France

Rapport de l'Assemblée Nationale sur les sectes
Décembre 95
Passages concernant la Scientologie

 (Source : Rapport de la Commission d'enquêtes sur les sectes - Assemblée Nationale)


1. Estimation du nombre d'adeptes en France

 Selon l'UNADFI, la Scientologie comptait en 1994 environ 1000 adeptes auxquels il faut ajouter 6000 clients.

 De toutes les sectes, la Scientologie figure en tête des consultations téléphoniques dans les locaux de l'ADFI (centre parisien), loin devant les témoins de Jéhovah (le GEPM ayant été dissous depuis):

 
Année 1989 1990 1991 1992 1993 1994
Scientologie 389 829 976 862 563 414
Témoins de Jéhovah 104 215 345 101 231 236
G.E.P.M. NR 10 130 300 300 496
NR: non répertorié.

2. La réponse à des besoins importants

Il serait faux de présenter le développement du phénomène sectaire comme se réduisant exclusivement à la manipulation de personnalités fragiles par des groupes coercitifs par l'application de techniques psychologiques éprouvées.

 Une telle explication serait singulièrement réductrice d'un phénomène extrêmement complexe. La commission a pu constater que le phénomène sectaire était au contraire indissociablement lié à l'existence d'une demande, de besoins qui ne trouvent pas d'autre moyen d'être satisfaits.

 Un médecin auditionné par la Commission, peu suspect de complaisance à l'égard du phénomène sectaire, a ainsi insisté sur la complexité de la dialectique entre l'offre et la demande en ce domaine : " vous rencontrez le meilleur et le pire dans les sectes (...). Parfois, par le biais des sectes, des personnes se retrouvent dans un groupe chaleureux, d'autres redonnent un sens à leur vie, d'autres encore se structurent. Parmi mes patients, certains sont entrés dans des sectes. Je ne voudrais pour rien au monde qu'ils en sortent, car cela leur sert momentanément de tuteur. Bien entendu, cela ne légitime pas l'ensemble du phénomène, mais c'est vous dire qu'il y a des aspects très positifs. Si on ne le comprend pas, on ne comprendra pas davantage le succès des sectes. Nos contemporains ne sont pas des imbéciles. S'ils se ruent par centaines de milliers dans ces mouvements, c'est qu'ils ont des raisons et surtout qu'ils y trouvent des réponses (...) " .

 L'émergence de besoins spirituels nouveaux résulte de la conjonction d'un certain nombre de facteurs connus, qui ne seront rappelés ici que pour mémoire.

 Il est certain que la contestation du productivisme, l'effondrement des idéologies politiques, les remises en cause du scientisme, du matérialisme, le déclin continu des religions " traditionnelles " ont fortement remis en cause le modèle sur lequel les sociétés occidentales s'étaient développées depuis le XIXème siècle.

 Cet ébranlement des croyances traditionnelles et des grands principes d'organisation sociale a suscité nombre de déceptions, de frustrations, de tentatives de redéfinition. L'incertitude de l'avenir a dès lors contribué à la multiplication des groupes proposant une explication globale de l'Homme, de nouvelles religiosités.

 Ce retour du religieux ou, plus précisément, du spirituel, n'a paradoxalement pas profité aux Églises traditionnelles - et plus particulièrement en France à l'Eglise catholique, toujours confrontée à une baisse continue de la pratique religieuse et des vocations.

 Il n'était évidemment pas dans le rôle de la Commission de s'attacher à une étude approfondie de ce phénomène. Nul cependant, même au sein de l'Eglise catholique, ne cherche à nier le décalage entre les attentes des fidèles ou anciens fidèles et le discours tenu par l'Eglise, même si celle-ci tente parfois de dégager sa responsabilité en accusant la mentalité contemporaine, qui vise à la " satisfaction immédiate et au confort matériel, érige la "liberté en absolu'', sans référence à la Vérité et à des valeurs autres que celles "de l'individu, du milieu et du groupe''. Les nouvelles formes de religiosité, le développement des sectes révèlent les lacunes de "l'athéisme pratique'' qui se développe partout en Europe " . (conclusions du Synode Est-Ouest, 1991).

 Il a résulté de l'ensemble de ces évolutions une certaine spontanéité spirituelle : la croyance est aujourd'hui vécue de manière relativement libertaire, en tout cas hors des institutions traditionnelles.

 C'est sur ce terreau favorable à l'éclosion de nouveaux mouvements religieux que sont intervenus la crise économique et le bouleversement des structures familiales.

 Le Rapport Vivien signalait déjà " des aspirations à plus de bonheur familial bien compris ou à plus de plénitude affective préexistant à l'entrée dans une secte et cela malgré l'apparence de relations familiales harmonieuses " . L'entrée dans une secte représente souvent une réponse sécuritaire à l'expression de besoins affectifs ou conviviaux qui ne sont pas satisfaits dans le cadre familial ou celui du travail.

