Actualités sur les sectes en février 2007

Témoins de Jéhovah La vie avant la religion
Dérives Soins Psy Les graves dérives du psychanalyste gourou
Religions L'Atlas de la Création
Méditation transendantale Le Paradis tente une secte
Temple du peuple Morts sur commande
Satanisme Assemblée Nationale- Question/réponse- Eric Raoult
Laïcité Assemblée Nationale- Question/réponse- Léonce Deprez
Sectes Assemblée nationale - Question/réponse - Michel Hunault - Sociétés écrans
Sectes Secte in the City
Scientologie Une filiale de la scientologie donne formation au parlement flamand
Témoins de Jéhovah Une Témoin de Jéhovah ne peut refuser de transfusions
Sectes (*) 12/02/2007 Question réponse - Chambre des représentants - CIAOSN (doc PDF)
Sectes Le Sénat adopte en deuxième lecture la réforme de la protection de l'enfance
Sectes Assemblée Nationale- Question - Pascal Terrasse - Personnes âgées et handicapées
Sectes Assemblée Nationale - Commission des affaires culturelle, familiales et sociales
Soins Psy Vote définitif, les psychothérapeutes soumis à une formation
Soins Psy Le psychanalyste condamné à trois ans ferme
Laïcité Laïcité : Questions à Monsieur Sarkosy
Soins Psy (*) 19/02/2007 Signataires du recours du 16 février 2007 et décission du Conseil Constitutionnel du 19 février 2007
Raël Raël gourou non grata en terres valaisannes
Moïse Une rescapée de la secte de Moïse à Pierreville (Canada)
Témoins de Jéhovah Les Témoins de Jéhovah demandent la dissolution d'une association
Sectes Le Parlement renforce la protection de l'enfance face à la maltraitance
Rastafarisme Aux racines du Rastafarisme
Iboga L'iboga au coeur d'une enquête
Sectes Assemblée Nationale - question Georges Fenech - ENM
Religions L'église confirme la rupture avec Saint Nicolas du Chardonnet
Sectes La liberté éducative des parents mise en cause par le Parlement
Landmark Trouver le bonheur
Formation « Les entreprises doivent être vigilantes au moment de l'achat de la formation »

(*) Articles et documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


Canada : Témoins de Jéhovah

La vie avant la religion

Chambly, 2 février 2007

[Texte intégral]

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé jeudi qu’il prenait en charge trois des sextuplés de Vancouver. Rappelons que les bébés sont nés les 6 et 7 janvier et que deux d’entres eux sont morts depuis. Trois des quatre poupons restants pourront maintenant recevoir les transfusions sanguines nécessaires à leur survie.
Soulignons que les parents des sextuplés adhèrent aux Témoins de Jéhovah. Selon le Code des Témoins de Jéhovah en matière de soins médicaux, toutes transfusions sanguines, tels que des concentrés de globules rouges, du plasma, ou des plaquettes, sont strictement interdites. Les Témoins de Jéhovah préfèrent placer leur foi en Dieu pour les guérir…

Le 26 janvier dernier, le gouvernement de la Colombie-Britannique en a décidé autrement pour les sextuplés.Le directeur de la Protection de la jeunesse a demandé un mandat conformément à la législation de la protection de l’enfance de la province afin qu’un des bébés reçoive une transfusion sanguine. Puis, deux autres mandats ont été demandés pour deux autres enfants. Les avocats de la famille des sextuplés étaient en Cour suprême de Colombie-Britannique, mercredi, pour engager l’appel.

Allons au-delà des considérations religieuses. Pour qui l’être humain se prend-t-il pour refuser la vie à un nourrisson qui ne peut adhérer à autre chose qu’à la seule force de vivre en soi ? La question se pose. Certes, si les accommodements raisonnables ont beaucoup fait jaser au Québec depuis quelques semaines, voilà un accommodement auquel la Colombie-Britannique a refusé d’adhérer. Au nom des Droits de l’Homme. Au nom de la Vie, Bravo !


France : Soins Psy

Les graves dérives du psychanalyste gourou

Le Parisien, 2 février 2007 par Jean-Marc Ducos

[Texte intégra]

Belberaud (Haute-Garonne) DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Côté face, Claude David, 66 ans, était le docteur en psychologie et psychanalyste des beaux quartiers de Toulouse. Côté pile, c'était le gourou d'une communauté d'une trentaine de personnes, l'association les Gens de Bernard, installée dans un château de brique rouge un peu à l'écart du village de Belberaud.

Un univers où il régnait en maître grâce à un redoutable système d'enfermement : des psychanalyses truquées, des humiliations, sans oublier les violences quotidiennes sur les femmes et les enfants. Ses fidèles, qui n'étaient pas séquestrés et travaillaient à l'extérieur du château, devaient lui assurer un revenu confortable et lui offrir des cadeaux.Il lui est aussi reproché d'avoir projeté des films pornographiques aux adolescents résidant sur place avec leurs parents.

Arrêté par les gendarmes, Claude David a été mis en examen pour « agressions sexuelles sur mineurs », « abus de faiblesse aggravé », « violences habituelles sur mineurs », « abus de confiance » et « violation du secret professionnel ». Il est aujourd'hui incarcéré à la maison d'arrêt de Seysses.

Le praticien s'était déjà trouvé en délicatesse avec les autorités administratives et judiciaires dans le milieu des années 1980 à Nantes (Loire-Atlantique), où il avait fondé un centre de soins pour autistes en rachetant le château de Clermont, l'ancienne propriété du comédien Louis de Funès.

Le docteur David avait à l'époque fait faillite. En 2005, c'est le témoignage d'un adolescent devant le juge des affaires familiales de Toulouse qui a lancé les gendarmes sur la trace du psychanalyste. Ce garçon disait ne plus supporter voir son père dans l'ambiance du château. Et pour cause. « Les enfants redoutaient Claude David car des coups étaient portés et il y avait pire... », assure Simone Rich, l'infatigable responsable des missions antisectes de la région Midi-Pyrénées. « Les témoignages font part d'attouchements sur des garçons mineurs », confirme le procureur de Toulouse, Paul Michel. Simone Rich a pris en charge les victimes sorties de « cet enfer de la psychanalyse ouverte, où la vie de chacun était révélée aux autres dans le but de les rendre dépendants de Claude David ».

« Un stratège redoutable »

Le psy avait la main leste. Il décochait notamment gifles et coups dès que les membres de la communauté oubliaient de « nourrir ses perroquets ». Décrit par ses victimes comme « un stratège efficace et redoutable », il excellait surtout dans la manière de vivre à leurs crochets.

Chaque membre de la communauté devait payer un loyer pour occuper une chambre du manoir de Belberaud, mais aussi les diverses cotisations aux associations fondées par le psychanalyste et les séances d'analyse.

En vingt ans, l'une des victimes lui a versé 170 000 € pour des séances d'une durée de dix minutes à raison de deux ou trois fois par semaine. « On est dans la logique d'une dérive sectaire et l'aspect financier doit être approfondi », insiste le procureur. Claude David « aimait qu'on l'aime », selon Simone Rich. Il savait suggérer à ses fidèles les cadeaux indispensables à son statut : montre de prix, moto, tableaux, antiquités, sculptures, matériel télé et hi-fi de grand prix. Sa dernière lubie, les voitures Smart, qu'il revendait aussitôt au prix fort à ses fidèles, obligés de s'endetter. « Un véritable racket », résument les enquêteurs.

Au château, les partisans de Claude David crient « au complot des confrères psychanalystes » et au
« règlement de comptes ». L'avocate du détenu, sollicitée à plusieurs reprises, n'a pu être jointe, mais elle réfute le terme de secte pour qualifier cette communauté.
 


France : Religions

L'Atlas de la Création

AFP, 2 février 2007

[Texte intégral]

Un livre réfutant au nom du Coran le darwinisme et la théorie de l'évolution, "l'atlas de la création", a été massivement envoyé dans les établissements de l'Education nationale, laquelle a demandé qu'il ne soit pas mis dans les mains des élèves.

Cet ouvrage envoyé il y a une dizaine de jours, "ne correspond pas au contenu des programmes établis par le ministre de l'Education". Il a fait l'objet d'un message de vigilance du ministère auprès des recteurs, a précisé le ministère.

"L'Atlas de la création" est l'oeuvre d'un prédicateur islamiste turc, Harun Yahya, qui s'exprime par ailleurs sur un site internet abondamment nourri et intitulé "le mensonge de l'évolution". Son livre entend démontrer sur 770 pages, luxueusement illustrées, que l'homme est inchangé depuis sa création et que les espèces animales sont également immuables. Il cite le Coran à l'appui de sa démonstration.

Interrogé vendredi, le recteur de la Mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur répond catégoriquement que la théorie de l'évolution "n'est pas contraire au Coran". Il juge "pernicieuse" l'argumentation de Harun Yahya : "Il essaie de démontrer que les espèces sont restées fixes, avec des photos à l'appui, mais il n'explique pas les diparitions de certaines espèces ni l'apparition d'autres espèces".

Le recteur Boubakeur se dit "convaincu que l'évolution est un fait scientifique" et que "l'homme a évolué à partir de sa prise de conscience de l'existence de Dieu". Il ajoute que certains versets du Coran évoquent clairement une "évolution cyclique" de l'homme Le créationnisme est né chez les chrétiens au XIXème siècle, justement pour réfuter les travaux de Darwin. Ceux-ci, rappelant que selon la génèse Dieu a créé l'univers en une semaine, soutenaient que toute autre hyptohèse était contraire à la Bible, donc à la religion.

Plusieurs églises protestantes, notamment aux Etats Unis, continuent à nier la thèse de l'évolution et le darwinisme. Les Témoins de Jéhovah eux aussi s'en tiennent à l'idée d'un homme inchangé depuis sa création par Dieu.

L'Eglise catholique a longtemps été nettement défavorable au "transformisme" (l'ancienne appellation de la théorie de l'évolution) sans toutefois le condamner ouvertement. Elle a refusé son imprimatur au jésuite-paléontologue Pierre Teilhard de Chardin qui dans les années 50 avait travaillé sur le lien entre spiritualité et évolution. Il a fallu attendre 1996 pour que le pape Jean-paul II reconnaisse que les théories de Darwin sont "plus qu'une hypothèse". Et l'évolution fait aujourd'hui partie des programmes scolaires dans les écoles catholiques.

Au sein de l'Islam, le créationnisme est né dans les années 80, en même temps que montait l'intégrisme. Son prosélyte le plus actif est justement Harun Yahya par le biais du mouvement Nurcu et des éditions Harun Yahya international.


Belgique : Méditation transcendantale

Le Paradis tente une secte

Le Soir, 5 février 2007 par Chalklin Michael

[Texte intégral]

Nil-Saint-Martin Les riverains s'opposent à une « école »

Maharishi, mouvement de méditation transcendantale, a acquis un terrain au prix fort. C'est le branle-bas de combat.

