Actualités sur les sectes en août 2003

Ecoovie (*) 01/08/2003 Squelettes ambulants
Scientologie Un tribunal bavarois interdit une tente de la scientologie à Munich
Témoins de Jéhovah Les témoins de Jéhovah prennent le Camp Nou pour la "gloire de Dieu"
Témoins de Jéhovah Qui sont les Témoins de Jéhovah ?
Raël Raël interdit de territoire en Corée du Sud
Témoins de Jéhovah Villepinte. 20 000 témoins de Jéhovah au parc des Expos
Eglise du Christ (*) 05/08/2003 Des parents témoignent
Témoins de Jéhovah Les orthodoxes ukrainiens dénoncent un congrès des témoins de Jéhovah
Actualités diverses Incarcéré pour torture sur une mineure pour lui donner le pouvoir de guérir
Scientologie Pas d'autorisation pour une école privée de Littau
Informations diverses En souvenir de Claire Chapollion
Actualités diverses Le grand silence du Vatican
Scientologie Un homme incarcéré pour torture: précision de l'église de scientologie
Témoins de Jéhovah Ukraine: clôture d'un Congrès mondial des témoins de Jéhovah KIEV10
Témoins de Jéhovah Ukraine: Congrès mondial des témoins de Jéhovah KIEV (Complément)
Informations diverses Pas de chaînes pour les groupes religieux
Sectes Les «nouvelles religions» recrutent sur le trottoir
Ordre du Temple Solaire (OTS) Suicides de l'OTS: corps de l'épouse et d'un fils de Jean Vuarnet exhumés
Raël (*) 15/08/03 La secte des clones invisibles
Scientologie Lobby intense et ouverture d'un « QG »
Scientologie La scientologie au pied du QG européen
Scientologie L'Eglise de Scientologie s'offre une vitrine au coeur de Bruxelles
Mandarom Difficultés financières pour la secte du Mandarom ?
Falungong Des adeptes de Falungong portent plainte en Belgique contre Jiang Zemin
Fraternité Blanche Universelle Lucienne avait mis sa mère «en léthargie» en février 2000
Falungong Selon Pékin, on vise à saboter les relations sino-belges
Eglise du Christ (*) 25/08/2003 Des menteurs ou des aveugles à l'Eglise du Christ de Paris ?
Actualités diverses Les Dix commandements ou comment semer la zizanie en Alabama
Un texte du Père Jacques Trouslard La médiation impossible
Scientologie La Scientologie vise l'Europe
Informations diverses Dérive d'un pasteur de l'Eglise de la foi apostolique
Témoins de Jéhovah Exposition sur la double persécution des Témoins de Jéhovah en Allemagne
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah peuvent faire du porte-à-porte à Blainville
Scientologie J'y ai perdu 5 ans de ma vie
Scientologie Le Conseil d'Etat donne raison à un scientologue
Cultes et sectes sataniques Ouverture d'un procès sur des meurtres d'enfants dans des rituels sataniques
Falungong Un membre des Falungong engage une procédure à l'O.N.U
Kabbalah (*) 31/08/2003 Contre les sectes

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web

 


Allemagne : Scientologie

Un tribunal bavarois interdit une tente de la scientologie à Munich

AFP, 1er août 2003

[Texte intégral]

MUNICH (Allemagne) - Le tribunal administratif de Munich, dans le sud de l'Allemagne, a interdit vendredi à l'Eglise de scientologie
d'installer une tente au centre de la capitale bavaroise, estimant que la ville n'était pas tenue de lui accorder ce droit.

Selon les juges, la ville est libre de décider si elle accorde ou non le droit d'ériger une tente ou un chapiteau à des organisateurs de manifestations à
caractère religieux. La municipalité l'avait refusé, ce que contestait ce mouvement.
Ce dernier ne pourrait pas même arguer de la liberté d'expression religieuse, car, même dans le cas de manifestations organisées par les Eglises
catholiques et protestante, la ville de Munich garde sa liberté d'appréciation, a encore estimé le tribunal.

Les scientologues souhaitaient monter une tente de huit mètres par huit, ce qui occuperait une place importante dans l'espace public, ont également précisé
les juges, qui examinaient l'affaire en appel, après un premier jugement favorable à l'Eglise de scientologie.


Espagne : Témoins de Jéhovah

Les témoins de Jéhovah prennent le Camp Nou pour la "gloire de Dieu"

AFP, 2 août 2003

[Texte intégral]

BARCELONE (Espagne)- Plus de 55.000 témoins de Jéhovah, la plupart endimanchés sous un soleil de plomb et venus du monde entier, ont remplacé samedi les supporteurs de football dans le stade du FC Barcelone, le Camp Nou, pour une de leurs assemblées internationales pendant laquelle plusieurs centaines de convertis ont été baptisés par immersion.

Deux autres rassemblements du même genre, dont le thème est cette année "rendez gloire à Dieu", ont eu lieu au stade Vicente Calderon de Madrid, avec quelque 40.000 témoins de Jéhovah et où quelque 400 personnes ont été baptisées, ainsi que sur le site de la Cartuja à Séville (Andalousie, sud). Sur la pelouse du Camp Nou, l'un des plus grands stades d'Espagne, deux piscines gonflables ont été installées. Les 431 témoins qui vont être baptisés sont en maillot de bain, et entrent dans l'eau par groupes de cinq. La cérémonie, qui a été précédée par le chant de cantiques, se déroule en silence, interrompue parfois par des applaudissements.

Presque tous vêtus de costumes et cravates malgré une chaleur étouffante, hommes mais aussi enfants suant à grosses gouttes suivent la cérémonie dans les tribunes. Les femmes, souvent coiffées de grands chapeaux pour éviter les insolations sont aussi impeccablement habillées. "Si la foi vient à bout des montagnes, elle viendra aussi à bout de la chaleur", affime Samuel, un fidèle péruvien, un des rares témoins à accepter de répondre aux journalistes.

A l'entrée du stade, d'aimables gardiens élégamment vêtus aussi empêchent à tout visiteur mal habillé de pénétrer dans l'enceinte. Les touristes ou supporteurs du FC Barcelone n'ont aujourd'hui pas le droit de cité. Les Témoins sont ensuite placés dans le stade selon leur langues pour qu'ils puissent écouter la traduction simultanée des orateurs qui prennent place sur une des six tribunes montées pour l'occasion.

De jeudi à dimanche, messes, conférences, discours et même une campagne contre l'alcoolisme se succéderont dans le stade qui pendant ces quatre jours devait accueillir plusieurs dizaines de milliers de témoins de Jéhovah. "Par ces temps de manque de foi, religieuse en Dieu, il peut paraitre étrange que des milliers de personnes se réunissent pendant quatre jours pour savoir comment utiliser leur vie pour louer Dieu. Quoiqu'il en soit," c'est la raison d'être des Témoins de Jéhovah ", estime Antonio Arcas, l'un des organisateurs des nuitées des Témoins venus de loin. "Cela va motiver les personnes venues pour vivre avec un comportement et un style de vie qui glorifient Dieu".

De juin à décembre, les Témoins de Jéhovah vont célébrer une trentaine d'assemblées internationales dans 14 pays différents.

Le mouvement, fondé aux Etats-Unis vers 1880 par Charles Russel, un dissident adventiste, affirme compter six millions de fidèles dans le monde. Ils se revendiquent du christianisme, une filiation qui leur est refusée par les confessions chrétiennes car ils ne croient pas en la divinité du Christ.


Espagne : Témoins de Jéhovah

Qui sont les Témoins de Jéhovah ?

AFP, 2 août 2003

[Texte intégral]

BARCELONE (Espagne) - Le mouvement des Témoins de Jéhovah, fondé aux Etats-Unis vers 1880 par Charles Russel, un dissident adventiste, qui tient en Espagne l'une de ses assemblées internationales annuelles, revendique deux millions de fidèles en Europe et près de six millions dans le monde.

La doctrine des Témoins de Jéhovah, qui affirment disposer de 100.000 membres en Espagne, est inspirée par un livre de la Bible, "L'Apocalypse", dont ils font une lecture littérale: Dans un monde livré au mal, le combat est engagé entre les troupes de Dieu (les Témoins) et celles de Satan. A la fin du monde (donnée comme proche) seuls les premiers seront sauvés.

Cette croyance explique leur prosélytisme: les Témoins consacrent de longues heures à vendre au porte-à-porte leurs revues et à gagner de nouveaux convertis. Ceux-ci sont baptisés par immersion lors de cérémonies collectives.

Les Témoins de Jéhovah se revendiquent du christianisme, une filiation qui leur est refusée par les confessions chrétiennes car ils ne croient pas en la divinité du Christ.

En raison de leur refus du service militaire, des milliers de jeunes ont été emprisonnés en France pour insoumission avant 1995. Dans l'Allemagne nazie, ils ont été internés en camps de concentration et beaucoup y sont morts. Ils sont interdits dans certains pays.

Les Témoins de Jéhovah considèrent que le sang a "un caractère sacré" et refusent les transfusions sanguines.

Cependant, le mouvement a créé une structure de médiation pour promouvoir des alternatives médicales, notamment l'auto-transfusion. Dans le cas des enfants, ils acceptent généralement que les médecins saisissent l'autorité judiciaire pour administrer une transfusion.

Les enfants sont associés très jeunes aux activités. Cependant, on ne les poussera au baptême qu'à l'adolescence. Ils fréquentent les écoles publiques, mais les Témoins ne fêtent ni Noël, ni les anniversaires.

La structure très hiérarchisée du mouvement, sa vision essentiellement négative du monde terrestre, son indifférence à la vie sociale (politique notamment), l'opprobre jeté sur les "apostats" expliquent que les Témoins de Jéhovah sont souvent considérés comme un mouvement sectaire.


Corée : Raël

Rael interdit de territoire en Corée du Sud

Nouvel Obs , 4 août 2003

[Texte intégral]

Claude Vorillon, gourou des raéliens, a été refoulé à l'aéroport d'Inchon alors qu'il arrivait pour participer à des conférences sur le clonage.

Le gourou français de la secte des raéliens, Claude Vorilhon alias Rael, s'est vu refusé samedi l'entrée du territoire sud-coréen après avoir été détenu pendant neuf heures par la police à l'aéroport international d'Inchon.

Rael avait atterri en début de matinée, sur un vol de la Korean Air en provenance de Toronto, et prévoyait de séjourner 17 jours dans le pays pour une série de conférences sur le clonage humain. Mais les autorités sud-coréennes ont estimé que sa présence sur leur sol pouvait "être dommageable à nos intérêts nationaux ou à l'ordre social".

Clonaid

La société Clonaid, basée à Las Vegas, dans l'Etat américain du Nevada, a été fondée en 1997 par la secte des raéliens, qui revendique 60.000 membres à travers le monde, dont 4.000 en Corée du Sud.

Les raéliens pensent que le clonage est la clé de la vie éternelle, la conscience humaine pouvant, selon eux, passer d'un corps à l'autre.
Ils croient également que la vie sur Terre a été initiée par des extra-terrestres qui ont débarqué il y a 25.000 ans dans des soucoupes volantes puis ont ensuite cloné des humains.

La justice sud-coréenne a lancé une enquête sur la filiale locale de Clonaid après que cette dernière eut affirmé que des femmes coréennes avaient participé à des expériences de clonage.

Dans un communiqué, la secte raélienne a déclaré que leur gourou ne s'occupait pas des activités de clonage au sein de Clonaid et que la décision de le refouler du territoire sud-coréen constituait une discrimination envers les minorités religieuses.



France : Témoins de Jéhovah

Villepinte. 20 000 témoins de Jéhovah au parc des Expos

Le Parisien 4 août 2003 par Vincent Mongaillard

[Texte intégral]

Dans leur jargon, ils appellent cela un «drame». Sur la scène montée dans le hall 6 du parc des Expositions à Villepinte, des témoins de Jéhovah rejouent l'épisode biblique de la lapidation d'Etienne.

Les croyants ont enfilé des costumes d'époque et se mettent dans la peau des apôtres Pierre et Jean. Ils font du playback. Une sono prêche la bonne parole à leur place. Impossible de photographier ces «comédiens» au risque, nous dit-on, de «perturber» le recueillement de l'assemblée. Un cadre de l'organisation puritaine l'interdit très poliment, ne quittant pas d'une semelle le journaliste qui oserait braver les consignes.

