vers d'autres avenues. "Cette offre d'achat est tombée à plat, et nous sommes toujours à vendre", a annoncé le porte-parole du mouvement raëlien, Jocelyn Chabot, de retour de l'étranger jeudi.

Le porte-parole déplore plusieurs inexactitudes dans les propos tenus plus tôt cette semaine par la fondation MédicaDev.

"Le seul document qui n'a jamais été fourni, c'est leur lettre bancaire signifiant qu'ils ont les fonds nécessaires pour procéder à l'achat. On est restés sans nouvelles d'eux depuis qu'on leur a demandé", a indiqué M. Chabot. Selon lui, la municipalité n'a aucun certificat de conformité à émettre, et le mouvement raëlien a toujours agi avec transparence.

Par exemple, M. Chabot indique n'avoir jamais tenté de cacher que les bâtiments avaient manqué d'entretien. "C'est d'ailleurs pour ça qu'on demande 2,95 M $ et pas 4 M $. On tient compte des réparations mineures à effectuer." Le porte-parole ajoute que lors d'une rencontre tenue le 13 mars dernier, MédicaDev s'est déclaré satisfait de l'inspection effectuée par son entrepreneur, et a levé les conditions reliées à l'état des bâtiments.

Refusant d'indiquer qui sont les autres groupes intéressés, M. Chabot a rappelé que c'est la fondation MédicaDev, qui, en février dernier, a annoncé dans les médias avoir acquis le vaste domaine des raëliens de Maricourt. "Mon hypothèse, c'est qu'ils se sont trop avancés, qu'ils n'ont pas eu le financement nécessaire, et qu'ils veulent sauver la face en nous mettant ça sur le dos."

Le porte-parole souligne que MédicaDev fait toujours partie des acheteurs potentiels, à condition de démontrer les preuves de solvabilité nécessaires. Questionné quant à la possibilité d'entreprendre un recours en justice pour compenser les pertes financières encourues suite à l'annulation des activités estivales, M. Chabot a simplement indiqué que le sujet n'a pas encore fait l'objet de discussions au sein de son groupe.

Le projet de MédicaDev

La fondation MédicaDev, si elle complète la transaction avec le mouvement raëlien, compte établir à Maricourt un centre de dépistage précoce du cancer du sein, propre à déceler la maladie en moins de 24 heures.

Subséquemment, la fondation inaugurerait un centre de santé anti-âge ainsi qu'un ensemble de serres servant à la production de plantes médicinales. Enfin, vers 2010 ou 2012, un hôtel 5 étoiles serait érigé dans les Jardins du Prophète devenus la Cité de la Paix.

Pierre Bouchard, de la fondation MédicaDev, a fait savoir que si l'entente se concluait, chacun des membres de la fondation déclarerait sous serment n'avoir aucun lien avec le mouvement raëlien.


Suisse : Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah s'entraînent à Palexpo

Le Temps, 23 juillet 2007 par

[Texte intégral]

GENEVE. Sept mille adeptes romands se sont rassemblés pour étudier la bible et se préparer à convertir le reste du monde.

«Nous sommes tous des étrangers ici, en Suisse. Notre royaume et notre gouvernement sont ceux de Dieu. Pourquoi par exemple aller voter? Nous sommes un peuple organisé qui ne se prononce que pour la société du Christ.» Anita Genoud, une sémillante retraitée qui vit à Renens (VD), a les yeux qui brillent. Elle a réponse à tout car «Dieu répond à tout» «Pourquoi chercher ailleurs l'origine et le sens de la vie?» demande-t-elle.

Dans l'attente de l'avènement de Dieu
Vêtue de ses beaux habits du dimanche tandis que les hommes portent tous la cravate, elle arpente le hall de Palexpo à Genève, la bible sous le bras et le sourire aux lèvres. Ils sont sept mille Romands à s'être rassemblés en cette journée mondiale des témoins de Jéhovah (ils seraient 6,8 millions à travers le monde, 20000 en Suisse) «dans l'attente de l'avènement du royaume divin». «Mais je ne peux pas vous donner de date», rigole Anita.

Quatre espaces ont été ouverts: «Suivez le Christ» pour les francophones, «Follow the Christ» pour les anglophones, «Sigamos a Cristo» pour les Espagnols et «Siga a Cristo» pour les lusophones. Dans chaque espace, la même scène, le même pupitre, les mêmes écrans géants, les mêmes milliers de chaises occupées par des femmes et des hommes qui tous consultent la Bible et prennent des notes. Atmosphère studieuse dans un décor dépouillé. Pas d'icône, pas de représentation du Christ, pas de rituel ni de liturgie. «Les orateurs prononcent des discours, non pas des prêches», indique le placide et très poli Albin Wursch, qui n'est ni un chef ni un responsable mais un berger, «celui qui s'occupe des brebis».