Le mouvement de méditation transcendantale Maharishi a acquis un terrain de 1,63 hectare, au milieu de l'îlot Paradis, à Nil-Saint-Martin (Walhain). Il envisagerait d'y construire une école d'agriculture biologique. Il est question d'une « colonie de maisons de 150 pièces » et de 300 élèves.

Il n'existe aucune demande officielle mais les riverains sont aux aguets et fourbissent leurs armes. Ils s'opposent à Maharishi pour deux raisons. Primo, le terrain dont question est enclavé, entouré par les rues Haute, Saint-Martin, du Paradis et de l'Eglise. Secundo, le mouvement philosophique inspire aux riverains les plus vives inquiétudes. Ils se sont encore réunis ce dimanche matin pour mettre la dernière main à un folder qui sera distribué dans tout Nil.

Le 20 décembre dernier, une soixantaine d'habitants avaient déjà assisté à une réunion d'information, en présence de la bourgmestre Laurence Smets (PS) et de l'échevine du logement Agnès Namurois (Écolo).

Le 25 janvier, la bourgmestre a reçu, à son domicile, un courrier de Stijn Vandenbosch, le président du Directorat pour une Belgique invincible. Il demandait une « autorisation immédiate » pour construire la « colonie ». On parle de cinq bâtiments dont le principal accueillerait les cours et séminaires. Les quatre autres serviraient de logements. Les croquis présentés font penser à un temple hindou.

Une construction immédiate est « inconcevable », réagit Laurence Smets. Elle doit faire l'objet d'une demande de permis d'urbanisme en bonne et due forme sur laquelle se prononce le collège.

« Walhain doit aussi rester une commune rurale, ajoute la bourgmestre. Le nouveau collège s'opposera à tout lotissement massif et/ou de fond. »

La Stichting Maharishi Global Financing Research aurait acquis le terrain de Nil via un puissant promoteur immobilier du nord du pays. Elle l'aurait payé 942.000 euros. Situé en zone d'habitat rural mais surtout enclavé, le terrain ne vaut pas une telle somme.

Un noyau d'opposants a vu le jour spontanément. Ce sont les riverains les plus proches dont André Vandenbosch et Jacques Lenders.

Tant que le terrain sera enclavé, le demandeur n'aura aucune chance d'obtenir son permis. Le démarchage a commencé. Une agricultrice propriétaire de terrains contigus a déjà été sollicitée à quatre reprises. À la dernière, elle a envoyé ses visiteurs sur les roses. Prière de ne plus revenir.

« On perçoit les moyens financiers, témoigne Chantal Lenders. Il s'agit de gens très riches. C'est le pouvoir par l'argent. »

Mais le mouvement Maharishi, créé en 1961 par Maharishi Mahesh Yogi, est-il une secte ? Selon l'Assemblée nationale française, c'est oui.

En Belgique, on ne sait pas. En 1997, la commission d'enquêtes parlementaires « Sectes », mise sur pied après le suicide collectif du Temple solaire, avait émis une série de recommandations.

C'est ainsi qu'est né en 1998 le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles. Laurence Smets lui a envoyé une lettre pour l'interroger sur Maharashi. Elle n'a pas encore obtenu de réponse.

La bourgmestre a aussi l'intention de contacter le député PS André Frédéric. L'échevin de Theux avait présenté, le 23 mars 2006 à la Chambre des représentants, les conclusions de son groupe de travail sur les sectes.

Le parlementaire estime que les outils existants pour lutter contre les sectes sont insuffisants. La principale de ses recommandations est d'introduire dans le Code pénal la notion d'« abus de faiblesse ».

« Quand on entend parler de la volonté d'établir l'invincibilité d'une nation où l'on forme des experts, on peut penser à une approche farfelue ou dangereuse, dit Chantal Lenders. On peut rigoler mais aussi s'inquiéter. Des proies faciles, cela existe. Et l'on peut être happé dans un moment de faiblesse. »


Guyana : Temple du peuple

Morts sur commande

Libération, 6 février 2007 par Samuel Douhaire

[Texte intégral]

FRANCE 3, 20 h 55. «Jim Jones, la folie meurtrière d'un gourou», écrit par Jason Sheran, réalisé par Catherine Berthillier et Tim Wolochatiuk.

C'est l'un des drames les plus meurtriers de l'histoire des sectes. Le 18 novembre 1978, la quasi-totalité des adeptes du Temple du peuple se suicide par empoisonnement ou est assassinée sur ordre de leur gourou.

Neuf cent huit personnes, dont plus de trois cent enfants, vont ainsi perdre la vie au nom de leur foi à Jonestown, la «ville» ­ ou, plutôt, le camp de concentration ­ fondée par l'ancien pasteur américain Jim Jones au coeur de la jungle du Guyana.

Ce massacre collectif avait déjà été évoqué «à chaud» par le Mexicain René Cardona dans l'épouvantable Guyana, la secte de l'enfer (1979), où des vieilles gloires hollywoodiennes telles John Ireland ou Joseph Cotten gaspillaient leur talent. Tim Wolochatiuk et Catherine Berthillier (réalisatrice en 1998, d'une remarquable enquête sur les Sectes tueuses) ont préféré la voie risquée du docu-fiction pour raconter les cinq derniers jours du Temple du peuple.

Comme souvent, les scènes reconstituées plombent davantage le film qu'elles ne le servent ­ difficile de croire au charisme de Jim Jones en regardant le grand Duduche qui tente de l'incarner, et le doublage en français, calamiteux, n'arrange rien. Dommage car la partie documentaire, elle, est captivante, et d'une efficacité dramatique qui se suffit à elle-même.

Les témoignages des rares rescapés de Jonestown (dont celui de Stephan, le propre fils du révérend Jones) font froid dans le dos, tout comme les archives exhumées par les deux réalisateurs. Dans un enregistrement sonore, le gourou mégalomane exhorte ses fidèles à mourir dans la dignité. Certains d'entre eux applaudissent, mais d'autres hurlent de terreur..


France : Satanisme

Assemblée nationale - Question/réponse - Eric Raoult

JO, 6 février 2007

[Texte intégral]

12ème législature
Question N° : 103895  de M. Raoult Éric(Union pour un Mouvement Populaire - Seine-Saint-Denis) QE
Ministère interrogé :  justice
Ministère attributaire :  justice
 Question publiée au JO le : 12/09/2006 page : 9518
 Réponse publiée au JO le : 06/02/2007 page : 1399
 
Rubrique :  ésotérisme
Tête d'analyse :  sectes
Analyse :  lutte et prévention
Texte de la QUESTION :  M. Éric Raoult attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur les méfaits sur la jeunesse de la pratique du satanisme. En effet, cette nouvelle forme de pratique sectaire, prend une ampleur inquiétante chez de nombreux jeunes fragiles. Contactés dans les écoles ou à la sortie des concerts, par des annonces dans des publications spécialisées, ces jeunes sont soumis à une très forte pression pour rejoindre la mouvance sataniste. Les parents sont souvent désarmés, car mal ou non informés des risques graves encourus par leurs enfants. Il serait donc important que les pouvoirs publics concernés par la jeunesse puissent se mobiliser activement face à cette pratique, pour concurrencer une campagne d'information et de dénonciation de cette pratique. Il lui demande donc de bien vouloir lui préciser ce qu'il compte faire sur cette question. 
Texte de la REPONSELe garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que la pratique du satanisme par la jeunesse fait l'objet de toute l'attention des correspondants sectes désignés par les procureurs généraux dans chaque cour d'appel, lesquels viennent de recevoir à titre d'information, de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), un guide intitulé « Les dérives sataniques, guide de l'enquêteur ». À l'instar d'autres dérives sectaires, les pratiques du satanisme qui aboutissent à une transgression de la loi pénale font l'objet d'une mise en oeuvre de l'action publique, dès lors qu'elles sont portées à la connaissance du ministère public. 
UMP12REP_PUBIle-de-FranceO


France : Laïcité

Assemblée nationale - Question/réponse - Léonce Deprez

JO, 6 février 2007

[Texte intégral]

12ème législature
Question N° : 112996  de M. Deprez Léonce(Union pour un Mouvement Populaire - Pas-de-Calais) QE
Ministère interrogé :  intérieur et aménagement du territoire
Ministère attributaire :  intérieur et aménagement du territoire
 Question publiée au JO le : 12/12/2006 page : 12884
 Réponse publiée au JO le : 06/02/2007 page : 1392 
Rubrique :  cultes
Tête d'analyse :  perspectives
Analyse :  relations avec les pouvoirs publics
Texte de la QUESTION :  M. Léonce Deprez se référant à sa question écrite n° 99047 du 4 juillet 2006 (JO - AN - 14 novembre 2006) souligne auprès de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, l'intérêt et l'importance du rapport qui lui a été remis le 20 septembre 2006 à l'égard des relations des cultes avec les pouvoirs publics. Il lui demande la suite réservée à la proposition tendant à assouplir le régime juridique des associations cultuelles (régies par la loi 1905) afin de rendre ce statut plus attractif. 
Texte de la REPONSE
:  Comme il a été indiqué à l'honorable parlementaire en réponse à sa question écrite n° 99047 (JO, Assemblée nationale, 14 novembre 2006), le rapport de la commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics, présidée par M. Jean-Pierre Machelon, a été adressé aux responsables des différents cultes et aux présidents des associations d'élus afin de recueillir leur avis sur l'ensemble des propositions émises. Ces avis importants et utiles n'ayant pas encore été tous réunis ni débattus, il n'est pas possible d'indiquer dès à présent les suites pouvant être réservées aux propositions faites, dont plusieurs nécessitent par ailleurs pour leur application des modifications législatives ou réglementaires. 
UMP12REP_PUBNord-Pas-de-Calais


France : Sectes

Assemblée nationale - Question/réponse - Michel Hunault - Sociétés écrans

JO, 6 février 2007

[Texte intégral]

12ème législature
Question N° : 106070  de M. Hunault Michel(Union pour la Démocratie Française - Loire-Atlantique) QE
Ministère interrogé :  intérieur et aménagement du territoire
Ministère attributaire :  intérieur et aménagement du territoire
 Question publiée au JO le : 03/10/2006 page : 10244
 Réponse publiée au JO le : 06/02/2007 page : 1375
 
Rubrique :  ésotérisme
Tête d'analyse :  sectes
Analyse :  lutte et prévention
Texte de la QUESTION :  M. Michel Hunault attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, sur la politique de lutte contre les sectes. Le Parlement à travers des commissions d'enquête, mais aussi l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, ont largement contribué à sensibiliser l'opinion et à préconiser des dispositions pour lutter contre les dérives sectaires dans un souci de protection des individus, tout spécialement des jeunes. Or il s'avère que sous prétexte de manifestations, colloques, réunions publiques, certains mouvements sectaires utilisent des associations écrans parfaitement déclarées.