La salle est archicomble. Assis sur des chaises, environ 20 000 témoins de Jéhovah et sympathisants, en provenance de toute l'Ile-de-France, assistent à ce spectacle spirituel. Ceux qui sont trop loin de l'estrade se consolent en scrutant les écrans géants. De vendredi à hier soir, le mouvement, classé «secte apocalyptique et millénariste» dans les rapports parlementaires, mais qui s'est vu reconnaître en 2000 le statut d'association «cultuelle» par le conseil d'Etat, a ainsi tenu sa traditionnelle assemblée régionale d'été en Seine-Saint-Denis.

Sur le mur, une banderole géante «Rendez gloire à Dieu» donne le ton du congrès. Des «boîtes à offrandes» ont été dispersées sur le site. Samedi, lors d'une cérémonie collective, quatre-vingt-dix-neuf nouveaux convertis ont été baptisés par immersion dans une piscine gonflable. Ici, tout le monde est «frère» et «soeur». Il y a des femmes en tailleur, en sari ou en boubou. Des hommes en chemisette sombre ou bigarrée, avec des baskets ou des chaussures en cuir parfaitement cirées. Des garçons avec un noeud papillon et une bible dans la main ainsi que des filles avec des couettes. Beaucoup d'Antillais également et quelques nouveaux-nés. Le parking à poussettes est plein à craquer.
v «C'est une réunion très familiale», explique Jean-Claude, témoin de Jéhovah depuis une quarantaine d'années, «ministre du culte» dans «une salle du royaume» à Bagnolet, par ailleurs cadre au service juridique d'un établissement financier. «La bible est notre guide, notre livre de chevet pour s'améliorer. On espère pouvoir vivre sur terre, cette belle demeure, de façon paradisiaque», insiste Thierry, pratiquant actif aux Mureaux (Yvelines), salarié d'une caisse de retraite et père de trois enfants... convertis. Soudain, sur scène, un homme vêtu d'un élégant costume trois-pièces, un casque-micro sur la tête, se lance dans un discours sans fin. «Nous défendons la vérité avec douceur», lâche ce maître à penser originaire du Val-d'Oise. Une salve d'applaudissements avant que la foule, qui croit en la fin du monde, ne se mette à entonner le cantique n°92.



Ukraine : Témoins de Jéhovah

Les orthodoxes ukrainiens dénoncent un congrès des témoins de Jéhovah

AFP, 6 août 2003

[Texte intégral

KIEV - L'Eglise orthodoxe ukrainienne, sous la juridiction du Patriarcat de Moscou, a dénoncé mercredi la tenue à Kiev d'un Congrès mondial de quatre jours des témoins de Jéhovah, qui doit commencer jeudi et rassembler des milliers de fidèles, en qualifiant de "criminel" ce mouvement religieux.

En permettant aux témoins de Jéhovah d'"envahir" la capitale ukrainienne, "le Comité d'Etat ukrainien pour les religions vient en aide non seulement à des croyants mais à un groupe criminel mondial dont le but est de semer le désordre dans le pays et de faire de nos citoyens des êtres dociles et manipulables", estime l'Eglise orthodoxe ukrainienne dans un communiqué .

Les orthodoxes qualifient encore de "secte" ce groupe religieux qui s'appuie, selon eux, sur les "faiblesses psychologiques des gens", selon le communiqué.

Des dizaines de milliers de témoins de Jéhovah venant d'Ukraine, du Canada, des Etats-Unis, d'Allemagne, d'Italie ou des pays de l'ex-URSS, doivent se réunir jeudi au stade olympique de Kiev pour un congrès de quatre jours.

L'Ukraine, une ancienne république soviétique à majorité orthodoxe, compte une centaine de milliers de témoins de Jéhovah, selon des estimations.

Les témoins de Jéhovah, mouvement fondé aux Etats-Unis vers 1880 par Charles Russel, un dissident adventiste, affirment compter six millions de fidèles à travers le monde. Ils se revendiquent du christianisme, une filiation qui leur est refusée par les chrétiens car ils ne croient pas en la divinité du Christ.



France : Actualités diverses

Incarcéré pour torture sur une mineure pour lui donner le pouvoir de guérir

AFP, 7 août 2003

[Texte intégral]

 

EVRY - Un Congolais de 21 ans a été incarcéré mercredi soir après avoir été mis en examen pour "tortures et actes de barbarie" par un juge d'instruction d'Evry (Essonne) pour avoir brûlé une adolescente afin de lui transmettre le pouvoir de guérir, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Le jeune homme, par ailleurs adepte de l'église de scientologie, avait entraîné la jeune fille, âgée de 16 ans, et deux amis, mineurs également, tous originaires de Vigneux-sur-Seine sur un terrain de foot samedi dernier, selon une source proche de l'enquête.

Là, il a infligé des brûlures sérieuses à la jeune fille, la marquant aux bras et dans le dos avec des cigarettes incandescentes et aux mollets avec un couteau chauffé à blanc sous le prétexte de lui transmettre le pouvoir de guérir et d'influencer le cours de sa vie, selon la même source.

Le père de l'adolescente, décrite comme très fragile psychologiquement, a déposé plainte lundi. Le jeune homme et ses deux amis interpellés mardi ont été placés en garde à vue avant leur présentation au parquet mercredi. "La victime a une ITT (Interruption totale de travail) de quatre jours, ce qui semble peu au regard de ses brûlures qui n'ont rien de superficiel" a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP.

Les deux autres jeunes gens, qui comme la jeune victime semblent sous l'influence du jeune africain au charisme étonnant, n'ont pas participé à la séance de torture, a-t-on ajouté. Ne supportant plus les cris de douleur de la jeune fille, ils avaient quitté les lieux sans prévenir les secours. Ils ont été mis en examen pour "non assistance à personne en danger" et placés sous contrôle judiciaire.


Suisse : Scientologie

Pas d'autorisation pour une école privée de Littau

SWISSINFO, 7 août 2003

[Texte intégral]

BERNE - Même en mains privées, une école dont une des enseignantes principales fait partie de l'Eglise de scientologie ne bénéficie pas de la «crédibilité nécessaire», selon le canton de Lucerne. Celui-ci a refusé de rouvrir l'établissement sis à Littau.

L'école ne bénéficierait toujours pas de la «crédibilité» nécessaire, a indiqué jeudi le département lucernois de l'instruction publique pour justifier son refus d'octroyer une autorisation.

L'établissement a été fermé fin juillet sur décision des autorités cantonales, une décision confirmée par un jugement du Tribunal fédéral début mai. La directrice, adepte de la scientologie, avait démissionné de son poste, mais n'en restait pas moins enseignante principale.



France : Informations diverses

En souvenir de Claire Chapollion

BERLINER DIALOG 20, 1-2000 Trinitatis

hinten: Pfr. Freiherr von Streit, Prof. Stephen Kent, von links: Frl.Tanja Neujahr aus Hamburg im Gespräch mit Mag. theol. Helle Meldgaard (li.) - DCI-Aarhus, Prof. Claire Champollion aus Paris, Herr und Frau Respondek, Pfr. Gandow,
Frau Andrea Niroumand,
vorn rechts: Prof. Hartmut Zinser


E mail, 7 et 8 août 2003 - traduction Jean Nokin

[Texte intégral]

Message de Friedrich Griess

7 août 2003,

Chers amis,
Je reçois à l'instant le message suivant de Thomas Gandow,
Friedrich Griess (G.S.K. Autriche)

Traduction du message de Thomas Gandow - Allemagne

Notre amie, le professeur Claire Champollion est décédée la dernière semaine de juillet à Paris. Elle était entourée de sa famille. Elle était âgée de 83 ans.
Après que l'un de ses fils, Yves, fut recruté par le mouvement Moon en octobre 1974, elle fonda avec son mari le docteur Guy Champollion l'association ADFI à Rennes, enregistrée le 18 décembre 1974.
C'était la première association de parents en Europe. Elle couvrit bientôt tout le pays. Elle fut un modèle, tout spécialement pour l'association de parents de Bavière à Munich qui fut elle-même la première en Allemagne.
A ma connaissance, elle fut un des membres fondateurs de l'association munichoise avec le Pasteur Frederich-Wilhem Haack.
En tant que professeur d'allemand, langue qu'elle pratiquait donc couramment, elle était un lien entre les associations du monde francophone et du monde germanophone, spécialement l'Allemagne et l'Autriche.
Claire fut jusqu'à sa mort un membre de l'UNADFI, l'association française des associations de parents et elle a contribué à leur rebue " Bulles ".
Elle était également une amie du Centre International DIALOG et Du Centre DIALOG de Berlin.
Elle s'est même rendue à Moscou pour témoigner pour le professeur Alexander Dvorkin et l'Eglise orthodoxe russe lorsqu'ils furent attaqués par les sectes.
Elle avait une vue très claire des mouvements modernes totalitaires en tant que menace politique pour nos sociétés.
Sa sagesse, ses conseils maternels et ses critiques amicales ont toujours été d'un grand secours. Nous avons perdu une amie et un membre de notre comité.
Au nom du comité
Thomas Gandow

Traduction du message de Daphne VANE, F.A.I.R. - U.K.)

Le 8 août 2003,
Chers amis,

Je suis profondément attristée de recevoir cette triste nouvelle.
Claire était une personne exceptionnelle et une amie merveilleuse sur le plan personnel aussi bien que professionnel. Sa force intellectuelle et ses capacités linguistiques étaient de grande valeur.
Cela lui a permis de défier les ennemis de la liberté individuelle que posent les techniques des groupes sectaires et des groupes totalitaires.
Pendant plus de vingt ans, Claire a travaillé sans relâche en Europe et aux Etats-Unis pour faire comprendre la vraie nature des sectes.
Elle a aussi créé des sources d'aide et d'information pour les familles assiégées dont les jeunes filles ou fils avaient été pris au filet dans une secte.
Elle a donné des conférences, a écrit des articles, en a traduit beaucoup, a parlé à des politiciens, a donné des interviews et a fait aussi tellement d'autres choses : ceci pour la cause de l'instruction au sujet de la finalité des sectes.
Dans les années 1970, beaucoup de familles étaient devenues des victimes cachées du petit monde connu des sectes à l'époque et de l'influence nuisible de leurs pratiques sur les jeunes curieux et idéalistes.
Nous avons perdu une guide claire et experte.

Daphne Vane



Belgique : Actualités diverses

Le grand silence du Vatican

La dernière heure 8 août 2003

[Texte intégral]

Un document de 1962 recommandait le secret, lors des cas de pédophilie

WASHINGTON Un document confidentiel du Vatican datant d'il y a plus de quarante ans recommandait de garder le secret dans les cas de prêtres pédophiles ou auteurs d'agressions sexuelles, a rapporté mercredi la chaîne de télévision américaine CBS.

Cette politique, rédigée par le cardinal Alfredo Ottaviani, précisait que ceux qui parleraient de ces affaires seraient excommuniés.

Le document concerne le «pire des crimes»: «l'agression sexuelle commise par un prêtre» ou «la tentative d'agression à l'encontre de jeunes des deux sexes ou avec des animaux». Il appelle les évêques à enquêter sur ces cas «de la façon la plus secrète (...) tous (y compris la victime présumée) devant observer le secret le plus strict (...) sous peine d'excommunication».

Pour Larry Drivon, un avocat représentant des victimes de prêtres pédophiles, le texte représente une «garantie de mensonges». «C'est un manuel d'instruction sur comment mentir et protéger les pédophiles», estime-t-il.

Ce document servait de politique de base dans les églises catholiques aux Etats-Unis jusqu'à la rédaction l'an dernier d'un nouveau texte par les évêques américains. Au moins 400 prêtres ont été écartés de l'Eglise dans le cadre d'affaires d'abus sexuels depuis un an. L'archevêque espagnol Julian Herranz, président du Conseil chargé de superviser la législation de l'Eglise catholique, a déclaré pour sa part que ce document était à considérer comme «périmé».


France : Scientologie

Un homme incarcéré pour torture: précision de l'église de scientologie

AFP, 7 août 2003

[Texte intégral]

PARIS- L'église de scientologie affirme "être hors de cause"dans l'affaire d'un Congolais de 21 ans incarcéré mercredi après avoir été mis
en examen pour "tortures et actes de barbarie" par un juge d'instruction d'Evry (Essonne) pour avoir brûlé une adolescente afin de lui transmettre le pouvoir de guérir.