Comment vivre dans un monde dominé par Satan?
Lorsqu'il ne veille pas sur son troupeau, Albin est un informaticien pointu qui a notamment occupé de hautes fonctions chez Hewlett-Packard, entreprise d'informatique et d'électronique multinationale d'origine américaine. Thèmes abordés ce dimanche: la propagande immorale diffusée par les télévisions et Internet, les 400 milliards de dollars que la planète consacre honteusement chaque année à la publicité, et le litige suivant: comment vivre dans un monde dominé par Satan et ne pas en faire partie? L'orateur: «Les désirs de chair viennent du monde pas du Père, croyez au Père.» Applaudissements.

Hommes et femmes, chacun sa place
«Ces réunions ressemblent à une plus grande échelle à celles que l'on organise environ cinq heures par semaine dans nos congrégations. Il s'agit de lire et relire la Bible», précise Anita qui a rejoint le mouvement dès 1969. Les orateurs sont tous des hommes. Les femmes qui représenteraient les deux tiers des témoins actifs n'apparaissent pas dans la hiérarchie. «Chacun sa place», élude Anita. Qui accepte volontiers d'enchaîner sur les sujets qui fâchent. Les témoins de Jéhovah considérés en Suisse comme une association religieuse sont-ils en vérité une secte? «Non, s'offusque-t-elle. Chez nous, on rentre difficilement mais on peut sortir facilement, nous sommes donc à l'opposé d'un mouvement sectaire. Pour devenir témoin, il faut répondre à cinquante questions et argumenter. C'est très difficile. Par contre, on vous voit en train de fumer ou de forniquer et vous êtes aussitôt exclu», explique-t-elle. Morale stricte, pas de relations sexuelles hors le mariage, pas de tabac, consommation d'alcool tolérée si elle est modérée. «Mais la vie n'est pas austère, on reçoit chez nous de la famille, des amis, des voisins, on a une vie sociale et professionnelle» réplique Jaël De Nardo, une Suissesse qui réside à Archamps (Haute-Savoie). Jaël (46 ans) est formatrice en bureautique et mère de trois enfants qui poursuivent une scolarité normale. Les témoins de Jéhovah ne célèbrent pas Noël ni les anniversaires. «Ce qui n'exclut pas pour autant nos enfants, continue Jaël. On a pris pour habitude d'organiser une grande fête tous les ans pour qu'ils invitent leurs petits copains, et ma fille qui est une adolescente tient elle aussi un blog dont je vérifie bien sûr régulièrement le contenu.»

«Dieu interdit l'absorption de sang»
Comme tous les adeptes, Jaël fait dès qu'elle le peut du porte-à-porte «pour préparer le monde à la bonne nouvelle» La prédication et la volonté farouche de convertir son prochain sont les missions du témoin. La porte qui claque et certaines impolitesses, elle connaît. «Mais vous seriez surpris par le nombre de personnes qui ne nous congédient pas», sourit-elle. Elle avoue préférer sonner chez les Suisses qui sont moins agressifs que les Français. Les réunions hebdomadaires sont autant de séances d'entraînement: il faut posséder l'argument, trouver la réponse, sortir le mot et le sourire juste. Une véritable gymnastique. «On nous ressort toujours la même chose, le côté secte, l'embrigadement et l'histoire du sang», confie-t-elle.
Les témoins de Jéhovah refuse la transfusion sanguine parce que «Dieu interdit l'absorption de sang». «Mais on a prouvé qu'il existe des succédanés du sang qui fonctionnent aussi bien, sans plasma et sans plaquettes. En Suisse, près de 600 médecins sont coopératifs avec nous pour transfuser ce type de sang», assure Albin Wursch.

Christine, une assistante de direction dont le mari n'est pas un adepte l'a convaincu de refuser toute transfusion pour leur fils. «On s'est mis d'accord, on a une carte de non-transfusion et la liste des praticiens qui peuvent opérer sans transfusion», arguë-t-elle. Et si l'enfant devait en cas d'extrême urgence recevoir du sang? «On ne le rejettera pas comme certains le disent», soupire-t-elle. Aux accusations de pédophilie et autres mauvais traitements qui parfois sont portées à l'encontre des témoins de Jéhovah, Albin Wursch répond: «Les gens qui viennent vers nous ont dans leurs bagages de belles choses et de moins belles, ils doivent transformer leur vie.»