C'est pourquoi, il lui demande de publier officiellement en réponse la liste de l'ensemble de ces associations écrans d'organisations sectaires, dont l'existence légale nécessite une déclaration et un agrément en préfecture et de préciser quelles actions entend mener le Gouvernement pour sensibiliser la population, et particulier les jeunes, sur le phénomène sectaire et dans un souci de respect de l'ordre public les mesures qu'il entend prendre pour interdire les sectes. demande de publier officiellement en réponse la liste de l'ensemble de ces associations écrans d'organisations sectaires, dont l'existence légale nécessite Texte de la REPONSE :  La publication de listes de mouvements à caractère sectaire n'a jamais été pratiquée par les services de l'État. Le seul inventaire réalisé jusqu'à présent est le fait de la représentation nationale, à l'occasion de la commission parlementaire d'enquête sur les « sectes en France », constituée en 1995, et qui a permis de lister 172 associations, sans que toutefois ne s'attache à cette liste aucune conséquence juridique. Plus de dix ans après, l'expérience montre qu'une telle liste ne permet pas d'assurer efficacement l'action de l'État, même si elle a eu le mérite d'attirer l'attention de l'opinion publique.

Conformément à sa conception de la laïcité, exprimée par l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la République française ne saurait s'immiscer dans les croyances auxquelles peuvent librement adhérer les personnes, mais se doit néanmoins d'assurer conjointement la protection de la liberté de conscience et celle de l'ordre public, et notamment de protéger les personnes contre les dérives sectaires. Le respect de ces exigences d'égale valeur rend délicate la lutte contre ces dérives par les pouvoirs publics. Pour faire face à cette complexité, le Gouvernement a créé un dispositif interministériel dont la coordination est confiée, depuis 2002, à la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

En son sein, les administrations contribuent à l'enrichissement de la connaissance des mouvements susceptibles de présenter des dérives sectaires, ou qui sont en lien avec eux, qu'il s'agisse d'associations, de sociétés ayant un objet économique ou financier, ou d'autres formes de structures, qui peuvent faire l'objet d'une veille, de contrôles et d'enquêtes de la part des différentes administrations. C'est l'ensemble de ces structures qui doivent être prises en considération dans le cadre de la mise en oeuvre de la politique publique de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires et ce, dans le respect des libertés publiques. Le ministère de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, dont les services exercent une vigilance constante sur le phénomène sectaire, apporte son concours à cette action coordonnée des pouvoirs publics, tant au sein de la Miviludés qu'au sein des commissions départementales réunies autour des préfets, dont l'existence a été consacrée par le décret du 7 juin 2006 relatif à la réduction du nombre et à la simplification de la composition de diverses commissions administratives.

Outre les actions pénales qui peuvent être engagées lorsque des actes répréhensibles sont constatés, la formation des personnels des différentes fonctions publiques et l'information du public, qui ont été considérablement développées par la mission interministérielle en 2006, constituent des moyens de prévention et de lutte privilégiés contre les dérives sectaires. 
UDF12REP_PUBPays-de-Loire


France : Sectes

Secte in the City

Charlie Hebdo, 7 février 2007 Histoire d'urgences par Patrick Pelloux

[Texte intégral]

On avait installé son corps décharné dans un lit au premier étage de l’hôpital. On ne voyait d’elle qu’un petit visage squelettique qui dépassait des draps. Sa voix à peine chuchotée bredouillait des explications confuses sur sa fatigue et la raison de son arrivée la veille aux urgences. Elle avait vingt trois ans et la tuberculose s’était emparée de tout son corps. Elle pesait à peine trente kilos pour un mètre soixante.

Nous n’en revenions pas de l’état avancé de la maladie et du fait qu’elle ne consultait aucun médecin, bien qu’entourée par sa famille. Cette femme était comme détachée de la réalité. Elle ne répondait pas au « comment et pourquoi n’êtes-vous pas venue plus tôt alors que vous êtes malade depuis plusieurs mois ? ». Elle disait travailler pour une organisation culturelle japonaise entre France et Japon. En fait, elle avait toujours vécu en plein Paris, à quelques rues de l’hôpital.

J’ai consulté le médecin généraliste qui l’avait fait transporter d’urgence à l’hôpital. Comme moi il ne comprenait pas. Il m’expliqua qu’une personne qui connaissait cette famille, voyant l’état épouvantable de cette jeune femme, l’avait alerté. Il me révéla que l’année précédente, un jeune homme de l’entourage de la jeune femme s’était laissé mourir d’un cancer, refusant tous les traitements !

Pendant ce temps, l’infirmière effectuait tous les prélèvements et administrait tous les médicaments que la patiente accepta sans aucun problème. En ce dimanche matin, tout l’hôpital se mobilisa pour tenter de la sauver. Le bactériologiste de garde identifia sans peine tous les bacilles de koch (germes de la tuberculose). Une fois de plus, mon ami Remy, réanimateur de garde tout comme l’endocrinologue et le pneumologue, étaient abasourdis par l’état de cette malade. De toute leur carrière ils n’avaient jamais vu ça.

Le crime était parfait.

Le lundi, le service pneumologie réussit à lui trouver un lit. De garde cette nuit-là nous n’avons pas pu dormir une seule minute, tellement il y avait d’urgences. Mon sang devait ressembler à du café à force de lutter contre la fatigue. A six heures du matin, alors que j’avais la tête appuyée sur une tasse qui me servait d’oreiller, le téléphone sonna « c’est la pneumo, il y a un certificat de décès à signer, une mort inattendu, une jeune…. »

Oubliée la fatigue, abstraction de tout, me voilà dans cette chambre avec ce cadavre. Elle est morte au petit matin, l’infirmière a fait son travail, et c’est à six heures, en entrant dans la chambre pour lui donner ses médicaments qu’elle l’a trouvée morte.

J’ai refusé de signer le petit papier bleu du certificat de décès. Ce qui a eu pour effet de déclancher une enquête judiciaire. Les policiers m’ont vite confié leur inquiétude et la découverte de documents sectaires au domicile de la jeune femme. C’est le scénario du crime parfait : elle est malade, presque morte, le médecin vient, il l’envoie à l’hôpital, elle meurt, le certificat de décès est signé, personne ne s’inquiète, les doutes ne se posent plus et hop ! l’affaire est dans le cercueil.

Sauf que regarder quelqu’un mourir sans rien faire ça s’appelle non assistance à personne en danger. Et c’est un crime. La police du XII° arrondissement et la police judiciaire ont fait leur travail. J’ai appris que toute la famille avait été incarcérée à Fleury-Mérogis et que l’enquête se poursuivait.


Belgique : Scientologie

Une filiale de la scientologie donne une formation au parlement flamand

Belga, 9 février 2007

[Texte intégral]

BRUXELLES - Une organisation liée à l'église de Scientologie a donné des formations en informatique au parlement flamand. "La firme IDeAs a décroché le contrat en sous-traitance et nous n'avons dès lors pas pu contrôler", a souligné la présidente de l'assemblée, Marleen Vanderpoorten.

C'est ce qu'indiquent vendredi "Het Nieuwsblad" et "De Morgen". IDeAS est une firme qui travaille selon les principes du fondateur de l'église de Scientologie. Sur son site, l'entreprise cite le parlement flamand comme référence. La firme a en effet donné des formations à des parlementaires et des collaborateurs du parlement flamand.


Canada : Témoins de Jéhovah

Une Témoin de Jéhovah ne peut refuser de transfusions sanguines

 

Presse canadienne, 10 février 2007

[Texte intégral]

WINNIPEG - Un tribunal du Manitoba a nié mardi à une adolescente membre des Témoins de Jéhovah et aux prises avec la maladie de Crohn le droit de refuser des transfusions sanguines.

Dans le cadre d'un jugement rendu à l'unanimité, la Cour d'appel du Manitoba a maintenu la décision d'un tribunal de première instance de permettre à des médecins de donner une transfusion de sang à l'adolescente de 15 ans de Winnipeg, parce qu'ils jugent cette transfusion nécessaire du point de vue médical.

La jeune fille, dont l'identité ne peut être divulguée, a affirmé avoir été bouleversée et avoir eu peur lorsqu'elle a reçu la transfusion contre son gré, en avril dernier.

Les Témoins de Jéhovah s'opposent aux transfusions sanguines parce qu'ils interprètent certains passages de la Bible comme interdisant l'ingestion de sang.

Lorsque l'adolescente a refusé toute transfusion, les Services à l'enfance et à la famille du Manitoba ont obtenu une ordonnance de la cour autorisant la procédure lorsque cela est médicalement nécessaire.

Les juges du tribunal d'appel ont reconnu que les transfusions sanguines allaient à l'encontre du droit de l'adolescente à la liberté religieuse, mais qu'elles étaient justifiées en raison du caractère sacré de la vie et du devoir de protection des enfants.


France : Sectes

Le Sénat adopte en deuxième lecture la réforme de la protection de l'enfance

AFP, 12 février 2007

[Texte intégral]

PARIS - Le Sénat a adopté en deuxième lecture lundi soir le projet de réforme de la protection de l'enfance, axé sur la prévention et le signalement des situations à risque, dans une rédaction proche de celle des députés, mais qui nécessitera un ultime vote de l'Assemblée nationale.

Comme en première lecture, au Sénat en juin 2006 et à l'Assemblée il y a un mois, le texte d'une quarantaine d'articles, défendu par le ministre délégué à la famille Philippe Bas, a été voté par l'UMP et l'UDF, PS et PCF s'abstenant.

Seuls neuf articles amendés par les sénateurs devront retourner devant les députés.

Claire-Lise Campion (PS) a déploré le "télescopage" de ce projet de loi avec le texte sur la prévention de la délinquance, examiné en deuxième lecture mardi à l'Assemblée, au risque d'aboutir à des "incohérences". Guy Fischer (PCF) a dénoncé un "manque d'ambition" illustrant le "désengagement de l'Etat" en matière de protection de l'enfance.

La réforme proposée prévoit trois axes d'intervention: "renforcer la prévention pour venir en aide aux enfants et à leurs parents avant qu'il ne soit pour détecter plus tôt et traiter plus efficacement les situations de danger", et "diversifier les modes de prise en charge, afin de les adapter aux besoins de chaque enfant".

Le dispositif de signalement des mineurs en danger, qui confère une rôle central au président du conseil général, est renforcé, avec la mise en place de "cellules départementales de recueil des informations préoccupantes" et la création d'"observatoires départementaux de la protection de l'enfance".

Une palette de modes d'accueil est proposée pour le placement des mineurs à risque: accueil de jour, accueil à temps partiel dans un service spécialisé, hébergement en milieu ouvert, hébergement d'urgence en cas de suspicion de danger immédiat.

Les députés y avaient ajouté une série de mesures inspirées des recommandations de la commission d'enquête sur les sectes, que les sénateurs ont validées ou renforcées. L'une d'elles punit de six mois de prison et 3.750 euros d'amende le fait de s'opposer aux obligations de vaccination des enfants.