"L'église de Scientologie est hors de cause dans l'affaire de Vigneux-sur-Seine. La personne mise en cause n'est pas scientologue et n'a rien
à voir avec l'église de scientologie"
, affirme dans un communiqué vendredi Mme Agnès Bron, responsable des relations avec la presse.
Une source policière avait indiqué mercredi que le jeune homme était "par ailleurs adepte de l'église de Scientologie".



Russie : Témoins de Jéhovah

Ukraine: clôture d'un Congrès mondial des témoins de Jéhovah KIEV

AFP, 10 août 2003

[Texte intégral

KIEV - Les témoins de Jéhovah ont clôturé dimanche un Congrès mondial de quatre jours en Ukraine, le plus important jamais organisé dans un pays de l'ex-URSS, avec la participation de plus de 80.000 adeptes venus d'Europe, d'Amérique, et des pays ex-soviétiques, selon les organisateurs. "C'est le plus grand Congrès jamais organisé dans un pays de l'ex-URSS", a estimé Roman Iourkevitch, représentant des témoins de Jéhovah en Ukraine.

Plus de 72.000 personnes venues notamment du Canada, des Etats-Unis, d'Italie, de Moldavie, de Russie, du Bélarus et bien sûr d'Ukraine (plus de 60.000) se sont réunies pendant quatre jours au stade olympique de Kiev alors que des milliers d'autres adeptes se rassemblaient à Lviv (ouest), Simféropol (sud), Kharkiv et Donetsk (est), selon les organisateurs.

Ce Congrès a notamment donné lieu "à des conférences sur la Bible, l'éducation religieuse et sociale des enfants, la lutte contre l'alcoolisme et l'avortement", a expliqué M. Iourkevitch.

Ce Congrès a cependant suscité de vives protestations de la part de l'Eglise orthodoxe ukrainienne, sous juridiction du Patriarcat de Moscou, majoritaire en Ukraine, qui a qualifié ce mouvement religieux de "secte" et de "groupe criminel" cherchant à manipuler les gens.

Les témoins de Jéhovah doivent organiser cette année 29 assemblées à travers le monde.

Avant l'Ukraine, ils étaient 120.000 à s'être réunis en Espagne à la fin juillet. Les témoins de Jéhovah, mouvement fondé aux Etats-Unis vers 1880, affirment compter six millions de fidèles à travers le monde. Ils disent appartenir au christianisme, une filiation qui leur est refusée par les chrétiens car ils ne croient pas en la divinité du Christ.

(Complément de cet article ci après)



Russie : Témoins de Jéhovah

Ukraine: Congrès mondial des témoins de Jéhovah KIEV (Complément)

AFP, 10 août 2003

[Texte intégral

KIEV- Des dizaines de milliers de témoins de Jéhovah venus d'Europe, d'Amérique ou de l'ex-URSS clôturent dimanche en Ukraine un Congrès de quatre jours d'une ampleur inégalée dans un pays ex-soviétique, sous l'oeil critique des chrétiens orthodoxes qui disent redouter l'expansion des "sectes". Plus de 72.000 personnes venues notamment du Canada, des Etats-Unis, d'Italie, de Moldavie, de Russie, du Bélarus et bien sûr d'Ukraine (plus de 60.000) se sont réunies pendant quatre jours au stade olympique de Kiev alors que des milliers d'autres adeptes se rassemblaient à Lviv (ouest), Simféropol (sud), Kharkiv et Donetsk (est), selon les organisateurs.

"C'est le plus grand Congrès jamais organisé dans un pays de l'ex-URSS", a estimé Roman Iourkevitch, représentant des témoins de Jéhovah en Ukraine. L'Ukraine a été le premier pays de l'ex-URSS à reconnaître les témoins de Jéhovah en février 1991 et avait déjà accueilli en 1993 un Congrès mondial de ce mouvement religieux qui avait alors rassemblé 64.000 personnes.

A la chute de l'URSS en 1991, "les témoins de Jéhovah étaient 27.000 en Ukraine. Nous sommes aujourd'hui 126.000 et notre église ne cesse de croître avec, ces dernières années, quelque 10.000 baptêmes par an", dit-il. Ces chiffres ont été confirmés à l'AFP par le Comité d'Etat ukrainien pour les affaires religieuses.

Les témoins de Jéhovah sont présents depuis plus d'un siècle sur le sol ukrainien. Le fondateur de ce mouvement religieux, l'Américain Charles Russel, avait visité en 1891 la ville ukrainienne d'Odessa (sud) avant de revenir 20 ans plus tard à Lviv (ouest). Avant le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, l'Ukraine comptait un millier de témoins de Jéhovah persécutés par les autorités soviétiques à l'égal de tous les croyants dans une URSS où la "seule religion acceptée était celle du Parti communiste", rappelle M. Iourkevitch. "Nous n'avons aujourd'hui aucun problème avec les autorités ukrainiennes. Quant aux confessions, notamment les orthodoxes, qui dénoncent notre présence, elles sont mal informées sur nos activités", soutient-il.

L'Eglise orthodoxe ukrainienne, sous la juridiction du Patriarcat de Moscou, avait violemment dénoncé l'organisation de ce Congrès mondial en qualifiant les témoins de Jéhovah de "secte" et de "groupe criminel" cherchant à "semer le désordre dans le pays et à faire de nos citoyens des êtres dociles et manipulables". Les chrétiens orthodoxes incriminent les autorités ukrainiennes alors que des sectes en tout genre se répandent en Ukraine depuis son indépendance. "Les missionnaires venus d'ailleurs, bien éduqués et riches, trouvent un terrain fertile auprès d'une population naïve, qui n'a reçu aucune éducation religieuse et qui se cherche toujours des repères après la chute de l'URSS", estime pour sa part le père Ievstrati, un responsable du Patriarcat de Kiev, qui s'est séparé de celui de Moscou après l'indépendance de l'Ukraine.

"Nous vivons dans un pays où, j'en suis heureux, règne la liberté de conscience, et nous n'avons pas voulu nous opposer à ce congrès. Mais nous disons à nos concitoyens de se méfier de ces marchands de paradis", ajoute-t-il.

Les témoins de Jéhovah doivent organiser cette année 29 assemblées à travers le monde. Avant l'Ukraine, ils étaient 120.000 à s'être réunis en Espagne à la fin juillet. Les témoins de Jéhovah, mouvement fondé aux Etats-Unis vers 1880, affirment compter six millions de fidèles à travers le monde. Ils disent appartenir au christianisme, une filiation qui leur est refusée par les chrétiens car ils ne croient pas en la divinité du Christ.



Angleterre : Actualités diverses

Pas de chaînes pour les groupes religieux

Libération 12 août 2003 par Catherine Poirier

[Texte intégral]

Une clause de la nouvelle loi a été rejetée par la Chambre des lords. Elle aurait autorisé que des groupes religieux (Eglise et autres «regroupements») puissent devenir propriétaires de chaînes de télévision et de radios. En Grande-Bretagne, de nombreuses sectes ont pignon sur rue, et retirent des finances considérables de leurs activités : elles auraient ainsi pu devenir des petits Murdoch en puissance... Les lords en ont décidé autrement.


Suisse : Sectes

Les «nouvelles religions» recrutent sur le trottoir

La Tribune de Genève, 13 août 2003 par Marc Lalive d'Epinay

[Texte intégral]

Scientologues, mormons, témoins de Jéhovah, raéliens. Chaque année à pareille époque, ces mouvements, plus sectaires que religieux, lâchent leurs ouailles dans une course effrénée au prosélytisme. La distribution de tracts ou de revues, l’invitation à effectuer un test de personnalité ou a participer à une réunion, font partie de leurs armes de propagande favorites. Il y a quelques années, les Scientologues avaient même lancé une campagne d’affichage publicitaire qui avait suscité passablement de réactions.
A Genève, contrairement à l’idée reçue, le prosélytisme n’est pas formellement interdit sur la voie publique. "Le droit genevois ne limite pas l’utilisation du domaine public pour la propagation d’idées religieuses, explique Bernard Gut, secrétaire général du Département de justice, police et sécurité (DJPS). Mais tout usage accru du domaine public est soumis à autorisation de la commune concernée, ainsi que du DJPS. L’usage du domaine public à des fins de prosélytisme par des groupements spirituels ou religieux, correspond donc à un usage accru. Dès lors, il est soumis à autorisation." Le DJPS examine alors la demande sous l’angle de la tranquillité et de l’ordre public. "Si la liberté religieuse et plus généralement la liberté d’opinion sont protégées, les idées ou autres concepts véhiculés sur le domaine public doivent être conformes à l’ordre public."

Sectes, religions et prosélytisme

Cet été, le Festival de Montreux a été particulièrement prisé par les raéliens et les scientologues, qui ont tenu conseil sur les quais de la Riviera, profitant du nombre important de festivaliers pour distiller leurs vérités. Ce qui ne fut évidemment pas du goût des organisateurs du Montreux Jazz. Le Paléo festival de Nyon, lui, a interdit depuis trois ans la présence sur ces terres de mouvements comme les raéliens ou les adeptes de Krishna, très actifs au camping du Paléo.

De ce côté-ci du lac, la plaine de Plainpalais est un terrain propice pour dispenser la bonne parole. A tel point que chaque été les scientologues y dressent pendant quelques jours un grand chapiteau jaune. De l’intérieur, les adeptes du mouvement américain n’hésitent pas à héler avec insistance les passants. La scientologie s’y présente comme une religion, alors qu’elle s’apparente plus volontiers à une vaste entreprise commerciale.

Quant aux raéliens, qui considèrent que les hommes ont été "créés scientifiquement" (clonés) par des extraterrestres, ils organisent régulièrement des happenings en pleine rue pour tenter de susciter l’intérêt. Fêtes, conférences et stages sont proposées aux badauds.

Les témoins de Jéhovah, eux, seraient un peu plus de 1000 sur le canton. Ils sont connus pour leur propension à user et abuser du porte-à-porte. Ils distribuent régulièrement dans la rue, ou dans les boîtes aux lettres, leurs nombreuses publications, comme les bimensuels La tour de garde et Réveillez-vous. Ces dernières semaines, ils sont particulièrement présents aux abords de la gare.

D’ailleurs, au mois de juillet, 16 000 jéhoviens s’étaient donnés rendez-vous à Genève pour leur réunion internationale annuelle. Si durant ces quatre jours, leur grande messe s’est tenue à Palexpo, le soir, les jéhoviens descendaient en ville. Affichant ostensiblement leur appartenance religieuse à l’aide d’un badge sur la poitrine indiquant "Rendez gloire à Dieu". Selon le mouvement des témoins de Jéhovah, l’humanité vit "d’importants bouleversements économiques et politiques, ainsi qu’une grande insécurité". Les membres de cette Eglise sont vivement encouragés à aller annoncer "la bonne parole". Chaque mois, ils doivent remettre à leurs supérieurs des comptes détaillés sur leurs activités d’évangélisation.

Les mormons ou Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours compteraient en Suisse 7000 membres. Aussi connus que les témoins de Jéhovah, ils arpentent sans relâche les rues du canton. Toujours par deux, la chemise blanche immaculée et impeccablement repassée, les cheveux parfaitement peignés, ce sont de jeunes célibataires qui accomplissent, à leur frais, une "mission d’évangélisation" de dix-hui à vingt-quatre mois. Très affables, ils vous proposent de vous joindre à une de leur réunion ou à un culte. Ils proposent également des cours d’anglais gratuit.

Plus discrète, l’Eglise universelle du royaume de Dieu compte peu d’adeptes à Genève. Les membres de cette Eglise distribuent de temps à autre des tracts, frappés de leur symbole - un oiseau blanc pris dans un cœur rouge - qui appellent à se joindre à leur culte. Ce mouvement pentecôtiste brésilien est considéré comme une véritable "multinationale de la foi". Au Brésil, ces adeptes sont estimés à plus de 3 millions, pour près de 3000 temples. Cette organisation, puissante et influente au Brésil et dans d’autres pays d’Amérique latine, possède un véritable empire médiatique, qui comprend notamment TV Record, la deuxième chaîne de télévision du pays.

"Une forme de séduction"

"La religion fait partie de la sphère privée, explique Danièle Muller, présidente de l’Association suisse de défense des familles et de l’individu (ASDFI). Personne n’a le droit, ou ne devrait avoir le droit d’imposer sa croyance à son voisin, et de dire moi, je détiens La vérité. Cela s’apparente à du totalitarisme intellectuel." Pour autant, Danièle Muller n’est pas pour une interdiction du prosélytisme qui pourrait être perçu comme trop coercitive et engendrer des réactions contraires au but recherché. "Au lieu d’interdire, je pense qu’il est bien plus utile d’informer les gens sur la manière de fonctionner de ces mouvements. En fin de compte, le prosélytisme, c’est une forme de séduction, une manière trompeuse d’attirer les gens."