 Enfin, l'individualisme des années 1980 a suscité un courant prônant la transformation personnelle, l'amélioration des capacités de chacun. Il est rare que ce thème ne soit pas exploité par les associations sectaires. Ainsi que l'a précisé à la Commission une des personnalités auditionnées, " il est vrai que si l'on se mobilise, on augmente ses capacités. Les troubles fonctionnels légers - petits maux de ventre, de tête ou rhumatismes - disparaissent pour peu que l'on ait une forte motivation. Les sectes obtiennent donc des résultats. C'est vrai que l'on augmente ses capacités, c'est vrai que si l'on se mobilise autour de n'importe quoi, même le culte de la betterave, on peut devenir meilleur, plus fort, plus efficace et plus dynamique (...). Nous sommes tous tentés de développer notre potentiel. Qui d'entre nous ne le serait pas ? (...). Les personnes se ruent dans les sectes parce qu'elles ne trouvent plus dans le monde que nous leur avons construit les repères, les moyens de mobilisation, la crédibilité des appareils. Bien sûr, nous sommes lourdement responsables. On attrape les mouches avec du vinaigre. Les gens ont besoin d'idéal. On entre dans une secte avant tout par idéal. Il ne faut pas se tromper. Les sectes manient une langue de bois que l'on n'ose même plus pratiquer ailleurs ! " .

 On livrera enfin le témoignage d'un ancien adepte d'une secte, particulièrement révélateur des raisons pouvant pousser des individus à s'agréer à de telles structures : " Tout d'abord, je crois qu'il y a ce mal du siècle, ce mal de vivre qui est de plus en plus présent. La cellule familiale est souvent éclatée, le père en particulier est souvent absent ou, au contraire, trop présent, par sa violence par exemple. A travers une secte, l'on recherche une famille, un père d'emprunt, une autorité, un modèle qui nous a fait défaut. Du jour au lendemain, on se retrouve avec deux cents, trois cents amis, qui vous recevront, qui vous accueilleront. Votre couvert sera mis. On vous entendra. Vous vous sentez en confiance.

 Les personnes qui entrent dans les sectes sont souvent des idéalistes, des personnes qui recherchent la perfection, pas toujours, mais en partie.

 Personnellement, l'éclatement familial, le désir idéaliste m'ont poussé.

 Le gourou nous disait : "Le monde va mal''. Il suffit d'allumer la télévision à l'heure des informations pour s'en convaincre. Il y a des guerres, des maladies, des problèmes partout. Le monde va mal. Que peut-on faire à titre individuel pour essayer qu'il aille mieux ? C'est ce que nous proposait le gourou.

 Voulions-nous améliorer la situation de la terre, de la planète, des autres ? " Commencez par vous-même, commencez par vous transformer et vous transformerez le monde " . J'y croyais. Je me transformais pour transformer le monde " .

 On conçoit dès lors que la vision du monde proposée par les sectes séduise un nombre croissant d'individus dans toutes les couches de la population française.

 L'hypothèse d'un profil déterminé préexistant à l'entrée dans une secte et donc y prédisposant, est aujourd'hui largement battue en brèche. De nombreuses études ont montré que le profil psychologique des adeptes des nouveaux groupes religieux se situe dans une zone normale, même si l'existence d'un épisode dépressif semble un facteur favorable à l'attirance pour un groupe sectaire. Ainsi que le relevait le rapport Vivien, " même si on ne peut conclure sur l'existence ou non d'un profil de clientèle sectaire, il semble que des difficultés ou des souffrances aiguës constituent toutefois un terreau propice. "

Il faut de surcroît signaler que le thème du perfectionnement individuel a attiré vers les sectes une clientèle qui lui était encore récemment inaccessible : celle des étudiants (cherchant à accroître leurs performances pour la réussite à un examen...), des élites intellectuelles, et notamment scientifiques.

 De nombreux interlocuteurs de la Commission ont tenté d'expliquer ce phénomène par la difficulté pour certains scientifiques de supporter l'idée de doute, et, en conséquence, par leur attirance pour des mouvements proposant des explications globales. Par ailleurs, les intellectuels sont pour la plupart convaincus de leur capacité à résister aux techniques suggestives des sectes: " Qui davantage qu'un intellectuel est certain de ne pas être manipulé ? L'homme de la rue se méfiera, mais l'intellectuel dira : "je ne suis pas manipulable''. La vulnérabilité des élites réside précisément dans la certitude de ne pas être manipulables. "

Il résulte des précédents développements qu'il est particulièrement difficile - pour ne pas dire impossible - de définir un profil des adeptes des sectes qui soit différent de celui de la population générale.

 Quelques tendances peuvent néanmoins être dégagées :

Dans le même esprit, il est à noter que l'Eglise de Scientologie a précisé à la Commission que " ses adeptes appartiennent à toutes les catégories sociales. Il s'agit principalement de gens socialement intégrés et mûrs puisque leur moyenne d'âge est de 35 ans " .

3. Techniques de recrutement

3.1. Thèmes de propagande éthiques

Beaucoup de sectes se présentent, elles-mêmes ou des institutions qui leur sont liées, comme des défenseurs de "l'éthique".