France : Sectes

Assemblée Nationale- Question - Pascal Terrasse - Personnes âgées et handicapées

JO, 12 février 2007

[Texte intégral]

12ème législature
Question N° : 118055  de M. Terrasse Pascal(Socialiste - Ardèche) QE
Ministère interrogé :  santé et solidarités
Ministère attributaire :  santé et solidarités
 Question publiée au JO le : 13/02/2007 page : 1496
 
Rubrique :  ésotérisme
Tête d'analyse :  sectes
Analyse :  commission d'enquête. rapport. conclusions
Texte de la QUESTION :  M. Pascal Terrasse souhaite attirer l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur le rapport 2006 de la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) remis récemment au Gouvernement. Ce rapport insiste sur les risques, notamment financiers, que font peser les dérives sectaires de certaines organisations sur les personnes âgées et sur les personnes handicapées, ainsi que sur leurs familles. Les atteintes aux personnes âgées ou aux personnes handicapées sont effet particulièrement odieuses en raison de la situation de faiblesse des personnes concernées. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui préciser les mesures qu'il entend prendre afin de renforcer la sécurité des personnes handicapées et des personnes âgées. 
SOC12Rhône-AlpesN


France : Sectes

Assemblée Nationale - Commission des affaires culturelle, familiales et sociales

13 février 2007

Mardi 13 février 2007
Séance de 14 heures 15
Compte rendu n° 29
Présidence de M. Jean-Michel Dubernard, président
   
- Examen du projet de loi, adopté avec modifications par le Sénat en deuxième lecture, réformant la protection de l'enfance - n° 3683 (Mme Valérie Pécresse, rapporteure) 

EXTRAIT DU COMPTE-RENDU

"Le président Jean-Michel Dubernard a fait observer, à propos des articles introduits par l'Assemblée pour protéger les mineurs contre les agissements des sectes, que rien ne peut être autant sectaire que le comportement antisectaire. "

Source http://www.assemblee-nat.com/12/cr-cafc/06-07/c0607029.asp

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Commentaire coup de gueule : Vous avez tout faux monsieur le président ! - Mathieu Cossu.


France : Soins Psy

Vote définitif, les psychothérapeutes soumis à une formation

AFP, 14 février 2007 parAngelina Boulesteix

[Texte intégral]

PARIS - Le texte d'adaptation au droit européen pour les médicaments, dont un volet rend obligatoire la formation des psychothérapeutes dans un "établissement d'enseignement supérieur", a été adopté définitivement mercredi après un ultime vote des sénateurs.

A l'Assemblée nationale et au Sénat, UMP et UDF ont voté pour, PS et PCF se sont abstenus. Le dispositif sur les psychothérapeutes ne figurait pas dans le texte initial.

C'est Bernard Accoyer, chef de file des députés UMP, qui bataille depuis le début de la législature pour stopper les "innombrables drames provoqués par l'absence de réglementation", qui a obtenu in extremis l'insertion dans le texte. Adoptées en première lecture à l'Assemblée, elles avaient été supprimées au
Sénat, mais ont été réintégrées en commission mixte paritaire (CMP, sept députés sept sénateurs).

Le texte prévoit donc que la formation des psychothérapeutes se fera "sous l'autorité d'un établissement d'enseignement supérieur ou d'un organisme agréé par l'Etat".

Ceux "justifiant d'au moins trois années d'exercice" à la date de promulgation de la loi "doivent préalablement obtenir l'autorisation d'une commission régionale", composée de titulaires d'un diplôme en médecine, de personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue (au moins titulaire d'une licence en psychologie) et "de psychanalystes régulièrement enregistrés".

A l'Assemblée, Jean-Marie Le Guen (PS) a demandé le retrait de ce dispositif en raison de l'absence de concertation, tout en estimant nécessaire de "faire la clarté". Il a annoncé que son groupe saisirait le Conseil constitutionnel sur ce texte.

Le député UDF Jean-Luc Préel a exprimé un regret similaire sans trouver "choquantes" les mesures retenues.

A l'origine technique, ce texte s'est également enrichi d'un abattement fiscal supplémentaire pour l'industrie pharmaceutique sur les dépenses de recherche et développement réalisées en 2007, pour un coût budgétaire évalué à 50 millions d'euros. Il s'appliquera aux dépenses réalisées en 2007.

Cette mesure, votée dans le projet de financement de la Sécurité sociale pour 2007, avait été invalidée par le Conseil constitutionnel.

Un autre amendement gouvernemental mettant fin à la collecte et l'usage des médicaments non utilisés à des fins humanitaires, avec un délai de transition de 18 mois, a également été ajouté. La mesure a été dénoncée avec force par la députée Jacqueline Fraysse (PCF).

Par contre, un des points très controversés du texte initial concernant la participation des laboratoires pharmaceutiques dans le traitement de certains patients a finalement été supprimé, à la satisfaction générale des parlementaires.


France : Soins Psy

Le psychanalyste condamné à trois ans ferme

Le télégramme de Brest, 14 février 2007 parAngelina Boulesteix

[Texte intégral]

Jugé durant deux jours fin janvier-début février, G. R., un psychanalyste quimpérois, a été condamné hier, par le tribunal correctionnel de Quimper, à cinq ans de prison dont trois ferme, et mise à l’épreuve de trois ans.

Interdiction définitive d’exercer

Une interdiction d’entrer en relation avec ses victimes et une interdiction définitive d’exercer la profession de thérapeute lui ont également été signifiées. Le psychanalyste qui avait été qualifié de « gourou » durant le procès, ou ayant des « pratiques sectaires », a effectué sept mois de détention provisoire.

Il avait comparu pour des agressions sexuelles sur quatre de ses patientes, à la fin des années 90 et début 2000, corruption sur une mineure, abus de vulnérabilité, escroquerie, exercice illégal de la médecine et violation du secret professionnel.

Le ministère public avait requis une peine d’au moins six ans ferme, assortie d’un mandat de dépôt. Le tribunal a relaxé le prévenu, aujourd’hui âgé de 75 ans, pour une agression sexuelle qui lui était reprochée, ainsi que du fait de corruption d’une mineure et d’abus de vulnérabilité.

L’ex-thérapeute devra verser quelque 46.600 € de dommages et intérêts à une dizaine de parties civiles, dont l’ordre départemental des médecins.


France : Laïcité

Questions à Monsieur Sarkosy

Le Monde, 16 février 2007

[Texte intégral]

Financer la religion sur fonds publics remettrait en cause les fondements mêmes du pacte républicain

Monsieur le Ministre, la religion n'est pas un service public. Voici cinq questions devenues cruciales qui vous permettront, je l'espère, d'en convenir.

Les humanistes athées doivent-ils jouir des mêmes droits que les croyants ? Dans votre livre LaRépublique et les religions (Cerf, 2004) vous accordez un privilège à l'option religieuse. Selon vous, en dehors de celle-ci, il ne serait pas possible de donner à la conduite de l'existence les repères de sens dont elle a besoin. A vous lire, Sartre l'athée et Camus l'agnostique devaient donc être perdus devant les problèmes de la vie... Et Bertrand Russell, qui écrivit Pourquoi je ne suis pas chrétien (Pauvert, 1962), devait se trouver démuni devant les questions éthiques. Ne pensez-vous pas que celui qui ne croit pas au ciel puisse être blessé par votre préférence, aujourd'hui transposée en une politique discriminatoire ?

Quelle égalité s'agit-il de promouvoir ? Vous dites vouloir l'égalité des religions entre elles, et pour cela vous envisagez de construire sur fonds publics des lieux de culte, notamment pour permettre aux citoyens de confession musulmane de compenser leur déficit en la matière par rapport aux catholiques, qui jouissent d'un usufruit gratuit des églises construites avant 1905. Vous ne demandez pas le même financement pour des maisons de la libre-pensée ou des temples maçonniques. Etes-vous donc partisan de la discrimination entre les citoyens selon les options spirituelles dans lesquelles ils se reconnaissent ? L'égalité républicaine se réduirait-elle pour vous à l'égalité des divers croyants, à l'exclusion des humanistes athées ou agnostiques ?

Parler, en l'occurrence, de " toilettage " de la loi de séparation de 1905 est un euphémisme trompeur. Rétablir le financement public des cultes, c'est raturer un des deux articles de cette loi, inscrits sous la rubrique Principes : " La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ". Avouez que renoncer à un principe sur deux, c'est plus que toiletter la loi. C'est l'abolir. Depuis le 1er janvier 1906, toute construction d'un nouveau lieu de culte est à la charge des seuls fidèles, quelle que soit la religion en jeu. Telle est la règle, et les entorses trop fréquentes qui la bafouent ne sauraient pas plus faire jurisprudence que le fait de griller les feux rouges n'appelle leur abolition.

Quelle priorité pour les pouvoirs publics ? Le rapport Machelon, qui a votre sympathie, utilise le concept de liberté de religion, pour permettre le glissement du " libre exercice des cultes ", garanti par le premier article de la loi, à la nécessité supposée de financer les cultes. Joli jeu de mots et vrai tour de passe-passe, qui risque de tromper. En République, seul l'intérêt général, commun à tous, portant sur les biens et besoins de portée universelle, mérite financement public.

Or, la religion n'est pas un service public, comme l'instruction, la culture ou la santé. Elle n'engage en effet que les fidèles, c'est-à-dire une partie des citoyens seulement. La puissance publique, dont les fonds résultent des impôts payés par des athées autant que par des croyants, n'a donc pas à financer les cultes, pas plus qu'elle n'aurait à financer la diffusion de l'athéisme. En convenez-vous ? L'Etat, jugé trop pauvre pour assurer les finalités sociales des services publics qui concernent tous les citoyens, serait donc assez riche pour financer l'option religieuse, qui pourtant n'en concerne que certains. Révoltant paradoxe : briser la laïcité en même temps que les services publics. Et faire passer cette régression par le supplément d'âme d'un monde sans âme, alliant le baume communautariste et le privilège public des religions.

Quelle conception de la lutte contre le fanatisme ? Vous dites vouloir éviter les interventions étrangères, notamment les financements venus de pays peu respectueux des valeurs républicaines et démocratiques. Et vous affirmez qu'en payant, on pourra mieux contrôler. Fausse évidence. Car enfin, quel lien juridique y a-t-il entre le financement et un droit de regard sur les propos des responsables religieux dans les lieux de
culte ? Il ne peut exister que par le rétablissement d'une démarche concordataire, c'est-à-dire anti-laïque. Napoléon avait fait le concordat de 1801 en assortissant le financement public des cultes d'allégeances obligées des autorités religieuses à son pouvoir. Soit un système assez humiliant pour les croyants, puisqu'en somme il les achète.

Dans une République laïque, il ne saurait y avoir d'allégeance assortie de privilège. Veut-on imposer une orthodoxie aux religions ? Qui ne voit le caractère infaisable, et irrecevable, d'une telle perspective ? Bref, il n'est pas nécessaire de payer pour contrôler. Seul vaut l'Etat de droit. Et ce qui importe n'est pas la nationalité d'un imam, mais son respect des lois républicaines. Ne nous trompons pas de combat. Ce n'est pas l'étranger comme tel qui pose problème à la République, mais celui qui entend s'affranchir de la loi commune pour lui substituer sa loi particulière, qu'elle soit religieuse ou coutumière.