France : Ordre du temple Solaire (OTS)

Suicides de l'OTS: corps de l'épouse et d'un fils de Jean Vuarnet exhumés

AFP, 13 août 2003

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GRENOBLE - Les corps de l'épouse et d'un des fils de l'ex-champion de ski Jean Vuarnet, qui ont péri en décembre 1995 dans le massif du Vercors (Isère), lors d'un suicide collectif présumé de l'Ordre du Temple solaire (OTS), ont été exhumés à la demande de la famille afin de procéder à de nouvelles expertises privées, selon son avocat.

La nouvelle annoncée, mercredi, à France-Inter a été confirmée par maître Alain Leclerc, du barreau de Paris, alors que le procès en appel doit s'ouvrir lieu le 22 septembre à Grenoble.

Les corps d'Edith et Patrick Vuarnet, retrouvés morts le 23 décembre 1995 avec 15 adeptes dans une forêt, ont été exhumés le 4 juillet à Morzine afin de "déterminer (la nature des) agents combustibles qui ont carbonisé les corps des victimes dans la nuit du 16 décembre 1995", a précisé l'avocat. Les résultats des analyses devraient être connus en septembre.

Peu avant le premier procès en correctionnelle en 2001, un expert de Dijon, Gilbert Lavoué, mandaté par la famille Vuarnet, avait déjà procédé à des analyses. Elles avaient montré que la terre prélevée sur le lieu du bûcher contenait des doses élevées de phosphore. Les parties civiles estiment que le maniement difficile de ce produit implique une présence extérieure au groupe et confirme la thèse de l'assassinat.

Le tribunal correctionnel n'a pas retenu ce scénario. Il a entériné les conclusion de l'enquête, selon laquelle quinze des dix-sept membres du groupe, qui avaient absorbé des calmants, ont été abattus par balles par les deux derniers, qui ont finalement retourné l'arme contre eux, après avoir aspergé les corps d'un liquide inflammable et allumé le feu.

Le 25 juin 2001, le chef d'orchestre franco-suisse Michel Tabachnik, seul poursuivi dans le procès de l'OTS pour "participation à une association de malfaiteurs" avait été relaxé au "bénéfice du doute".

Soixante-quatorze membres de l'OTS ont trouvé la mort dans des tueries ou suicides collectifs présumés en Suisse, au Canada et en France de 1994 à 1997.

Le dossier pénal sera entièrement rejugé par la cour d'appel, le parquet ayant fait appel en même temps que les parties civiles.


Belgique : Scientologie

Lobby intense et ouverture d'un « QG »

Le Soir, 18 août 2003 par Hugues Dorzée

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L'Eglise de scientologie ouvrira à la mi-septembre un nouveau bureau consacré aux droits de l'homme dans un immeuble situé à deux pas des institutions européennes à Bruxelles, ont indiqué des responsables du mouvement religieux controversé, classé comme secte par le Parlement belge.

Des scientologues rue de la Loi

L'Eglise de scientologie est de retour en Belgique. Le 17 septembre prochain, la secte fondée en 1911 par Ron Hubbard procédera à l'inauguration officielle de son « Ambassade européenne pour les affaires publiques et les droits humains ». Lieu choisi : 91, rue de la Loi. Au pied de la Commission européenne. A deux pas du siège social du CD&V, le parti démocrate-chrétien flamand. Son objectif ? Stimuler le dialogue concernant les droits humains et la réformation sociale d'une façon transparente et constructive (sic).

Lors de cette inauguration en grande pompe, les scientologues annoncent la présence de politiciens, d'universitaires, d'autorités de l'Europe et du monde entier. Les « politiciens belges » ont d'ailleurs reçu un courrier les invitant à visiter, chaque jour ouvrable, de 9 à 21 h, ce nouveau « QG » des scientologues…

Le mouvement « RésistanceS », qui lutte depuis 1996 contre le racisme, l'intégrisme religieux et les mouvements sectaires, s'inquiète de cette nouvelle et rappelle que ces groupes antidémocratiques agissent au grand jour en direction de la population afin d'y recruter de nouveaux adeptes qui seront par la suite véritablement lobotomisés. (voir l'article ci-dessous)

L'Église de scientologie (de 6 à 10 millions d'adeptes à travers le monde ; de 6.000 à 7.000 en Belgique) se définit comme une « philosophie religieuse appliquée ». Son registre : la « dianétique ». Sa spécialité : le prosélytisme à tous crins. Ce puissant lobby durablement installé aux Etats-Unis a été la cible de plusieurs affaires judiciaires…

Dès lors, les responsables de RésistanceS invitent les responsables politiques belges et européens à être vigilants sur les activités de l'Eglise de scientologie et à contrecarrer judiciairement, fiscalement et pénalement les agissements illégaux des sectes. « Le Soir » a tenté - en vain - d'obtenir une réaction des scientologues belges et européens.·


Belgique : Scientologie

La scientologie au pied du QG européen

L'article de RésistanceS, reçu le 14 août 2003

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Sectes : un autre danger !
Exclusivité de RésistanceS

 

La rédaction de RésistanceS vous informe en exclusivité, avec des photos à l’appui, et bien avant le reste de la presse belge et européenne, que la Scientologie, une organisation reconnue comme secte par plusieurs gouvernements, s’apprête à ouvrir son quartier général pour l’Europe au cœur de la capitale européenne. Exactement : rue de la loi, entre le Parlement et la Commission européenne et le siège du gouvernement fédéral belge… Voici une enquête de RésistanceS sur l’assaut sectaire contre les institutions européennes et belges.

Non contente d’avoir déjà un repaire dans la commune bruxelloise d’Uccle, la Scientologie vient d’acquérir un nouveau bâtiment, rue de la Loi (au numéro 91). Si une adresse à Uccle donne une image de respectabilité, ce rapprochement géographique avec les institutions européennes n’est pas non plus le fruit du hasard. C’est une position idéale pour accueillir de nouveaux membres mais surtout pour effectuer un travail de pression auprès des décideurs politiques. La Fraternité Saint-Pie X (mouvement intégriste catholique dissident du Vatican) ne s’y est pas trompée puisqu’elle s’est installée, en novembre 2001, dans une église toute proche.

Façade du quartier général de la Scientologie, au n°91 de la rue de la Loi, au cœur du quartier européen de Bruxelles. Photos : Alexandre Vick – Résistances

Public cible : les fonctionnaires européens
Il y a une dizaine d’années, les grandes sectes, telle la Scientologie ou celle des Témoins de Jéhovah,… jouissaient d’un certain succès auprès d’une poignée de fonctionnaires européens. Ces derniers constituaient une excellente cible puisqu’ils étaient déracinés, éloignés de leur famille et qu’ils disposaient de temps et d’argent pour trouver réponse à leurs « grandes questions existentielles ». Les convictions religieuses ou spirituelles d’un fonctionnaire européen ne peuvent être un critère discriminatoire à l’embauche. La « liberté de religion » prédomine et il n’y eut pas de plainte pour prosélytisme. Les opérations de prosélytisme des sectes se développèrent donc sans aucun problème.

Cependant, ces dernières années, elles semblent être en net recul auprès de ce public. Même si la Scientologie continue à cibler les cadres et hauts dirigeants, la poule aux oeufs d’or s’est tarie. L’information circule mieux, les attaques des médias ou des rapports parlementaires (dont celui de 1997 en Belgique) ont éveillé une vigilance plus accrue. Mais cet esprit critique est mis en veilleuse lorsqu’il s’agit de se faire soigner par certaines « nouvelles médecines » ou de suivre des séminaires sur le « bien-être », le développement spirituel ou autre conférence organisée par un charlatan et payée rubis sur l’ongle. L’escroquerie est donc plus discrète mais néanmoins présente, même si elle ne bénéficie plus aux sectes.

Qu’à cela ne tienne, le monde est vaste et les grands mouvements sectaires se sont tournés vers d’autres recrues, principalement dans les pays de l’Est. Le manque d’information et le désir de spiritualité, après des années sans liberté de religion, ont été un terreau fertile. Mais la donne a lentement changé à l’Est aussi. Aujourd’hui, l’information et les critiques sur les sectes y sont diffusées. Résultat : la méfiance grandit à l’égard des nouveaux mouvements dits religieux.

Extrême droite et sectes : des techniques identiques
Tous ces membres glanés à l’Est et à l’Ouest ont rempli généreusement la bourse de ces grandes « multinationales spirituelles ». Et il en faut, de l’argent, pour acheter un bâtiment rue de la Loi… comme viennent de le faire les scientologues. Elles ont pu se refaire une santé et se lancer dans un grand travail de lobbying et de communication. Sites sur Internet, documentation chatoyante, présence et pression lors des débats : toute la panoplie des grands groupes de pression est déployée. La stratégie est la même que celle exercée par l’extrême droite puisqu’il s’agit de se redorer le blason, de se donner des allures de respectabilité en attaquant systématiquement tout article « discriminatoire », mais aussi en faisant pression. Le Parlement européen, le Conseil de l’Europe et le Comité droits de l’homme, démocratie et questions humanitaires du Parlement de l’OSCE sont des cénacles où les questions de liberté de pensée, de conscience et de religion sont débattues.

Elles sont aussi le lieu ou les petites fourmis travailleuses des sectes tentent de s’infiltrer. On sait que l’Eglise catholique a pesé de tout son poids lors des travaux de la Convention chargée de rédiger le projet de future constitution européenne. On peut imaginer que les sectes travaillent aussi, mais en coulisses et donc plus discrètement. Elles sont parfois soutenues très diplomatiquement par des institutions officielles ou étatiques, comme les Etats-Unis qui déploient leur aile protectrice au-dessus des Mormons, des Témoins de Jéhovah ou des scientologues. Mais, le pouvoir n’est pas seulement politique, il est aussi économique. La Scientologie s’infiltre donc dans les grandes compagnies, en offrant aux cadres des « formations » ou des tests de développement de la personnalité… une vision très particulière et dangereuse de la gestion des ressources humaines.

En plein dans le quartier européen de Bruxelles, l’Eglise de la Fraternité Saint-Pie X, un groupe politico-religieux intégriste de la droite chrétienne dissidente du Vatican, à quelques mètres du nouveau siège de la Scientologie. Photo : Alexandre Vick – Résistances

Des dangers pour nos libertés
Ces libertés que nous défendons ne doivent en aucun cas servir à justifier l’impunité d’activités illégales ou criminelles des sectes. Comme le rappelle le rapport de 2001 du Parlement européen sur la situation des droits de l’homme dans l’Union européenne, les Etats membres sont invités à être vigilant sur les activités des groupes sectaires et à contrecarrer judiciairement, fiscalement et pénalement les agissements illégaux de certaines sectes. Le devoir d’information et de sensibilisation des organismes indépendants spécialisés dans la défense des droits de l’homme y est également souligné, tout comme la nécessité d’inscrire dans les libertés celle de ne plus adhérer à une religion ou philosophie et le droit de quitter une communauté.

Nous ne pouvons que nous inquiéter de ce tournant pris par les mouvements sectaires, qui passés maîtres dans l’art de la manipulation, s’exercent aujourd’hui plus que jamais à détourner à leur profit auprès de décideurs ces valeurs qui nous sont chères.

Klara Cizall
Bruxelles – RésistanceS - 14 août 2003

Plus d’informations sur ce sujet :

Sur le site RésistanceS :Sur la scientologie
Pour toute information sur les mouvements sectaires :
Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) : 02-504 .91.66. Site Internet : www.ciaosn.be

Contact et information sur les groupes sectaires : 02-219.87.66
Association de défense des familles et des individus : 02-767.54.21


Belgique : Scientologie

L'Eglise de Scientologie s'offre une vitrine au coeur de Bruxelles

AFP , le 18 août 2003

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BRUXELLES - L'Eglise de scientologie ouvrira à la mi-septembre un nouveau bureau "consacré aux droits de l'homme" dans un immeuble situé à deux pas des institutions européennes à Bruxelles, ont indiqué lundi des responsables du mouvement religieux controversé né aux Etats-Unis.