Particulièrement significatif à cet égard est le journal de l'Eglise de Scientologie dénommé "Éthique et Liberté". Des associations liées à l'Eglise de Scientologie agissent officiellement pour le respect des droits de l'homme, celui des libertés ou la promotion de la tolérance. On mentionnera notamment :

  • le Comité Français des Scientologues contre la Discrimination
  • la Commission des Citoyens pour les Droits de l'homme
  • le Mouvement pour la Paix en Europe
  • 3.2. Thèmes de propagande médicaux

    Certaines sectes ont développés des centres de soins pour toxicomanes (Narconon, pour l'Eglise de Scientologie)

    3.3 Thèmes de propagande éducatifs

    De nombreuses écoles privées sont liées à des sectes, et proposent par des publicités affichées sur les murs des grandes villes un enseignement de soutien ou de rattrapage.

    3.4. Thèmes de propagande liés à la transformation personnelle

    On a déjà vu toute leur importance pour les sectes étant apparues après 1968. On signalera ici qu'ils sont essentiellement exploités par la Faculté de Parapsychologie de Paris, la Scientologie, la Méditation transcendantale ou la Famille de Nazareth.

    3.5. Instruments de propagande

    Les instruments de propagande utilisés par les sectes sont eux aussi extrêmement divers: démarchage dans la rue, diffusion de journaux ou de tracts, publicité par voie d'affichage ou de presse, conférences, cycles de formation.

    3.6. Phases de recrutement

    Quels que soient les thèmes et instruments utilisés par les sectes, le démarche psychologique du futur adepte semble aujourd'hui mieux connue.

     Ainsi que l'indique le Dr Jean-Marie Abgrall (Le cerveau prisonnier), "le recrutement d'un adepte passe par trois phases, à partir desquelles l'adhésion va s'obtenir progressivement, en même temps qu'apparaît une forme de dépendance intellectuelle et affective. Tour à tour, le nouvel adepte va être séduit, persuadé puis fasciné par la secte et ses membres recruteurs".

    3.6.1. Première phase de recrutement

    C'est évidemment celle de la séduction. Elle vise à proposer une alternative séduisante aux difficultés de la vie quotidienne. Il est rare que les futurs adeptes se présentent spontanément à une structure sectaire: les premiers contacts ont lieu le plus souvent à l'initiative des agents recruteurs des sectes, eux-mêmes jugés à l'aune de l'efficacité de leur prosélytisme.

     Le principe de séduction veut que le premier contact soit destiné à favoriser le processus d'identification entre le recruteur et le recruté. Cette identification repose sur un certain nombre de critères permettant au futur adepte éventuel de percevoir une similitude entre lui-même et son interlocuteur. Ce sentiment peut être obtenu par des ressemblances d'attitude, l'approbation systématique du bien-fondé des interrogations exprimées par le futur adepte. La réussite de cette phase de séduction est bien sûr largement conditionnée par le choix du public au sein duquel le recrutement est opéré, et donc celui des lieux de rencontre, qui sont en général déterminés en fonction de leur densité de fréquentation. Par exemple, l'aspect "jeune cadre dynamique" des scientologues conviendra mieux au démarchage dans des cités universitaires, des clubs de gymnastique, ou des cafés à la mode.

     Tout ceci fait l'objet de choix délibérés, procédant d'une étude précise de l'image à transmettre à l'autre.

     Le sentiment d'identification est également obtenu par le choix des outils utilisés pour la première prise de contact: si le fameux "test de personnalité" de l'Eglise de Scientologie peut être proposé à tout passant paraissant quelque peu désoeuvré, l'organisation d'un cycle de conférence sur les civilisations antiques se prêtera plus aux préoccupations des étudiants d'un cycle de facultés d'histoire qu'à celles des élèves d'économie, davantage intéressés par une initiation aux techniques de communication ou d'amélioration de l'efficacité...

     En tout état de cause, le recruteur doit disposer d'une bonne capacité à percevoir le cadre de référence se son interlocuteur, ses composantes émotionnelles.

       3.6.2. Seconde phase de recrutement

    Elle consiste à persuader le futur adepte de la crédibilité du discours, une fois supposés établis les liens de sympathie. Lionel Bellanger (La persuasion, PUF, 1985) définit les "4 Clés" de la communication persuasive saine: pour qu'un message soit persuasif dans l'hypothèse d'un libre arbitre reconnue à l'éventuel futur persuadé, il convient que ce message soit crédible (il faut qu'il puisse s'appuyer sur des preuves), cohérent (absence de contradiction intrinsèque), consistant (continuité du propos) et congruent (adéquation entre le message délivré et l'attente de celui auquel il s'adresse). L'objectif du recruteur, dans le domaine du prosélytisme, consiste à faire passer progressivement son interlocuteur du monde réel à celui des croyances, sans susciter de phénomène de rejet définitif. Ce passage progressif s'obtient par la fabulation (travestissement du réel), la simulation (crédibilisation d'un message erroné), la dissimulation, la calomnie, l'équivoque, soit un ensemble de techniques permettant de s'adapter aux attentes de l'interlocuteur, de passer de la persuasion à la mystification. Ces techniques parfaitement au point ne sont pas en elles-mêmes répréhensibles; en tout cas, elles sont à la base des actions de marketing de tout ordre et ne tombent en rien sous le coup de la loi. Une des personnalités auditionnées par la Commission a ainsi présenté la défense qui pourrait être invoquée par les sectes: " Tout est manipulation, il n'y a rien à faire. Le commercial, le politique, le processus amoureux, la discussion démocratique, la publicité, la télévision, tout vise à manipuler les personnes. De toute façon, il ne faut pas s'affoler : tout le monde manipule tout le monde ."