Fidèles baptisés dans une piscine gonflable
Jaël de Nardo enchaîne: «On vit notre foi malgré le prix à payer, mon beau-père a passé quatre ans en prison et a été battu parce qu'il ne voulait pas faire son service militaire. On nous dit aussi que l'on convertit les plus faibles ce qui est totalement faux, car il faut être fort pour nager à contre-courant.»
Samedi, quarante personnes ont été baptisées après avoir été plongées dans une piscine gonflable. Des adultes et des adolescents. «On ne baptise pas les enfants, ils font leur propre choix dès qu'ils atteignent l'âge de raison», relève le berger Albin. Cédric Schwab, de l'association vaudoise Vigi-Sectes pour qui les témoins de Jéhovah sont un Etat dans l'Etat, pose l'interrogation suivante: «Les enfants baignent dans le prosélytisme et une rigidité éducative, ont-ils vraiment le choix de refuser le baptême?»


Israël : Kabbale

Loin d'Hollywood, la capitale de la Kabbale attire de nouveaux adeptes

AFP, 23 juillet 2007

[Texte intégral]

SAFED (Israël) - Loin de la Kabbale hollywoodienne, popularisée par Madonna, Demi Moore ou Britney Spears, de nouveaux adeptes, en quête de spiritualité, affluent plus nombreux chaque année dans le nord d'Israël, à Safed, capitale de ce courant mystique du judaïsme.

Le centre Ascent organise chaque année des séminaires d'été d'étude de la Kabbale de plus en plus populaires chez les juifs et les non juifs à la recherche de réponses qu'ils espèrent trouver dans les textes ésotériques.

Sheree Sharan, 31 ans, est venue de Chicago pour s'immerger dans la ville ultra-orthodoxe et humer "son énergie". "J'étais en recherche de mystique juive et Safed représente le quartier général des études de la Kabbale", dit-elle.

Depuis deux ans, elle s'interesse à cette pratique, qui s'est développée au Moyen-Age après la publication du Zohar, "le Livre de la splendeur", un recueil de commentaires ésotériques de la Torah.

La Kabbale a la réputation de tourner la tête de ceux qui se plongent dans ses mystères. Les interprétations ésotériques des textes sacrés ont exercé de tout temps une fascination sur les personnes sensibles à son aspect magique.

"La Kabbale offre un tas de réponses pratiques pour la vie quotidienne. Elle donne des formules pour expliquer les choses en des termes très logiques", soutient Sheree Sharan, qui déjeune avec des camarades après un cours.

Devori Sacks est, elle, venue à Safed pour se "recentrer" sur elle-même.

"Je voulais me concentrer sur moi, oublier les aspects matérialistes de la vie", confie cette New-Yorkaise de 24 ans. La Kabbale, dit-elle, "explique votre comportement, améliore votre vie".

Le rabbin Mordechaï Siev, directeur du programme en anglais du centre Ascent, assure qu'une plongée dans les textes religieux permet aux nouveaux initiés de "se connecter à leur âme". Mais, met-il en garde, "nous ne sommes pas là pour prédire des évènements comme certains peuvent le croire".

Point d'orgue du séminaire: au lever de lune, les étudiants déambuleront, avec des milliers de fidèles, dans le cimetière de la ville pour se rendre sur la tombe du plus connu des kabbalistes, le rabbin Isaac Luria, dit "Ari le saint", mort en 1572.

Kabbaliste depuis 30 ans et invité du centre, Schlomo Schwartz, qui enseigne à Los Angeles, a vu au cours des dernières années le phénomène de la Kabbale prendre de l'ampleur.

"La Kabbale est devenue populaire. Grâce à Dieu, Madonna l'a mise en une des journaux, se félicite-t-il. Les rabbins ne sont pas aussi célèbres que Madonna, ils ne passent pas sur MTV", du nom de la chaîne musicale américaine.

Loin du strass et des paillettes de la Californie, il juge que cet appétit grandissant pour le mysticisme se nourrit de la "faillite" des institutions et des valeurs dans un monde globalisé.

"Prenez l'exemple du mariage: les gens divorcent à tout va, assure-t-il, en secouant sa longue barbe blanche. Ils cherchent désespérément un sens à leur vie".

Si certains rabbins sont reconnaissants de cette publicité, ils mettent toutefois en garde contre les dérives de pratiques qui s'apparentent plus à un culte païen, pas toujours désintéressé, au point de susciter l'inquiétude d'associations antisectes en Europe.