En 1997, le parlement belge avait classé l'Eglise de scientologie dans la liste des sectes, la qualifiant de "nuisible" et "dangereuse".
Mais pour Marc Bromberg, l'un de ses responsables en Europe, le but de ce nouveau bureau est de "présenter, sous la forme d'une exposition permanente, les activités de l'Eglise de scientologie en matière de réhabilitation des toxicomanes et des criminels, de lutte contre l'illettrisme et contre le déclin général de la moralité".
"Nous voulons aussi montrer nos actions pour la défense des droits de l'homme, dont la dénonciation des abus psychiatriques, ainsi que ce nous faisons pour la liberté d'expression et la liberté religieuse", a affirmé à l'AFP un autre responsable, Martin Weightman.

Le bâtiment, un bel immeuble de deux étages récemment rénové qui sera officiellement inauguré le 17 septembre, a été notamment choisi pour sa proximité avec le Parlement européen, selon M. Weightman.

Lundi, plusieurs journaux belges se sont émus de cette nouvelle vitrine de la scientologie dans la "capitale de l'Europe".
Le quotidien La Libre Belgique rappelle notamment que "neuf membres de la secte" ont été inculpés en Belgique pour "appartenance à une organisation criminelle, escroquerie et, pour une d'entre elle, exercice illégal de la médecine".

En mars dernier, le Comité des ministres du Conseil de l'Europe, basé à Strasbourg, avait pour sa part exprimé sa préoccupation face à une campagne de promotion de l'Eglise de scientologie menée par certains élus au sein de l'institution paneuropéenne.

Le Comité des ministres réagissait à une recommandation adoptée l'an passé par l'Assemblée parlementaire sur le "diagnostic et le traitement des enfants hyperactifs en Europe", et dont plusieurs points "sont dangereusement proches de certaines théories bien connues que l'Eglise de scientologie prône depuis un certain temps".


France : Le Mandarom

Difficultés financières pour la secte du Mandarom ?

Kompas, 18 août 2003 par Pierre Thébault

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CASTELLANE (Alpes-de-Haute-Provence) (Reuters) - La secte du Mandarom, installée près de Castellane, dans les Alpes-de-Haute-Provence, connaît des difficultés financières et a mis en vente plusieurs dizaines d'hectares de terrains lui appartenant, affirme l'un de ses plus farouches adversaires.

"Acculés par les dettes, le fisc, les hypothèques et autres déboires financiers, les héritiers de feu Gilbert Bourdin, le messie cosmoplanétaire, sont en manque de liquidités", a déclaré à Reuters Robert Ferrato, président de l'Association pour la protection et la défense des sites du Verdon.

Selon lui, plusieurs parcelles achetées par le "messie" à son arrivée à Castellane il y a trente ans ont été mises en vente.

Une vente qui est toutefois démentie par Christine Amory, héritière spirituelle de Gilbert Bourdin, décédé en mars 1998. "Encore une rumeur qui vise à nous nuire et nous persécuter", dit-elle. "Elle vient sans doute du fisc et du fait que des hypothèques ont été prises par l'Etat sur notre domaine. C'est justement un combat que nous menons contre eux en ce moment."

Mais Robert Ferrato, infatigable procédurier à l'origine il y a deux ans du spectaculaire dynamitage de la statue du gourou, n'en démord pas: les derniers disciples de la secte se lancent dans l'immobilier pour se renflouer.

"A mon avis, pour eux c'est le début de la fin", dit-il. "Au plus fort du mois d'août il ne sont plus là-haut qu'une trentaine de fidèles, c'est le désert et le signe qu'ils vont bientôt mettre la clef sous la porte."


"MINUTE, PAPILLON !"

Une analyse que ne partage nullement Christine Amory. "Le Mandarom fait partie du paysage, tout le monde s'y est habitué, s'il était mis en vente, cela provoquerait un tollé chez les dizaines de milliers de fidèles qui nous soutiennent", affirme-t-elle. "Nous payons nos impôts depuis trente ans, nous sommes parfaitement en règle. Ce que nous contestons, c'est que l'Etat veuille nous imposer à 60% sur les dons que nous recevons."

Lorsqu'il était au mieux de sa forme, Gilbert Bourdin, l'autoproclamé "christ cosmique", passait des nuits entières à chasser les "lémuriens", envahisseurs venus selon lui de planètes ennemies et porteurs d'ondes maléfiques.

Ce qu'il n'avait probablement pas envisagé, c'est qu'un jour ses héritiers seraient mis en échec par un minuscule papillon, un lépidoptère rare et protégé du nom de Parnassius Appolo.

Après le dynamitage de la statue du gourou le 6 septembre 2001, la secte a déposé une demande de permis de construire en vue de l'édification d'un temple pyramidal destiné à accueillir le retour sur terre du messie lors de sa réincarnation.

Hélas pour les adeptes, ce permis a été refusé cet été par la préfecture, la DDE et la mairie de Castellane car sur le site de la pyramide projetée vit le Parnassius Appolo, espèce de papillon en voie de disparition et ultra-protégée.

"On ne plaisante pas avec la survie de petites bêtes menacées comme celles-ci", dit dans un sourire Robert Ferrato. "C'est un excellent motif de refus qui a empêché une nouvelle tentative d'extension de ce Disneyland scandaleux."


Belgique : Falungong

Des adeptes de Falungong portent plainte en Belgique contre Jiang Zemin

AFP , le 20 août 2003

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BRUXELLES - Six adeptes du mouvement d'inspiration bouddhiste Falungong ont déposé mercredi à Bruxelles une plainte pour crimes contre l'humanité contre l'homme fort du régime chinois Jiang Zemin, qui pourrait susciter de nouveaux embarras diplomatiques pour la Belgique.

Jiang Zemin, ancien chef de l'Etat qui reste chef des armées, est accusé par les plaignants d'avoir, à partir de juin 1999, "mis en place et dirigé un plan visant à éliminer la pratique du Falungong en Chine". Ce plan a "conduit à des meurtres et assassinats, des disparitions et des actes de torture à l'encontre de milliers de personnes", indique la plainte d'une trentaine de pages pour "crimes contre l'humanité, génocide et torture" déposée devant le procureur fédéral belge.

Li Lanqing, le directeur du "bureau 610", que l'avocat des plaignants, Me Georges-Henri Beauthier, a comparé à la "Gestapo" nazie, et son vice-directeur, Luo Gan, sont également visés par cette action.

La plainte déposée mercredi est la première à se fonder sur la nouvelle loi belge, entrée en vigueur début août, qui remplace la loi dite de "compétence universelle" au nom de laquelle une trentaine de plaintes avaient été déposées à Bruxelles contre des dirigeants étrangers. Ces plaintes, qui visaient notamment le président américain George W. Bush et le Premier ministre israélien Ariel Sharon, étaient soutenues par plusieurs associations de défense des droits de l'homme. Elles avaient en revanche engendré de virulentes critiques de la part des Etats-Unis et d'Israël, au point de menacer le statut international de la capitale belge. En juin, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld avait évoqué l'hypothèse d'un déménagement du siège bruxellois de l'Otan. La plupart de ces plaintes avaient finalement été rejetées et la loi controversée abrogée. Désormais, des poursuites en Belgique ne sont possibles que lorsque l'affaire a un "lien de rattachement" avec le royaume.

L'action contre Jiang Zemin est "juridiquement fondée", notamment parce que l'un des plaignants, Matthias Slaats, un informaticien de 31 ans, est de nationalité belge, a assuré mercredi Me Beauthier. Selon ce dernier, le procureur fédéral devrait se prononcer sur la recevabilité de la plainte avant la mi-septembre. Adepte de Falungong depuis trois ans, M. Slaats dit avoir été "rudoyé" alors qu'il tentait de manifester sur la place Tien An Men en février 2002, avant d'être expulsé du pays. Les cinq autres plaignants sont des Chinois ou des personnes d'origine chinoise qui résident en Belgique, en Australie, en Irlande et aux Etats-Unis.

L'une d'entre elles, Zhizhen Dai (40 ans), accuse les autorités chinoises d'avoir arrêté et tué son mari en 2001 dans le cadre de leur campagne contre le Falungong. Mère d'une fille de trois ans, elle vit aujourd'hui à Sydney et avait fait spécialement le déplacement de Bruxelles. "Ces tueries doivent cesser", a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux, à l'AFP.

L'ambassade de Chine en Belgique n'a pas immédiatement réagi mercredi au dépôt de la plainte. Un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères a quant à lui souligné que cette affaire dépendait à ce stade uniquement du pouvoir judiciaire.

Les Falungong présentent leur mouvement comme une pratique spirituelle améliorant le bien-être physique et mental par des exercices de méditation. Selon eux, plus de 1.600 adeptes ont été torturés ou battus à mort en Chine, plus de 500 ont été condamnés à des peines de plus de vingt ans de prison, plus de mille sont internés dans des hôpitaux psychiatriques et plus de 25.000 dans des camps de travail. Plus de 100.000 autres seraient détenus sans jugement.


France : Fraternité Blanche Universelle

Lucienne avait mis sa mère «en léthargie» en février 2000

Libération, 20 août 2003 par Catherine Bernard

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Lucienne avait mis sa mère «en léthargie» en février 2000, afin de «la faire rajeunir». Et jure ne s'être aperçue de rien.

En février 2000, «en contact avec un guide céleste», elle a plongé sa mère dans un profond sommeil par des gestes d'imposition des mains. Et cessé de lui donner à manger et à boire. Narbonne envoyée spéciale


Les draps soigneusement bordés ne dépassaient qu'une boîte crânienne et deux dents. La chambre était plongée dans le noir, les volets toujours clos, calfeutrée par des boudins en tissu. Lucienne Lafuente, 62 ans, locataire du trois pièces où les policiers de Narbonne ont retrouvé le squelette d'une vieille dame le 11 août, a expliqué qu'elle avait voulu mettre sa mère en «léthargie pour la faire rajeunir». En février 2 000, «en contact avec un guide céleste», elle a plongé sa mère dans un profond sommeil par des gestes d'imposition des mains. Cessé de lui donner à manger et à boire. Au dixième jour, elle ne lui a plus trouvé le pouls. Le «guide» lui aurait fait savoir qu'elle n'avait plus à faire d'acte sur la vieille dame parce qu'elle était en «léthargie céleste». «Je n'ai jamais cru qu'elle était morte. J'espérais la faire revivre», a maintenu Lucienne au cours de sa garde à vue. Incarcérée à la maison d'arrêt de Perpignan, elle a été mise en examen pour «délaissement d'une personne hors d'état de se protéger, recel de cadavre et escroquerie».

Visite. Au début du mois de juillet, étonnés de ne pas recevoir de feuilles de soins de leur adhérente de 93 ans , les services sociaux de la Mutualité sociale agricole ont alerté le département. Le 2 juillet dernier une assistance sociale s'est présentée au domicile des dames Lafuente, une maison du centre-ville de Narbonne divisée en très modestes appartements. L'assistante sociale n'a pas pu voir Jeanne Lafuente. «Elle est fatiguée, elle se repose», a dit Lucienne, qui vivait là depuis 1998. L'assistante sociale a fait envoyer un médecin qui n'a pas pu davantage voir la vieille dame. Les services sociaux ont transmis le dossier au procureur de la République. Lucienne s'est réfugiée, avec son chien, chez un couple d'amis, commerçants à Narbonne. Au lendemain de la perquisition des policiers, elle s'est présentée au commissariat.

Au 53, rue Félix-Aldy, les voisins de Lucienne ont du mal à croire que cette femme aux cheveux blonds et bouclés, bien arrangée, «posée», «attentive aux autres», ait pu tuer sa mère et cacher si longtemps sa mort. Ils entraient parfois chez elle prendre un jus de fruit ou un café. Lucienne s'enquérait des études de Sabrina, l'une de ses jeunes voisines, de sa mère, de sa soeur, de son frère : «On voyait qu'elle avait besoin de parler, mais elle ne parlait jamais d'elle.» Un jour qu'ils lui avaient demandé comment allait sa vieille mère, arrivée en fauteuil roulant dans l'immeuble, Lucienne avait répondu qu'elle allait vivre chez sa soeur. «Ce serait mieux pour elle.» Depuis, les voisins la croyaient partie. Ils avaient bien senti, de temps à autre, des odeurs nauséabondes. Ils les avaient mises sur le compte des égouts ou de la station d'épuration, pas très loin de là.