Enfin, que reste-t-il de la laïcité si on rétablit un financement discriminatoire ? La République n'est pas une juxtaposition de communautés particulières. Il n'y a pas en France cinq millions de " musulmans ", mais cinq millions de personnes issues de l'immigration maghrébine ou turque, très diverses dans leurs choix spirituels. Seule une petite minorité d'entre elles fréquente la mosquée, la majeure partie faisant de la religion une affaire privée, ou ne se référant à l'islam que par une sorte de solidarité imaginaire. Dès lors, la République doit-elle renoncer à la laïcité pour satisfaire cette minorité, ou concentrer les deniers publics sur la redistribution par les services publics, la gratuité des soins, le logement social ou la lutte contre l'échec scolaire, qui concernent tous les hommes, sans distinction de nationalité ou de choix spirituels ?

Il est évidemment essentiel de permettre aux croyants l'acquisition des terrains qu'ils financeront, et toute discrimination foncière doit être combattue. Le prétexte invoqué pour l'abolition de la loi de 1905 est l'aide à apporter aux citoyens de confession musulmane. Or la promotion du bien commun à tous, et non la prise en charge publique de la religion, est la meilleure réponse au problème soulevé. C'est aussi la seule légitime. Si l'on brouille la frontière pourtant nette entre le culturel et le cultuel, on parachève le démantèlement de la loi. Les mots ont un sens, et tout glissement visant à confondre ce qui est distinct est une malhonnêteté. Cela s'appelle du détournement des deniers publics.

Nulle polémique dans de telles interrogations, mais l'inquiétude vive d'un républicain qui n'est pas décidé à admettre de nouveaux empiétements programmés contre la laïcité, à contre-courant des grandes conquêtes de l'esprit de liberté. La conscience citoyenne ne peut que s'insurger.

Henri Pena-Ruiz

Philosophe, écrivain,
ancien membre de la commission Stasi


Suisse : Raël

Raël gourou non grata en terres valaisannes

Le Temps, 20 février 2007 par Laurent Nicolet

[Texte intégral]

VALAIS. L'Etat refuse de délivrer un permis de séjour. Par respect de l'ordre public.

Demi-frère de Jésus, peut-être, mais Valaisan sûrement pas. Claude Vorilhon, alias Raël, s'est en effet vu refuser une autorisation de séjour à Miège, déposée par un encaveur local, Allan Tschopp, lui-même guide raélien. Le Service de l'état civil et des étrangers indique avoir pris cette décision «pour des motifs liés à l'ordre public et à la protection de la morale».

«Dérives sexuelles»

Dans le collimateur, trois thèmes de la doctrine raélienne: la géniocratie d'abord, un modèle politique basé sur le coefficient intellectuel des individus» est «de nature à choquer les convictions démocratiques et antidiscriminatoires de l'Etat de droit». Le clonage, ensuite, que Raël prône à travers sa société Clonaid, est «formellement interdit par le droit suisse». Enfin, la «doctrine sexuelle» des raéliens - «liberté absolue» et éducation «pratique» -, qui serait «de nature à provoquer des dérives sexuelles à l'égard d'enfants mineurs, sévèrement réprimées par le Code pénal suisse».

Allan Tschopp a déjà fait savoir que tout cela n'était que faux prétextes, basés sur «des rumeurs», et que la véritable raison du niet valaisan au représentant des élohims était à chercher dans «l'intolérance envers les minorités religieuses». Allan Tschopp explique également que sa cave avait engagé Raël «pour vendre nos vins à l'étranger».

Cheffe du Service des étrangers, Françoise Gianadda rétorque avoir «bien potassé le dossier», certifie que «la liberté d'opinion et de croyance n'est pas remise en question: nous n'avons d'ailleurs pas pris en considération les attaques des raéliens contre l'Eglise catholique».

Recours annoncé

Françoise Gianadda explique ainsi que l'Etat du Valais «ne s'est pas appuyé sur le Code pénal ni sur les législations sur les sectes. Nous avons simplement estimé que le message véhiculé par Raël pouvait porter atteinte à l'ordre public.»

Au sujet de l'emploi de marchand de vins qu'aurait dû occuper Raël, Françoise Gianadda reste dubitative: «Franchement, vous imaginez que le prophète, le berger des bergers, comme il se fait appeler, va se mettre à travailler comme le commun des mortels?»

Le mouvement raélien a annoncé son intention de faire recours et même d'aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme, estimant que les accords de Schengen n'ont pas été respectés. Françoise Gianadda admet que les refus de séjour pour des ressortissants européens «sont plutôt rares puisque, dans leur cas, c'est la libre circulation qui s'applique. Mais c'est déjà arrivé lorsque par exemple la sécurité publique est menacée.»

Raël pourra toujours redire ce qu'il avait déclaré en 2005 dans Le Nouvelliste: «Je m'en fous si les Valaisans ne m'aiment pas. Moi je m'aime.»


Canada : Moïse (Rock Thériault)

Une rescapée de la secte de Moïse à Pierreville

Courrier du Sud, 21 février 2007

[Texte intégral]

Gabrielle Lavallée, infirmière de formation, a été manipulée et dominée par Roch Thériault, alias Moïse, aujourd’hui en prison.

Pour souligner la Journée internationale de la femme, le 8 mars prochain, madame Gabrielle Lavallée connue pour son témoignage des abus subis au sein de la secte de Moïse donnera une conférence.

Son livre, «L’alliance de la brebis», s’est vendu à plus de 230 000 exemplaires. Aujourd’hui c’est son combat : elle travaille à la prévention de la manipulation envers les femmes. Au cours de cette conférence, Madame Lavallée parlera de son expérience et expliquera comment reconnaître la manipulation et les manipulateurs et en éviter les pièges.

L’activité se tiendra à l’École Maurault de Pierreville.


France : Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah demandent la dissolution d'une association

La Croix , 22 février 2007

[Texte intégral]

EPINAL - Les témoins de Jéhovah ont demandé jeudi la dissolution d'une association qui milite contre la construction d'une "Salle du Royaume", leur lieu de culte, à Deyvillers (Vosges) lors d'une audience devant le tribunal d'Epinal.

Le plaignant, l'Association régionale pour le culte des témoins de Jéhovah de l'Est de la France, interrogée par l'AFP, n'a souhaité faire aucun commentaire. Une avocate d'Epinal mandatée par un cabinet parisien s'est contentée de déposer une nouvelle pièce au dossier, a constaté l'AFP.

Pour Me Gérard Welzer, l'avocat de l'Association de défense de l'environnement de Deyvillers (Aded), menacée de dissolution, "il n'y a eu aucune infraction" notamment pour trouble à l'ordre public, et "la "liberté d'association est en cause". L'avocat a plaidé l'irrecevabilité de la demande des témoins de Jéhovah.

L'Aded avait apporté en janvier 2006 à l'Assemblée nationale une pétition signée par 800 personnes réclamant le soutien des députés contre un projet de construction d'une "Salle du Royaume" des témoins de Jéhovah à Deyvillers.

La pétition demandait également aux députés d'intervenir auprès du ministre des Finances pour exiger du mouvement le règlement de l'intégralité de leur dette fiscale représentant 45 millions d'euros, à la suite d'une décision de la Cour de cassation du 5 octobre 2004.

Dans un communiqué reçu par l'AFP en janvier 2006, l'Association régionale des témoins de Jéhovah estimait que l'Aded "dépasse le cadre légal de la liberté d'expression" en orchestrant "une campagne de dénigrement systématique" et en menant "des actions de nature discriminatoire pour empêcher la construction d'un édifice de culte".

Le tribunal d'Epinal a mis son jugement en délibéré au 10 mai.


France : Sectes

Le Parlement renforce la protection de l'enfance face à la maltraitance

AFP, 22 février 2007 Par Souk Chanthalangsy

[Texte intégral]

Paris - Le Parlement a définitivement adopté jeudi le projet de réforme de la protection de l'enfance, qui vise à améliorer la prévention et le signalement des situations à risque, face à la montée constante de la maltraitance des mineurs.

Les députés, qui examinaient en deuxième lecture le projet de loi de Philippe Bas (Famille), ont approuvé le texte dans les mêmes termes que les sénateurs, le 12 janvier, mettant fin ainsi aux navettes arlementaires.
Tout en saluant les "avancées" du texte, PS et PCF se sont abstenus, jugeant son contenu "insuffisant".

"Ce texte doit nous permettre de mettre fin à des situations bouleversantes de tant d'enfants qui souffrent en secret, en silence, pendant des années, sans que personne ne s'en aperçoive, sans que personne ne leur vienne en aide", a souligné M. Bas, en appelant au consensus des députés.
Le projet de loi, attendu par l'ensemble des acteurs de la protection de l'enfance, vise à renforcer la prévention et le signalement des situations à risque pour les mineurs, dont près de 20.000 sont victimes de maltraitance chaque année en France.

Il confirme le rôle central du président du conseil général dans le dispositif de signalement des mineurs en danger, et prévoit la mise en place dans les départements d'une "cellule de recueil, de traitement et d'évaluation des informations préoccupantes relatives aux mineurs".

Trois axes d'intervention sont prévus: "renforcer la prévention pour venir en aide aux enfants et à leurs parents avant qu'il ne soit trop tard", "organiser le signalement pour détecter plus tôt et traiter plus efficacement les situations de danger" et "diversifier les modes de prise en charge, afin de les adapter aux besoins de chaque enfant".

Au fil des travaux, commencés le 20 juin 2006 au Sénat, une série de mesures a été introduite dans le texte, comme l'instauration d'une visite médicale triennale, obligatoire et gratuite, pour tous les enfants entre 6 et 15 ans, et la possibilité pour un mineur "capable de discernement" d'être entendu par le
juge dans toute procédure le concernant.

Ont été prises en compte plusieurs dispositions destinées à lutter contre les mouvements sectaires. L'une d'elles punit de six mois de prison et 3.750 euros d'amende le fait de s'opposer aux obligations de vaccination des enfants.

Les affaires de pédophilie, de maltraitance ou de meurtres d'enfants ont été rappelées en séance dans les deux assemblées, comme le très médiatique procès d'Outreau, la découverte en 2004 de cinq jeunes enfants sous-alimentés au milieu d'immondices dans un appartement de Drancy, ou les meurtres des petits Mathias et Madison en mai 2006.

Lors du débat de jeudi, plusieurs orateurs - à l'instar de Patrick Braouezec (PCF) et Lilian Zanchi (PS) - ont regretté "l'inscription trop tardive" de ce texte à l'ordre du jour.

"Avec la fin de la législature, le temps est compté. La priorité doit être accordée à l'adoption définitive du projet de loi, même imparfait", soulignait dans son rapport Valérie Pécresse (UMP), représentée en séance jeudi par le président de la commission des Affaires sociales, Jean-Michel Dubernard.

