Quand le mouvement raelien prétend avoir "toujours" condamné la pédophilie

(contributions du forum alt.religion.raelian, 6 décembre 2005)

Lors du procès engagé par le mouvement raelien contre le quotidien suisse La liberté en 1997, le Tribunal de district de la Sarine a notamment estimé que le contenu des ouvrages qui constituent la doctrine officielle du mouvement peut « indiscutablement conduire à des comportements prohibés à l'égard des mineurs ».

Le premier article ci-dessous révèle à quel point la condamnation de la pédophilie par le mouvement raelien au début des années 90 était extrêmement molle.

Le second article, paru dans une autre revue interne au milieu des années 80, prône explicitement les relations sexuelles avec des enfants. Mais ce n'est que suite au verdict du procès du mouvement raelien contre La Liberté, soit une dizaine d'années plus tard, que Rael condamne cet article dont il avait probablement approuvé sa publication auparavant.

Voir également un extrait video sur la position ambigue du mouvement raelien au sujet de la pédophilie.


Premier article

Reprenons l'article dans son intégralité :

AU SUJET DE LA PEDOPHILIE

Le respect de l'enfant est à l'ordre du jour dans les Messages. Il n'est pas à sens unique : de l'enfant à l'adulte, mais aussi de l'adulte à l'enfant ! Les messages nous invitent à le traiter comme un individu. Nous l'entourons d'attentions et d'amour. L'enfant est-il en mesure de comprendre nos jeux sexuels, nos façons d'aimer que nous exprimons dans nos rencontres amoureuses entre adultes consentants ?

La première partie du texte ne relève pas vraiment de la condamnation. Mais les éventuels pédophiles sont invités à se poser des questions sur la capacité de l'enfant à comprendre, à consentir, sur la
manipulation toujours possible dans ce type de relation, pour inviter finalement à la prudence. En somme, le texte tente de faire réfléchir ceux qui pourraient être tentés par la pédophilie, ce qui en soi n'est pas mauvais, mais pas suffisant.

La suite du texte est davantage problématique :

L'enfant est-il vraiment consentant à faire l'amour ou à subir notre amour ?

La question du consentement de l'enfant ne devrait pas se poser quand on prétend condamner la pédophilie !

Sans condamner les pédophiles, le Mouvement n'investira pas d'argent à les défendre en cour s'ils sont poursuivis par la justice. C'est aux membres du Mouvement, aux parents raeliens en particulier, de prendre leurs responsabilités en mains. Nous nous souvenons tous lors d'un stage il y a deux ans, je crois, quand RAEL a traité de la question : en résumé, il a dit aux pédophiles de s'abstenir de toute relation intime avec les enfants, d'en faire leur deuil sur terre!

Victor Legendre,
guide national.

Les dirigeants raeliens étaient probablement au courant de l'existence de pédophiles au sein de leur mouvement, et ils leur expliquait qu'il valait mieux s'abstenir  : "d'en faire leur deuil sur terre". En d'autres termes, attendre les robots biologiques pré-pubères de la planète des Elohims... La secte ne condamne pas les pédophiles appartenant au mouvement raelien. En revanche, quelques années plus tard, elle ne se privera pas de condamner les prêtres pédophilies d'une religion concurrente, l'église catholique, par l'intermédiaire de son association Nopedo.


Second article

Article d'Apocalypse International n° 64 (milieu des années 80) :

Les rapports amoureux ou sexuels entre adultes et enfants, violemment réprimés par la société et ses lois, révoltent la plupart des parents. Voici quelques réflexions personnelles, à la lumière des enseignements de nos créateurs les Elohim. dans le but d'amorcer une certaine dédramatisation du sujet.

Le plaisir ne doit pas être réservé qu'aux adultes. La sexualité non plus. A ceux qui lui demandaient quelle avait été la plus grande découverte de sa vie Freud répondait avec une pointe d ironie : "J'ai découvert ce que toutes les bonnes d'enfants savent depuis toujours : l'enfant naît avec un sexe".

Dès la naissance les organes sexuels sont prêts à fonctionner : c'est-à-dire qu'ils sont prêts à procurer du plaisir à l'individu, tout enfant qu'il soit. Et un enfant qui apprend tôt à jouir de son corps, de celui des autres, de ses sens, développe d'autant plus tôt son intelligence. Le plaisir crée des stimulis. Ainsi, un éveil des cellules endormies se produit et le potentiel d'intelligence de l'individu s'accroît grâce aux nouvelles connexions de neurones qui en résultent.