Quelques centres "s'apparentent plus à des sectes", déclare Schlomo Schwarz. "Ils n'enseignent pas la Kabbale mais comment l'utiliser pour avoir du succès dans sa vie", juge-t-il. "J'appelle cela de la +blablalogie+", poursuit le rabbin.

La tradition juive impose des restrictions draconiennes à l'étude de la Kabbale, réservée aux seuls juifs, de sexe masculin, mariés et âgés de plus de 40 ans, ayant derrière eux de longues études du Talmud.


France : Témoins de Jéhoavh

Condamnation pour diffamation envers les Témoins de Jéhovah

AFP, 24 juillet 2007

[Texte intégral]

ROUEN - Mme Picard (Unadfi) condamnée pour diffamation envers les Témoins de Jéhovah

La cour d'appel de Rouen a condamné mercredi la présidente de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi), Catherine Picard, à verser 6.750 euros aux Témoins de Jéhovah pour diffamation, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

La cour a ainsi infirmé un jugement du tribunal d'Evreux qui avait prononcé le 26 octobre dernier une relaxe en faveur de Catherine Picard.

La somme allouée en réparation d'un "préjudice moral" sera répartie entre huit associations dépendant des Témoins de Jéhovah dont le siège est à Louviers (Eure).

Les Témoins de Jéhovah avaient cité en justice Catherine Picard, par ailleurs conseillère régionale PS de Haute-Normandie, pour un entretien accordé en octobre 2005 à la Dépêche d'Evreux dans lequel elle les accusait "d'être structurés de manière pyramidale comme tous les mouvements mafieux".

Selon l'arrêt de la cour cité par les Témoins de Jéhovah, celle-ci a estimé que Catherine Picard avait "de façon outrancière et par une présentation tendancieuse jeté le discrédit sur les Témoins de Jéhovah et (...) tenu des
propos excessifs dépassant les limites admissibles de la libre opinion et exclusifs de toute bonne foi".


La cour a par ailleurs rappelé que les Témoins de Jéhovah bénéficiaient du "statut d'association cultuelle", ce qui était connu de Catherine Picard, "une personne parfaitement informée du fonctionnement du mouvement".


France : Témoins de Jéhoavh

Le vice-président du conseil régional de Haute Normandie soutient sa conseillère

Infocéane, 25 juillet 2007

[Texte intégral]

Condamnée par la cour d’appel de Rouen à verser 6.750 euros aux Témoins de Jéhovah pour avoir tenu à leur encontre des propos jugés diffamatoires, Catherine Picard, conseillère régional (PS) et présidente de l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu, a reçu lundi le soutien de Marc Antoine Jamet, maire de Val de Reuil et vice-président (PS) du conseil régional de Haute-Normandie...


Suisse : Sectes

La Suisse, paradis des sectes

L'Hebdo, 23 juillet 2007 par

[Texte intégral]

Elles sont plus de 700 ! Du moins si ce recensement est crédible. Ce qui semble être le cas si on lit l’enquête de l’hebdomadaire suisse « L’hebdo »…. « Les sectes font partie intégrante du paysage religieux contemporain », explique le journal dan son éditorial introductif.

« Le droit suisse ne fait aucune différence entre les sectes, les religions et les croyances.(…) Pas étonnant, dans ces conditions, que la Suisse soit devenue au fil des ans le paradis des sectes, un véritable sanctuaire même pour les mouvements les plus radicaux, y compris ceux interdits dans plusieurs pays européens. »« Eglises, sectes, prédicateurs et gourous sont légion dans cette Helvétie si paisible, si discrète, si riche... Une terre d’accueil dont le volet fiscal n’est pas le moindre des arguments pour s’y établir avec, en prime, une tolérance exemplaire forgée par des siècles de coexistence presque pacifique entre les différentes communautés linguistiques et religieuses qui forment la mosaïque sociale suisse. » 


Belgique : Méditation transcendantale (Gourou Maharishi)

Vol yogique où est le vrai ?

Dernière heure, 26 juillet 2007 par Laura Cerrada-Crespo

[Texte intégral]

12.000 personnes en Belgique s'adonnent à cette pratique. Le Centre cherche actuellement à former des enfants

BRUXELLES - Il est des choses dont on a toujours voulu connaître le secret... Le vol yogique, couramment appelé lévitation, par exemple. Les maîtres de cette technique affirment qu'elle "possède une efficacité unique dans la prévention de la violence sociale, du terrorisme et du crime et qui, parallèlement, promeut le développement économique, des relations politiques plus chaleureuses, etc."