Selon Mme Pécresse,"deux enfants meurent encore chaque semaine de mauvais traitements" en France, et le nombre d'enfants maltraités se situe aujourd'hui "autour de 20.000 par an", tandis que "250.000 enfants" font l'objet aujourd'hui d'une mesure de protection
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Canada : Rastafarisme

Aux racines du Rastafarisme

Cyberpresse, 23 février 2007 par Philippe Renaud - La PresseCollaboration spéciale

[Texte intégral]

Tour à tour considéré comme une religion, un mouvement spirituel, une philosophie ou une force politique (en Jamaïque, certainement), le rastafarisme se limite pour plusieurs à un cliché : le fan de Bob Marley, portant les dreads, les yeux rougis par l'absorption de la fumée du cannabis. Mais encore? En voici les grandes lignes.

Le rastafarisme est d'abord une religion s'appuyant sur certains écrits de l'Ancien Testament - le Livre de la Révélation, le Livre des Rois, le Deutéronome, le Lévitique. Ses adeptes croient que l'empereur Hailé Sélassié 1er, roi d'Éthiopie de 1930 à 1974, est le Messie annoncé, l'incarnation de Dieu (Jah), le Ras Tafari. Traduit de l'amharique, langue éthiopienne, «ras» signifie «roi» et
«tafari», créateur.

La religion rasta n'est pas organisée autour d'une structure, d'une Église. C'est une religion personnelle, qui met l'emphase sur la dignité individuelle et un amour profond pour Dieu.

Less rastas n'ont donc pas de lieux de culte. Cependant, certains d'entre eux font partie de regroupements tels que les Twelve Tribes of Israel, les Nyabinghi ou les Bobo Ashanti (les «bobo dreads», qu'on reconnaît à leur turban). Le plus important regroupement, Twelve Tribes of Israel, qui accepte les adeptes de toutes les races, considère le Christ comme le sauveur, au même titre que Hailé Sélassié 1er.

Le mouvement est représenté partout dans le monde. Au Canada, selon le recensement de 2001, seulement 1135 Canadiens se disaient des adeptes du rastafarisme -865 hommes et 270 femmes-, pour la plupart âgés de 25 à 44 ans.

Mais pour les premiers adeptes, il s'agit tout autant d'un mouvement afrocentrique qui a pris une dimension politique dans les années 60 et 70 et dont la popularité en Jamaïque a coïncidé avec la montée du mouvement nationaliste.

Le roi Sélassié

Il est largement admis que l'année zéro du rastafarisme correspond au couronnement de Hailé Sélassié 1er à la tête de l'État éthiopien, en 1930. Sélassié, descendant direct du roi Salomon (il serait de la 225e génération), était alors reconnu comme chef d'État sur la scène internationale. «À l'impact que le Ras Tafari a eu devant les forces internationales, pour les fils de la diaspora africaine, le couronnement de Hailé Sélassié devenait à ce jour le plus important événement du XXe siècle», insiste Lloyd Bradley, auteur de Bass Culture : When Reggae Was King, important ouvrage sur la musique et la culture jamaïcaine.

L'histoire de la montée en popularité du rastafarisme est marquée par plusieurs héros, aujourd'hui considérés comme des prophètes. Le plus important d'entre eux est Marcus Mosiah Garvey le «Jean le Baptiste noir», proclamé héros national par le gouvernement jamaïcain en 1964, 24 ans après sa mort survenue à Londres, où il a été enterré avant que l'État jamaïcain ne rapatrie sa dépouille.

L'apôtre Bob Marley

Cela dit, Robert Nesta Marley est sans l'ombre d'un doute l'ambassadeur le plus reconnu du mouvement rasta. Détail intéressant : Bob Marley, alors aux États-Unis, n'a pas été témoin de la légendaire visite officielle du Ras Tafari Hailé Sélassié 1er en Jamaïque le 21 avril 1966, au cours de laquelle un nombre vaguement estimé de 100 000 à 200 000 rastas étaient venus l'accueillir.

C'est sa femme Rita Marley qui, ayant été témoin de l'événement, a converti Bob au rastafarisme. Bien qu'une des caractéristiques de son oeuvre réside dans l'universalité des thèmes qu'il aborde - paix, amour, justice sociale -, plusieurs de ses chansons évoquent des thèmes chers au rastafarisme : Exodus, Redemption Song, Iron Lion Zion, 400 Years, Natural Mystic, One Foundation, Rasta Man Chant.

Cependant, ses voyages en Afrique, où il a pris acte de la pauvreté et de l'injustice qui y régnaient, lui ont fait douter de sa foi. Peu avant sa mort, Marley s'est converti à l'Église orthodoxe éthiopienne qui, tout en conservant plusieurs bases du rastafarisme, évacue cependant la croyance que le Ras Tafari soit le Messie.


France : Iboga

L'iboga au coeur d'une enquête

La Croix, 27 février 2007 par Piotr Smolar

[Texte intégral]

L'iboga, une racine gabonaise, au coeur d'une enquête pour homicide involontaire

FAIT DIVERS La plante utilisée lors de séminaires de sevrage n'est pas interdite en France

 A 27 ANS, Jerry, toxicomane, voulait " devenir un homme normal ", a-t-il écrit de sa main sur le questionnaire d'inscription à un séminaire de sevrage très particulier, rempli le 16 juin 2006. Avant la signature, il a sûrement lu le petit paragraphe de bas de page. " J'ai bien noté qu'il ne s'agit en aucun cas d'un traitement médical, mais d'une recherche spirituelle réalisée dans le cadre du culte traditionnel bwiti. (...) Je connais les risques de prise d'une plante telle que l'iboga ", est-il précisé. Un mois plus tard, le 18 juillet 2006, les gendarmes ont découvert son corps dans le château de Liviers à La Voulte-sur-Rhône (Ardèche).

Le culte bwiti est une tradition ancestrale gabonaise, héritée des Pygmées, permettant d'accéder à l'âge adulte. Il mélange des incantations, de la musique et des danses très réglementées, sous l'autorité d'un nganga, maître de cérémonie et guérisseur. L'ingrédient indispensable à ce rite est l'iboga, une plante classée patrimoine national au Gabon, dont les effets sont redoutables. Consommée en poudre - le goût est répugnant, paraît-il, mais on peut la dissoudre dans l'eau -, elle permet, selon ses adeptes, de faire une introspection vertigineuse, de dénouer des noeuds intérieurs, de remonter le cours de sa vie jusqu'à l'enfance sous forme de visions. Elle aurait aussi des vertus de sevrage. Le problème, c'est que Jerry consommait beaucoup de drogues. Leur effet, ajouté à celui de l'alcool, a été décuplé par l'iboga et a, semble-t-il, entraîné sa mort.

Le parquet de Privas a ouvert une information judiciaire pour " homicide involontaire ". Le couple qui organise les séminaires a été mis en examen, de même que deux assistants. Seule une personne a été incarcérée : Mallendi. C'est le nom de nganga de Herman Nzamba Boussougou, 26 ans. Détenu à la maison d'arrêt de Valence depuis le 27 janvier, ce " tradipraticien " agréé au Gabon assure qu'il n'était pas présent sur le territoire au moment du séminaire fatal.

" Détantion arbitraire"

Le juge des libertés et de la détention a rejeté sa demande de remise en liberté, craignant qu'il ne quitte le territoire alors qu'il " reconnaît l'administration de cette plante à plus de 1 000 personnes, qui ont participé à des séminaires " et versé 200 euros. " On a pourtant apporté la preuve de son absence, avec la facture du billet d'avion et le coupon d'embarquement au retour ", clame la compagne de Mallendi, Bertine Djomo, attachée commerciale, âgée de 28 ans.

Chamane élevé au milieu des plantes au Gabon, Mallendi vit en France depuis 2001. Son unique source de revenus - entre 3 000 et 4 000 euros mensuels, en moyenne - provient des cérémonies et de la distribution de l'iboga, au cours des trois nuits rituelles (la mort, la renaissance et la célébration).

Assis sur des nattes au milieu de plantes, de reliques, de graines et de plumes de perroquet, les adeptes de l'iboga consomment la racine sur un air d'arc-en-bouche - instrument sacré millénaire - et de harpe à huit cordes sculptée en forme de femme. " Pendant leur voyage, certains pleurent, crient ou ont mal au plexus, explique Bertine Djomo. Moi, je rigolais tout le temps. Quand une personne délire, le nganga peut lui donner un antidote. C'est lui qui maîtrise les doses. "

Les enquêteurs et le juge estiment que l'iboga est à l'origine du décès de Jerry et considèrent Mallendi comme le pourvoyeur de la racine... qui n'est pourtant pas interdite en France ! " Cette détention est totalement arbitraire, assure son avocat, Me Eric Plouvier, parce que l'iboga n'est pas classée comme une drogue et que Mallendi était absent au moment des faits. On est en présence d'un refus radical et aveugle de cette culture africaine, avec des juges qui se substituent au législateur. "

Dans le dossier figurent des attestations de consommateurs d'iboga, parmi lesquels un ingénieur et de hauts fonctionnaires, se portant garant de la probité de Mallendi. M. et Mme S., organisateurs des séminaires, ont été mis en examen pour les mêmes chefs - " homicide involontaire " et " mise en danger de la vie d'autrui " - mais laissés en liberté. Jeanne S. a pourtant reconnu qu'elle avait donné l'iboga à Jerry, alors qu'il avait bu de l'alcool et pris de la méthadone. " Durant toute la soirée et la nuit je lui ai donné trois cuillères d'iboga alors que dans le même temps les autres en avaient, eux, huit ", a-t-elle expliqué aux gendarmes.

A ses yeux aussi, l'iboga n'est pas dangereuse en soi. " On peut l'introduire en France comme des pommes de terre ! précise Mme S., jointe par téléphone. Cette racine n'a jamais tué personne, sauf si elle est mélangée avec d'autres produits. On peut même en manger une ou deux assiettes. "

Dans son rapport 2006 sur les dérives sectaires, la Miviludes s'est émue du développement de ces séminaires dédiés à l'iboga. La vente et la consommation de sa racine sont interdites aux Etats-Unis, en Suisse et en Belgique. Selon le ministère de la santé, elle constitue, à forte dose, un hallucinogène. " Le classement de l'iboga sur la liste des stupéfiants pourrait être proposé ", affirme la Miviludes. Pendant ce temps, sur Internet, la culture chamanique du Gabon n'a jamais été aussi populaire.