     On verra que la dangerosité du discours de persuasion tenu par les sectes ne tient pas aux techniques utilisées, qu'aux conséquences de l'adhésion à laquelle elles ont conduit.

       3.6.3. Troisième phase de recrutement

    La dernière composante de la démarche conduisant à l'adhésion est la fascination, obtenue le plus souvent lors de la rencontre avec la pièce maîtresse de la dynamique sectaire (résultats positifs à un test, assistance à un rite, etc...), qui introduira le caractère magique dans la relation entre le futur adepte et la secte, suscitera l'irruption dans l'univers symbolique de la secte et conduira à la volonté d'engagement.

    Cet exposé des traits dominants des techniques de recrutement utilisées par les sectes montre le caractère très particulier de la démarche, qui vise à obtenir le consentement exprès du futur adepte, ne sont pas des techniques de coercition mais de persuasion qui sont mises en oeuvre: l'adepte est formellement consentant.

     Plusieurs interlocuteurs de la Commission ont mis en évidence ce paradoxe : l'originalité des groupes sectaires réside dans le fait que, notamment lors du processus aboutissant à l'adhésion, la victime est acteur. Un certain parallélisme peut être établi avec la démarche des toxicomanes: "Nous avons des controverses avec les parents de toxicomanes. Ceux-ci pensent - d'une certaine façon à juste titre - que sans l'horrible dealer leur enfant serait un ange. Ils oublient les neuf dixièmes du trajet qu'a parcouru le malheureux enfant, responsable ou non, mais de son fait, pour se rendre dans les bras du dit dealer. Il ne faut pas exclure la part volontaire de l'adepte, qui n'est pas un imbécile que l'on manipulerait - c'est vous et moi - mais (...) qui s'est rendu délibérément". Dans cette optique, les recruteurs des sectes ont pu être présentés comme des "dealers de transcendance". A cet égard, une image utilisée par une personne entendue par la Commission paraît particulièrement apte à faire comprendre le caractère conscient de la démarche du futur adepte: "les sectes ne sont pas un filet qui s'abat sur des gens, mais une nasse dans laquelle ils se rendent".

    4. Une puissance financière

     Il est indéniable qu'un certain nombre de sectes disposent de moyens financiers particulièrement importants. Lafayette Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, avait d'ailleurs proclamé, non sans cynisme dans son discours de Newark: "Si l'on veut vraiment devenir millionnaire, le meilleur moyen consiste à fonder sa propre religion".

     Ce fait est patent, reconnu par la plupart des dirigeants des sectes auditionnés par la Commission, même s'ils se sont montrés très évasifs sur les budgets exacts de leurs associations. Une appréciation de ceux-ci demeure donc largement le fait de ceux qui s'opposent aux sectes, et encourt donc le risque d'être jugé surévaluée. Cela étant, si les sectes estiment que les informations qui circulent ne sont pas conformes à la réalité, il ne tient qu'à elles de faire preuve de la plus grande transparence dans la présentation de leurs moyens financiers, ce qui est très loin d'être le cas. Elles auraient dès lors mauvaise grâce à se plaindre - ce qu'elles ne manquent pourtant pas de faire - de l'absence d'objectivité des jugements portés sur leur assise financière.

     L'ouvrage collectif du Centre Roger Ikor "Les sectes, état d'urgence" comporte de nombreux renseignements permettant de prendre conscience du véritable financier constitué par certaines associations.

     Les cas de la secte Moon ou de la Scientologie sont trop connus pour être rappelés ici.

     L'importance des sommes mises en jeu explique la stratégie de nombreuses associations, qui choisissent de s'implanter dans des pays dotés d'une législation fiscale "tolérante": ainsi en va-t-il des Etats-Unis (où le premier amendement à la Constitution est interprété dans un sens extrêmement libéral), de nombreux États d'Amérique du Sud ou des pays européens anciennement communistes.

     Les dirigeants des sectes auditionnées par la Commission n'ont en général pas nié cette puissance financière, allant même, non sans humour ou sans cynisme, jusqu'à affirmer que leurs associations ne présentent pas des religions prônant la pauvreté comme vertu.

     Ils ont fait en général valoir :

    Certains dirigeants vont même jusqu'à reconnaître les liens particuliers les unissant à des entreprises. Dans la contribution écrite déposée devant la commission par l'Eglise de Scientologie de Paris, on peut ainsi lire: "De plus, comme tout citoyen, certains scientologues travaillent dans le monde des affaires et à ce titre dirigent des entreprises privées. Il leur arrive de soutenir l'Eglise par des dons financiers mais ceci n'est en aucun cas une obligation. C'est à la discrétion de la personne."

     Enfin, il existe une structure appelée WISE (World Institute of Scientology Enterprises) qui regroupe des entreprises ayant décidé d'employer la technologie de management de Monsieur Hubbard et ont pour but de "créer un monde des affaires où règne une plus grande éthique."