Dans son livre "Les Enfants, le Sexe et Nous", Pierre HANRY nous confie :

"Les femmes qui, fillettes ou/et adolescentes ont régulièrement pratiqué la masturbation parviennent plus rapidement et plus parfaitement à l'orgasme (...) que les autres".

Ailleurs, dans un, vibrant plaidoyer en faveur de la sexualité infantile ("Demain la Société Sexualisée", Calmann-Lévy. 1975), Simone IFF constate que :

"Accepter totalement la sexualité infantile, c'est reconnaître que l'enfant éprouve des besoins et des satisfactions sexuelles du même ordre et de la même qualité que l'adulte. C'est donc n'interdire aucune des manifestations "sexuelles" de l'enfant. La société se doit d'accepter totalement la sexualité - plaisir sans laquelle il est impossible de ne pas entraver le développement psychosexuel de l'enfant."

Michel LOBROT ("Les difficultés sexuelles de l'adulte", ed. E.S.F. collection Sciences de l'Education. 1978) porte aussi un jugement critique significatif sur le sujet : "La sexualité infantile ne demanderait qu'à se développer si la répression sexuelle n'existait pas".

Les différentes sexualités ne se limitant pas au seul coït. La notion de maturité (et d'immaturité) en rapport avec les individus s'avère si je puis dire, un "trompe-l'œil"...

Cette fausse "maturité" que l'on attribue à l'exclusive relation sexuelle adulte-adulte, séquelle de nos longues traditions religieuses, vient du fait que l'on a trop longtemps considéré la reproduction de l'espèce comme le but ultime de toute sexualité, la notion de plaisir étant reléguée au rang de péché...mortel !

De plus, selon Pierre HANRY :

"Il n'est pas sans intérêt de noter que la famille et l'école constituent encore à l'heure actuelle, les principaux bastions de résistance à la reconnaissance de la sexualité infantile. Car nous nous trouvons renvoyés, par cette notion, à l'origine "morale" de la déformation par l'adulte que subit l'enfance : poser l'enfance comme une période préservée des préoccupations sexuelles, en faire l'âge de l'innocence (et par là même fonder le devoir de la préserver) c'est maintenir implicitement, mais efficacement, la condamnation de la sexualité".

Selon la pensée religieuse, psychanalytique, sociale et légale, puisqu'un enfant ne peut physiologiquement se reproduire, on le considère (par le fait même) inapte à assumer sa sexualité. Et pourtant, l'enfant en chacun de nous sait très bien que la sexualité n'est pas une question de performance mais une question de plaisir. Jean- Paul SARTRE disait : "Ce sont les gens de bien qui ont inventé le mal".

Mais que dire de YAHVE, un "vieux" de 24 000 ans avec une "petite jeunette" d'à peine 16 ans... C'est "immoral" et... illégal en plus ! Ça s'appelle un "détournement de mineur" ça monsieur SARTRE ! Si JOSEPH n'a pas porté plainte c'est sans doute parce qu'il ne voulait pas passer pour "cocu" à la face du monde entier... /ad vitam aeternam.../

D'après les messages, les Elohim "éternels" ne semblent pas considérer les Elohim "ordinaires" (bien que moins évolués qu'eux) comme des êtres immatures du fait qu'ils ne sont pas au même stade de développement qu'eux. Et que dire de nous ? Les Elohim nous considèrent-ils comme des êtres immatures : comme des..."enfants" ?

La réponse nous est donnée en page 99 du deuxième message (RAEL :

"Les Extra- Terrestres m'ont emmené sur leur planète", (L'édition du Message), "il faut en effet que les parents comprennent dès la naissance qu'un enfant c'est avant tout un individu et qu'aucun individu ne doit être traité en enfant. Même nos créateurs ne nous traitent pas en enfants mais en individus. C'est pour cela qu'ils n'interviennent pas pour nous aider directement à résoudre nos problèmes..."

Dévaloriser, diminuer, ralentir ou retarder le développement sensuel et sexuel de l'enfant c'est non seulement dévaloriser. diminuer, ralentir ou retarder l'épanouissement tout entier de l'enfant, mais c'est aussi trahir la volonté de nos créateurs :

"Tu éveilleras l'esprit de ton enfant, mais tu éveilleras aussi son corps. Car l'éveil du corps va de paire avec l'éveil de l'esprit. Tous ceux qui cherchent à endormir les corps sont également des endormeurs d'esprits."