Les voisins croyaient Lucienne à la retraite. Elle recevait souvent des femmes, toutes blondes, et un couple. La rumeur a couru que Lucienne pouvait être lesbienne, mais c'était son affaire. Tôt le matin, elle promenait son chien. «C'était vraiment une femme super, zen», répète Sabrina.

«Déesse». Dans l'appartement, les policiers ont retrouvé des cartons de livres ésotériques. En cherchant un peu dans son proche passé, ils ont appris que Lucienne était «très versée dans la numérologie et les horoscopes», dont elle tirait ici et là au black quelques revenus. Pour le petit groupe - baptisé «Alliage» - qui se réunissait régulièrement avec elle, elle était «la Déesse». C'était le surnom qu'on lui donnait. L'expérience de rajeunissement qu'elle conduisait auprès de sa mère était au coeur des discussions. La soeur cadette de Lucienne faisait partie du petit groupe. Aux policiers elle a affirmé ignorer le décès de sa mère, fâchée avec elle depuis vingt ans, elle ne prenait pas de ses nouvelles. Placée en garde à vue, elle a été relâchée, comme le couple qui a hébergé Lucienne.

Secte. Lucienne Lafuente fréquentait aussi la Fraternité blanche universelle (FBU), une secte répertoriée dans le rapport parlementaire de 1996. La doctrine de cette secte, qui compte près de 2 000 adeptes en France, dont un centre à Montpellier et un petit groupe à Narbonne, est proche de celle de l'Ordre du temple solaire, pratiquant le culte du soleil. L'un de ses membres, auteur d'ouvrages vendus au Centre fraternel à Montpellier, tend à démontrer dans l'un d'eux que la pratique d'un régime alimentaire épuré et amoindri doit conduire celui qui le respecte à pratiquement substituer le feu aux nourritures terrestres. Lucienne elle-même jeûnait régulièrement.

Au cours de ces trois années, Lucienne, qui avait la procuration de sa mère et gérait son argent, a continué à prendre le train pour Carcassonne, afin de toucher la pension de Jeanne, 760 euros mensuels. C'est, parmi d'autres, ce point matériel qui titille les policiers.

Lucienne a fini par avouer qu'elle aurait pris conscience du décès de sa mère le 2 juillet. Ce jour-là, après le passage de l'assistante sociale, elle aurait ouvert la porte de la chambre pour la première fois et compris que Jeanne n'était pas en léthargie, mais bien morte. Prenant alors conscience de son acte, elle se serait réfugiée chez ses amis commerçants. Les policiers ont du mal à croire qu'elle n'ait pas, bien plus tôt, poussé la porte.



Belgique : Falungong

Selon Pékin, on vise à saboter les relations sino-belges

La Libre Belgique, le 21 août 2003

[Texte intégral]

L’ambassade de Chine en Belgique a dénoncé jeudi la plainte pour crime contre l’humanité déposée la veille à Bruxelles par des adeptes du Falungong contre l’homme fort du régime chinois, Jiang Zemin, estimant qu’elle vise à «saboter les relations sino-belges».

Jiang Zemin, ancien chef de l’Etat qui reste chef des armées, est accusé par six adeptes de ce mouvement d’inspiration bouddhiste d’avoir «dirigé un plan visant à éliminer la pratique du Falungong en Chine» ayant «conduit à des meurtres et assassinats, des disparitions et des actes de torture à l’encontre de milliers de personnes».

«Le Falungong est une secte anti-humaine et anti-sociale» dont plus de 1.700 membres se sont suicidés ou ont péri en refusant de se faire soigner en cas de maladie», a affirmé pour sa part l’ambassade de Chine à Bruxelles dans un communiqué reçu jeudi. «C’est justement pour mieux protéger les droits de l’Homme de la population que le gouvernement chinois a interdit Falungong et appliqué une politique de persuation et d’éducation vis-à-vis de la grande majorité de ses membres», a indiqué l’ambassade.

«Que ce genre de secte tente aujourd’hui de porter plainte au nom des droits de l’homme est une ironie absolue. Son but réel est de perturber et saboter le bon développement des relations sino-belges et de noircir l’image de la Chine sur la scène internationale». «Les tentatives de Falungong sont vouées à l’échec», assure le texte, estimant l’«accusation de persécution» portée contre le régime chinois «infondée».

Un porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères avait indiqué mercredi que cette affaire dépendait à ce stade uniquement du pouvoir judiciaire belge, qui devrait se prononcer sur la recevabilité de la plainte vers la mi-septembre.

Les Falungong présentent leur mouvement comme une pratique spirituelle améliorant le bien-être physique et mental par des exercices de méditation. Selon eux, plus de 1.600 adeptes ont été torturés ou battus à mort en Chine et plusieurs dizaines milliers détenus illégalement depuis l’interdiction du mouvement en 1999.

La plainte déposée mercredi, qui vise également deux autres hauts responsables chinois, est la première à se fonder sur la nouvelle loi belge qui remplace la loi dite de «compétence universelle» au nom de laquelle une trentaine de plaintes avaient été déposées contre des dirigeants étrangers.

Selon l’avocat ayant déposé la plainte, l’action contre Jiang Zemin est «juridiquement fondée», notamment parce que l’un des plaignants est de nationalité belge.



Etats-Unis : Actualités diverses

Les Dix commandements ou comment semer la zizanie en Alabama

AFP, 23 août 2003 par Donna Francavilla

[Texte intégral]

MONTGOMERY (Etats-Unis) - Une stèle des 10 Commandements, installée illégalement dans une cour de justice par un juge obstiné, sème la zizanie dans le sud profond américain, mettant aux prises partisans de la stricte séparation de l'Eglise et de l'Etat à des groupes de chrétiens dévots. "Je ne renierai jamais le Seigneur dont dépendent nos lois et notre pays", a clamé, devant les médias, le juge Roy Moore.

Il y a deux ans, il avait fait installer secrètement et en pleine nuit le monument - d'un poids de 2.395 kg pour une hauteur de 1,2 mètre - dans l'entrée du bâtiment de la Cour suprême de l'Alabama qu'il préside.

Le juge, qui avait été élu à son poste en 2000, a été suspendu vendredi soir par la Cour de l'Alabama, qui a fait remarquer que Roy Moore avait "manqué au respect de l'indépendance et de l'intégrité du judiciaire". Plus tôt vendredi, comme les jours précédents, des groupes de croyants fervents, portant des bibles et venus d'Atlanta et d'autres contrées du Sud du pays, se sont relayés à Montgomery, capitale de l'Etat, pour prier et chanter autour de la stèle. Parmi eux, des vétérans, un ancien proviseur, des pasteurs et des associations religieuses.

La veille, entouré de 400 fidèles, le juge avait souligné son refus de démonter le monument, en dépit d'un jugement en novembre en ce sens d'un tribunal fédéral, saisi par plusieurs associations de droits civiques réclamant que soit respectée la séparation constitutionnelle des Eglises et de l'Etat.

Ce jugement avait mis en demeure Roy Moore de faire démonter le monument - connu localement sous l'appellation de "rocher de Roy" - avant 00H00 le 22 août 2003, sous peine d'une astreinte de 5.000 dollars par jour. Le tribunal, "qui s'est mis hors-la-loi et au-dessus de Dieu", selon Roy Moore, avait alors estimé que la présence de la stèle représentait une "manifestation religieuse permanente et inopportune". Emmenée par son chef, la Cour suprême de l'Alabama s'était tournée vers la Cour suprême des Etats-Unis, mais son appel avait été rejeté.

Profitant des vacances de leur président, ses collègues de la Cour suprême de l'Alabama avaient demandé récemment aux services techniques du bâtiment le démontage du monument controversé. En attendant, ils avaient aussi décidé de le recouvrir d'une bâche.

Peine perdue. Mis au courant, le juge Moore a aussitôt interrompu ses congés et regagné précipitamment Montgomery. "La lutte pour défendre notre droit constitutionnel à reconnaître notre Dieu doit se poursuivre et se poursuivra", a déclaré Roy Moore, qui a exprimé sa "déception" face à l'attitude de ses collègues et promis de saisir à nouveau la Cour suprême des Etats-Unis du litige.

A la demande d'un groupe défendant les droits civiques, une commission judiciaire de l'Etat devait dire si Roy Moore a violé le principe de séparation de l'Eglise et de l'Etat. L'affaire "est maintenant devenue l'histoire numéro un en Amérique", souligne le révérend Patrick Mahoney, de l'association Christian Defense Coalition. "Le monument est toujours là et c'est une victoire", se félicite-t-il.


France : Sectes

La médiation impossible

Un texte du Père Jacques Trouslard* , 27 août 2003

« Les sectes sont une drogue psychique et un viol psychique.
Seule la Justice peut délivrer les victimes innocentes et condamner les coupables. »

Il est souvent reproché aux familles et aux associations qui prennent la défense des victimes des sectes de ne pas s’engager dans un processus de médiation avec les sectes pour résoudre les conflits par le dialogue et non par voie judiciaire.

Lors d’un procès, il est courant que l’avocat de la secte demande au Président du Tribunal ou de la Cour de questionner le prévenu pour savoir si celui-ci a pris le soin, avant que d’attaquer la secte à partir de rumeurs diffamatoires, de discuter avec l’adepte, de rencontrer les responsables de la secte. Habile astuce de plaidoirie pour dénoncer la mauvaise foi du prévenu.

L’expérience prouve que le dialogue, la concertation avec l’adepte est impossible. Privé de liberté, l’adepte affirmera haut et clair, qu’il est entièrement libre, qu’il est entré librement dans le groupe, et qu’il peut en sortir librement, que c’est sa famille ou ses proches, qui portent atteinte à sa liberté d’appartenance à son groupe. Et au cas où la secte serait assignée en Justice, il sera prêt à venir défendre envers et contre tout le responsable et les membres de la secte. Pour défendre sa secte, il n’hésitera pas à contrefaire la vérité.

Ce comportement s’explique parfaitement en analysant le processus de la manipulation mentale spécifique pratiquée dans une secte. Spécifique, parce qu’elle est sectorielle, ce qui veut dire qu’elle ne touche qu’un secteur de la vie, à savoir que l’adepte perd ses capacités de réflexion, de discernement et de décision, son esprit critique et son libre arbitre, uniquement en ce qui concerne les théories et les pratiques de la secte. Pour le reste de sa vie, professionnelle, familiale, il peut être absolument normal. C’est ce qui explique le comportement de l’adepte lorsqu’il est traduit devant la justice ou le psychiatre, auprès desquels il fera preuve de ses qualités intellectuelles ou humaines.

En 1984, dans Les Sectes, son premier opuscule sur le sujet, Roger Ikor, le fondateur du Centre Contre les Manipulations mentales, écrivait : « Comment libérer un jeune déjà subjugué par la secte ? Subjugué, cela veut dire que la secte a étouffé son esprit critique et qu’il n’est plus psychologiquement en état de choisir… Pour se rendre compte de sa situation, l’adepte doit déjà y avoir échappé ; esclave, il se croit libre, il ne peut constater son asservissement que s’il a recouvré sa liberté. En fait, aucun argument n’a de prise sur lui, à proportion même de sa sincérité et de son fanatisme sectaire ; toute discussion est vaine». (p. 53)

Quant à la médiation avec la secte, elle est parfaitement impossible. On reproche souvent aux associations improprement appelées anti-sectes de «ne pas chercher à établir un dialogue avec les groupements qu’ils désignent sous le nom de «sectes». Le sens commun veut que deux parties en conflit soient réunies pour trouver ensemble la solution à leur problème».

Le sens commun est bien obligé de reconnaître qu’il est des cas où il est impossible que les deux parties en conflit puissent se rencontrer pour trouver ensemble la solution à leur problème. C’est vraisemblablement la raison pour laquelle chaque Etat établit une autorité judiciaire libre et indépendante, chargée de déterminer et de préserver les droits des parties.

Il tombe sous le sens que des parents dont l’enfant se drogue n’obtiendront aucun résultat en discutant avec leur dealer. De même que des parents dont l’enfant est pris dans un réseau de prostitution, ne parviendront pas à une solution en discutant avec les proxénètes. Il en va de même pour les sectes, qui sont une drogue psychique et un viol psychique. Aucune médiation n’est possible. Seule la Justice peut délivrer les victimes innocentes et condamner les coupables.