     Quant aux anciens adeptes dont la Commission a auditionné un certain nombre, il ressort de leurs témoignages :

    Une telle situation tend à inquiéter: en effet, les associations affectent d'importants moyens au prosélytisme et mettent de surcroît en place des structures juridiques leur permettant d'accroître les moyens dont elles pourraient bénéficier.

     C'est en effet en se fondant sur une interprétation stricte du caractère cultuel des associations constituées par les mouvements religieux ou philosophiques que le Conseil d'État a jusqu'à maintenant refusé à certaines d'entre elles le bénéfice de la possibilité de recevoir des dons et legs.

     C'est pour cette raison qu'un certain nombre d'associations ont choisi de distinguer au sein de leurs activités plusieurs pôles, en séparant notamment de leurs activités exclusivement cultuelles, exercées au sein d'associations cultuelles, leurs activités commerciales (édition, librairie) effectuées au sein de sociétés à responsabilité limitée.

     Un telle évolution, au demeurant parfaitement légale, ne peut toutefois manquer d'inquiéter, la plupart des associations affichant clairement (et on ne peut, d'uns seul point de vue juridique, le leur reprocher) leur volonté d'affecter à l'expansion de leur mouvement une large part de leurs moyens financiers: tous les dirigeants des sectes entendus par la Commission ont affirmé la vocation de leur association à se développer et à répandre leurs croyances par le prosélytisme.

     L'importance des moyens dont disposent un certain nombre d'associations sectaires, dont témoigne notamment le luxe des documents présentant leurs activités qui ont été remis aux membres de la Commission, vient incontestablement renforcer le pouvoir d'attraction des sectes et augmenter l'efficacité des techniques de recrutement utilisées.

      5. Un mouvement classifié comme "psychanalytique"

     Un engouement pour les sectes "modernes" affichant des prétentions en matière psychanalytique est indéniable.

     Le courant "psychanalytique" occupe sans conteste dans la dynamique sectaire de ces dernières années la troisième place d'un podium déjà occupée par le "nouvel âge" et les "guérisseurs". La difficulté de cerner avec précision ce courant explique que les données quantitatives le concernant ne traduisent que fort imparfaitement son influence.

     Avec des fers de lance comme la Scientologie, ce courant apparaît aujourd'hui comme l'un des substituts privilégiés des doctrines religieuses traditionnelles. Il n'est que d'observer la prolifération d'officines proposant stages et séminaires de "développement personnel" ... financés parfois dans le cadre de la formation professionnelle.

     Il y a certes plus de "clients" que "d'adeptes" fidélisés, mais les cas de dérives sectaires se multiplient. Les dommages causés aux victimes sont particulièrement graves (ruine, démence, suicide, ...) car, dans ce type de secte, les techniques de manipulation mentale sont extrêmement perfectionnées.

     Une publication de la secte, diffusée à l'occasion du quarantième anniversaire du mouvement, présente ainsi la doctrine de la Scientologie :

    "La Scientologie comprend un ensemble de connaissances qui proviennent de certaines vérités fondamentales. Parmi les premières de ces vérités sont les suivantes : De plus, la Scientologie considère que l'homme est fondamentalement bon et que son salut spirituel dépend de lui-même et de ses semblables ainsi que de l'accomplissement de sa fraternité avec l'univers. Ainsi, la Scientologie est une philosophie religieuse au sens le plus profond du terme, car elle se préoccupe de la réhabilitation complète de l'identité spirituelle innée de l'homme - ses aptitudes, son état de conscience et la certitude de sa propre immortalité. En outre, étant donné que la religion s'intéresse à l'esprit par rapport à lui-même, à l'univers et aux autres forces de vie, et est essentiellement la croyance en des êtres spirituels, la Scientologie suit une tradition religieuse qui remonte au moins aussi loin dans le temps que l'humanité. Et pourtant, ce que la Scientologie représente somme toute est nouveau. Sa technologie religieuse est nouvelle, son organisation ecclésiastique est nouvelle, et sa signification pour l'homme du XXème siècle est entièrement nouvelle (...).

     Le premier moyen d'appliquer les vérités fondamentales de la Scientologie à la réhabilitation de l'esprit humain s'appelle l'audition. Il s'agit là de la pratique centrale de la Scientologie et elle est administrée par un auditeur, du latin audire, "celui qui écoute". (...).

     Les auditeurs de la Scientologie aident les individus à atteindre ce but en leur faisant examiner leur existence par le biais d'une série d'étapes soigneusement conçues par Ron Hubbard. En suivant ce processus graduel, ces personnes peuvent améliorer leur capacité à faire face à ce qu'elles sont et à leur environnement - en retirant une à une les couches d'expérience qui les oppriment si pesamment.

     L'audition n'est donc pas une chose qu'une personne subit. On ne peut tirer de bienfaits qu'au moyen d'une participation active et une bonne communication.

     L'utilisation de l'électropsychomètre, ou électromètre, par les auditeurs est propre à la religion de Scientologie et unique en son genre - ainsi que révolutionnaire dans le domaine du développement spirituel. Les auditeurs utilisent l'électromètre pour aider à localiser les zones de détresse ou de souffrance spirituelle qui existent au-dessous du niveau de conscience actuel de la personne. Lorsque ces zones pénibles sont mises en évidence, la personne peut alors les examiner sans les influences subjectives qui accompagnent les pratiques du conseil spirituel des autres religions.