En parlant du sexe, la pensée de nos saints frères peut être résumée ainsi :

"Ça ne sert pas seulement à satisfaire des besoins naturels ou à assurer la reproduction. mais également à donner du plaisir aux autres et a soi-même."

"Chacun de nos organes a été créé par nos pères les Elohim pour que nous nous en servions sans en avoir la moindre honte mais en étant heureux de faire fonctionner ce qui a été fait pour fonctionner. Et si le fait de faire fonctionner l'un de ces organes amène du plaisir, c'est que nos créateurs ont voulu que nous ayons du plaisir à nous en servir."

"Tout est permis dans la voie de l'épanouissement de l'ouverture de son corps, donc de son esprit"

La sexualité de l'enfant, c'est le fondement la base de l'édifice humain puisqu'elle débouche sur l'amour et l'harmonie. Choisirions-nous consciemment, délibérément, de bâtir l'édifice humain de nos propres enfants sur des interdits, des tabous et des préjugés, comme ceux qu'on enseigne, malgré tout, à nos propres enfants tous les jours à l'école, dans la société, dans la rue ?... ("Ote tes mains de là, petit vicieux !" "Ne touche pas à ta vulve, tu pourrais faire de l'infection !". Les adultes qui font ça ne sont pas "normaux", ce sont des "malades". "Ils sont frustrés parce qu'ils ne peuvent pas trouver de femme avec qui le faire", etc...).

Mais non, l'attirance physique et sexuelle de l'enfant n'est pas plus une maladie chez l'adulte qu'elle ne l'est chez l'enfant lui-même. (" ... malgré la résistance que nous avons à le reconnaître, l'enfant est pour l'adulte, un objet sexuel privilégié..." d'après Pierre HANRY). Non ce n'est pas par "frustration" (de la femme) que l'homme aime passionnément, intensément, amoureusement l'enfant.

Bien sûr, il y a les cas d'abus et de violence. Par extension, devrait-on proscrire les relations hétérosexuelles entre adultes sous prétexte que des hommes agressifs violent des femmes par centaines à Montréal et par milliers à Los Angeles ou New York chaque jour ?

Voilà bien un sujet qui révolte la majorité des gens car c'est un sujet qu'ils ne connaissent et ne reconnaissent pas. Puis, on s'évertue dans les médias d'information à attiser cette haine et cette méconnaissance en assimilant les relations amoureuses avec la violence faite à certains enfants.

Oh ! que non ! L'amour n'est pas violent. L'amour enfant-adulte, c'est une réalité. On en retrouve plein d'exemples dans l'histoire (Jules César, Michel-Ange. Sheakespeare, Jean de la Fontaine, Lewis Carol, etc...d'après Jacques SOLE. auteur de "L'Amour en Occident à l'époque moderne", éditions Albin Michel), même chez les animaux !

C'est une sexualité différente marginale certes, mais néanmoins enrichissante et épanouissante tant pour l'enfant que pour l'adulte surtout si cette "sexualité marginale" peut être assumée dans un climat harmonieux sans culpabilité aucune, avec respect et amour.

En poursuivant sur la lancée de Pierre HANRY (parlant de la légende d'Œdipe) :

"Découvrant l'horrible vérité. Œdipe s'est crevé les yeux pour ne plus voir une réalité qui n'était, en fin de compte, que celle de son sexe N'aurions-nous pas avantage à prendre garde de ne pas faire comme lui. à propos de la sexualité de nos enfants ?"

Et c’est sur ce vœu légitime de Simone IFF (inspiré du combat du Mouvement Français pour le Planning Familial) que je veux conclure :

"Nous pensons que seule la société qui déculpabiliserait la sexualité assurerait le développement psychosexuel harmonieux de l'enfant et de l'adulte dans le plaisir et reconnaîtrait la femme, l'homme et l'enfant capables d'être responsables de leur liberté sexuelle ainsi retrouvée, pourrait permettre la réalisation d'une société sexualisée".

Espérant qu'un jour nous redeviendront amour comme des enfants. Si un jour vous recevez un "appel" précis de la part d'un enfant, n'oubliez pas que si vous n'êtes pas d'accord vous devez dire "NON" même à un enfant, et lui apprendre en lui expliquant le respect de l'autre.

Pierre DESLAURIERS.