France : Sectes

Assemblée Nationale - Question Georges Fenech - Ecole Nationale de la Magistrature

JO, 27 février 2007

12ème législature
Question N° : 119515  de M. Fenech Georges(Union pour un Mouvement Populaire - Rhône) QE
Ministère interrogé :  justice
Ministère attributaire :  justice
 Question publiée au JO le : 27/02/2007 page : 2046
 
Rubrique :  grandes écoles
Tête d'analyse :  ENM
Analyse :  formation continue. dérives sectaires. perspectives
Texte de la QUESTION M. Georges Fenech attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la formation relative aux sectes, dispensée depuis dix ans à l'occasion de la session annuelle de formation continue de l'Ecole nationale de la magistrature. L'objet est de sensibiliser les praticiens sur les moyens de lutte contres les dérives sectaires. Malgré son succès auprès des magistrats et des fonctionnaires des différents ministères, ainsi que son efficacité reconnue par la pratique, la chancellerie a récemment mis en cause cette mesure en invoquant les principes budgétaires de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances). Ainsi, la formation programmée en novembre 2007, ramenée à trois jours contre cinq auparavant, concernera seulement quarante agents de l'État contre cent cinquante précédemment. Il lui demande les raisons de cette décision contraire de toute évidence aux préconisations rendues publiques le 19 décembre 2006 par la commission d'enquête parlementaire, relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs. Cette commission relevait l'atout primordial de l'approche interministérielle de la formation continue de l'école nationale de la magistrature sur les dérives sectaires et préconisait, de manière générale, un développement significatif des formations sur le fait sectaire et de manière prioritaire à l'égard des juges aux affaires familiales et des juges des enfants. En outre, elle préconisait l'introduction de modules de sensibilisation dès la formation initiale des futurs magistrats. Il lui demande si les rationalisations budgétaires découlant de la LOLF peuvent justifier, par la remise en cause, voire l'abandon d'une formation de qualité, le désengagement de la chancellerie sur un phénomène de société en développement et dont les victimes appartiennent à des publics fragilisés au premier rang desquels se trouvent les mineurs. 
 
UMP12Rhône-AlpesN


France : Religions

L'Eglise confirme la rupture avec Saint-Nicolas-du-Chardonnet

La Croix, 28 février 2007 par Jean-Marie Guénois

[Texte intégral]

Par un communiqué publié hier, jour du 30e anniversaire de loccupation par la force de l’église Saint-Nicolas­ du-Chardonnet, le diocèse de Paris récuse toute normalisation dune telle situation.
« La déchirure demeure », insiste le texte

L
archevêché de Paris a haussé le ton, hier, trente ans jour pour jour après loccupation de force par des intégristes de léglise Saint-Nicolas-du-Char­donnet, au coeur du Quartier latin. Par un communiqué, Mgr André Vingt-Trois a voulu rappeler «la rupture» que «bien des chrétiens assistant aux offices religieux de Saint-Nicolas-du-Chardonnet igno­rent ». Des chrétiens qui pourraient d’ailleurs être « abusés par les propos tenus par les clercs de cette église ».

Le communiqué rappelle les motifs de cette rupture: «Il y a trente ans, des prêtres et des chrétiens ont occupé par force et contrairement à la loi une église de Paris, Saint­ Nicolas-du-Chardonnet. Ils en ont chassé le curé et les prêtres légitimes, et ils ont privé les fidèles de lusage de leur église paroissiale. Onze ans plus tard, les prêtres occupant cette église ont adhéré à lacte schismati­ que de Mgr Marcel Lefebvre du 30 juin 1988. La déchirure était consommée. Cette déchirure

demeure. »

Le communiqué du diocèse insiste sur le fait que les prêtres officiant actuellement à Saint-Nicolas-du­ Chardonnet «ne sont pas incardinés au diocèse de Paris ni dans un autre diocèse ou une communauté de lÉglise catholique. Ils nont reçu aucune mission de larchevêque de Paris.» Surtout, plus quil y a dix ans, le nouvel archevêque semble vouloir mettre en évidence que le problème vient de létat desprit des occupants et non du diocèse. « Ils ne reconnaissent pas lentière validité et la rectitude de lenseignement» de Vatican II, et restent sourds à la main tendue. « Le pape Jean-Paul II a multiplié en vain les tentatives de dia­ logue pour le maintien et le rétablis­sement de lunité, tant avant quaprès lacte schismatique de Mgr Lefebvre. Le pape Benoît XVI poursuit cet effort pour ramener tous les fidèles catholiques dans lunité. »

Le communiqué rappelle enfin que le cardinal Jean-Marie Lustiger avait demandé aux curés de trois églises parisiennes (Sainte-Odile, Saint­ Eugène et Notre-Dame-du-Lys) de célébrer « pour ces chrétiens la messe selon le missel en vigueur avant le concile Vatican II ». Il se conclut par un appel à «tous les catholiques» de Paris de prier pour lunité, qui «demeure un devoir pour tous les disciples de Jésus-Christ ».

Le nouvel archevêque de Paris se situe ainsi clairement dans la ligne de son prédécesseur. En aucun cas, Mgr Vingt-Trois nentend admettre une normalisation de ce quil con­ sidère comme un état de fait acquis par la force. Une normalisation, par installation dans le temps, que pou­vait laisser entendre la célébration de cet anniversaire, le 18 février, par Mgr Bernard Fellay. Dans son homélie, le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (ordonné évêque illicitement par Mgr Lefebvre en 1988) a justifié «pour longtemps» létat de « nécessité » qui a transformé cette « action héroïque » en « acte de restitution au culte catholique romain de cette église ».

Mgr Fellay a également salué le courage de ceux qui, il y a trente ans, ont accompli cette « prise
d
église », en mouvement de « libération » contre ces « évêques et pasteurs qui, suite au Concile, asphyxient la vie catholique ». Et il a prévenu que si Rome publie un motu proprio libéralisant lusage de la messe de saint Pie V, ce « premier pas nécessaire» ne changerait absolument rien : « La Fraternité ne bougera pas », a-t-il lancé dans une église comble, estimant quil faut changer aussi «les principes mor­bides, empoisonnés qui paralysent lÉglise depuis quarante ans », visant « lirénisme, loecuménisme, la liberté religieuse, la démolition de lautorité personnelle et hiérarchique » Sans le nommer, Mgr Fellay a éga­lement attaqué lattitude du grand absent de ce 30 e anniversaire : labbé Philippe Laguérie, qui fut curé de Saint-Nicolas - d u- Chardonnet jusquen 1997. Et pour cause: ce dernier, encensé pour sa pugnacité au moment du 20 e anniversaire, a été ensuite exclu de la Fraternité. Nommé par Rome il y a six mois supérieur de lInstitut du Bon-Pasteur créé à Bordeaux, il a été auto­risé à célébrer selon lancien rite et à former des prêtres. Derrière lui, une partie des fidèles de Mgr Lefebvre qui se trouvent fort divisés, dont des anciens paroissiens de Saint-Nico­ las réunis dans lassociation Sensus Fidei et animés par une volonté de retour au sein de lÉglise catholique. Le 18 février, Mgr Fellay, en chaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, fustigeait ce genre daccord con­clu avec le Vatican: «Cest perdu davance, cest un suicide qui remet en cause tout ce combat. »


France : Sectes

La liberté éducative des parents mise en cause par le Parlement

Liberté Politique , 28 février 2007 par Thierry Boutet

[Texte intégral]

Un amendement à la loi sur la protection de l’enfance, a été adopté en seconde lecture à l’Assemblée, jeudi 22 février : il ne sera plus possible de scolariser à domicile que les enfants d'une seule famille.

Les « petites écoles familiales » qui permettent le regroupement d'un nombre limité d'enfants dans le cadre du préceptorat, risquent d’être interdites. Elles servent aujourd’hui souvent de tremplin pour la création d'écoles hors contrat. Et elles sont souvent la seule solution envisageable pour éviter de scolariser ses enfants dans une école qui pour des raisons religieuses, morales, pédagogiques, voire de sécurité, ne convient pas aux parents.

Le sénateur Bernard Seillier a tenté de s’opposer en vain à cet amendement. À l’origine, raconte-t-il, un texte sur la protection de l'enfance soutenu par le ministre délégué à la Famille, Philippe Bas, était en navette à l'Assemblée après une première lecture au Sénat. Rien ne concernait la scolarité des enfants. Or une collision s'est produite à l'Assemblée avec la publication du rapport 2006 de la Mission interministérielle de lutte et de vigilance contre les dérives sectaires (Miviludes). Les députés ont alors tenté de truffer le texte sur la protection de l'enfance de dispositions anti-sectes.

Le ministre Philippe Bas a déminé au maximum son texte, explique le sénateur, pour neutraliser les dispositions que les députés tentaient de lui imposer. Il a assez bien réussi, sauf pour l’école à domicile. Les députés ont introduit un amendement limitant aux enfants de deux familles la possibilité de suivre une scolarité à la maison. Ce nombre de deux est assez incongru. En fait, les députés pensaient inscrire dans la loi la jurisprudence de la Cour de cassation constante depuis 1903, et qui limitait aux enfants d'une seule famille cette liberté fondamentale.

Ceci explique pourquoi le Sénat a réduit de deux à une famille cette disposition, par souci de conformité à la jurisprudence.

Ce que voyant, le sénateur Seillier a déposé un sous-amendement pour élargir la possibilité d'accueil à domicile mais l'opposition a été générale dans l'hémicycle. Le rapporteur de la loi antisecte, Nicolas About, s'est montré particulièrement dur sur ces amendements et sous-amendements.

Finalement, les députés ont voté l’amendement des sénateurs. C’est une atteinte grave à la liberté des familles.

Mais c’est l’ensemble de ce texte sur la protection de l’enfance qui est inquiétant. En proposant de remplacer dans le Code de l’action sociale et des familles la notion de « mineurs maltraités » par celle de « mineurs en danger ou qui risquent de l’être », l’administration se donne le droit de définir ce qu’est un mineur en danger ou qui risque de l’être, et cela aussi bien du point de vue du développement physique,[qu’]affectif, intellectuel et social (article L221-1 modifié), et se substituer aux parents pour assurer « une prise en charge partielle ou totale des mineurs » (article 1er). Le nouvel article 1er prévoit que « ces interventions peuvent également être destinées à des majeurs de moins de vingt et un ans connaissant des difficultés susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ».


Canada : Landmark

Trouver le bonheur

Persil2, 28 février 2007 par François Richard

[Texte intégral]

Mouvement de croissance personnelle «extrême»

Montréal Campus - Depuis quelque temps, Josiane* anime des rencontres d’introduction pour la multinationale Forum d’éducation Landmark. «Avant de suivre le séminaire, je n’aurais jamais osé prendre la parole en public de cette façon», déclare-t-elle dès les premières minutes de la séance d’information. La jeune femme, qui gagne sa vie comme gérante dans un magasin de vente au détail, n’est pas rémunérée pour le travail de recrutement qu’elle effectue. «Ça m’aide à progresser dans le cadre de mon apprentissage de la méthode Landmark», avoue-t-elle candidement.