     Ron Hubbard a mis au point l'électromètre en sachant que l'esprit retient des images mentales, de véritables enregistrements d'expériences passées. Ces images renferment de l'énergie et de la masse. Lorsqu'une personne regarde l'une de ces images mentales ou pense à quelque chose, l'électromètre enregistre avec précision les changements que subissent cette masse et cette énergie mentales. (...)

     La Dianétique a annoncé la découverte d'une partie jusqu'alors inconnue et néfaste du mental qui contient beaucoup d'enregistrements d'expériences de douleur et d'inconscience, sous forme d'images mentales. Celles-ci se trouvent au dessous du niveau de conscience d'une personne et leur ensemble compose ce qu'on appelle le mental réactif - la source de toutes les craintes, les émotions, les douleurs et les maladies psychosomatiques indésirables. Étape par étape, l'audition agit sur le mental réactif jusqu'à ce que son contenu soit révélé et que ses effets néfastes sur l'individu soient supprimés. Quand cela s'est produit on a atteint un nouvel état d'être que l'on appelle en Scientologie état de Clair. La personnalité fondamentale d'une personne, ses aptitudes artistiques, sa force personnelle et son caractère individuel, la bonté, l'honnêteté qui lui sont inhérents sont rétablis.

     Clair est un nouvel état pour l'homme, mais le Pont de conduit à des sommets de liberté spirituelle encore plus élevés. Au-delà de l'état de Clair apparaissent les niveaux de Thétan Opérant (OT, en anglais Operating Thetan). Le thétan est l'être spirituel immortel, l'individu lui-même, non pas son corps ni son mental, ni quoi que ce soit d'autre. Il ne s'agit pas de ce qu'il a, mais de ce qu'il est, un état de fait qui se révèle clairement à ces niveaux supérieurs.

     L'état de Clair vise à l'élimination ce ce qui n'appartient pas de manière inhérente à l'être spirituel lui-même. Le but du Thétan Opérant est de vaincre les souffrances de l'existence et de retrouver la certitude et les aptitudes de son état d'être spirituel premier. A ce niveau, il sait qu'il est bien séparé des choses matérielles telles que la forme physique et l'univers physique. (...).

     Une autre pratique fondamentale de la religion de Scientologie est la formation ou entraînement - l'étude des principes de la Scientologie. La religion de Scientologie offre de nombreux cours d'entraînement parce qu'une personne peut, comme on l'a dit, se servir des vérités découvertes en Scientologie pour améliorer les conditions de chaque domaine de la vie. Cela dit, les cours d'entraînement les plus importants sont ceux qui permettent de devenir auditeur. Ceci parce que le principe premier pour tous les cours est que la Scientologie est une philosophie religieuse appliquée, et tout l'entraînement insiste sur l'application.

     Le chemin emprunté par le Scientologue qui reçoit de l'audition et étudie les écrits de la Scientologie s'appelle le Pont. Ceci donne corps à un concept ancien - une voie imaginée depuis longtemps qui relie l'abîme existant entre l'état actuel de l'homme et des niveaux de conscience beaucoup plus élevés. Le pont se compose d'étapes graduelles pour que les bénéfices acquis soient progressifs, prévisibles et apparents. (...).

     Voici donc l'essence de la Scientologie: le Pont, l'audition et l'entraînement; et ceux-ci ont lieu chaque jour de l'année dans toutes les églises de Scientologie du monde entier. La mission de la Scientologie n'est ni plus ni moins que la réhabilitation de l'esprit humain. Et quatre décennies après la naissance de l'Eglise, c'est cette aptitude à atteindre ce but qui remonte à la nuit des temps qui fait que de plus en plus d'hommes et de femmes de tous les milieux et cultures se tournent vers la Scientologie. "

    6. Des illégalités nombreuses et variées

    6.1. Non assistance à personne en danger

    Le Tribunal de grande instance de Dijon a été amené, dans un jugement du 9 janvier 1987 ( n° 118-87), à condamner le directeur adjoint du centre Narconon de Grangey-sur-Ource pour non assistance à personne en danger. Ce centre, créé par l'Eglise de Scientologie, propose des cures de désintoxication en appliquant les méthodes de Ron Hubbard, à savoir la procédure de "purification", fondée principalement sur plusieurs heures de sauna par jour, des "auditions" et une absorption importante de vitamines. En l'espèce, la victime était depuis longtemps soignée pour épilepsie et s'était adressée à cet organisme car elle souhaitait se "libérer des médicaments". Le centre l'a, sans examen médical préalable, placé dans une chambre de "sevrage". Or, les expertises médicales ont montré que le décès était dû à "un état épileptique dû à l'absence de traitement suffisant à son début et de traitement d'urgence pendant l'état de mal". Le jugement ne laisse aucun doute sur la responsabilité du centre:
    "Que si Jocelyne Dorfman avait pris la décision de réduire sa consommation médicamenteuse, puis de l'interrompre au risque de compromettre son état de santé, les prévenus ne l'ont à aucun moment prévenue de la nécessité d'un examen médical d'admission, lequel aurait vraisemblablement permis de contre-indiquer la cure de sevrage; qu'il est convenable de que la victime ait pu être acceptée sans cet examen et sans entretien sérieux malgré ses déclarations sur son état de santé et son épilepsie, alors que les prévenus ont reconnu savoir qu'en cas de maladie grave, le traitement médical ne devait pas souffrir d'interruption."