Tous les gourous ont bien conscience de cette impossibilité de concertation avec l’adepte ou de médiation avec la secte. Expert en la matière, décrivant à la perfection ce qu’il connaissait pour le pratiquer à grande échelle depuis des années, le fondateur de la secte de Saint-Erme a écrit d’ailleurs ceci au sujet des adeptes : «Ces gens sont comme prisonniers d’une cage de verre, étanche et transparente : de l’extérieur, ils ont l’air d’être comme tout le monde, mais quand on leur parle, notre voix ne leur parvient pas (…) Avec eux, il devient rapidement impossible de dialoguer. Aucun argument venu du dehors n’a de prise, car leur mémoire et leur réflexion critique sont pétrifiées. Bien au contraire, toute tentative de discussion sera prise pour une manœuvre et provoquera un renforcement hérissé de la cohésion» (in Alors survient la maladie, p.51)

C’est justement parce qu’ils connaissent cette impossibilité de communication et de médiation avec les adeptes et avec les sectes, que les gourous, dans leur campagne médiatique d’intoxication, proposent que les « deux parties en conflit soient réunies pour trouver ensemble la solution à leur problème».

Reprocher de ne pas « s’engager dans un processus démocratique et de résolution des conflits» est donc, tout simplement, recourir à un argument ad hominem, fallacieux et vicieux.(1)

Il y a cinquante-cinq ans, en 1948, Albert Camus déclarait :"Je n'essayerai pas de modifier rien de ce que je pense ni rien de ce que vous pensez (pour autant que je puisse en juger) afin d'obtenir une conciliation qui nous serait agréable à tous. Au contraire, ce que j'ai envie de vous dire aujourd'hui, c'est que le monde a besoin de vrai dialogue, que le contraire du dialogue est aussi bien le mensonge que le silence, et qu'il n'y a donc pas de dialogue possible qu'entre des gens qui restent ce qu'ils sont et qui parlent vrai"

(1) Texte inédit mis en ligne le 15 mai 2003 sur Psychothérapie vigilance.

* Le Père Jacques Trouslard est prêtre «incardiné» au diocèse de Soissons. Il a abandonné son poste de Vicaire Général pour se consacrer exclusivement au combat contre les sectes depuis vingt ans. Il est chevalier de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du Mérite en reconnaissance d’une vie de combat pour les droits de l’homme. courriel: association diocésaine@wanadoo.fr


Belgique : Scientologie

La Scientologie vise l'Europe

Le Soir , le 18 août 2003 reportage par Hugues Dorzée

[Texte intégral]

Secte - « La Belgique vit quinze ans en arrière », estime le directeur du bureau installé 91, rue de la Loi

Les disciples de Ron Hubbard aiment d'évidence le luxe : leur bureau européen officiellement inauguré le 17 septembre prochain est une somptueuse demeure de trois étages installée au 91, rue de la Loi, au cœur du quartier européen. Nous y sommes bien, merci !, sourit son directeur, Fabio Amicarelli, de l'Église de scientologie internationale. Le lieu est blanc immaculé, aseptisé à souhait et structuré en « salles » thématiques : Ici, prévient d'entrée de jeu le responsable, on ne dispense pas les services religieux. Cette « ambassade des droits de l'homme » se veut un lieu de dialogue ouvert et transparent.

Dix permanents y travaillent à temps plein. Tout le monde y est le bienvenu, insiste Fabio Amicarelli, à condition que cela se fasse dans un respect mutuel. Photos, symboles, panneaux didactiques, slogans, la mise en scène est soignée. Et les scientologues de prouver, de la cave au grenier, qu'ils sont dignes de crédibilité, que l'image de « secte » n'est décidément pas faite pour eux : Nous sommes un groupe religieux officiellement reconnu partout dans le monde, défend mordicus notre interlocuteur.

Pour « preuve » : les dizaines de diplômes, lettres officielles et autres photos protocolaires (USA, Suède, Nouvelle-Zélande...) étalées sur les murs. Regardez, poursuit notre hôte, voici des études universitaires d'Oxford, Rome ou Paris qui montrent clairement que nous sommes une religion à part entière.

Les policiers mexicains, Bill Clinton, un « éminent » sociologue de Paris II... Les références ne manquent pas.

L'Église de scientologie (de 8 à 10 millions d'adeptes à travers le monde) joue sans conteste la carte « sociale », « œcuménique » et « droit-de-l'hommiste ». Un volcan en éruption à Goma ? L'attentat du 11 septembre ? Une catastrophe naturelle en Hongrie ? Nos ministres volontaires donnent un maximum de leur temps et de leur énergie, insiste fièrement leur responsable.

Ses chevaux de bataille sont désormais connus : le « salut des âmes », la lutte contre les drogues (ce fléau de notre siècle), la réhabilitation des criminels... Nous devons remplir le vide moral de notre société, soutient notre guide. La salle « Droits de l'homme » s'en prend violemment à la psychiatrie, cette « médecine du diable ». L'étage consacré à Hubbard, le père fondateur, est un panégyrique en bonne et due forme. Et, au détour des publications disponibles, on rappelle que tous les hommes ont le droit inaliénable à leur santé mentale...

Le 17 septembre, ce bureau européen ouvrira ses portes. Il y aura du monde, assure Fabio Amicarelli. Combien ? Qui ? Impossible de savoir. Le choix de Bruxelles n'est pas innocent : l'Église de scientologie ne s'en cache pas, elle veut faire connaître son action dans la capitale de l'Europe. Du lobbying ? Si on veut. Mais qu'y a-t-il de répréhensible là derrière ? Le rapport parlementaire belge (1997) évoquant une secte « nuisible » ? Nous respectons la loi belge et le gouvernement. Mais nous affirmons que la Belgique vit 15 ans en arrière. La Scientologie n'est pas celle qu'on dit. Les méthodes prosélytes contestées ? Le financement de l'organisation ? Des rumeurs, des préjugés, assure Amicarelli. L'inculpation de huit personnes et d'une ASBL proches de l'Église belge de scientologie ? Nous nous rangeons derrière le secret de l'instruction.

Ce somptueux bureau européen servira d'espace de conférences et de rencontres : Nous y inviterons des personnalités de tous bords pour parler de nos actions en faveur des droits de l'homme, prévient le directeur. Nous y développerons nos programmes sociaux : drogues, analphabétisme, réhabilitation des criminels... La porte restera « toujours ouverte ». Y compris pour la presse, à condition qu'elle fasse l'effort de venir nous voir. Une question de crédibilité, encore et toujours, au 91, rue de la Loi.·


Etats-Unis : Informations diverses

Dérive d'un pasteur de l'Eglise de la foi apostolique

AFP , le 27 août 2003

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MILWAUKEE (Etats-Unis) - Un pasteur de Milwaukee (Wisconsin, nord) risque dix ans de prison pour la mort d'un enfant autiste de huit ans mort pendant un exorcisme, ont annoncé les procureurs qui l'ont inculpé mardi.

Ray Hemphill, 45 ans, aurait présidé une cérémonie de prière organisée dans une église pour débarrasser un enfant de ses "démons".

Pendant que le garçon, Terrance Cottrell, était maintenu à terre par sa mère, Pat Cooper, et plusieurs autres femmes, Ray Hemphill était agenouillé à côté de lui en disant des prières. L'enfant se débattant, le pasteur, pesant quelque 71 kg, s'était agenouillé puis allongé sur lui pour le maîtriser, restant juché sur lui pendant environ une heure, selon ses propres déclarations. Quand le pasteur, épuisé et transpirant, s'est relevé, les quatre adultes présents se sont rendu compte que le garçon ne respirait plus. Il avait bleui et s'était souillé, a raconté la mère à la police.

Le médecin légiste a conclu que la pression exercée sur la poitrine l'avait privé d'oxygène, causant sa mort.

Ray Hemphill, avait été ordonné pasteur par son propre frère dans une secte protestante, l'Eglise de la foi apostolique, sans avoir reçu de formation théologique, selon l'une des femmes présentes durant le drame. Il avait décidé de consacrer toutes ses vacances à exorciser le garçon, a précisé cette femme, Tamara Tolefree. "Vendredi, c'était la dernière fois qu'on avait prévu ce genre de prière", a-t-elle ajouté.



Allemagne : Témoins de Jéhovah

Exposition sur la double persécution des Témoins de Jéhovah en Allemagne

AFP, 27 août 2003

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BERLIN - Les Témoins de Jéhovah ont été persécutés aussi bien par les nazis que par le régime communiste de l'ex-RDA, comme en témoigne une exposition inaugurée mercredi à Berlin.

Celle-ci "montre la double histoire de persécution des Témoins de Jéhovah dans ces deux dictatures allemandes", a expliqué Marianne Birthler, chargée de mission pour les archives de la Stasi, l'ancienne police secrète est-allemande, qui parraine l'événement.

Selon Mme Birthler, près de 6.000 Témoins de Jéhovah ont été déportés dans des prisons et camps de concentration nazis. "Un sur trois environ n'a pas survécu aux tortures. Plus de 250 ont été exécutés".

A l'époque de la RDA (1949-1990), les Témoins de Jéhovah, qui n'étaient pas reconnus par le régime, étaient espionnés, et parfois réprimés et emprisonnés. Ces fidèles ont "longtemps compté parmi les victimes oubliées de ces dictatures", a affirmé Werner Rudtke, vice-président de la communauté, qui compte actuellement quelque 210.000 membres.

Les Témoins de Jéhovah, mouvement fondé aux Etats-Unis vers 1880, affirment compter six millions de fidèles à travers le monde. Ils disent appartenir au christianisme, une filiation qui leur est refusée par les chrétiens car ils ne croient pas en la divinité du Christ. Leur doctrine est inspirée par un livre de la Bible, "L'Apocalypse", dont ils font une lecture littérale: dans un monde livré au mal, le combat est engagé entre les troupes de Dieu (les Témoins) et celles de Satan. A la fin du monde (donnée comme proche) seuls les premiers seront sauvés.



Canada : Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah peuvent faire du porte-à-porte à Blainville

Cyber presse, 28 août 2003 et par Sophie Allard (La Presse)

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Le réglement de la ville est jugé discriminatoire par la Cour d'appel - Les Témoins de Jéhovah peuvent faire du porte-à-porte à Blainville

Les Témoins de Jéhovah pourront désormais frapper à la porte des Blainvillois l'esprit tranquille. La Cour d'appel a rejeté, hier, l'appel de la municipalité, dont le règlement sur le porte-à-porte est, dans le cas présent, jugé comme «une sérieuse atteinte à la liberté religieuse».

Selon des mesures ajoutées en 1996 au règlement municipal de Blainville sur la sollicitation- jusque-là destiné aux commerces uniquement-, les Témoins de Jéhovah devaient se procurer un permis au coût de 100 $ qui les autorisait à faire de la sollicitation aux domiciles deux mois par année, de 9h à 19h30, les jours de semaine uniquement.

«Dans une société libre et démocratique, il n'appartient pas au conseil municipal de jouer au Big Brother en décidant qui le citoyen peut recevoir chez lui le soir et la fin de semaine! Enlever au citoyen la possibilité de participer au marché des idées équivaut à nier sa capacité d'autodétermination, principe sur lequel repose pourtant la légitimité des structures démocratiques», écrit le juge Pierre Dalphond.

À l'instar de la Cour supérieure, la Cour d'appel déclare le règlement sur le porte-à-porte inopérant à l'égard des intimés. Malgré l'objectif de Blainville de «voir à la quiétude des citoyens», la municipalité porte atteinte «à la liberté religieuse des Témoins et à la liberté d'expression des résidants de Blainville». Atteintes considérées «nettement disproportionnées par rapport au dérangement qui peut résulter d'une visite des Témoins une fin de semaine à tous les quatre mois», indique le jugement.


Belgique : Scientologie

J'y ai perdu 5 ans de ma vie

Le Soir , le 28 août 2003 par Jean-Pierre Borloo

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L'Église belge de scientologie fait l'objet d'une plainte à Bruxelles (lire ci-contre). A l'origine de cette affaire judiciaire, qui avance lentement, mais sûrement, la plainte d'une victime.

Pour la circonstance, elle a bien voulu nous raconter le calvaire vécu dans cette secte pendant plus de cinq ans. Un témoignage qui n'est qu'un témoignage, mais qui vient de quelqu'un qui ose dénoncer des faits précis.

Comment cette histoire a-t-elle commencé ?