L’étudiante en scénarisation à l’UQAM Annie Chevrier fait aussi du recrutement pour Landmark dans ses temps libres. Elle explique que ce travail fait partie d’un programme d’éducation appelé «assistance». L’enrôleuse insiste sur le fait que cette occupation n’est pas un travail, mais fait plutôt partie d’une démarche de croissance personnelle. «Si les gens qui ont suivi un séminaire Landmark tiennent tant à en discuter avec les autres, ce n’est pas à la demande de l’entreprise, mais bien parce qu’on y a vécu des expériences géniales», affirme-t-elle. Le site Internet de Landmark incite toutefois les membres à «aider à organiser et à garantir le succès de diférents événements».

La multinationale Forum d’éducation Landmark a son siège social à San Francisco, en Californie. L’entreprise compte plus d’une cinquantaine de bureaux dans une quinzaine de pays à travers le monde. Le contenu des formations est exactement le même du Japon à l’Afrique, en passant par le Québec. Les animateurs de Landmark font régulièrement le tour du monde afin de présenter des séminaires à plus de 125 000 personnes par année. Le coût d’une formation s’élève à plus de 500$.

«Mouvance messianique»
Le psychologue Ernest Godin s’intéresse au Forum Landmark depuis plusieurs années. Il trouve déplorable qu’une entreprise dont le chiffre d’affaires totalisait 86 millions de dollars US en 2006 utilise ses clients pour faire du recrutement bénévolement. «La politique de recrutement est terrible, déclare-t-il sans hésitation. Ces méthodes relèvent de la mouvance messianique où les nouveaux convertis deviennent les porte-parole de la bonne nouvelle.»

Le groupe de sensibilisation Info-Secte s’est aussi penché sur le cas de Landmark. Son porte-parole, Mike Kropveld, déclare recevoir de temps à autre des appels à propos du mouvement. Dans la majorité des cas, il s’agit de gens qui se disent victimes de pression de la part d’un proche qui a participé à un séminaire Landmark. Mike Kropveld refuse de condamner les méthodes de recrutement de l’organisation, mais souligne le côté insidieux du procédé. «Le mouvement se répand essentiellement par le bouche à oreille, explique-t-il. Si c’est ton meilleur ami qui t’en parle, tu auras tendance à accorder beaucoup plus de crédibilité à ses propos que s’il s’agissait d’un représentant officiel de l’entreprise.»
Josiane et Annie ont d’ailleurs été mises en contact avec Landmark par le biais de connaissances qui avaient participé à un séminaire. Dans le cas de Josiane, il s’agissait de l’une de ses meilleures amies. «Elle me parlait de Landmark souvent, raconte-t-elle. Le séminaire avait été si positif pour elle. Je voulais vivre la même chose.»

«L’extraordinaire en nous»

Durant les séminaires, les participants sont encouragés à fouiller leur passé pour découvrir certains événements marquants qui expliqueraient leurs problèmes actuels. Les clients de Landmark sont ensuite invités à utiliser une série d’outils pour faire la paix avec ce passé et transformer leur façon de vivre au sens large. Différents concepts sont inculqués et «mis en pratique» lors des séminaires. Parmi ceux-ci se trouvent «le pouvoir caché du contexte», «le langage comme voie d’accès à la puissance» et «l’accès à l’extraordinaire en nous».   

Le porte-parole des Sceptiques du Québec, Pierre Cloutier, s’inquiète du niveau d’intensité des séminaires Landmark qui créent, selon lui, un contexte favorable à la manipulation des participants. «Le niveau d’excitation intellectuelle y est très fort, explique-t-il. Les gens sont exténués.» Les trois jours du séminaire Landmark semblent effectivement exténuants. Les journées s’étirent de 9h le matin jusqu’à minuit et le programme comporte des confessions publiques et des discours de motivation en grande quantité.

Ernest Godin ne considère pas que les séminaires Landmark sont mauvais en soi, mais plutôt qu’ils sont propices à créer des problèmes chez certains individus. «L’aspect du Forum qui m’interpelle n’est pas son contenu, mais ses prétentions qui sont nettement exagérées», explique-t-il. Le psychologue souligne l’artificialité des relations que les participants nouent entre eux et avec les animateurs. «Les gens qui souffrent d’isolement y trouvent des contacts instantanés, constate-t-il. Tous les obstacles qui empêchent les gens d’entrer en relation les uns avec les autres dans la vie de tous les jours sont abolis.»

Josiane a vécu cette abolition des obstacles à la communication comme une révélation. Celle qui dit souffrir d’une grande timidité raconte que «durant le séminaire, je n’arrêtais pas de prendre la parole devant une centaine d’inconnus. C’était une libération pour moi.» Elle juge que son rôle d’animatrice de soirées d’information lui permet de solidifier les aptitudes qu’elle a acquises durant le séminaire. «Je continue ainsi à confronter mes peurs tout en faisant bénéficier aux autres ce que j’ai vécu», conclut-elle.      
*Nom fictif


France : Sectes - Formation

« Les entreprises doivent être vigilantes au moment de l'achat de la formation »

Guide formation professionnelle continue , février 2007

Propos recueillis par Sophie PICOT-RAPHANEL
Françoise Chalmeau Conseillère, Miviludes

[Texte intégral]

Lettre d'actualité du mois de février du Guide Formation Professionnelle Continue : interview de Françoise Chalmeau de la Miviludes

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) vient de rendre public son rapport d'activité 2006. Dans ce rapport, on constate que depuis plusieurs années, le marché de la formation professionnelle qui draine des fonds importants ne laisse pas les sectes indifférentes. L'entrée des sectes sur ce marché est favorisée par l'augmentation croissante des prestations visant au développement de la personne ou de ses capacités comportementales ou relationnelles. Françoise Chalmeau nous explique comment bien choisir sa formation pour éviter les organismes utilisant des méthodes sectaires.

- La Miviludes vient de rendre son rapport d'activité 2006. Quel est le rôle de la Miviludes ?

- Françoise Chalmeau :

La Miviludes a plusieurs missions principales qui sont les suivantes :

- observer et analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire ;

- favoriser la coordination de l'action préventive et répressive des pouvoirs publics ;

- contribuer à l'information et à la formation des agents publics ;

- informer le public des risques et faciliter la mise en oeuvre d'actions d'aide aux victimes.

- Dans ce rapport, le secteur de la formation professionnelle fait l'objet d'un examen particulier. Pourquoi ?

- On s'est aperçu à travers les travaux antérieurs sur les sectes que le volet formation était toujours important. On a une multitude de micro structures développant des méthodes diverses et variées.

Ces structures, en général, n'offrent pas seulement des séances de prise en charge du développement personnel ou du bien-être ou des séances à visée thérapeutique ou curative.Elles développent dans la majorité des cas des modules de formation.

Ces modules concernent également le développement personnel ou l'optimisation des performances de l'individu mais aussi l'acquisition de méthodes à dominante psychologique pour que les personnes formées deviennent à leur tour des praticiens de ces méthodes.

Le contenu, la durée et le coût de ces formations sont extrêmement variables. Mais la tendance est à l'allongement de la durée des formations proposées. L'augmentation de la durée entraîne bien evidemment une augmentation du coût de la formation. De plus, toutes ces offres de formation veulent donner une impression de respectabilité. Augmenter la durée donne un plus grand sérieux aux offres.

-Existe-il une définition des sectes ?

- La dérive sectaire est définie par rapport à plusieurs critères de dangerosité. Parmi ces critères, il y a notamment le caractère exorbitant des exigences financières, la rupture avec l'environnement, l'existence d'atteintes à l'intégrité physique, l'embrigadement des enfants et le discours anti-social. Un seul critère ne suffit pas. Tous ces critères ne sont jamais réunis. Mais dès que 2 ou 3 critères sont réunis, on est dans une situation où il faut prendre beaucoup de précautions.

-En matière de formation professionnelle, quel est le but des sectes ?

- Leur première intention est d'avoir une activité professionnelle suffisante pour être une structure rentable. On s'aperçoit qu'à l'examen des chiffres d'affaires de certaines de ces structures, la part qui revient à leurs activités de conseil voire de thérapeute est peu importante. En revanche, l'organisation de stages de formation assure souvent la viabilité économique de ces structures.

La deuxième intention des sectes est bien évidemment de faire de nouveaux adeptes par l'acquisition de méthodes qui vont conduire la personne formée à un style de vie différent avec des valeurs différentes.

Cela conduit à des situations d'emprise et de dépendance.

-Existe-t-il un risque qu'un salarié choisisse un organisme de formation utilisant des méthodessectaires ?

- Oui, le risque existe. La zone de dangerosité se situe dans les offres de formation relatives au développement personnel ou à la motivation du salarié. Le risque existe parce que les méthodes utilisées sont des méthodes psychologiques. En revanche, le risque est quasiment nul concernant les formations relatives au développement de connaissances techniques.

- Avec le DIF, le risque est-il plus grand ?

- Le risque est évidemment plus grand. Mais ce dispositif étant financé par les organismes collecteurs agréés, le responsable hiérarchique ou le responsable des ressources humaines doit s'inquiéter de la thématique envisagée et de l'organisme pressenti par le salarié. Si un doute existe, par exemple, parce que le langage utilisé dans la présentation de la formation est inhabituel, l'employeur peut interroger les organismes financeurs, les partenaires syndicaux ou les organisations professionnelles. Ces différents organismes se préoccupent, en général, du risque sectaire dans l'offre de formation.

- Existe-t-il une liste des organismes de formation utilisant des méthodes sectaires ?

-Une telle liste n'existe pas. Cela serait contraire aux règles de respect des libertés fondamentales. De plus, le secteur est trop « mouvant ». Ce qui est vrai à un moment ne va plus l'être quelque temps après. La vigilance doit vraiment s'exercer sur ce que l'organisme propose et sur les méthodes pour le réaliser. Par exemple, une formation trop exigeante en terme de temps avec des week-end utilisés peut être suspecte.

Quels conseils peut-on donner aux entreprises ?

- Comme je vous l'ai dit, les entreprises doivent être vigilantes par rapport au contenu de la formation et par rapport aux méthodes utilisées. Les conseils à donner concernent donc la méthode d'achat de formation.

Les entreprises privées comme les entreprises publiques doivent élaborer un cahier des charges pour formuler très clairement la nature de leurs besoins en formation. Les prestataires de formation pourront ainsi répondre de la manière la plus précise pour satisfaire ces besoins.

- Après la formation, comment savoir qu'elle a été délivrée par une secte ?

Normalement une formation est suivie d'une évaluation du stage. L'entreprise peut donc s'en rendre compte à travers cette évaluation ou plus directement par un témoignage « alarmant » d'un salarié auprès de son supérieur hiérarchique ou des ressources humaines.

- Comment la Miviludes peut-elle aider les entreprises ?

La Miviludes a, comme indiqué précédemment, une mission d'information et de formation. Elle intervient surtout auprès des organismes et des agents publics. Mais elle peut également intervenir

auprès des chefs d'entreprises qui souhaitent être informés sur le contexte et sur les formes que peuvent prendre les risques de nature sectaire au sein de l'entreprise. A l'avenir, il y aurait sûrement

à s'interroger sur la mise en place d'un système de formation pour se prémunir de manière efficace contre le risque sectaire.