     "Que si lors de la survenue de la première crise, les prévenus ont pu se méprendre sur la nature exacte, la répétition des crises et leur intensité croissante devaient leur évoquer une origine distincte d'un état de manque qui, selon les médecins experts, ne peut être confondu avec un état épileptique."

     "Qu'ils n'ont pas jugé utile de demander directement à la victime, alors qu'elle était encore consciente, si ces manifestations pouvaient correspondre aux crises d'épilepsie auxquelles elle avait fait allusion ou de faire appel au médecin le plus proche. (...)"

    6.2. Dénonciation calomnieuse

    Les sectes se sont, en outre, maintes fois rendues coupables de diffamation, dénonciation calomnieuse ou violation de la vie privée ces derniers temps. Ce fut notamment le cas de la Scientologie.

     Ainsi, le Tribunal de grande instance de Paris a-t-il, dans un jugement du 13 octobre 1993 (M. Abgrall contre Mme Lefèvre), condamné pour diffamation Mme Lefèvre, directeur de la publication "d'Ethique et liberté", l'une des revues de la Scientologie.

     En effet, un article de cette publication, titré "Une milice de la pensée" et consacré à l'Association de défense de la famille et de l'individu, faisait état d'enlèvements et de séquestrations commis par les membres de cette association, et notamment de l'internement en hôpital psychiatrique en 1991 d'un scientologue de Marseille, réalisé avec la complicité de J. M. Abgrall, psychiatre, alors que ces faits n'ont nullement été prouvés.

     Dans le même sens, la Cour d'appel de Douai a, dans sa décision du 18 mars 1982 (n°302), reconnu le Centre Hubbard de Dianétique coupable de "diffamation publique, assimilée à l'injure", pour avoir écrit en faisant référence à l'ADFI :

    " (...) Il me parait vital pour la liberté de religion et pour la liberté d'opinion de dénoncer et d'arrêter les agissements de ce groupe fascisant qui tire sur tout ce qui bouge qui soit nouveau ou différent (...)".

    6.3. Fraude fiscale

    Ont été convaincues de fraude fiscale, entre autres, l'Association pour l'unification du christianisme mondial (AUCM, branche française de la secte de Moon), l'Association internationale pour la conscience de Krishna (AICK) et l'Eglise de Scientologie (dans ce dernier cas cf. notamment l'arrêt du 7 février 1995 de la Cour d'appel de Paris, n°7). Ces organismes avaient réalisé de substantiels bénéfices commerciaux par le biais d'associations à but soi-disant désintéressé.

     Par ailleurs, l'arrêt du 3 février 1995 de la Cour d'appel de Paris a établi que l'Eglise de Scientologie présentait un passif de l'ordre de 41 millions de francs et l'a mise en redressement judiciaire. En outre, le tribunal de commerce de Paris a prononcé, le 30 novembre 1995, la mise en liquidation judiciaire de l'Eglise de Scientologie de Paris, pour des impayés à l'administration fiscale et à l'URSSAF d'un montant de 48 millions de francs.

       6.4. Tromperie

    La Cour de cassation a, par ailleurs, jugé, dans un arrêt du 15 novembre 1995 (A. Pouteau), que la SARL Wide, dont Alain Pouteau était le gérant et dont l'enquête a montré qu'elle "était sous l'obédience de l'Eglise de Scientologie", "exploitait un centre de formation aux métiers de la vente et faisait diffuser des annonces dans la presse et des lettres circulaires auprès des maires dans lesquelles elle s'engageait à procurer aux candidats, à l'issue de leur formation, une place dans une entreprise sérieuse", s'est rendue coupable de tromperie, car elle "n'était pas en mesure de garantir des emplois à ses stagiaires".

    7. Les dangers pour l'individu

    7.1. Déstabilisation mentale

    On entend par cette expression le fait, par la persuasion, la manipulation ou tout autre moyen matériel, de déstabiliser quelqu'un pour le soumettre à son emprise.

     Selon les renseignements généraux, les 172 mouvements sectaires coercitifs qu'ils ont recensés recourraient à des pratiques pouvant être ainsi qualifiées.

     La déstabilisation mentale peut prendre des formes très diverses, et, notamment, très insidieuses, comme l'illustrent le test de personnalité et les "auditions" proposées par l'Eglise de Scientologie. Voici comment un ancien adepte de cette association a décrit à la Commission l'expérience du test:
     
    "Ce test, qui comporte environ 200 questions ayant trait à l'argent, la famille, le travail, etc., a, à mon sens, un fondement psychologique vrai mais donne ensuite lieu à une analyse - sur ordinateur, aujourd'hui, ce qui donne un aspect sérieux qui en impose beaucoup - tendant avant tout à mettre en valeur les défauts - ce qui est somme toute simple.

     Les défauts sont donc amplifiés tandis que les qualités sont plutôt sous-estimées, ce qui permet d'arriver au constat qu'il y a des choses à faire et que le centre de dianétique a des choses à vous proposer (...). Et à partir de là, les gens sont tentés d'aller plus loin."