Je suis entrée dans une librairie, à la Toison d'Or, à Bruxelles et j'ai vu un bouquin sur la dianétique. Je l'ai lu ; c'était intéressant. A la fin, il y avait un test de personnalité. Je l'ai réussi. Lors d'un contact avec l'Église de scientologie, on m'a fait croire que j'avais besoin de la dianétique, qu'il serait bon de suivre une formation pour aider les autres. On m'a dit que ça coûterait de petites sommes, et, finalement, ce sont des centaines de milliers de francs qui sont partis en fumée.

Comment s'est passé votre parcours dans la secte ?

Il y a un parcours obligé. On vous dit qu'il faut suivre un traitement, semblable à ce que l'on propose pour les drogués, qui sert à vous réhabiliter. On vous dit que vous avez été intoxiqué par les médicaments, par des vaccins... Ils imposent des séances de sauna, la prise de vitamines, etc. Cela se passait à Bruxelles, dans leurs locaux de la rue de l'Écuyer, au sous-sol. Cela ne me réussissait pas ; je ne me sentais pas en forme, patraque.

Votre entourage, comment a-t-il réagi ?

Au départ, mon mari s'est montré compréhensif. Puis il a vu que mon engagement devenait excessif. A l'Église, on l'a de suite qualifié de personne suppressive et on m'a conseillé de m'en séparer. Je ne l'ai pas fait et j'ai essayé de trouver une solution. Nous avions un enfant ensemble. Nous sommes allés devant le juge de paix.

En plusieurs années, vous aviez progressé dans l'organisation ?

Oui, j'étais arrivée au niveau au-dessous du Clair, OT3. J'avais passé divers échelons d'étude, ce qui m'a coûté fort cher.

Avec le recul, comment voyez-vous cet engagement ?

Ils sont très puissants ! Ils ont une force de persuasion phénoménale. Ils font venir des gens des Etats-Unis, d'Angleterre pour vous embrigader. Ils ont une manière astucieuse de présenter leurs textes. Ils font mine de ne rien imposer, mais tout est sujet à sa propre interprétation. Donc chacun s'y retrouve et y voit sa propre réalité. On vous présente la scientologie comme quelque chose qui vous apportera des satisfactions professionnelles et personnelles. De plus, on rappelle que Travolta ou Tom Cruise font partie de la Scientologie... Ça renforce la crédibilité de leur message. C'est comme ça que de nombreuses personnes ont perdu des fortunes. J'ai connu le cas d'une femme qui avait plusieurs enfants. Elle a dû vendre sa maison pour payer les auditions. Le lendemain, elle s'est retrouvée au CPAS... avec ses enfants à nourrir.

Et vous, qu'avez-vous laissé ?

Quand j'ai exprimé l'envie de prendre mes distances, ils sont venus jusqu'à ma maison pour réclamer de l'argent. Ils acceptaient tout : du cash, des chèques, des virements. Ils disaient qu'il était normal de donner tous ses biens à l'Église de scientologie. Pour preuve, ils citaient en comparaison les religieuses qui entrent au couvent et qui renoncent à tout. Ils disaient qu'il fallait penser à sauver la société par la scientologie. Tout était à reconstruire.

Pour ma part, j'y ai laissé plus de 700.000 F (17.352 euros). Ce qu'ils recherchent, ce sont des fourmis qui travaillent et qui rapportent à la Scientologie. Il fallait travailler le soir, les week-ends et même sur le temps de midi. Ils poussaient même à ce que je rentre des certificats médicaux à mon employeur pour que je sois plus disponible pour la secte. Ils n'oeuvraient pas pour mon bien.

Comment en êtes vous sortie ?

Grâce à mon mari. Quand j'ai voulu tout quitter, j'ai fait l'objet de fortes pressions de la part de la Scientologie. Tu fais le mauvais choix ! Tu vas le regretter. Tu t'engages sur un mauvais chemin, me disaient-ils.

Mon mari en a eu marre. Il a engagé une action devant le juge de paix, pour préserver l'argent du ménage et en vue de protéger notre enfant. La secte m'a fourni un avocat. L'ordonnance du juge de paix a été favorable à mon mari. Et mon avocat m'a conseillé de ne pas réagir. Il oeuvrait, en fait, pour la Scientologie plutôt que pour moi.

J'ai perdu le contact avec ma famille, mon enfant et notre maison. C'est cela qui a été le facteur déclencheur. J'ai réagi et été voir un autre avocat. Au départ, je voulais juste revoir ma famille et récupérer mon argent. Puis, j'ai décidé de déposer plainte contre la Scientologie.

Aujourd'hui, comment voyez vous cette organisation ?

C'est une mafia ! Ils sont infiltrés partout. Tout est bon pour ramener de l'argent à la secte et pour éviter les poursuites. Ils exercent des pressions énormes.

Que vous inspire l'ouverture d'un bureau de la Scientologie à Bruxelles ?

Cela ne n'étonne pas. Ils sont en permanence à la recherche d'une reconnaissance. Ils jouent sur le fait que les gens vont se dire qu'en ouvrant une vitrine dans un quartier chic (rue de la Loi, à deux pas des institutions européennes), il ne peut s'agir d'une secte. Et pourtant...·


Belgique : Scientologie

Le Conseil d'Etat donne raison à un scientologue

AFP , le 28 août 2003

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PARIS - Le Conseil d'Etat a donné raison en juillet à un scientologue qui contestait que le ministère de l'Intérieur refuse de lui communiquer les informations le concernant, contenues dans les fiches des renseignements généraux (RG), a-t-on appris jeudi auprès du Conseil d'Etat.

Président du comité français des scientologues contre la discrimination (CFSD), Michel Raoust avait formulé via la Commission nationale informatique et liberté (Cnil) une demande en 1992 afin de prendre connaissance du dossier constitué sur lui par les RG; la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978 permet en effet à chaque citoyen d'avoir accès à ces informations mais permet aussi au ministère de l'Intérieur de s'y opposer "lorsque cette communication peut nuire à la sûreté de l'Etat, à la défense ou à la sécurité publique".

Cependant, dans un arrêt rendu le 30 juillet, la plus haute juridiction administrative estime que le refus opposé à M. Raoust motivé seulement par son appartenance à l'Eglise de scientologie ne peut pas justifier à lui seul le refus de communiquer. "Le ministre de l'Intérieur s'est fondé exclusivement sur l'appartenance de M. Raoust à "l'Eglise de scientologie" et sur la menace pour la sécurité publique que représente ce mouvement sectaire", note le texte de l'arrêt du Conseil d'Etat dont l'AFP a eu connaissance.

"Ce seul motif d'ordre général, en l'absence de tout (autre) élément au dossier (...) n'est pas de nature à justifier la décision de refus de communication", ajoute le texte. Parlant de "victoire", le CFSD estime que "cette décision établit une nouvelle jurisprudence car pour la première fois la juridiction administrative suprême demande à la Cnil et au ministère de l'Intérieur de justifier par des éléments objectifs, opposables au demandeur d'accès le refus de communication pour atteinte à la sécurité publique".


Brésil : Cultes et sectes sataniques

Ouverture d'un procès sur des meurtres d'enfants dans des rituels sataniques

AFP , le 28 août 2003 par Claire de Oliveira

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RIO DE JANEIRO - Le procès de cinq personnes accusées d'avoir torturé, castré et assassiné cinq enfants de 8 à 13 ans dans des rituels de magie noire à Altamira, une ville de l'Amazonie brésilienne, vient de s'ouvrir avec treize ans de retard.

Le secrétaire spécial pour les droits de l'Homme, Nilmario Miranda, a déploré jeudi que la justice ne soit que "partielle" puisqu'une seule des sept enquêtes ouvertes sur les crimes commis entre 1989 et 1993 sur 19 enfants avait donné des résultats et permis de traduire les présumés coupables en justice.

Cinq de ces 19 enfants ont réussi à s'enfuir après avoir été émasculés et ont échappé à la mort mais ils ont passé toutes ces années dans la honte et la terreur. Deux d'entre eux ont témoigné jeudi au procès qui s'était ouvert la veille au tribunal de Belem do Para, à 688 km à l'est d'Altamira.

Wandiclei Pinheiro, aujourd'hui âgé de 22 ans, avait 9 ans à l'époque de sa mutilation. Il a déclaré "reconnaître" l'un des accusés, l'ex-policier Carlos Alberto Santos, comme l'un des participants au rituel de magie noire et a donné des détails terrifiants sur la façon dont il avait été enlevé et endormi avec un chiffon à "l'odeur bizarre" et l'horreur qu'il avait vécue à son réveil, "entièrement nu sans les organes génitaux", dans un bosquet où il avait été laissé pour mort. Placé sous la protection de la police fédérale, Pinheiro a ajouté avoir reçu des menaces de mort "il y a un mois", pour le dissuader de témoigner au procès de Belem.

L'autre témoin, Otoniel Bastos Costa, a précisé qu'il avait subi 14 opérations esthétiques depuis sa mutilation et qu'il avait maintenant une prothèse pénienne. Tous deux ont déclaré souffrir également de graves séquelles psychologiques.

L'avocat des familles des victimes, Clodomir Araujo, a estimé jeudi devant la presse que ce témoignage serait "fondamental" pour influencer la décision des jurés. M. Miranda a relevé l'importance "symbolique" de ce procès puisque des personnes influentes sont impliquées dans les crimes, telles que des anciens policiers, médecins et industriels de la région.

Les cinq accusés dont la dirigeante d'une secte, Valentina de Andrade, 75 ans, ont réussi pendant toutes ces années à entraver les enquêtes par un trafic d'influence, en faisant disparaître des preuves et en intimidant les victimes.

La secte considère notamment que les enfants nés après 1981 sont porteurs d'une "énergie néfaste" et doivent disparaître. Les membres de la secte qui existe toujours, affirment que seuls ses fidèles se sauveront de la destruction du monde en partant dans une navette spatiale.

Le juge Ronaldo Valle, qui préside le tribunal, a décidé de séparer les accusés en deux groupes: d'un côté ceux comparaissant pour participation aux crimes, dont l'ex-policier Santos et un commerçant de la ville, Amailton Gomes, dont le procès a commencé mercredi, et de l'autre côté les trois principaux accusés. La dirigeante de la secte et deux médecins ayant pratiqué les émasculations, Césio Brandao et Anisio de Souza, seront jugés à partir de mardi prochain.

L'un des points forts de l'audition de mercredi au tribunal de Belem a été la lecture d'extraits du livre "Dieu, la grande farce", écrit par Valentina de Andrade qui se dit voyante. Dans ce livre qui mélange l'ufologie à des attaques contre toutes les religions, la voyante s'auto-proclame Marie-Madeleine, celle qui accompagna Jésus jusqu'au calvaire. Elle affirme qu'il faut "faire attention aux enfants. Ils sont des instruments inconscients de la grande farce dénommée Dieu et sont ses néfastes collaborateurs".


Australie : Falungong

Un membre des Falungong engage une procédure à l'O.N.U

AFP , le 29 août 2003

[Texte intégral]

BRISBANE (Australie) - Une Australienne d'origine chinoise, membre de la secte Falungong, va engager une procédure devant la Commission des droits de l'homme des Nations unies contre l'ancien président chinois, Jiang Zemin, ont indiqué vendredi ses avocats.

Zhang Cui Ying, une artiste chinoise de 41 ans, affirme avoir été torturée après avoir été arrêtée et emprisonnée par les autorités chinoises du seul fait de ses croyances. Son avocat à Brisbane (est de l'Australie), Chris Nyst, a contacté un autre avocat australien basé à Londres et spécialiste des questions de droits de l'homme, Geoffrey Robertson, pour qu'il engage une procédure devant les Nations unies contre Jiang Zemin, pour violations des droits de l'homme.

Les avocats envisagent parallèlement une action devant la Cour internationale de justice pour infractions à des conventions internationales dont la Chine est signataire.

Selon M. Nyst, c'est la première fois qu'un membre des Falungong entreprend une action devant les Nations unies. "Le cas de Zhang est un exemple poignant de ce qui est arrivé à de nombreuses personnes en Chine", a-t-il indiqué dans un communiqué.

Les membres de la secte Falungong prêchent "la vérité, la compassion et la patience" et pratiquent la méditation, mais leur mouvement a été interdit en 1999 par les autorités de Pékin, qui le considèrent comme un culte diabolique. Les fidèles de cette secte affirment être persécutés par le pouvoir chinois.

Des actions pénales contre Jiang Zemin pour sa responsabilité présumée dans ces persécutions sont également en cours aux Etats-Unis, en Belgique, en France, au Canada et en Suisse.