La méditation transcendantale (MT) a vu le jour dans les années cinquante, sous l'impulsion d'un (gourou) Indien, Maharishi Mahesh Yogi. D'après le Maharishi Invincibility Center de Bruxelles, qui a ouvert ses portes le 27 juin, la guerre aurait cessé une semaine, en 1978, grâce à la ténacité des adeptes de la MT. Des théories et des rapports scientifiques ont alors vu le jour.

Ces praticiens vont même jusqu'à créer leurs propres partis politiques (le Parti de la loi naturelle ou, ailleurs, Parti humaniste dit PH (*)), prônant le vol (yogique, entendons-nous) pour lutter contre la violence urbaine. En Belgique, 12.000 personnes ont été initiées. Seules 350 suffisent à maintenir la paix, par leurs exercices yogiques quotidiens.

Cette technique pour réduire le stress et, par ailleurs, promouvoir les tendances dites positives est beaucoup moins spectaculaire qu'annoncé... La démonstration s'est uniquement bornée à des séries de petits bonds, en position du lotus, sur des matelas. Pas de lévitation. Pas de preuves outre mesure. Certes, de tels bonds nécessitent une bonne dose d'énergie. Et la fatigue venant, on se libère peut-être du stress... Une relaxation due à l'effort, rien de plus !

Les membres actuels du Centre sont-ils au courant du groupe auquel ils appartiennent ? Aujour- d'hui, les professeurs et directeurs du centre souhaiteraient initier des enfants. "Les résultats sont meilleurs dans les écoles, chez les enfants", affirme Mia Claes, professeur de vol yogique. Plus de 600 écoles, à travers le monde, enseignent cette pratique, qui, dans les faits, ne dépasse jamais le stade de bonds. Ils font même référence à un neurologue du nom de Stixrud pour inciter les parents à "contacter l'organisation nationale de la MT afin qu'un professeur vienne à l'école de leur enfant pour parler avec la direction au sujet de la MT".

On sait tous que, malheureusement, les enfants sont des proies faciles

Cet article provient du site http://www.dhnet.be

(*) NB : Le parti humaniste n'est pas l'émanation de la MT mais du Mouvement humaniste



France : Témoins de Jéhoavh

Neuf mille Témoins de Jéhovah réunis durant trois jours à Douai

La Voix du Nord, 25 juillet 2007 par Stéphanie Trouillard

[Texte intégral]

Depuis hier, les Témoins de Jéhovah de la région se rassemblent au parc des expositions de Douai. Mais cette assemblée de district est critiquée par une association d’aide aux victimes de mouvements sectaires.

Un long convoi de voitures aux abords du parc des expositions de Douai. Des cars arrivent également de toute la région. Hommes, femmes et enfants endimanchés se pressent à l’entrée pour ne pas être en retard à l’assemblée. En tout, environ 9 000 Témoins de Jéhovah sont attendus tout le week-end.

Chantal et Guy sont venus tout spécialement de Calais avec des amis. « Nous allons suivre pendant trois jours les enseignements qui sont inscrits dans la Bible afin d’améliorer la condition de vie qu’il y a dans le monde », explique le couple qui s’est installé dans un camping tout proche. À quelques pas de là, sur le parking de Gayant Expo, Suzy, une jeune femme qui vit en région parisienne mais qui est originaire du Nord attend sa famille : « Ce rassemblement est l’occasion de réunir l’ensemble des Témoins de Jéhovah du district.  »

Peu loquaces


Mais la plupart des adeptes ne sont pas aussi loquaces lorsqu’il s’agit de parler de ces trois jours. « Il y a des frères spécialement mandatés pour parler à la presse », répond une famille.

Les Témoins de Jéhovah ont ainsi décidé de communiquer le moins possible autour de cette assemblée. Georges Derégnaucourt, leur responsable de communication régionale, fulmine : « On est harcelés. On est ulcérés par toutes les critiques que nous subissons. Nous voulons juste être en paix pour ce congrès annuel. » Une association lilloise entend cependant ne pas laisser tranquilles les Témoins de Jéhovah.