     Dès lors, le processus de déstabilisation mentale est déjà commencé. Il franchit une étape supplémentaire lorsque l'intéressé va effectivement "plus loin" et accepte de se livrer à des "auditions" dianétiques.

     "J'ai fait cinq ou six heures d'audition. Dans ces auditions dites dianétiques (...), on vous fait fermer les yeux - un peu comme chez un psy - et on vous fait revivre les moments difficiles. Personnellement, j'ai parlé de mon premier amour d'adolescent - j'ai fait la même chose que ce que l'on fait devant un psy - , ce qui a entraîné chez moi une remontée émotionnelle qui m'a un peu perturbé.

     Là, le mal était bel et bien fait car j'avais envie d'aller plus loin. (...) ".
     
    L'intéressé est effectivement "allé plus loin", ce qui l'a conduit à un état d'aliénation et de dépendance extrêmes.

     7.2. Exigences financières exorbitantes

    Il en est notamment ainsi de l'Eglise de Scientologie. Celle-ci facturerait, en effet, certains cours à plus de 70.000 francs. Plusieurs témoignages recueillis par la Commission montrent qu'elle aurait conduit de nombreux adeptes à une grave situation d'endettement.

      7.3. Rupture avec l'environnement d'origine

    La rupture de l'adepte avec l'environnement d'origine est fréquemment constatée. Elle est particulièrement insidieuse mais bien réelle dans le cadre des sectes dont les adeptes continuent, en apparence, de mener une vie familiale et sociale normale, mais dont l'engagement des conduit progressivement à cesser toute relation véritable avec le monde extérieur au mouvement dont ils sont membres. Et c'est précisément là le but auquel les dirigeants de sectes veulent parvenir, en incitant l'adepte à consacrer le plus possible de son temps à la secte, à ses rites et à ses croyances: faire cesser tout contact avec les personnes qui seraient susceptibles d'insinuer le doute dans l'esprit de l'adepte, de réveiller son sens critique et, finalement, de le détourner de la secte.

     D'après les informations recueillies par la Commission, 57 mouvements spirituels présenteraient ce danger, notamment l'Alliance universelle, l'Eglise de Scientologie, les Témoins de Jéhovah, IVI, la Famille ou le Mouvement humaniste.

     7.4. Embrigadement des enfants

    L'embrigadement des enfants serait le fait de 28 mouvements. Outre "la Citadelle", pratiqueraient l'embrigadement des enfants sous une forme plus ou moins insidieuse, les Témoins de Jéhovah, l'Association du christianisme mondial (les moonistes), la communauté de la Thébaïde, l'Eglise de Scientologie de Paris, l'Eglise kristique de la Jérusalem nouvelle, la Fédération française pour la conscience de Krishna, la Famille et le Grand Logis.

    8. Les dangers pour la collectivité

    8.1. Troubles à l'ordre public

    Plusieurs organisations provoquent des troubles à l'ordre public.

    Selon les indications fournies à la commission par le ministère de l'intérieur, ce serait le cas de 26 sectes, parmi lesquelles figurent les Témoins de Jéhovah, la Nouvelle Acropole, l'Eglise de Scientologie, la Fédération française pour la conscience de Krishna, le Suicides des rives et le Mouvement raëlien français.

      8.2. Importance des démêlés judiciaires

    Certaines sectes sont coutumières des démêlés judiciaires, comme en témoignent les affaires évoquées plus haut.

     Toutefois, il convient de préciser que les rapports difficiles qu'entretiennent certaines sectes avec la justice peuvent prendre deux visages: les poursuites dont elles font l'objet en raison du caractère délictueux ou préjudiciable de leurs actes; les actions qu'elles intentent elles-mêmes à l'égard de personnes qui ont, selon elles, terni leur image.

     A cet égard, la Commission a eu l'occasion de constater que la plupart des personnes auditionnées qui se sont publiquement exprimées sur les effets négatifs de certains mouvements sectaires ont été assignées en justice par ceux-ci pour diffamation. L'Eglise de Scientologie est, par exemple, très coutumière du fait. En général, les tribunaux déboutent les mouvements.

      8.3. Détournement des circuits économiques traditionnels

    On constate également de nombreux cas de détournement de circuits économiques, de telles pratiques étant le fait de 51 organismes, selon les analyses des Renseignements Généraux.

     Il en serait ainsi de l'Association pour la recherche sur le développement holistique de l'homme, l'Association Nouvelle Acropole France, Athanor, le Centre de documentation d'information et de contact pour la prévention du cancer, le Clé de l'Univers, l'Eglise de Scientologie, le Mouvement raëlien français ou la Soka Gakkaï internationale France.

      8.4. Infiltration des pouvoirs publics

    Plusieurs personnes ont évoqué devant la Commission les infiltrations ou tentatives d'infiltration auxquelles se livreraient les sectes au sein des pouvoirs publics. Dans le même sens, certains journalistes se sont attachés depuis quelques années à démontrer l'influence que pouvait exercer certaines sectes - au premier chef l'Eglise de Scientologie - dans l'appareil d'État (voir Une secte au coeur de la République).

      

     
     
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