Après avoir échoué dans l'affaire du droit de réponse Raël vs. La Liberté, et après avoir épuisé toute les voies de recours contre la décision qui déboutait le mouvement de sa demande de droit de réponse,
Vorilhon a finalement condamné clairement ce texte :

Dans le n° 64 du journal Apocalypse, la revue interrnationale de la Religion Raëlienne, un article a été rédigé sous la signature de Monsieur Pierre Deslauriers, auquel il m'apparaît important de répondre. Monsieur Pierre Deslauriers, qui ne fait plus partie des structures de notre Religion ni d'aucune association, avait tenu dans cet article des propos extrêmement préjudiciables à la Religion Raëlienne de France, car le lecteur amalgamait cette association à l'auteur qui a prêté les propos de monsieur Deslauriers.

L'article que j'ai fait paraître dans Apocalypse numéro 109, pages 6 et 7, ne suffit peut-être pas à exprimer ma plus profonde réprobation quant aux propos de monsieur Deslauriers. Dans son article, ce dernier prône explicitement les relations sexuelles avec des enfants. Selon lui :

"L'amour n'est pas violent, l'amour enfant-adulte c'est une réalité(...). C'est une sexualité différente, marginale certes, mais nénamoins enrichissante et épanouissante, tant pour l'enfant que pour l'adulte, surtout si cette "sexualité marginale" peut être assumée dans un climat harmonieux, sans culpabilité aucune, avec respect et amour".

Monsieur Deslauriers a également écrit:

"Mais non, l'attirance physique et sexuelle de l'enfant n'est pas plus une maladie chez l'adulte qu'elle ne l'est chez l'enfant lui-même ("...malgré la résistance que nous avons à le reconnaître, l'enfant est, pour l'adulte un objet sexuel privilégié..." d'après Pierre Hanry). Non ce n'est pas par "frustration" (de la femme) que l'homme aime passionnément, intensément, amoureusement l'enfant bien sûr, il y a des cas d'abus et de violence (...).

Bien au contraire de ce qui est écrit par Monsieur Deslauriers, la sexualité avec les enfants est à PROSCRIRE, non seulement quand elle intervient par violence mais également quand elle paraît harmonieuse. En effet, s'il est important de ne pas entraver la sexualité des enfants, il reste tout aussi important de ne pas intervenir activement au sein de cette dernière. Le respect des droits de l'enfant le commande, puisqu'aussi bien si la chose sexuelle n'est pas réservée à l'adulte et concerne également les enfants, elle doit cependant les préserver de toute intervention physique de l'adulte. Je m'inscris donc en faux contre l'usage du message des ELOHIM au soutien de la thèse de monsieur Pierre Deslauriers, que notre Religion ne saurait soutenir mais doit expressément condamner.

Love - Raël

Entre le n° 64 de la revue trimestrielle d'Apocalypse, et son n° 107, il s'est écoulé un peu plus de 10 années. Il est clair que le texte de Deslaurier a dû être "approuvé" par Claude Vorilhon à l'époque, car rien de ce qui paraissait dans cette publication ne pouvait l'être sans son accord.

Le fait qu'il ne publie une réaction à cet article que plus de 10 ans après prouve évidemment qu'il en approuvait le contenu au moment de sa parution. Une bonne preuve de la mauvaise foi, du cynisme et de la déresponsabilisation du soi-disant "prophète" : il signale pour "argument" que Deslaurier "ne fait plus partie des structures de notre Religion ni d'aucune association", et qu'il "avait tenu dans cet article des propos extrêmement préjudiciables à la Religion Raëlienne". Ce ne fut pourtant pas son avis à priori à l'époque, puisqu'il aura fallut plus de 10 ans pour écrire un article contradictoire...

Rael aurait sans doute mieux fait d'assumer son erreur personnelle d'avoir laissé diffuser ce message sans au moins un commentaire contradictoire net et précis, afin d'éviter toute confusion dans la tête des lecteurs à l'époque. Pris dans la libération sexuelle à tout va des années 70, il a dû trouver ce texte très "libérateur" sans entrevoir un instant les limites insupportables qu'il pouvait permettre de franchir, ni les retombées à long terme sur son mouvement... "Cheveux longs (à l'époque), idées courtes" comme l'avait dit un chanteur de cette période... Mais ça, il ne pourrait pas l'assumer (comme Daniel Cohn Bendit l'a fait - difficilement - à l'occasion de quelques passages de son livre "Le grand bazar" en 1975).

Mais pour le personnage "Rael", assumer une erreur aussi grosse, c'est déconstruire son propre mythe, donc c'est dangereux pour ses affaires... Comme d'habitude, il est incapable d'assumer ses égarements et fait porter le chapeau aux autres !



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