Charline Delporte, présidente de l’Association pour la défense des familles et de l’individu (ADFI) regrette que le maire de Douai, Jacques Vernier, n’ait pas refusé la présence de cette manifestation : «  Gayant Expo est une structure publique gérée par la communauté d’agglomération du Douaisis. Les politiques auraient pu voter et dire non. Pour moi, ce sont des gens complices. » Selon Charline Delporte, ces trois jours masquent des drames humains : «  Ces milliers de personnes vont subir pressions et bourrage de crâne. » Du côté des Témoins de Jéhovah, les membres réfutent ces accusations de conditionnement. « Durant le rassemblement, nous allons juste aider les gens à suivre le modèle du Christ à travers des discours, des démonstrations ou encore des entretiens », affirme Georges Derégnaucourt.
Ce à quoi la présidente de l’ADFI répond qu’il ne s’agit que d’une affaire commerciale : « Ils préfèrent faire un rassemblement dans des grands stades ou dans des parcs des expositions car ils veulent montrer à leurs adeptes qu’ils ont une honorabilité. »

Depuis plus de cinq ans, les Témoins de Jéhovah organisent régulièrement leur assemblée de district à Douai. La polémique n’est pas près de s’arrêter. 


Brésil : Moon

Près de 300 familles sans terre envahissent une propriété de la secte Moon

Cyberpresse, 30 juillet 2007 par Totoro

[Texte intégral]

Sao Paulo - AFP - Près de 300 familles de paysans sans terre ont occupé une propriété agricole appartenant au fondateur de la secte Moon, le révérend coréen Sun Myung Moon, a indiqué lundi à l'AFP la Confédération des travailleurs agricoles (Contag). La propriété Jamaica, appartenant au révérend Moon, qui dirige notamment l'Association mondiale des familles pour la paix, est située dans le Mato Grosso du sud (centre ouest).

Elle a été envahie par quelque 290 familles qui campaient sur les bords de route à proximité et qui attendent depuis deux ans que la justice confirme la décision du gouvernement de déclarer cette propriété non cultivée et de la remettre à des paysans sans terre, a expliqué le Contag.

La décision gouvernementale a été contestée en justice et les familles qui devaient bénéficier de la distribution des terres campent depuis 2005 dans l'attente d'un verdict.

«Après deux ans d'indécision, ils ont décidé d'occuper», a déclaré le porte-parole du Contag.

L'occupation devrait durer toute la semaine jusqu'à ce que la justice décide probablement de rendre les terres à leur propriétaire actuel, a-t-il ajouté.

Le révérend Moon a d'importants investissements en Amérique latine, en particulier en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay.



France : Laïcité

Alliot-Marie envisage une adaptation du statut des cultes

AFP, 31 juillet 2007

[Texte intégral]

PARIS - La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie envisage une adaptation du statut des cultes permettant d'assouplir leur fonctionnement, sans toutefois remettre en cause la loi de 1905 sur la laïcité,
a-t-on appris mardi au ministère de l'Intérieur.

Après avoir rencontré les principaux responsables des religions existant en France dans le cadre de discussions après le rapport de la commission Machelon, mise en place par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, Mme. Alliot-Marie vient d'adresser deux propositions au Premier ministre.

Il s'agira, pour la première, de "permettre l'établissement d'un flux financier" entre les associations cultuelles régies par la loi de 1905 et les associations relevant du régime de la loi de 1901, a-t-on indiqué de même source à l'AFP.

Actuellement, du fait que les associations cultuelles ne peuvent recevoir dons et legs qu'à la condition qu'ils soient "exclusivement consacrés à l'exercice du culte", elles ne peuvent en reverser tout ou partie à des
associations caritatives 1901.

Ainsi, une association diocésaine (1905) ne peut aider, par des dons, une association telle que le Secours catholique.

La proposition ministérielle vise donc à permettre à une association 1905 de donner une partie des dons des fidèles à une autre association 1901.

La seconde proposition concerne les cimetières. "Sans porter atteinte à la neutralité des cimetières publics, il pourrait être permis le regroupement de sépultures de personnes appartenant à la même religion", a-t-on indiqué.

La question des cimetières confessionnaux (privés) est plus délicate. Il en existe "une dizaine en France métropolitaine", dont un seul musulman (à Bobigny), les autres étant israélites.

S'il n'est "pas question d'en créer de nouveaux", dit-on Place Beauvau, il devrait être possible de les étendre, mais "on manque de réserves foncières".

Il est donc envisagé d'éventuelles "extension sans continuité territoriale" mais cela reviendrait à des créations.

Il s'agira de "trouver un consensus sur une appréciation constructive des textes", résume-t-on de même source, et la ministre va mettre en place un "groupe de travail technique pour la mise en oeuvre des propositions Machelon retenues".